mercredi 20 avril - par Bernard Dugué

La Cinquième République est morte, vive la République !

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La vie politique, historique et culturelle montre des signes de fatigue en France, sans doute plus qu’ailleurs. C’était le cas de l’Allemagne dans les années 30. La lecture des Cahiers noirs VII-XI écrits entre 1938 et 1940 par Heidegger offre une étrange résonance avec notre époque. La solution politique à cette fatigue fut désastreuse. Cela dit, parler de fatigue est abusif. La France est plutôt dans un état d’hébétude, de lassitude et de normalisation, comme si une époque était achevée. L’occasion de tracer quelques images du chemin emprunté par la cinquième république. 

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0) Sur le cercueil de Charles VI, une effigie représentant le roi vivant constitue le symbole de la continuité de la fonction royale. Symbole d’où fut extraite la thèse du « double corps du roi », le corps physique mortel et le corps mystique, éternel. Les cris « Mort est le Roy Charles », « Vive le roi  » furent prononcés pour la première fois lors de l’inhumation de Charles VI en 1422, afin de signifier la continuité et la perpétuité de l’incarnation royale. Drôle de coïncidence. 700 ans plus tard, en 2022, résonne en nous cette formule ; la Cinquième République est morte, vive la République. Mais que l’on ne se méprenne pas sur le sens de cette formule. Cela ne signifie pas qu’une sixième république est en marche, ni qu’elle est souhaitable. Cette formule sibylline indique uniquement la fin d’une époque et d’un corps politique physique, incarné par deux oppositions. La république survivra mais dans quel é(E)tat ?

1) La naissance de la Cinquième République fut décidée pour diverses raisons. Deux grands corps politiques ont conduit la France vers un destin improbable. Le gaullisme, corps politique étatique amené à gouverner et le communisme, corps social et politique incarnant l’opposition des classes travailleuses, intellectuelles, moyennes, appuyée par une petite minorité bourgeoise dissidente.

2) La rupture de mai 68 a accompagné l’évolution du corps politique sur fond de grands récits, la France éternelle dans le monde et le grand soir des travailleurs. Giscard et Mitterrand ont revisité le gaullisme et le communisme, pour ne pas dire qu’ils l’ont trahi mais dans le bon sens. Trahison et traduction ont une racine étymologique commune. Quelques slogans jetés sur la place publique. Changer la vie en 1981, la France pour tous en 1995.

3) Au tournant des années 2000, avec en toile de fond la toile du Net, et en arrière-fond la mondialisation heureuse pour les uns ou malheureuse pour les autres, les deux formations se partageant le pouvoir ont amorcé leur entrée en phase terminale. Cela s’est vu lors de l’élection de 2002. Jacques Chirac manqua de peu les 20 points avec 19.9 ; plus grave, Lionel Jospin éliminé avec 16.2 points. Et puis le choc, Jean-Marie le Pen au second tour et une abstention record.

4) L’élection de 2007 se dessine sous la vacance du pouvoir. Chirac ne se représente pas, laissant ouvert un champ vite occupé par les tenanciers des anciennes boutiques et deux figures dont la prestance donna l’illusion d’une vie politique ressourcée avec Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, personnalités en verve, en verbe et quelque peu atypique. Deux envies de France, deux sortes de ruptures revendiquées, interprétables comme une douce réforme de régime, avec une barre à droite ou à gauche. Et François Bayrou en troisième homme préfigurant l’arrivée du président Macron dix ans plus tard.

5) 2007 – 2017, une décennie hésitante, marquée par un enlisement social et des troubles venus de l’extérieur, crise financière, terrorisme. La France croit qu’elle est encore déterminée par une opposition droite et gauche alors que le PS et le LR sont éclatés chacun en trois tendances.

6) L’arrivée d’Emmanuel Macron représente une sorte de clarification du corps politique. Un nouveau parti arrive au pouvoir en réalisant une sorte de synthèse entre le pragmatisme de gauche et le pragmatisme de droite. Sans que le mot ne soit prononcé. Le progressisme a une connotation bien plus positive et c’est la marque de fabrique du projet porté par Macron.

7) En 1970, le corps politique répondait aux aspirations, aux espérances, aux croyances. 50 ans plus tard, le corps politique répond à la demande, aux désirs, aux colères, aux souffrances. La tectonique du politique absorbe la tectonique des territoires, les évolutions des savoirs, les expositions aux risques, les craintes du déclassement. Cette tectonique a fait apparaître trois tendances réunies par trois personnalités capables d’occuper un espace, de s’incarner sur scène comme sur les plateaux de télé. Ce constat confirme la tendance à une personnalisation du politique, à la médiatisation, à la profusion de slogans et d’invectives. La forme l’emporte sur le contenu. Macron, le Pen et Mélenchon, un trio pour spectacle politique mais un triumvirat impossible car ne regardant pas dans la même direction.

8) Aveuglés par les passions tristes, les observateurs ne voient pas que le RN reprend des thèmes datés pour fabriquer une sorte de gaullisme hybride reformaté pour notre époque avec un thème dominant, l’immigration, et un visage peu avenant sauf pour les mangeurs de vent. Du côté gauche, FI se raccroche aux luttes sociales et quelque part, au mitterrandisme et là aussi un reformatage est en proposé avec le thème central de la transition écologique. Ces deux partis se réclament des temps anciens devant être restaurés pour contrecarrer la prétendue révolution progressiste en marche jugée responsable des maux contemporains ou du moins, d’une absence de solution. Rien de nouveau, nous sommes revenus à Joseph de Maistre, figure tutélaire de la réaction, et à Saint Simon, patron du positivisme dont le dernier avatar n’est autre que Macron.

9) Le scrutin du 10 avril 2022 a donné, comme tous les précédents, une photographie de l’horizon politique projeté par les Français. L’âme des Français s’est révélée. Trois tendances dominent. Deux lorgnent vers le passé, le néo-gaullisme pas très convaincant ni avenant du RN et le néo-mitterrandisme bricolé d’écologie de FI. Ces deux regards se raccrochent au passé, comme si les Français étaient devenus des adultes infantilisés, paumés, indécis, hésitants au point de se tourner vers les anciens pour leur demander conseil. La troisième tendance se tourne vers le futur ; elle est incarnée par LREM dont la seule base solide est le président et candidat Macron dont on a deviné quelques penchants autoritaires pour ne pas dire autocratiques.

10) Quel est le futur vers lequel se tourne Macron ? Le sait-il vraiment ? Le président en place a affronté l’épreuve des gilets jaunes, expérience qui lui a permis de renforcer son pouvoir. Seconde épreuve, le Covid. Une expérience de gestion que l’on peut dire réussie pour le président, mais une victoire à la Pyrrhus car cette réussite s’est faite en jouant sur la soumission des Français face à des mesures restrictives que nul n’aurait imaginées il y a cinquante ans. Autant dire que Macron connaît maintenant le terrain social pour imposer la planification totale incluant la transition énergétique, la rationalisation des soins, le formatage éducatif. Les Français se sont révélés comme des citoyens obéissants, excepté une minorité bruyante. Macron veut la puissance, l’efficacité. On peut voir dans son attitude une sorte de nihilisme dirigé contre l’Etre.

11) Les trois formations arrivées en tête au premier tour ont totalisé près des trois quarts des suffrages exprimés. Les trois personnalités qui les ont représentées ont un point commun, la démagogie. RN et FI sont qualifiés improprement de populisme, comme si le peuple était devenu une chose sale. Ces deux mouvements sont plutôt démagogiques et s’adressent plus aux producteurs, consommateurs et clients qu’au peuple et parce qu’ils n’occupent pas le pouvoir, ils doivent être plus démagogique et pratiquer la surenchère face à la démagogie raisonnée de Macron. Ces trois partis sont les représentants d’un syndicat du pouvoir d’achat et de la sécurisation.

12) La démocratie devient floue. Les médias lancent la démocratie libérale comme une chose politique bonne face à une mauvaise démocratie incarnée par le populisme référendaire. Mais au final, les deux se ressemblent puisque la présidentielle devient un choix de programmes dont les dispositions ne seront actées que si le parlement les exécute, devenant alors une chambre d’enregistrement dont les seuls effets sont des détails votés dans les amendements. Le parlement enregistre les directives de l’Elysée et les directives européennes. La démocratie parlementaire, qui est le maillon fort du corps politique intermédiaire entre exécutif et société, s’affaiblit de plus en plus.

13) La planification totale accompagne deux événements historiques. D’un côté la fin de l’homme, du sujet moderne, devenu un étant disponible pour le calcul et la planification. Cet événement s’est révélé avec une intensité particulière pendant la gestion du Covid. La fin de l’homme liée à une mutation du savoir fut prophétisée par Foucault. Second événement adossé au premier, la fin de l’histoire, non pas qu’il n’y ait plus d’événements historiques, loin s’en fait, mais plus de puissance historiale. Les archivistes de l’historicité et de la culture ont le champ libre. Cet événement fut prophétisé par Heidegger et annoncé plus récemment de manière brouillonne par Guy Debord. La science est aussi pour partie responsable de la fin de l’homme. Disons un certain usage politique de la science qui donne le style au régime. Planification écologique, restrictions conduites par un conseil de santé, gestion numérique du contrôle social, formatage par le neuro-enseignement. Les experts ont remplacé l’école de la vie, la transmission des valeurs, l’éducation des maîtres. Les anciennes figures de l’autorité se sont affaiblies. Pères, maîtres, chefs, juges, sont maintenant concurrencés par les managers, les gestionnaires, les consultants, les conseillers, les évaluateurs et bientôt, l’intelligence artificielle.

14) La présidentielle de 2022 signe une nation en transition vers des horizons incertains et inquiétants. Le régime orchestré par deux partis et un style politique est mort. La cinquième république survit comme un nouveau régime avec son style, autoritaire, planificateur. Une époque se meurt, une autre arrive. Cela se remarque lors des scrutins présidentiels. Le gaullisme et le communisme sont morts avec Giscard et Mitterrand. Le mitterrandisme et le chiraquisme sont morts avec Macron. Cet événement n’est pas arrivé fortuitement. Il fut préparé par Sarkozy et Hollande. Comment envisager la vie nouvelle de la nation ? Comme aurait pu le dire Churchill, Macron est le pire des présidents à l’exclusion de tous les autres. Le navire France aura un capitaine le 24 avril. La croisière risque d’être mouvementée, teintée d’amertume et colère pour les uns, de satisfaction pour les autres. Ceux qui sont tournés vers l’avenir sont invités à penser une vie nouvelle. Une république born gain ? Why Not ?

15) Crise de régime, le mot est lancé. Quel que soit le résultat de l’élection, une crise politique est prévisible, même si Macron est reconduit, car en ce cas, aucune des deux formations d’opposition ne peut espérer en une alternance. Macron, c’est le système verrouillé (avec les parvenus et les parvenants) et comme seul salut une assemblée hétéroclite amenant une cohabitation inédite et non consolidée. Macron n’a pas les moyens de résoudre les grands problèmes de la société française, avec une aggravation liée à la transition écologique, et cela risque de se traduire par une crise sociale assez intense, sauf si l’obéissance est de mise, ce qui représente une crise anthropologique, pour ne pas dire l’ultime crise de civilisation de l’Occident. Avec une lointaine ressemblance avec l’Allemagne de 1930. Un monde face au mur de l’impossible, la grande résolution, plus audacieuse que toutes les révolutions.  

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Faire renaître la cinquième république est une proposition que je partage avec Michel Onfray dont la dernière saillie en appelle à une résurrection de la France d’avant Maastricht, non sans quelque allusion au général de Gaulle, valeur sure s’il en est, pour ramener les Français vers les urnes. Pour ma part, je n’ai pas d’avis tranché sur une réinvention de la vie politique qui doit puiser dans les éclats du passé tout en regardant des possibilités inédites ancrées dans l’être, le kosmos et le spirituel.



35 réactions


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 20 avril 08:31

    « Trahison et traduction ont une racine étymologique commune. »

    En effet, es Italiens disent : « traduttore traditore ».

    Par contre, il y a une grande différence entre « analyser » et « interpréter ». les historiens analysent, ce sont les musiciens qui interprètent en présentant les choses à leur manière, en daonnant une version qui n’est pas la seule possible.


  • Yann Esteveny 20 avril 08:57

    Message à tous,

    Lâche, veule, mensongère est cette République. Vous pouvez tournez ses numéros indéfiniment, elle ne produire que des présidents à son image.

    Profitez avant censure : « Deux siècles contre le peuple français »

    https://www.youtube.com/watch?v=ksukvRX-i8o


    • Captain Marlo Captain Marlo 21 avril 09:23

      @Yann Esteveny
      Lâche, veule, mensongère est cette République. Vous pouvez tournez ses numéros indéfiniment, elle ne produire que des présidents à son image.

      Je crois que ce prof d’histoire confond la République avec la Gauche française...
      Il doit être de Gauche et préfère mettre sur le dos de la République, ce qui revient à la Gauche !
      « Le livre noir de la Gauche française » par Xavier Moreau.
      Lire en particulier les chapitres :
      La Gauche française et la répression, de la guillotine aux Gilet jaunes.
      La Gauche française et la guerre.
      La Gauche française et la colonisation.
      La Gauche française et la corruption, de Danton à Macron etc

      J’en profite pour rappeler que Macron n’a jamais mis les pieds chez les Républicains . Il vient du Parti Socialiste, comme Castaner.
      Et le Préfet Lallement est passé par le CERES de Chevènement !


  • ZenZoe ZenZoe 20 avril 09:49

    Depuis 1789, les Français n’en finissent pas de changer de régime. Si la stabilité de l’homme providentiel est l’objectif, qu’on en revienne à la monarchie, qu’elle soit parlementaire pour un zeste de démocratie, et qu’on n’en parle plus.

    Les Français sont restés de fervents monarchistes sans vouloir se l’avouer, qu’ils fassent leur coming out et ça ira mieux après.

    Reste à trouver le bon roi ! Allez, au hasard, Macron 1er (sauf que le bougre n’a pas d’héritier, ça coince) ? :->


    • ZenZoe ZenZoe 20 avril 09:50

       smiley


    • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 20 avril 10:29

      @ZenZoe

      y a qu’à cloner Jean-Michel


    • Francis, agnotologue Francis, agnotologue 20 avril 10:33

      @Séraphin Lampion
       

      ’’y a qu’à cloner Jean-Michel’’

       

       Lequel ? Dieu le père, ou le Saint esprit ?


    • charlyposte charlyposte 21 avril 08:34

      @ZenZoe
      Ya un roi à barbe, Édouard Philippe qui attend 2027 dans les coulisses de l’histoire smiley


    • Captain Marlo Captain Marlo 21 avril 09:07

      @ZenZoe
      Les Français sont restés de fervents monarchistes sans vouloir se l’avouer,

      Les Français sont une espèce à part, ce sont « Républicains monarchistes » !
      Cela tient à l’histoire de l’Etat français qui a 800 ans, et qui s’est mêlé de tout : de créer des manufactures, des canaux navigables et des routes etc. C’est St Louis qui a créé le premier hôpital public et le début d’un Ministère de la Justice.

      Les Français aiment que l’Etat s’occupe de tout. Dès qu’ils ont un problème ils se tournent vers l’Etat, ils disent : « Mais que fait l’ Etat ? ». « L’Etat doit faire ceci et faire cela ». Et ils aiment que la République soit dans les ors de la Monarchie.
      Il faut faire avec, car on ne refait pas la culture et l’histoire d’un peuple !


    • Yaurrick Yaurrick 21 avril 11:21

      @Captain Marlo
      C’est bien ce qu’il s’est passé durant la pandémie de Covid, l’état s’est chargé de protéger les français d’eux-mêmes, en les forçant tout d’abord à rester le plus possible chez eux pour ne pas contaminer les autres, puis en les forçant à se vacciner et à justifier de leur état de santé pour aller dans certains lieux...
      Alors qu’il aurait été bien plus judicieux que les français soient responsables au lieu de s’en retourner vers l’état nounou.


    • charlyposte charlyposte 21 avril 11:57

      @Yaurrick
      Pour votre bien-être vous serez privé de liberté smiley et toc... non mais smiley


    • Gisyl 22 avril 00:21

      @ZenZoe

      Les Français sont restés de fervents monarchistes

      Peut-être bien parce qu’ils aiment que le pouvoir soit incarné en un seul homme pour mieux le détester et le guillotiner ?


    • citoyenrené citoyenrené 22 avril 08:43

      @ZenZoe
      Les Français sont restés de fervents monarchistes sans vouloir se l’avouer (bof, j’copie ton assertion un brin ’vérité révélée’ sans en être convaincu)
      Les Français sont restés de fervents révolutionnaires
      Les Français sont restés de fervents

      « Liberté, Égalité, Fraternité »

      à mon avis, reste à trouver le bon mix entre gouvernement représentatif et capacité permanente d’intervention populaire, sauce 2022


  • raymond 20 avril 11:44

    La photo est extraordinaire , on y voit deux malades (dont un en phase terminale)

    qui se marrent et sont à la tête d’un état nucléarisé, on peut se poser des questions sur Vlad et notre avenir très proche....


  • jjwaDal jjwaDal 20 avril 12:01

    Ce n’est pas la Cinquième République qui est morte, c’est la France. On pourrait situer la date de décès à la signature du Traité de Maastricht mais pour le symbole (de haute trahison de la volonté populaire exprimée) c’est la signature du Traité de Lisbonne qui entérine notre nouveau statut de région européenne.

    Chirac restera (pour moi) le dernier président français, les successeurs n’étant que des gestionnaires des affaires locales, des préfets de région, des gouverneurs de province.

    Quand Charbonnier n’est plus maître chez lui il n’est clairement plus chez lui.


  • Eric F Eric F 20 avril 14:23

    A propos de Charles VI mentionné en début d’article, son surnom a été ’’le fou’’ car il a véritablement sombré dans la folie, d’abord intermittente puis plus généralisée, et sous de funestes influences il a renié son propre fils pour favoriser son gendre roi d’Angleterre. Alors la formule ’’le roi est mort, vive le roi’’ pour définir la continuité légitime est mal illustrée par cet exemple.

    Concernant la situation politique actuelle, il y a en effet trois blocs d’ampleur équivalente, les euro-libéraux (le courant institutionnel qui se considère naturellement légitime), les multiculturalistes sociaux, et les souverainistes. Au moins y avait-il un ’’vrai choix’’ au premier tour. Mais au second tour, selon un sondage 43% des votants opteront pour ’’faire barrage’’ ou ’’sanctionner’’ l’un des candidats : soit vote ’’anti-système’’ soit vote allégué ’’anti-extrême’’.

    Le ’’système’’ l’emportera une nouvelle fois, mais en ayant sonné le rassemblement général des conservateurs et des progressistes sociétaux (désignée ironiquement naguère par ’’UMPS’’). Le clivage est devenu entre anywhere et somewhere, les ’’célébrités’’, l’élite est les autodésignés progressistes sont cosmopolites et s’opposent au terroir. On est proche du clivage du referendum de 2005.


    • Guy Troisbord 20 avril 17:00

      @Eric F

      Bonjour,
      Puisque vous aimez les précisions historiques : c’est surtout la femme de Charles VI qui a gouverné la France à cette époque : la sinistre Isabeau de Bavière (surnommée la « louve » par le peuple). Le pauvre Charles était aussi sénile que Joe Biden (quoi qu’il eût l’avantage de l’être devenu suite à un coup reçu sur la tête et non par le simple fait d’avoir dépassé la date de péremption).

      Par contre le parallèle avec la querelle entre les Armagnacs et Bourguiguons est intéressante pour comprendre notre époque. Car aujourd’hui, ce sont bien deux factions qui se disputent la France, deux factions rivales mais toutes deux liées par l’allégeance à l’Europe qui les empêchent, l’une et l’autre, de servir la France (le corps mystique du Roi, c’est-à-dire la Nation) et de défendre notre intérêt national.

      Je me dis qu’avec un peu de chance, dans ce fatras actuel, est en train de naître, quelque part sur notre vieux sol, une Sainte qui boutera le nouvel ordre mondial (le grand reset, l’OTAN, l’UE, appelez-les comme vous voulez) hors de France et rendra un peu de dignité à notre pays si riche d’une histoire aussi noble qu’oubliée...


    • Eric F Eric F 20 avril 19:43

      @Guy Troisbord
      un parallèle simplifié entre la situation politique actuelle et les Armagnacs vs Bourguignons pourrait être le clivage entre le parti de la nation (souverainistes) et le parti de l’étranger (euro-mondialistes)


    • Captain Marlo Captain Marlo 21 avril 08:34

      @Guy Troisbord
      Je me dis qu’avec un peu de chance, dans ce fatras actuel, est en train de naître, quelque part sur notre vieux sol, une Sainte qui boutera le nouvel ordre mondial (le grand reset, l’OTAN, l’UE, appelez-les comme vous voulez) hors de France et rendra un peu de dignité à notre pays si riche d’une histoire aussi noble qu’oubliée...

      Dans l’histoire de la France, il n’y a que 2 périodes où la France a été gouvernée depuis l’étranger : l’occupation allemande et l’Union européenne.

      Il y a deux organisations qui ont le Frexit à leur programme, l’UPR et le PRCF.
      Ne cherchez pas, il n’y en a pas d’autres.

      Mais comme l’explique François Boulo, dès qu’on parle des sujets de fond, on est censuré par les médias et vilipendés par les Partis politiques euronouilles !
      François Boulo : « Vous ne pouvez pas passer dans les médias quand vous tenez le discours que je tiens. C’est-à-dire que vous critiquez les dogmes économiques, vous critiquez l’UE, vous critiquez les médias et vous dites que la France n’est plus une démocratie.etc

      Résultat, Asselineau a été privé d’élection grâce aux magouilles de Bayrou au service de Macron, avec les parrainages.


    • Francis, agnotologue Francis, agnotologue 21 avril 08:39

      @Captain Marlo
       
       ’’Dans l’histoire de la France, il n’y a que 2 périodes où la France a été gouvernée depuis l’étranger : l’occupation allemande et l’Union européenne.’’
       
      Par analogie avec le gouvernement de Pétain on peut légitimement parler de pétainisme à propos des gouvernements contemporains.


    • charlyposte charlyposte 21 avril 08:44

      @Francis, agnotologue
      Pour info , Pétain était reconnu par la communauté internationale smiley


    • Captain Marlo Captain Marlo 21 avril 08:51

      @Eric F
      il y a en effet trois blocs d’ampleur équivalente,

      Je ne vois pas les choses ainsi.
      Il y a la France qui bénéficie de la mondialisation, sûre d’elle, méprisante pour les sans dents, et qui se croit légitime à gouverner. Elle est représentée par Macron, la Gauche et la Droite, tous européistes et mondialistes.

      Et les classes populaires qui crèvent de la mondialisation. C’est la France des ronds points, « La France périphérique" par Christophe Guilluy », qui décrit très bien la fracture sociologique actuelle entre mondialistes et anti mondialistes.

      "Désormais, deux France s’ignorent et se font face : la France des métropoles, brillante vitrine de la mondialisation heureuse, où cohabitent cadres et immigrés, et la France périphérique des petites et moyennes villes, des zones rurales éloignées des bassins d’emplois les plus dynamiques.

      De cette dernière, qui concentre 60 % de la population française, personne ne parle jamais. Comment en sommes-nous arrivés là ? Pourquoi a-t-on sacrifié les classes populaires sur l’autel d’une mondialisation volontiers communautariste et inégalitaire, aux antipodes des valeurs dont se réclame la classe politique ! "

      Pour l’instant, faute de mieux, elles se tournent vers le Front National.


    • Captain Marlo Captain Marlo 21 avril 08:57

      @Francis, agnotologue
      on peut légitimement parler de pétainisme à propos des gouvernements contemporains.

      Pétainistes ou collabos, c’est pareil ! Et leur soumission aux intérêts des USA va nous coûter très cher : l’effondrement économique de l’ Europe.
      Cf « Installez-vous confortablement et assistez en direct au suicide de l’UE »

      "Si l’objectif des États-Unis est de renverser l’économie russe par des sanctions et de l’isolement, comment se fait-il que ce soit l’UE qui s’effondre économiquement ?

      Le spectacle stupéfiant de l’Union européenne (UE) en train de se faire hara-kiri au ralenti a de quoi marquer les esprits. Comme un mauvais remake de Kurosawa, le film traite en fait de la démolition de l’UE par les États-Unis, avec le détournement de certaines exportations de matières premières russes essentielles vers les États-Unis, au détriment des Européens.etc

      Les USA imposent aux pays européens l’embargo sur les produits russes.
      Mais les USA continuent à importer les engrais russes, du pétrole russe, des minéraux russes etc...


    • Francis, agnotologue Francis, agnotologue 21 avril 09:12

      @charlyposte
       
       ’’Pour info , Pétain était reconnu par la communauté internationale’’
       
      « L’expression ’communauté internationale’ est classiquement utilisée pour désigner Washington et tous ceux qui en viennent à s’aligner avec elle,d’une manière assez générale » (Chomsky )
       
       « Il faut que vous compreniez, les dirigeants bolchéviques qui ont conquis la Russie n’étaient pas des Russes. Ils haïssaient les Russes. Ils haïssaient les Chrétiens. Poussés par leur haine ethnique, ils ont torturé et massacré des millions de Russes sans le moindre remords… le bolchévisme a perpétré le plus grand massacre de tous les temps. Le fait que la plupart du monde l’ignore et ne se préoccupe pas de cet énorme crime est la preuve que les grande médias mondiaux sont aux mains des auteurs de ce crime  ». Alexandre Soljenitsyne
       
      ps. je dis ça, je dis rien.


    • jjwaDal jjwaDal 21 avril 11:12

      @Guy Troisbord
      Il fut d’ailleurs un temps où les « louves » étaient essentiellement des putains plutôt que des analogies à la férocité de ces canidés.


    • Eric F Eric F 21 avril 17:45

      @Captain Marlo
      Christophe Guilly évoque deux catégories de population : celle des métropoles et celle de la périphérie. La première est plutôt macroniste, mais la seconde comporte un courant souverainiste et un courant multiculturaliste, notamment dans les banlieues à forte ’’diversité’’. Au delà des critères sociaux et de locatisation, il y a aussi un critère de génération assez paradoxal, on s’attendrait à voir les plus âgés nostalgiques d’un modèle souverainiste-conservateur, alors qu’ils sont majoritairement euro-libéraux.


  • Com une outre 20 avril 19:37

    La Vème République est morte et par la faute des politiciens : plus de respect des institutions, dévoiement des textes constitutionnels selon des intérêts plus personnels que d’intérêt général, non respect de la séparation des pouvoirs, etc, etc, sans oublier les deux grands maux de l’époque, collusion et corruption, le sport favori des hommes et femmes politiques. Un grand coup de balai dans tout cela est indispensable, donc une sixième République, avec une nouvelle Constitution qui garantirai autant que possible que les dérives et magouilles actuelles ne soient plus possibles.


    • Eric F Eric F 20 avril 19:46

      @Com une outre
      Le problème est que sous le nom de ’’sixième république’’, certains voudraient une démocratie plus directe, et d’autre un régime des partis


  • LeMerou 21 avril 07:58

    @Bernard Dugué.

    Très bon article, j’y souscrit totalement. Surtout sur la conclusion.


  • Captain Marlo Captain Marlo 21 avril 08:21

    C’est étrange cette façon de voir la France comme un pays souverain qui dépendrait de sa Constitution, c’est une manie récurrente surtout à Gauche.

    1/ La France n’est plus un pays souverain, elle fait partie de l’UE qui est une colonie de l’Empire américain. Pour ne pas voir que l’armée américaine occupe l’ensemble du continent européen depuis 1944, il faut vivre dans un déni complet des réalités.

    2/ La Constitution qui s’applique en France et en Europe, c’est le TFUE : Traité de fonctionnement de l’UE.

    3/ Le Droit européen est supérieur aux Droits des Etats de manière absolue, y compris dans le domaine constitutionnel. Orban qui remet en cause cette suprématie, est victime de sanctions : 48 heures après la victoire écrasante d’Orban, l’UE lance un mécanisme sanctionnant la Hongrie

    4/ La Constitution de 1958 a rétrécit aux lavages ! Elle a été modifiée plus de 20 fois, justement pour y intégrer toutes les pertes de souveraineté induites par le système supranational européen.

    5/ Résultat : la France ne dispose plus d’aucun Droits régaliens.

    Elle ne contrôle plus sa monnaie & ne gère plus son budget qui est sous tutelle.

    Ses lois, sa Justice et sa Constitution doivent être conformes au Droit communautaire.

    Sa Défense et sa politique étrangère sont dictées par l’Otan, c’est à dire par Washington.
    Conclusion : Si vous voulez une autre Constitution, il faut sortir de ce bouzin européen et redevenir un pays souverain, comme 170 pays du monde !


  • citoyenrené citoyenrené 22 avril 08:31

    article long, condense ton propos, « il faut savoir s’étendre sans se répandre » cf ’Pauvre Lola’

    j’voulais réagir seulement sur le titre, singer l’expression « le roi est mort, vive le roi » sous-entend qu’il y a un changement de roi

    hors, là, tu proposes la continuité de la Ve, contresens ! (tu joues le scientifique ? bonjour la rigueur)

    « Ces deux mouvements sont plutôt démagogiques et s’adressent plus aux producteurs, consommateurs et clients qu’au peuple »

    du fiel, sans profondeur, argument de bistrot, définis la démagogie (mot valise) et liste en quoi 

    perso, LFI parie sur l’intelligence des gens, sur l’argumentation et la raison, leur proposition d’Assemblée Constituante.. la Ve est morte, vive la VIe


  • Reflexo78 Reflexo78 22 avril 16:16

    Rappelons la devise de la république Française :
    « Liberté, Egalité, Fraternité »

    dont les origines remontent au siècle des Lumières, figure aujourd’hui sur les édifices publics tels que les mairies ou certaines écoles.
    https://www.elysee.fr/la-presidence/liberte-egalite-fraternite

    Et l’application des principes de la république Française par le Gouvernement d’E.Macron depuis janvier 2022

    https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/l-histoire-vous-jugera-238663


  • bertin 23 avril 09:01

    On ne peut plus parler de politique sans tenir compte de la répression secrète électromagnétique qui conditionne la vie publique. Les internautes critiques sont sauvagement persécutés, une sorte de fascisme oligarchique domine la société par une répression secrète et illégale. 

    Sans dénonciation de la répression satellitaire, personne ne pourra préserver la démocratie.

    https://ladictatureinvisible.wordpress.com/2022/04/20/targeted-individuals-les-personnes-les-plus-persecutees-du-monde/


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