vendredi 20 février - par lephénix

La dévoration du monde

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La fonction de l’économie est-elle de produire un maximum de richesses pour tous avec un minimum possible de travail et de ressources naturelles ? La surabondance de biens produits ne se traduit nullement par une abondance générale ni par une meilleure répartition des richesses. Elle ne fait qu’exacerber l’extractivisme mortifère et autres dévastations écologiques jusqu’à réduire le vivant à…néant. L’expansion industrielle à marche forcée, la fuite en avant dans le fondamentalisme techno-scientiste et la production de valeur marchande s’avèrent incompatibles avec la continuation de la vie sur Terre comme le rappelle Anselm Jappe sans ambages : « Nous ne pouvons pas sortir de la crise écologique sans sortir du capitalisme ».

 

Qu’y aurait-il à « sauver » vraiment de notre « civilisation » dont la ruine est claironnée avec une constance qui ne désarme pas par les catastrophistes et autres jubilants prophètes de la « fin des temps » menaçant leurs congénères d’atroces souffrances climatistes ?

Nombreux sont ceux qui, à l’instar d’Anselm Jappe, ne voient pas la « fin du monde » à leur porte lorsque les déplacements d’air (en automobile individuelle, en avion ou bateau de croisière) désormais appelés « mobilités », l’ « accès » à Internet ou d’autres habitudes écocidaires de notre « mode de vie non négociable » d’interconnexion galopante seraient contrariées par le rappel à la réalité des limites planétaires. Théoricien de la critique de la valeur, Anselm Jappe explique le lien structurel entre capitalisme et dévastation écologique. Il va à la racine du problème, à savoir «  la subordination de la vie sociale aux exigences de la production de valeur marchande » - la valeur comme « sujet automate » (Marx) : « le problème essentiel réside dans le travail abstrait et dans les structures qu’il a créées, et auxquelles tout le monde contribue – et c’est bien cela que nous appelons « l’économie ».

 

« Travailler pour vivre » ?

 

La nécessité de « travailler pour vivre » ne remonte pas à l’avènement de l’homo faber : le travail est devenu « facteur de production » et valeur centrale justifiant la distribution de revenus et de statuts dans la société bourgeoise, rentière de la « révolution industrielle ».

La fétichisation de la technique et du travail suppose la dévaluation de l’humain, aliéné par « l’identification du bonheur avec l’abondance marchande, que l’on obtient en sacrifiant sa vie au travail  » (Jacques Ellul). Anselm Jappe rappelle que « la place de chaque objet, de chaque objet, de chaque action dans la société capitaliste dépend du travail qu’elle « commande » - dans ce système d’exploitation, « c’est le travail qui fait que les individus forment une société ».

Il y a eu l’invention de la « science économique », à partir du XVIIe siècle en Angleterre, pour justifier une répartition toujours plus inégalitaire et l’assujettissement à l’effort laborieux, à l’obligation d’avoir un travail alors qu’il y en a de moins en moins (automatisation oblige…) comme il y a de moins en moins de ressources à exploiter pour justifier la poursuite de la richesse matérielle comme finalité de l’existence : «  La valeur, la marchandise, l’argent, et le travail sont de pures quantités, dont le seul but est leur accroissement quantitatif, leur multiplication ; la valeur n’a de sens que si elle produit de la survaleur (ou plus- value) qui se concrétise dans le profit ». En régime capitaliste, « le concret se retrouve au service de l’abstrait et les humains se retrouvent à la traîne de leurs propres créations » - une inversion que Marx appelait le « fétichisme de la marchandise ». Ainsi, « cette cécité de la valeur et de la marchandise, du travail et de l’argent face aux aspects concrets » suscite son cortège d’inégalités, d’iniquités, de souffrances et de dévastations écologiques – ce sont les « quatre cavaliers de l’apocalypse » : « L’impératif de la croissance de la valeur est l’une des racines du désastre que le régime de la valeur produit  ».

La logique productiviste d’une machinerie techno-capitaliste de prédation impulse le rythme de la « vie moderne » selon sa doxa de l’inéluctable : « Une société où tout est capital est aussi une société où tout est travail ; le travail y est la forme dominante de rapport au monde, et la valeur est essentielle, et la valeur est l’étalon universel  » La société capitaliste « se démarque de toutes celles qui l’ont précédé par son caractère totalisant, voire totalitaire  » ensuite par sa dynamique cumulative, concurrentielle, court-termiste et autodestructrice.

Le « capitalisme », structurellement illimité, constitue une véritable rupture anthropologique et métabolique – rien n’arrête sa course à l’abîme de cette « société autophage » de l’épuisement permanent qui se refuse à envisager un freinage d’urgence, serait-ce pour sa survie... Un « taux de profit » ou une « obligation de croissance » restent indifférents aux souffrances des enfants forcés d’extraire du cobalt au Congo ou des ouvrières qui brûlent dans leur usine en Inde comme aux conséquences de leur dévoration de ressources précieuses. Leur horizon temporel est réduit à « la prochaine têtée », révélatrice de « l’infantilisation du sujet marchand » - ou à la prochaine assemblée générale des actionnaires pour leur conter Noël...

Ainsi, la surproduction de biens industriels pour produire, exigée par le mécanisme d’accumulation, se solde par une pénurie de biens naturels, jusqu’à celle d’un air et d’une eau non viciés, en sus de celle des principales matières premières. Ellul rappelait que « plus nous travaillons, plus nous épuisons les richesses spontanées de la nature, plus nous voulons aussi consommer des biens toujours davantage complexes et glorifiants ».

Quand la « productivité » du travail augmente, « la consommation de ressources augmente également, même en l’absence de profit, rien que pour tenir constante la masse de valeur  ». Ce qui exacerbe le gaspillage des ressources, c’est la concurrence technologique, avec l’obsolescence programmée qu’elle suppose sans que le vrai coût énergétique et écologique du numérique, exponentiel depuis les « promesses de l’IA », ne soit jamais pris en compte.

 

La « transition », un cauchemar climatisé

 

Justement, «  la focalisation excessive sur la crise climatique et le rôle des énergies fossiles fait le lit du discours de la transition énergétique  » qui se garde bien de mettre en cause la surconsommation « d’énergie en général » d’une société en surchauffe. Il s’agit juste d’un tour de passe-passe et d’une nouvelle « révolution industrielle », c’est-dire du « passage d’un modèle industriel à un autre, comparable au passage du charbon au pétrole à la fin du XIXe siècle » - histoire de remplacer un « mal » par un autre, bien pire, sans rompre le moins du monde avec les gabegies énergétiques.

En vérité, la sortie des « énergies fossiles » n’aura pas lieu : « comme toujours, l’effet rebond fait que les nouvelles sources d’énergie s’ajoutent aux anciennes, de manière à ce que la consommation mondiale d’énergie ne cesse d’augmenter  ».

L’écologie n’est que rhétorique puisque « derrière se cachent le numérique, les biotechnologies et les énergies renouvelables » dont la mise en œuvre consume de colossales quantités d’énergies fossiles et de bien d’autres matériaux utiles à la réduction du monde en données : « la poursuite de la société industrielle est désormais confiée aux panneaux solaires et aux éoliennes, de même qu’au nucléaire ». Ajouter des « énergies renouvelables » aux « énergies fossiles » et nucléaire n’évitera en rien le choc énergétique à venir, compte tenu du besoin accru d’énergie que ce cumul génère – et compte tenu des « besoins » abyssaux de l’espèce techno-zombifiée qui n’envisage pas de sevrage énergétique par une réduction raisonnée de ses pratiques techno-addictives, tant que dure l’illusion d’une piètre satisfaction consumériste : «  La bataille entre énergies renouvelables et fossiles, quelle qu’en soit l’issue, n’est plus qu’une confrontation entre deux industries, deux formes d’économie, deux sources de profit (…) En réalité, l’énergie solaire n’a commencé à se diffuser et à être promue par les institutions et par les compagnies énergétiques qu’au moment où elle a pu être centralisée, devant alors simplement un réseau de plus, une offre payante de plus pour le consommateur.  »

La « transition » engage des ressources précieuses dans de nouveaux processus de production organisant la pénurie finale par épuisement du sol et des ressources – une puce électronique nécessite « seize mille fois son poids en matière pour être fabriquée ». Pour Anselm Jappe, « le véritable but de cette transition est de « tout changer pour que rien ne change », ou change… pour le pire  ». Elle n’envisage pas de traiter les causes des problèmes, « mais de favoriser la « résilience » des populations, c’est-à-dire leur capacité à s’adapter à ce que l’on se refuse à modifier ».

En régime résiliocratique, la propagande vend aux populations « la viande synthétique, le transhumanisme, l’informatisation et la virtualisation totales, le télétravail généralisé, l’autoritarisme ouvert ou soft, etc ». La « pédagogie par les catastrophes » pousse à « l’acceptation de toute forme d’obéissance au nom de la survie ». Anselm Jappe ne ménage pas ses critiques aux « écologistes d’Etat, défenseurs les plus fanatiques de mesures comme l’électrification de toutes les infrastructures, assortie de la numérisation de l’existence malgré le coût écologique et énergétique du numérique ».

Le « capitalisme » constitue « la cause de la destruction des bases naturelles de la vie sur terre », il est « un véritable roi Midas : il transforme en or tout ce qu’il touche en le rendant impropre à la vie  » - en or pour ceux qui en profitent et en métaux lourds pour ceux qui en crèvent... La dite « transition » lui permet d’amorcer un nouveau cycle d’accumulation en « capitalisant sur la réparation des dommages qu’il a lui-même causés » - c’est-à-dire de se sauver une fois de plus au détriment du vivant en creusant le « gouffre énergétique » : « il consomme de telles quantités d’énergie qu’il va brûler le monde entier  ».

Cette « dévoration du monde » pour surproduire l’inessentiel le futile et le vain dans la poursuite d’une inextinguible chimère de croissance a commencé par une prise en otage de l’humanité toute entière – le chantage au « confort » érigé en « inclusion ».

Celle-ci, pourtant, pourrait vivre sans pétrole ou lithium, mais elle ne pourrait survivre sans air respirable ni eau potable ni nourriture saine. Et, « puisque du point de vue de l’accumulation du capital, il existe maintenant bien trop d’humains, tandis qu’aux débuts du capitalisme il n’y avait jamais assez de main-d’œuvre  », force est de réaliser que le «  capitalisme cherche à s’émanciper de l’humain et à se reproduire tout seul  » jusqu’à la combustion du vivant et du monde. Peut-on imaginer dix milliards d’humains, accrochés à leur smartphone, payer leur « inclusion » consumériste ostentatoire comme leurs « mobilités douces » en cryptodevises ?

Alors que les machines ne se substituent pas seulement à l’effort physique mais aussi à l’effort mental, la véritable « croissance » ne devrait pas s’aligner sur la réorganisation algorithmique de l’existence ni sur un asservissement accru des humains aux technologies – ce qui constitue précisément « la racine du mal ».

Mais elle devrait se mesurer en « temps humain économisé », libéré pour renouer avec des capacités naturelles anesthésiées. Cela implique un changement total de l’orientation d’une société écocide à partir d’un bilan utilité/coût réel de nos artefacts et autres gadgets de techno-zombification qui piègent l’humanité vers une « administration cybernétique totale ».

La « complicité fondamentale entre dominants et dominés » qui fait tenir ce système d’exploitation autour du consensus d’un « confort » illusoire finira-t-elle par céder devant l’évidence tragique ? Parce que la société ultraconnectée, noyée dans l’incontinence de ses fictions, n’a plus les moyens de ses mythes d’accumulation au-delà de ce qui peut être dépensé, il n’est « pas encore trop tard pour bloquer les roues de la voiture qui nous entraîne vers l’abîme  ». Pour peu que se manifeste une détermination à s’affranchir d’une « dé-civilisation capitalo-industrielle », en démantelant les «  structures réelles qui privent les humains de toute libre prise de décision ». Lorsqu’une technostructure parasitaire asphyxie le vivant, il faudra revendiquer le « droit de respirer » pour l’arrimer à la réalité terrestre d’un écosystème mené à l’Apocalypse algorithmique par l’intégrisme fou de la « décarbonation ». Maurice G. Dantec (1959-2016) écrivait : « La technologie n’est pas l’avenir. C’est le Jugement dernier incorporé dans la matière  ».

Avant que le terricide ne soit consommé, il n’est pas interdit d’œuvrer à un avenir plus désirable par un être-au-monde reprenant sève et racine dans la communauté des vivants.

Anselm Jappe, Ecologie ou économie – il faut choisir, l’échappée, 208 pages, 18 euros.



7 réactions


  • Julian Dalrimple-sikes Julian Dalrimple-sikes 21 février 07:21

    Hello, Tout ça par fuite impossible que naître = mourir..

    Tertullien :

    l’homme reste dans l’ignorance aussi longtemps que il est ignorant, et il hait injustement aussi longtemps que il reste dans l’ignorance.. ! 

    Mais l’incapacité à intégrer que, naître = mourir, intégrer à la vie avant d’être une cause est bien sur un effet de x, ce x c’est la dégénérescence à 95% de notre psyché. qui a fait ça, nous mêmes et continuons encore à cette seconde à nous auto dégénérer...désespoir donc souffrance étant nos meilleurs amis..

    chaque « moi-je » veut être dieu..et tel un enfant de 1 ans ou moins dans une crèche veut tous les jouets et mordre les autres..déjà mauvais il y en a pas mal, de vrais gentils dans le fond sont très très rares et la majorité des enfants est déjà passive, soumise , indifférente etc ..

    Sommes nous encore humains ?

    Non, clairement non...

    Je cite l’auteur qui cite : Maurice G. Dantec (1959-2016) écrivait : « La technologie n’est pas l’avenir. C’est le Jugement dernier incorporé dans la matière  »

    et bien cette phrase me parle directement, j’ai « vu » ça il y a longtemps, et certains au cours du passé y compris très lointain savaient cela, et on essayait de freiner des deux pied nos aventures rouges sangs sur ce chemin, sans succès, la fuite que naître = mourir, fuite impossible rendant totalement dément..

    comme la souffrance, sœur de la technologie, celles ci contiennent oui une sorte de mécanisme auto destructeur...un compte à rebours..

    Pourquoi comment etc ???

    Parce que c’est ça qui fait que une seule capacité va prendre le dessus sur toutes les autres, la pensée analytique qui est parfaitement inapte à la vie, et apte et encore seulement à ce qui est pratique dans la vie, et à rien d’autres..

    et cette pensée devenu totalitaire sur la psyché cerveau ne voyant que elle même ayant détruit nos autres capacités( innées aussi ) qui ont et sont le lien avec la vie profonde, qui est le sens de notre présence dans cet univers, présence qui dès lors n’a plus de sens...

    etc

    c’est du moins ce qui m’a été donné de percevoir..sujet d’une vie car ça n’a pas de fin que de voir tout ça..

    Avec une psyché cerveau en marche, nous sommes spontanément coopératifs, équitables et bien plus

    sans cela, haine, violence, vols, tueries, destructions, tortures etc sont la norme, la norme inique la majorité en nombre..

    tic toc........

    Merci 


    • Julian Dalrimple-sikes Julian Dalrimple-sikes 21 février 07:28

      @Julian Dalrimple-sikes

      citation : Si vous avez un probleme et que vous comptez sur la classe politique pour le résoudre, alors vous avez deux problemes, puis un nombre effrayant d’autres problemes.
      Peut être de Albert Einstein...mais ? 


    • Julian Dalrimple-sikes Julian Dalrimple-sikes 21 février 07:37

      @Julian Dalrimple-sikes

      des hommes ( sages) parlent car ils ont quelque chose à dire, les fous parlent car ils veulent dire quelque chose : PLATON..


    • lephénix lephénix 21 février 15:42

      @Julian Dalrimple-sikes
      merci !
      combien étions-nous à avoir senti venir « où ça mène », cette fuite en avant dans le fondamentalisme technologique et à avoir senti la déshumanisation et dépossession totale à venir, au-delà de la dilapidation de toutes les ressources, naturelles et symboliques ?


    • lephénix lephénix 21 février 15:46

      @Julian Dalrimple-sikes
      au temps de Platon, la politique était le pouvoir de dire et d’instituer la vie, l’héritage a duré (« instituere vitam ») jusqu’aux bavardages obscènes du XXe siècle nihiliste en ce temps-là, il fallait qu’il y ait des mots pour qu’il y ait des choses, c’était le logos constitutif de la communauté...
      aujourd’hui le bon sens, s’il en restait, rétorquerait au bavardage mortifère : quand on n’a rien à dire, on doit avoir la décence de le faire en silence...


  • LeMerou 22 février 05:03
    @lephénix

    Bonjour,

    La lecture de votre titre m’a immédiatement fait penser à un autre texte à tendance « catastrophique » portant sur l’impact de la vie humaine sur terre, les méfaits engendrés, etc, etc..

    Il en fait partie assurément, la conclusion étant à peu près similaire aux autres, qui globalement, culpabilise le lecteur lui imposant de vivre différement, plus en « harmonie » avec ce qui l’entoure encore. Faites n’attendez rien des autres, ce n’est pas faux bien sûr.

    Cependant, je dois dire que certains de vos constats, de citations reprises ça et là, sont différentes de l’habituel et soulèvent plus de réflexions de questionnements. 
    Mais une fois la lecture terminée ayant titillée ces notions en phase de disparition que sont le « bon sens et l’instinct primaire de survie » survient l’inévitable retour à la réalité de ce qui nous entoure, avec une grande question « Que puis-je faire ? » f

    Face à l’immensité qui n’aura pas lu votre article et poursuivra la « folie » de la vie actuelle, sans se rendre compte de l’ impact de son consumérisme ou bien est dans le déni dévoré qu’elle est déjà, comptant sur le progrès, la technologie et le « génie » humain pour y remédier. C’est une notion très apaisante et « déculpabilisante » notons le

    Devant tout ces discours, ces démonstrations, ces alertes dont le bien fondé n’est pas à remettre en cause, car physiquement bien réel, L’envie de « bien faire » est d’une fugacité extrême en fait, s’apparentant à la lutte du pot de terre face au pot de terre et surtout bien vite rattrapé la vie sociétale imposée. 

    Alors que puis-je ? Tout et Rien en fait ou si peu.
    Si tout le monde pense cela le monde est foutu me répondrez vous, rendons nous à l’évidence, ce qui vous réduirez, d’autres le consommerons pour suivre votre modèle paraissant « bienheureux » à leur yeux et à mon avis il en reste beaucoup plus. Donc pour certaines générations il peut être pensé d’en profiter, tant que ça dure et tout est fait pour qu’ils en soient convaincu, des « prisonniers » de leur plein gré.

    D’autant plus que les « échéances » inéluctables, tant clamées, ont des dates prévisionnelles supposées (quant elles arrivent à être fournies) lointaines, très lointaines, qui ne sont pas en rapport avec la durée d’un vie humaine. 

    Je prend l’exemple du « pétrole » pour illustrer, combien de fois il nous à été dit, que nous allions en manquer ? Des décennies et force est de constater que l’ont en produit toujours autant. Un champ perd de la productivité, un autre compense par un soutirage plus important. La fin ? que des prévisions, même les meilleurs, les vrais autorités en la matière ne peuvent le prédire. Il se raréfie, deviendra de plus en plus cher, qu’importe il est le moteur principal de « l’économie », dont les « spécialistes » arriveront à juguler l’impact, jusqu’à temps qu’il n’y en ait plus. La commencera le drame qui se propagera inéluctablement sur tous les Pays « riches » et « pauvres » dans la plus parfaite inégalité.

    La seule notion sûrement égoïste par réflexe ? par intuition ? Est ne pas créer une génération qui subira plus qu’elle ne profitera du « génie » humain est je crois ce qui se déroule dans les Pays dit « riches ». Là l’impact est mesurable à court termes par les « économistes » voyant en cela un frein à l’expansion sans limite, la fameuse croissance continue et font mettre en place par tous les prétextes possibles des notions à mon sens « dangereuses », faisant durer un peu plus le système et ils ne sont pas avares d’idées.

    Pour ma propre part, je fais ce que je peux, ce que je trouve possible, raisonnable, je dirais qu’égoïstement je me donne bonne conscience, tout en sachant que je ne suis rien et après tout, il ne m’en reste que très peu à parcourir. Mon humble parcours n’est pas l’Odyssée , j’avoue très humblement de ne pas ressembler à Ulysse et céder par relâchement peut être, aux multiples sirènes consuméristes, qui m’assaillent de plus en plus diaboliquement.

    Ne cédant toutefois pas au « futile » et Dieu sait que c’est un moteur économique très puissant, avoir demain ce que l’on possède à peine. La « vieillesse » est elle un retour au raisonnable ? Pour certains oui, pour d’autres non ! Tout dépend du degré d’infection.

    En conclusion, je très pessimiste sur le devenir humain à long terme, sur la survenance d’un « miracle » générant d’un coup une énorme prise de conscience, une fois les murs percutés. Mais entre temps, je trouve que certaines oeuvres cinématographie dystopiques sont très représentatives de ce qui sera ou potentiellement sera.

    En tout cas Merci pour votre texte qui sort du lot.

    • lephénix lephénix 22 février 12:02

      @LeMerou
      merci pour votre lecture attentive et votre retour circonstancié plus que pertinent...
      les « pessimistes » tentent de préparer le parachute sans compter sur le « miracle » qui sera immanquablement le retour du réel en poussée du refoulé...
      nous sommes si peu de chose, une évidence qui rend inutile de prendre la posture du « sachant », nous ne pouvons que nous en remettre à ce qui fait vraiment Loi en notre âme et conscience...
      sur cet agora, il y a toujours la nécessité de « tout ramener aux mots pour qu’il y ait des choses » le logos constitutif de la communauté selon la scolastique du moyen âge qui fait toujours loi, en dépit de la dilapidation de notre capital symbolique commun par l’économisme généralisé... l’humain n’échappe pas à la question du pourquoi ? pour faire face au rien...
      fondamentalement, nous restons toujours riches de ce que nous pouvons apprendre et réaliser...


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