lundi 30 janvier - par Sayed Hasan

Tulsi Gabbard, élue démocrate : aucune différence entre les rebelles syriens « modérés » et les terroristes

« Le peuple syrien veut désespérément la paix  »

 

Par Tulsi Gabard, élue démocrate à la Chambre des représentants des Etats-Unis

 

Le 24 janvier 2017

 

 

 

Tandis que Washington se préparait pour l’inauguration du Président Donald Trump, j’ai consacré la semaine dernière à une mission d’enquête en Syrie et au Liban pour voir et entendre directement le peuple syrien. Leurs vies ont été consumées par une guerre horrible qui a tué des centaines de milliers de Syriens et a forcé des millions à fuir leur patrie en quête de paix.
 
C’est maintenant plus clair que jamais : cette guerre visant à un changement de régime ne sert pas l’intérêt de l’Amérique, et n’est certainement pas dans l’intérêt du peuple syrien.

 

 Nous avons rencontré ces enfants dans un refuge à Alep, leurs familles ayant fui la partie Est de la ville. La seule chose que ces enfants veulent, la seule chose que tous ceux que j’ai rencontrés veulent, c’est la paix. Beaucoup de ces enfants n’ont connu que la guerre. Leurs familles n’ont pas de souhait plus cher que de rentrer chez eux, et de revenir à la vie qu’ils connaissaient avant le début de la guerre visant à renverser le gouvernement. C’est tout ce qu’ils veulent.
 
J’ai voyagé à travers Damas et Alep, écoutant des Syriens de différentes parties du pays. J’ai rencontré des familles déplacées de la partie orientale d’Alep, de Raqqa, de Zabadani, de Lattaquié et de la périphérie de Damas. J’ai rencontré des leaders de l’opposition syrienne qui ont mené des manifestations en 2011, des veuves et des enfants d’hommes qui luttent pour le gouvernement et des veuves de ceux qui luttent contre le gouvernement. J’ai rencontré le Président du Liban nouvellement élu [Michel] Aoun et le Premier ministre [Rafik] Hariri, l’ambassadeur américain au Liban Elizabeth Richard, le Président syrien Assad, le grand Mufti Hassoun, l’archevêque Denys Antoine Chahda de l’Église catholique syrienne d’Alep, des chefs religieux musulmans et chrétiens, des travailleurs humanitaires, des intellectuels, des étudiants, des petits propriétaires, et plus encore.
 
Leur message au peuple américain était puissant et cohérent : il n’y a aucune différence entre les rebelles « modérés » et Al-Qaïda (al-Nusra) ou Daech – ce sont tous les mêmes. Il s’agit d’une guerre entre des terroristes sous le commandement de groupes comme Daech et Al-Qaïda et le gouvernement syrien. Ils appellent instamment les États-Unis et d’autres pays à arrêter de soutenir ceux qui détruisent la Syrie et son peuple.
 
J’ai entendu ce message encore et encore de ceux qui ont souffert et ont survécu à des horreurs inexprimables. Ils m’ont demandé de partager leur voix avec le monde ; des voix frustrées qui n’ont pas été entendues en raison de faux rapports unilatéraux et biaisés faisant la promotion d’un récit qui soutient cette guerre de changement de régime au détriment des vies syriennes.
 
J’ai entendu des témoignages sur la façon dont les manifestations pacifiques contre le gouvernement qui ont débuté en 2011 ont été rapidement prises en main par des groupes de djihadistes wahhabites comme Al-Qaïda (al-Nusra) qui étaient financés et soutenus par l’Arabie saoudite, la Turquie, le Qatar, les États-Unis et d’autres. Ils ont exploité les manifestants pacifiques, occupé leurs communautés, et tué et torturé les Syriens qui ne voulaient pas coopérer avec eux dans leur lutte pour renverser le gouvernement.
 
J’ai rencontré une fille musulmane de Zabadani qui a été enlevée, battue maintes fois et violée en 2012, alors qu’elle n’avait que 14 ans, par les « groupes rebelles » qui étaient en colère contre son père, un éleveur de moutons, qui refusait de leur donner son argent. Elle a regardé avec horreur les hommes masqués assassiner son père dans leur salon, vidant tous leurs chargeurs sur lui.
 
J’ai rencontré un garçon qui a été kidnappé en marchant dans la rue pour acheter du pain pour sa famille. Il a été torturé, soumis au waterboarding, électrocuté, placé sur une croix et fouetté, tout ça parce qu’il refusait d’aider les « rebelles » – il leur a dit qu’il voulait seulement aller à l’école. Voilà comment les « rebelles » traitent le peuple syrien qui ne coopère pas avec eux ou dont la religion n’est pas acceptable pour eux.
 
Bien qu’opposés au gouvernement Assad, l’opposition politique a fermement affirmé son rejet catégorique de l’utilisation de la violence pour amener des réformes. Ils soutiennent que si les djihadistes wahhabites, alimentés par des gouvernements étrangers, réussissent à renverser l’État syrien, cela détruirait la Syrie et sa longue histoire d’une société séculaire et pluraliste où les peuples de toutes les religions ont vécu pacifiquement côte à côte. Bien que cette opposition politique continue à demander des réformes, ils sont catégoriques sur le fait que tant que des gouvernements étrangers mèneront une guerre de changement de régime par procuration contre la Syrie en utilisant des groupes terroristes djihadistes, ils se tiendront aux côtés de l’Etat syrien en œuvrant pacifiquement pour une Syrie plus forte pour tous les Syriens.
 
Au départ, je n’avais pas l’intention de rencontrer Assad, mais quand j’en ai eu l’occasion, j’ai pensé qu’il était important de la saisir. Je pense que nous devrions être prêts à rencontrer n’importe qui s’il y a une chance que cela puisse aider à mettre un terme à cette guerre qui cause tant de souffrances au peuple syrien.

 


J’ai rencontré ces femmes remarquabes de Barzi, dont beaucoup ont des maris ou des membres de leur famille qui se battent avec al-Nusra / al-Qaeda, ou avec l’armée syrienne. Quand ils viennent dans ce centre communal, tout cela est laissé de côté tandis qu’ils passent du temps avec de nouveaux amis, apprennent différentes compétences comme la couture, planifiant leur avenir. Elles ne se connaissaient pas avant de venir à ce centre communal dont la mission est d’autonomiser ces femmes, et maintenant ce sont des « sœurs » partageant ensemble le rire et les larmes.
 
Je retourne à Washington DC avec une résolution encore plus grande pour mettre fin à notre guerre illégale pour renverser le gouvernement syrien. De l’Irak à la Libye et maintenant en Syrie, les États-Unis ont mené des guerres de changement de régime, entraînant chacune des souffrances inimaginables, des pertes de vie dévastatrices et le renforcement de groupes comme al-Qaïda et Daech.
 
J’appelle le Congrès et la nouvelle administration à répondre immédiatement aux griefs du peuple syrien et à soutenir la loi sur l’arrêt du soutien aux terroristes. Nous devons arrêter de soutenir directement et indirectement les terroristes – directement en fournissant directement des armes, de l’entraînement et du soutien logistique aux groupes rebelles affiliés à al-Qaïda et à Daech ; et indirectement via l’Arabie Saoudite, les Etats du Golfe et la Turquie, qui, à leur tour, soutiennent ces groupes terroristes. Nous devons mettre fin à notre guerre visant à renverser le gouvernement syrien et concentrer notre attention pour vaincre al-Qaïda et Daech.
 
Les États-Unis doivent cesser de soutenir les terroristes qui détruisent la Syrie et son peuple. Les États-Unis et les autres pays alimentant cette guerre doivent cesser immédiatement. Nous devons permettre au peuple syrien d’essayer de se remettre de cette terrible guerre.
 
Je vous remercie,
 
Tulsi


18 réactions


  • Doume65 30 janvier 17:36

    Regardez ces photos : Le sourire de ces enfants est crispé. Derrière l’appareil photo, des soldats du régime sont là pour tirer sur quiconque ne sourit pas assez.

    Signé Rance-Inter.


  • sls0 sls0 30 janvier 18:25

    Beau gâchis quand même, tout ça pour un pipeline.


    • Olivier Perriet Olivier Perriet 30 janvier 21:38

      @sls0

      vous donnez vous même la réponse à votre interrogation :

      vous croyez vraiment qu’une histoire de pipeline aurait entraîné, à elle toute seule, avec ses petites mains, un tel merdier ?


    • njama njama 31 janvier 08:39

      @Olivier Perriet
      Que dites-vous de la déclaration de Roland Dumas, ex ministre des affaires étrangères ?

      Roland Dumas - les Anglais préparaient la guerre en Syrie pour Israel 2 ans avant la prétendue rebellion syrienne (1’34) https://www.youtube.com/watch?v=BH9SHxetO1I

      Israël est aussi très intéressé par les pipelines. Plus globalement il n’est pas le seul à avoir la fièvre de l’or noir

      ISRAËL, LE SHAH D’IRAN ET LE PÉTROLE

      le « nucléaire iranien » apparaît de plus en plus comme un prétexte de l’État hébreu et de ses alliés pour entretenir la discorde avec l’Iran, pays souverain comme la Syrie, alors que le vrai sujet est l’hégémonie sur le pétrole dans la région.

      L’Iran du Shah était en vertu d’accords secrets le fournisseur quasi exclusif de pétrole à l’État hébreu, lequel transitait par l’oléoduc Eilat-Ashkelon, dont la construction fut décidée dans le cadre d’un accord israélo-iranien en 1968. Une fois à Ashkelon, le pétrole était chargé sur des navires à destination de l’Europe. La révolution iranienne mettra fin à cette entente.

      Renseignement intérieur... Ou l’histoire des oléoducs pétroliers irano-israéliens

      traduction d’un article de Haaretz, Saturday October 11, 2007 :

      Inside Intel The Story of Iranian Oil and Israeli Pipes
      A study reveals details about the oil business Israel and Iran maintained until the fall of the Shah. The matter has led to more than 20 years of secret legal arbitrations.

      http://www.haaretz.com/print-edition/features/inside-intel-the-story-of-iranian-oil-and-israeli-pipes-1.230884

      "Jusqu’au milieu des années 1950, Israël recevait son pétrole d’Union soviétique, du Koweït (alors sous tutelle Britannique) et des compagnies pétrolières internationales. Mais dans les années 1955/1956 ces liens furent coupés et Israël fut forcé de trouver de nouvelles sources pour s’approvisionner. Israël conclut des accords secrets avec l’Iran, puis voulut le définir comme principal fournisseur pétrolier. Par crainte de détériorer ses relations avec le Monde arabe, l’Iran a alors hésité. Mais après la Campagne du Sinaï, en 1956, les Iraniens ont été convaincus et ont consenti à fournir du pétrole à Israël.

      Grâce à des unités de pompage et des conduites « réquisitionnées », (pour ne pas dire « volées »), à des sociétés italiennes et belges qui exploitait un gisement pétrolier à Ras Sudar, dans le Sinaï, Israël construisit un jour un oléoduc reliant Eilat à Ashkelon. La mise ne place de la conduite, de 40 centimètres de diamètre, fut financée par le Baron Edmond de Rothschild. Le projet fut dénommé « Tri-continental ». A la demande des Iraniens, qui voulaient alors dissimuler leur participation à la vente d’hydrocarbures à Israël à travers une Société commune, les parties établirent une association secrète la « Fimarco », enregistrée en juillet 1959 au sein de l’abri fiscal du Lichtenstein. L’Iran possédait 10 % de l’association. Les tankers transportaient le pétrole d’Iran vers Eilat, et de là il était réexpédié à Ashkelon par le pipeline....

      En 1969, le pipeline entre Eilat et Ashkelon étant achevé, des tankers géants furent achetés pour transporter le pétrole. En décembre 1969, le pétrole iranien commença à couler dans la grande canalisation. Un petit pourcentage de ce pétrole fut affecté à Israël.

      L’essentiel fut cependant chargé sur des tankers au terminal d’Ashkelon et envoyé aux consommateurs en Europe, principalement en Roumanie, le seul pays du bloc Soviétique qui continuait à entretenir des liens diplomatiques avec Israël.

      En 1970, 162 tankers livrèrent 10 millions de tonnes de pétrole au terminal. Ce fut l’année record du pipeline, mais le but ambitieux des 50 millions de tonnes par an ne fut jamais réalisé.

      Fin 1978, avec la chute du Shah, le pétrole arrêta de couler et les liens entre les deux pays se détériorèrent jusqu’à l’hostilité qui les caractérise à ce jour.
      ...

      http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=53893

      ISRAEL PETROLE & GAZ - Israël veut devenir un acteur majeur du développement régional dans les secteurs du pétrole et gaz.
      26 févr. 2008
      Israël cherche à devenir un acteur majeur dans le transport du pétrole brut du Caucase vers l’extrême Orient. Son principal atout actuel est l’oléoduc qui relie Ashkelon à Eilat.
      Le principe est simple : si Israël parvient à finaliser le projet de navette de super-tankers de 250.000 tonneaux entre Ceyhan (ville turque qui reçoit du pétrole d’Azerbaïdjan et de Georgie) et Ashkelon, alors Israël se servirait de son oléoduc et d’autres super-tankers de 280.000 à 310.000 tonneaux pour transporter le pétrole jusqu’à à Eilat, et Eilat pourrait alors servir de point de passage pour livrer l’Inde, le Japon, et la Chine.

      source : Israel Valley SITE OFFICIEL DE LA CHAMBRE DE COMMERCE FRANCE-ISRAËL

      http://www.israelvalley.com/news/2008/02/26/15976/israel-petrole-gaz-israel-veut-devenir-un-acteur-majeur-du-developpement-regional-dans-les-secteurs-du-petrole-et-gaz


    • Olivier Perriet Olivier Perriet 31 janvier 09:23

      @njama

      et donc ? Les Syriens, assadiens comme islamistes qui, entre parenthèses, détestent tous Israël, s’entretuent pour le plaisir d’Israël ?

      C’est Roland Dumas qui vous l’a dit ? Décidément, quand ça vous arrange, vous les aimez bien les socialistes smiley


    • njama njama 31 janvier 09:43

      @Olivier Perriet
      votre culture politique est loin d’égaler votre culture religieuse !
      mais peut-être êtes-vous très naïf au fond ?

      hégémonie a-t-il un sens pour vous ?
      déjà la Campagne d’Égypte de Napoléon avait pour raison les rivalités entre la France et l’Angleterre qui se disputaient la route des Indes ...
      et l’expédition militaire de 1956 pour le Canal de Suez ...
      etc.
      Il ne s’agit pas bien sûr que du seul État d’Israël mais d’une politique globale de « l’occident » au Moyen-Orient guidée par des intérêts fort éloignés de ceux des peuples qu’ils soient israélien, syrien, libanais ... des intérêts impérialistes pour tout dire.


    • Olivier Perriet Olivier Perriet 31 janvier 15:06

      @njama

      vous manquez d’ambition dans vos références historiques :

      pourquoi se limiter à Bonaparte en Egypte ?

      De votre part, je m’attendais (au minimum) au temps des Croisades.
      Déjà on a dépassé le 11/09 pour commencer à entrevoir le fond glauque de votre idéologie.


  • roman_garev 30 janvier 18:48

    À regarder aussi l’interview de Tulsi Gabbard à CNN sur Agoravox TV sur le même thème. Qu’il est marrant de comparer les questions du journaliste néocon 100 % et les réponses calmes de la députée pourtant démocrate des Hawaii...


  • Olivier Perriet Olivier Perriet 30 janvier 21:37

    C’était un communiqué du petit télégraphiste du Parti de Dieu, qui est contre l’Islam politique (tout contre)


    • njama njama 31 janvier 08:17

      @Olivier Perriet

      Il faudra vous y faire que le Hezbollah est un parti politique incontournable au Liban, apprécié de nombreux libanais, allié des chrétiens du Courant patriotique, qui participe au gouvernement libanais, ...  que cela vous plaise ou non.
      et tant pis si le Hezb est la p’tite bête noire des sionistes parce qu’ils ont été virés du Liban sud


    • Olivier Perriet Olivier Perriet 31 janvier 09:26

      @njama

      Comment voulez-vous, après cette analyse foudroyante (en gros, « c’est Israël à la source de tout le mal dans cette région »), qu’on prenne au sérieux vos hypocrisies anti islamistes ?


    • Olivier Perriet Olivier Perriet 31 janvier 11:30

      @njama

      Le Hezbollah est incontournable, ses opposants sont tous morts smiley


    • njama njama 31 janvier 16:59

      @ Olivier Perriet
      Sur ces quelques assassinats toutes les hypothèses sont permises, aucun n’ayant été élucidé. On peut imaginer que l’un ou l’autre aurait liquidé (c’est du lourd ! des voitures piègées) pour faire porter le chapeau au Hezbollah ou à la Syrie. Et même certains accusent l’Iran ...
      pour une fois Poutine ne semble pas être dans le coup smiley
      mais à qui profitait le crime exactement ? et pourquoi pas des assassinats commandités de ... ??? pour entretenir la discorde entre les libanais et l’instabilité régionale ?

      Attentat contre Rafic Hariri : Une enquête biaisée ?
      Ancien enquêteur criminel de RDA, devenu journaliste après la réunification allemande, Jürgen Cain Külbel est l’auteur d’une contre-enquête décapante sur l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri. Dans cet entretien, il revient sur le rôle politique de la Commission de l’ONU et sur la piste inexploitée de la responsabilité israélienne.
      http://www.silviacattori.net/article8.html

      Jürgen Cain Külbel : La déstabilisation de la Syrie et du Liban pour atteindre l’Iran 21 juillet 2014
      Cet entretien réalisé en 2007 demeure d’actualité. ...
      http://arretsurinfo.ch/jurgen-cain-kulbel-la-destabilisation-de-la-syrie-et-du-liban-pour-atteindre-liran-entretien/


    • Olivier Perriet Olivier Perriet 31 janvier 18:33

      @njama

      On connait ce refrain, depuis les années 90 en Algérie, le 11/09, etc etc etc :

      « Qui tue qui ? »

      C’est toujours la même fausseté, de ceux qui font semblant de ne pas voir avec qui ils sont et ce qu’ils sont.


    • njama njama 1er février 13:03

      @Olivier Perriet
      « Qui tue qui ? »
      Vous devriez prêter un peu d’attention à ce que disait Jürgen Külbel dans cet interview qui date de bien avant 2011, analyse dont on ne peut supposer qu’elle soit biaisée par des événements ultérieurs. L’histoire rapporte que la guerre 14 aurait été déclenchée suite à l’assassinat du Duc François-Ferdinand, dans le même genre de scénario médiatique l’assassinat de Rafiq Hariri aurait pu être l’étincelle qui mettait le feu aux poudres de la guerre ... sauf que ça n’a pas marché

      15 septembre 2006
      Silvia Cattori : Quels objectifs poursuivaient les assassins de M. Hariri ?

      Jürgen Külbel : [...] En 2003, alors que les empereurs d’outre-mer et leurs paladins anglo-saxons étaient en pleine campagne militaire contre l’Irak, les criminels de guerre s’aperçurent bientôt qu’ils s’y étaient mal pris : la « pacification » de l’Irak se faisait attendre ainsi que son effet domino, à savoir la liquidation du panarabisme qui devait entraîner la chute d’autres autocraties et dictatures voisines, conduire à la balkanisation de l’Arabie, rendre ainsi plus facile sa domination et son exploitation, et permettre d’installer Israël en position d’hégémonie.

      Très énervé, l’Empereur Bush Jr. tira de sa boîte la glaciale afro-américaine Condoleezza Rice et la nomma secrétaire d’État.Depuis, ouvertement ou de façon cachée, Rice soutient et finance -comme le font aussi les profiteurs de guerre et vice-président Dick Cheney ou le Commandant en chef du pouvoir terroriste américain et serviteur du « Big Oil » Donald Rumsfeld des « mouvements de résistance » visant à obtenir, par la force, des changements de régime dans les états de l’ex-Union Soviétique ou au Proche-Orient, et également dans les régions à proximité desquelles on projette de construire des oléoducs.

      L’aide financière et « logistique » est fournie, entre autres, par l’association Freedom House, conduite par l’ancien directeur de la CIA, James Woolsey, par l’United States Agency for International Development (USAID), par l’Open Society Institute de George Soros, l’un des hommes les plus riches au monde, par la National Endowment for Democracy (NED), et aussi par le gouvernement de Tony Blair.

      Depuis l’arrivée de Mlle Rice, le monde entier a pu se « réjouir » de quelques éphémères révolutions « démocratiques » sous le signe des fruits et légumes : des oranges en Ukraine, des tulipes en Kirghizie, ainsi que de la « Révolution des cèdres », déclenchée au printemps 2005 après l’attentat contre l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri. Cette dernière « révolution » a été conduite par le féodal druze Walid Joumblatt, grand massacreur pendant la guerre civile au Liban.

      Silvia Cattori : M. Rafic Hariri, n’était-il pas arrivé quasiment à la fin de son mandat ?

      Jürgen Külbel : Peu importait : pour agir efficacement sur l’opinion, il fallait abattre une figure de proue de la vie publique et politique afin d’attiser la colère du peuple libanais. Pour déclencher la « Révolution des cèdres » -un concept tiré de la boîte à idées néoconservatrice- rien ne faisait mieux l’affaire que l’assassinat d’un Hariri, c’est-à-dire, la liquidation d’un Monsieur Liban qui dirigeait l’État comme s’il s’agissait de sa propriété personnelle.

      [...]
      Silvia Cattori : En somme, s’il n’y avait pas eu des témoins qui se rétractaient, M. Bush aurait eu le prétexte voulu pour mettre tout de suite à exécution ses projets de déstabilisation contre la Syrie ?

      Jürgen Külbel : Certainement. Après le Liban, Bush avait misé sur l’effet domino et croyait que la Syrie serait également une proie facile. Il avait même déjà sous la main une marionnette appropriée : le « leader de l’opposition syrienne » résidant aux États-Unis, Farid Ghadry, une sorte de Chalabi syrien, attendait son heure. Cet homme d’affaires, né à Alep, président du Parti Réformiste Syrien (PRS Reform Party of Syria Washington D.C. US based syrian opposition), fondé juste après le 11 septembre 2001, est complètement inconnu en Syrie. A l’âge de huit ans, il émigra avec ses parents au Liban, puis aux États-Unis où il suivit des études d’économie et de marketing ; il travailla ensuite dans l’industrie de l’armement ce qui lui apporta la prospérité. Après le 11 septembre 2001, il a cru le moment venu d’aider sa lointaine patrie, « par des réformes économiques et politiques pour la démocratie, la prospérité et la liberté ». C’est pour cette raison qu’il adhéra à l’US Committee...


  • njama njama 31 janvier 08:59

    La différence entre les rebelles modérés et les terroristes, les syriens la font très bien, ils disent qu’elle n’existe pas.
    Par contre les syriens font très bien la différence entre les rebelles « modérés » de Washington, de Paris, d’Istanbul, de Doha, de Riyad ... d’avec l’Armée Arabe Syrienne
    Je n’ai pas ouï dire en plus de cinq années d’un village, d’une ville en Syrie où les syriens auraient accueilli à bras ouverts dans la joie les dits rebelles modérés ... par contre pour chaque village, ville libérée par l’AAS c’est la fête et gloire aux soldats.

    [Vidéo] Les habitants de Homs manifestent leur joie après le départ des terroristes et leurs familles
    La population revient dans ses quartiers et exprime sa joie et sa reconnaissance à l’armée de défense du gouvernement syrien
    12 décembre 2015
    HOMS IS FREE !!!! SYRIAN TROOPS GREETED WITH JOY BY THOUSANDS SYRIA COMING BACK Thousands of poor Syrians tormented by years of « moderate rebel » rule, pour out to greet and cheer for the SAA who is parading through Homs after finaly liberating it, with the help of Russian air support.
    https://www.youtube.com/watch?v=PauFSKZafr4


  • zygzornifle zygzornifle 31 janvier 14:28

    Quand les Allemands ont étés chassés c’était pareil ......


  • Pierre Régnier Pierre Régnier 31 janvier 16:58

    Ce que j’ai lu et entendu de Tulsi Gabbard me paraît plein de bonnes intentions.

    Mais je constate que cette élue démocrate baigne dans le même NÉO-NÉGATIONNISME qu’Obama, Hollande, Mélenchon, Hamon, Macron et toute la fausse Gauche planétaire, pour laquelle il faut innocenter l’islam et ne voir dans les meurtres des terroristes que des individus bizarres qui terrorisent sans savoir pourquoi.

    Qui terrorisent, en tous cas, sans que cela ait le moindre rapport avec leur religion QUI LEUR DEMANDE DE TERRORISER DEPUIS 14 SIÈCLES.


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