samedi 9 janvier - par Jean Dugenêt

Quand les lambertistes étaient trotskistes

Je vais parler de l'OCI (Organisation Communiste Internationaliste) à l'époque où c'était une organisation révolutionnaire en pleine croissance c’est-à-dire dans les années 60 et 70. Beaucoup de choses ont déjà été dites et j'ai moi-même déjà écrit à ce sujet notamment dans mon article : « Il n'y a plus de trotskistes en France ». Si je veux y revenir encore c'est bien évidemment pour en tirer des leçons pour le présent. Je vous invite pour commencer à regarder les trois affiches que j'ai choisies pour illustrer mon propos. La première affiche concerne un meeting international. Au moment où bien des courants politiques parlaient de nécessaires stratégies différentes pour les pays du tiers monde, pour les pays de l'Est sous domination du Kremlin, pour ceux de l'Ouest sous domination des empires impérialistes, les lambertistes tenaient un meeting qui n'était pas seulement international mais qui était internationaliste avec :

  • Guillermo Lora leader révolutionnaire lors de la révolution bolivienne de 1952 ;
  • Balazs Nagy qui participait au cercle Petöfi des étudiants de Budapest lors de la révolution des conseils de 1956 ;
  • Les trotskistes français comme Pierre Lambert et Gérard Bloch qui avaient résisté à la fois au nazisme et au stalinisme sans jamais capituler.

C'était bien un meeting internationaliste car tous expliquaient que le combat en Argentine, en Hongrie ou en France était le même.

La deuxième affiche est assurément d'actualité. Elle aurait pu illustrer mon article précédent « Ni Dieu, ni César, ni tribun » où je critiquais la candidature de division de Jean-Luc Mélenchon. Pour l'actualiser, il suffirait d'écrire « Pour assurer maintenant la défaite de Macron : Candidat unique du PC, du PS et de LFI. Tout de suite ! »

La troisième affiche est en fait une première page du journal de l'AJS qui pose la question « Lénine aurait-il signé le programme commun ? ». Il s'agissait du programme commun du PC, du PS et des radicaux de gauche. La réponse est évidente : Non ! Lénine n'aurait jamais signé un programme de maintien de l'ordre bourgeois. De même, il ne signerait jamais le programme actuel de LFI qui, malgré son titre, promet des jours bien malheureux pour les travailleurs dans une France qui restera sous la tutelle par l'UE et devra protéger les capitalistes. Il ne signerait jamais un programme de Front Populaire. Et pourtant les lambertistes de l'époque réclamaient « tout de suite » un candidat unique pour le PCF et le PS de même que nous réclamons aujourd'hui un candidat unique pour PC, PS et LFI quel que soit son programme.

Il y a bien d'autres leçons à tirer de l'examen de ce que fut l'OCI à cette époque. Car cette organisation révolutionnaire a capitulé en 1981 devant le parti socialiste et son principal bilan est d'ailleurs d'avoir fourni une quantité de cadres au PS à commencer par Jean-Luc Mélenchon, qui fut le premier à changer de boutique dès 1977, mais qui fut suivi par Jospin, Cambadélis et toute la direction du syndicat étudiant : l'UNEF. Alors, il faut se demander comment cela a été possible. Comment une puissante organisation révolutionnaire a pu s'autodétruire pour le bénéfice des défenseurs de l'ordre bourgeois ?

Il faut d'abord apprécier la puissance de l'OCI à cette époque pour imaginer ce qu'elle aurait pu faire en 1981 et dans les années suivantes si elle avait conservé son orientation d'organisation trotskiste car l’AJS (Alliance des Jeunes pour le Socialisme) et l’OCI (Organisation Communiste Internationaliste) étaient en mesure de jouer un rôle de premier plan dans la lutte des classes au moment de l’élection de Mitterrand en 1981. L’OCI avait environ 5 000 vrais militants. Un militant de l’OCI était reconnu comme tel dans son milieu. Il était implanté dans un syndicat, payait une cotisation de l’ordre de 10% de son salaire. Il avait une activité politique régulière. Les lambertistes étaient la cible des puissants qui les craignaient. Ils étaient d’ailleurs blacklistés par les médias et souvent calomniés. Ils dirigeaient l’UNEF en milieu étudiant. Ils avaient une forte influence dans toute l’Education Nationale par le biais d’une tendance de la FEN. Ils avaient aussi des gros points d’appui dans d’autres syndicats principalement à FO mais aussi dans la CGT. Ils faisaient des rassemblements monstres notamment 8 000 jeunes au Bourget le 1er février 1969. Ils réunissaient des milliers de personnes dans des meetings sans que la presse n’en dise un seul mot. Cette organisation s’était construite en quelques décennies à partir de quelques dizaines de rescapés du trotskysme. Ils avaient dû pour cela combattre le stalinisme dans des conditions extrêmement difficiles. Les agressions physiques et les campagnes de calomnies et d’intimidations diverses étaient monnaie courante. Cela les avait amenés maintes fois à passer des compromis avec les réformistes du PS pour ne pas être seuls face aux staliniens. Ils votaient par exemple les rapports moraux des réformistes dans les syndicats de la FEN alors que cela était parfois contestable. C’était un délicat jeu d’équilibriste que de savoir passer des compromis sans tomber dans la compromission. Ils étaient à contre courant de la doxa journalistique qui diagnostiquait une disparition de la lutte des classes. Le 15 mars 1968, « Le Monde » titrait « Quand la France s’ennuie » et les organisations dîtes « d’extrême gauche » ne voyaient de salut que dans l’exotisme révolutionnaire. Seuls les luttes d’émancipation dans les pays du tiers monde et la guerre du Vietnam méritaient de retenir leur attention. Leur activité consistait pour l’essentiel à apporter leur soutien à ces luttes. Au même moment, quelques semaines avant les événements du mois de mai, envers et contre tous, les lambertistes créaient en milieu étudiant la FER (Fédération des Étudiants Révolutionnaires). Les événements de mai 1968 ont complètement confirmé qu’ils étaient les seuls à être dans le vrai.

Les lambertistes formaient donc un mouvement politique relativement puissant mais celui-ci avait des faiblesses. Son mode de fonctionnement interne était très bureaucratique. Pierre Lambert avait tout le pouvoir dans les mains. Du centralisme-démocratique, il avait principalement retenu le centralisme. Plusieurs exclusions bureaucratiques de militants qui devenaient trop encombrants pour Lambert avaient finalement étaient acceptées par tous alors que bien des militants étaient loin d'être convaincus de leur bienfondé, comme dans le cas de Balazs Nagy. Quand de bonnes raisons existaient, personne n’était amené à se demander s’il n’y avait pas aussi une responsabilité de Lambert. Ainsi Charles Berg fut exclu pour avoir « emprunté » du fric dans les caisses mais personne ne s’est demandé comment les méthodes de gestion à Lambert avaient permis que cela soit possible. Il est probable que des militants ont été exclus, avec certes de bonnes raisons, mais sans qu’ils aient la possibilité de corriger leur orientation alors qu’ils avaient fait la preuve de leur efficacité dans bien des actions militantes. Ce fut probablement le cas pour Boris Fraenkel exclu en 1966 pour avoir constitué « une clique sexualo-sectaire, courroie de transmission de l'idéologie décomposée du vieux monde ». Dès 1955, Lambert avait exclu un groupe, avec probablement des reproches justifiés, mais, Michel Lequenne, l’un des exclus rappelait, à juste titre, un texte de 1953 : " le centralisme démocratique bien compris ne cherche pas à isoler et à exclure la collaboration d’une minorité du parti, mais au contraire cherche à gagner les minorités à une collaboration et cherche constamment à réduire les frictions éventuelles avec les minorités. C’est précisément par un tel comportement qu’une organisation révolutionnaire démontre sa maturité et la conscience de ses responsabilités devant la classe ouvrière ". Rappelons-nous que Lénine avait conservé dans le parti bolchevik Kamenev et Zinoviev qui n’étaient pas d’accord pour lancer l’insurrection en octobre 1917 et l’avaient annoncé dans d’autres journaux que ceux du parti. Lambert a exclu des militants de l’OCI pour moins que ça et tout le monde l’a accepté. De manifestes erreurs de la direction de l’OCI n’étaient pas discutées comme par exemple le fait que la FER avait appelé a quitté les barricades dans la nuit du 10 mai 1968 comme si Lambert craignait que son propre rôle soit contesté. La responsabilité de Lambert dans ces déviances était essentielle mais toute l’organisation était concernée. Les meilleurs des dirigeants révolutionnaires comme Stéphane Just et Pierre Broué étaient, eux aussi, impliqués dans l’exclusion de Balazs Nagy par exemple. Il était finalement admis par tous qu’il ne fallait pas discuter dans ces cas. Les militants en venaient souvent à avoir une "foi religieuse" dans les dirigeants au lieu de penser par eux-mêmes et de dire bien fort ce qu'ils pensaient. D'autres, exclus plus tard diront :

"C'est notre lourde faute à nous de n'avoir pas réagi et dit tout haut ce que nous pensions. L'atmosphère était, (et est toujours au sein de ce parti) celle de la dissimulation, du clair-obscur et de l'opacité"

Une autre dérive grave de l'OCI fut certainement le recrutement massif de permanents dans la dernière décennie, avant l'élection de Mitterrand. Il n’était pas sain qu’il y ait eu sans doute près d’une centaine de professionnels dans l’OCI elle-même ou dans des syndicats. Ceux-ci étaient entièrement dépendants de Lambert. J’ai vu ainsi des permanents envoyer des militants s’exposer à la répression patronale dans leur entreprise. Les mêmes permanents-dirigeants étaient capables d’expliquer par la suite qu’il fallait exclure d’une cellule un militant qui s’était retrouvé au chômage puisqu’il était devenu une source de démoralisation pour les autres. Un dirigeant révolutionnaire devrait au contraire prendre la mesure des risques encourus et protéger les militants mais cela échappe assez vite à des permanents qui ne risquent rien. Dans le même ordre d’idée les étudiants révolutionnaires devraient avoir l’obligation d’être reçus à leurs examens. L'OCI a sacrifié beaucoup de militants. Bref l’OCI était une organisation qui affichait pour l’essentiel une ligne révolutionnaire correcte mais le « ver était dans le fruit ». Il y avait de ce point de vue une certaine similitude avec des partis de la IIème internationale à la veille de la guerre 1914-18.

L'OCI restait cependant une organisation révolutionnaire parce que l'orientation de Lambert restait celle du Programme de transition. Mais, si Lambert déviait de cette route qui pourrait, avec ce mode de fonctionnement bureaucratique, redresser la barre ?

Dans les années qui ont précédé 1981, les déviances sont devenues beaucoup plus graves. Une étrange symbiose est apparue entre certains pans de l’OCI et le PS au moment où, avec le programme commun, l’alliance entre le PS et le PCF ne devait se faire, du point de vue de François Mitterrand et de ses amis, qu’à la condition que le PS soit plus puissant que le PCF. Cette obscure symbiose va grandement aider le PS à prendre ainsi un point d’appui face au PCF dans le milieu étudiant d'où il était absent. Le PS va en effet s’accaparer, à peu de frais, la direction de l’UNEF. Les mœurs des dirigeants lambertistes en milieu étudiant connurent alors une profonde mutation. Dans les élections au CROUS le bourrage d’urnes — pratique complètement étrangère aux trotskystes — devînt une pratique admise pour « battre les staliniens ». Après avoir gagné la direction de l’UNEF en faisant campagne contre la politique de participation des syndicats aux instances de gestion des universités, les élus de l’UNEF investirent les structures participatives. Le comble sera une pratique de financement de l’OCI bien étrange. Les cadres demandèrent aux militants de se faire octroyer une aide personnelle auprès du service social dont ils dépendaient pour la verser à l’OCI. Une militante protestera en écrivant « Un comble ! Poussant l’absurde à l’excès, j’ai proposé pour la bonne cause, la prostitution ou la quête dans les églises. » (Lettre citée par Pierre Salvaing dans «  Ce que je sais de ce que fut l’OCI  », document accessible sur le web). Ces mœurs n’ont rien à voir avec le trotskysme.

Ce n’est qu’en 1986 que les dirigeants de l’UNEF sont passés avec armes et bagages au PS mais dès 1980 le secteur étudiant échappait à l’OCI en tant qu’organisation trotskyste. Les dirigeants de l’UNEF avaient déjà un pied dans le PS. Ils y apprenaient la politique à la mode Mitterrand : ruse, manigance, complot, trahison, manipulation, double langage… Tous ces "talents" leur ont été utiles pour devenir des taupes, à l'intérieur de l'OCI, de la social-démocratie. Le vaillant combat mené pour conquérir la direction de l’UNEF, notamment lors du congrès d’Orléans en 1970, aura été vain.

Le basculement vers la capitulation devant le PS s’opère quand les lambertistes appellent à voter pour François Mitterrand dès le premier tour aux présidentielles de 1981 alors qu’il y avait aussi un candidat du PCF. Le fait de choisir entre social-démocratie et stalinisme est évidemment contraire à la politique de Trotsky qui considérait que les IIème et IIème internationales étaient définitivement passées du côté de l’ordre bourgeois. Aucune considération sur des circonstances particulières ne peut justifier cet écart par rapport au programme des trotskistes. Il faut rappeler ce que peuvent être les positions d’une organisation trotskiste pour ce type d’élection. Il y en a deux : soit elle présente un candidat, soit elle se prononce pour un candidat unique des organisations ouvrières. Dans les conditions particulières de 1981 où, d’une part il y avait une division dans les rangs des capitalistes entre les partisans de Jacques Chirac et ceux de Valéry Giscard d’Estaing et, d’autre part l’OCI était devenue une organisation puissante, il est clair que les trotskistes devaient présenter un candidat et ainsi ne laisser planer aucun doute sur ce qu’est la politique d’un gouvernement de Front Populaire. Au contraire, en 1981, les lambertistes ont mis leur drapeau et leur politique dans leur poche. Il n’était plus question de critiquer François Mitterrand. Ils ne diront pas un mot de son passé de pétainiste et de bourreau des nationalistes algériens. Ils ont oublié les belles formules de Léon Trotski : « La vérité est toujours révolutionnaire (…) Dire la vérité sur la bureaucratie réformiste, c’est l’écraser dans la conscience des masses. » Avec un pareil soutien, bien des militants vont se dire que, quant à soutenir ainsi le PS, il serait sans doute aussi bien d’y entrer. Dans les années qui vont suivre, Pierre Lambert va ainsi faire cadeau de toute une flopée de cadres au PS. Il se livre alors à un sabotage de l’organisation trotskyste. Il va d’ailleurs exclure les militants les plus conscients, comme Stéphane Just. Il se fera aider dans cette besogne par Jean Christophe Cambadélis qui n’était déjà plus à cette époque qu’une taupe du PS dans l’OCI. Les lambertistes vont dès lors contribuer à semer des illusions au lieu de les combattre et principalement l’illusion qu’à elle seule l’élection de François Mitterrand allait apporter des solutions pour les travailleurs. Cela s’est mis en place insidieusement. Avant l’élection, l’OCI avait commencé à expliquer qu’un gouvernement PC/PS serait obligatoirement le dernier gouvernement de la Vème république. Certes, l'OCI maintenait qu'un tel gouvernement serait un gouvernement de front populaire mais n’aurait-il pas tout de même une vertu révolutionnaire puisqu’il devait inévitablement ouvrir une crise de régime ?

Certes, il était juste d’appeler à voter pour François Mitterrand au 2ème tour afin de battre Giscard d’Estaing, le candidat des capitalistes. Mais c’était la seule raison de ce choix et une véritable avant-garde aurait dû exprimer toute sa méfiance en montrant bien que le combat pour un gouvernement des travailleurs n’était en rien assimilable à la promotion d’un tel candidat comme président de la république. Le vieux mot d’ordre traditionnel adressé aux dirigeants traîtres : « Rompez avec la bourgeoisie ! » devait se traduire par : « Pas d’alliance avec les Radicaux de Gauche ! Pas de ministres à la solde des capitalistes ! » L’OCI a fourni un service d’ordre au PS pour encadrer les manifestations d’enthousiasme qui ont accueilli la victoire de François Mitterrand. Au lieu de pallier ainsi aux insuffisances du PS, une avant garde aurait dû émettre des mises en garde et des appels à la vigilance contre les trahisons. Au moment où François Mitterrand et les socialistes appelaient la population à rentrer sagement dans ses foyers, il fallait dire que le maintien de la mobilisation populaire était indispensable pour exiger que les élus mettent en œuvre immédiatement leur programme notamment la 90e des 110 propositions des socialistes : « Un grand service public, unifié et laïque de l’éducation nationale sera constitué ». Il fallait exiger que la loi soit votée immédiatement après les législatives afin d’être opérationnelle dès la rentrée scolaire de septembre 1981 ou, au plus tard, à celle de 1982. Il fallait dire que sa mise en œuvre devra être saluée et appuyée par une grande manifestation populaire convoquée par tous les syndicats à Paris. Voilà notamment ce qu’auraient dû être les thèmes de propagande d’une avant-garde qui lutte pour un véritable gouvernement des travailleurs. Ajoutons que, dès que les plans de licenciements dans la sidérurgie ont été annoncés, une véritable avant-garde aurait dû lancer les mots d’ordre : « Tous à l’Elysée ! », « A bas les traîtres ! », « Le pouvoir aux travailleurs ! », « Grève générale pour l’interdiction des licenciements !  » Les lambertistes ont une grande part de responsabilité dans les mesures catastrophiques prises par les gouvernements de Mitterrand contre les travailleurs (Voir mon livre : « De François Mitterrand à Jean-Luc Mélenchon »).

Ce retour sur le passé permet de comprendre les évènements que nous avons vécus mais il permet surtout de voir ce qu'il faut faire et surtout ce qu'il ne faut pas faire. Nous voyons comment une organisation peut se bureaucratiser. Il faut bien sûr s'y opposer mais nous voyons aussi que cela est lié à l'attitude que doivent avoir les militants du mouvement ouvrier dans leurs organisations. Les leçons à tirer concernent d'ailleurs bien tout le mouvement ouvrier et non pas seulement les militants révolutionnaires. J'en ai déjà parlé dans mon précédent article en critiquant les militants de LFI qui ne semblent penser par eux-mêmes que lorsqu'ils claquent la porte. J'ai en effet parlé des renégats qui sont fidèles au chef et au parti. Ils suivent toujours la politique des chefs quitte pour cela à renier leurs idées. Il y a bien eu des dérives de ce type à l'intérieur de l'OCI alors que cette organisation restait cependant révolutionnaire parce que les dirigeants restaient sur la ligne du programme de transition : le programme de Trotsky. Mais, en 1981, quand Lambert a changé d'orientation, il n'y avait plus aucun ressort à l’intérieur de l'organisation pour qu'il soit possible de redresser la ligne en s'opposant à lui.

J'espère que ces leçons profiteront au plus grand nombre des militants du mouvement ouvrier.



19 réactions


  • Lampion Séraphin Lampion 9 janvier 19:03

    « J’espère que ces leçons profiteront au plus grand nombre des militants du mouvement ouvrier.  »

    Pour qu’il y ait un « mouvement ouvrier », il faudrait qu’il y ait des ouvriers et une classe ouvrière. 

    Ne pas tenir compte des mutation sociologiques dues aux délocalisation qui ont externalisé la production en Asie pour ne maintenir que les emplois de techniciens, cadres et manœuvres non-qualifiés, c’est continuer à faire des raisonnements anachroniques, comme si on n’était jamais sortis des années 50.

    ___________________________________________________

    NB : les quelques ouvriers qualifiés rescapés ne constituent plus une classe sociale et encore moin s une force ni un mouvement.


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 9 janvier 19:29

      @Séraphin Lampion
      Bonjour,
      Je vous remercie d’être toujours présent pour me faire part de vos réactions.
      Le problème c’est que je ne peux pas, à chaque fois que je parle du « mouvement ouvrier » ou des « organisations ouvrières » rappeler mes définitions. Je pars, bien évidemment, d’une analyse de marxiste qui considère qu’il y a dans notre société des exploités et des exploiteurs. Si on veut rentrer dans les détails, il faut considérer qu’il y a aussi toute une « petite bourgeoisie » avec des personnes qui sont propriétaires des petits « moyens de production » qui les font vivre en travaillant : commerçants, artisans, agriculteurs, professions libérales... En allant plus encore dans les détails, ils peuvent louer à des « capitalistes » mieux lotis qu’eux une partie des moyens de production qui les font vivre en travaillant... L’essentiel est de considérer qu’il y a bien des exploiteurs et des exploités. Ces derniers vivent d’ailleurs dans des conditions très différentes selon les pays... L’accumulation de l’essentiel du capital dans les mains d’un nombre de plus en plus faible de capitalistes caractérise aussi l’époque de décadence que nous connaissons. S’il est admis qu’il y a exploiteurs et exploités, il faut aussi admettre qu’il y a une lutte entre ces deux « classes » puisqu’il y a un antagonisme de classe. C’est cette lutte de classe qui m’amène à parler de « mouvement ouvrier » pour désigner l’ensemble des organisations (partis et syndicats) construits au fils du temps par les exploités. J’appelle d’ailleurs « organisations ouvrières » ces organisations construites au fil du temps par les exploités dans leur lutte quelle que soit la composition sociale actuelle de ces organisations. Je considère que le PS, le PC, LFI, Lutte ouvrière, le NPA... sont des organisations ouvrières et cela même si la proportion d’ouvriers dans certaines de ces organisations est très faible. Ces organisations sont le résultat (ou le résidu) des diverses internationales construites depuis l’aube du mouvement ouvrier c’est à dire dès le début du XIXème siècle pour les premiers embryons de la 1ère internationale.


  • jef88 jef88 9 janvier 19:41

    SOUVENIRS,SOUVENIRS !

    Je suis originaire d’un patelin des Vosges ou régnait l’industrie textile ...

    J’avais un voisin communiste militant (il était élu au conseil municipal avec cette étiquette) et, ado (entre 1955 et 1962) j’ai eu de nombreuses conversations avec lui ...

    Plusieurs années plus tard et après réflexion, j’ai compris quelque chose ....

    Ses propos n’avaient rien à voir avec le marxisme, il étaient, tout simplement anarchistes ! ! ! !

    C’est le pouvoir qui le hérissait, quel qu’il soit !

    Et le même état d’esprit existait pour une grande majorité des cocos du coin ....


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 9 janvier 19:55

      @jef88

      Je pense, moi aussi, que de nombreux militants adhèrent à des partis qui leur semblent le mieux placés pour exprimer leur révolte. La grande masses de militants adhérents du PCF après la guerre s’explique ainsi. Mais ils sont abusés par des directions auxquelles ils prêtent des vertus plus ou moins révolutionnaires alors qu’une analyse politique pertinente montre au contraire que ces directions sont des appareils contre-révolutionnaires. Ils sont souvent déçus sans avoir toujours bien compris ce qui se passe. Les milliers de travailleurs de la sidérurgie qui ont été trahis par les gouvernements de Mitterrand qui ont liquidé la sidérurgie française ont vite déchiré leurs cartes du PCF, de la CGT tout comme ceux du textile...


    • troletbuse troletbuse 9 janvier 20:01

      @jef88
      Ben oui, on se disait communiste sans connaître le marxisme. Mais il va revenir incessamment sous la forme chinoise, choyé par nos dirigeants actuels, la crise de Covid est fabriquée pour celà..


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 10 janvier 11:26

      @jef88
      Je viens de lire votre article sur le 5 octobre 1944.
      Merci.


    • jef88 jef88 11 janvier 12:13

      @Jean Dugenêt
      C’est très sympa ! ! !


  • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 9 janvier 20:06

    Le seul lambertiste que j’ai connu il s’appelait Gérard.


  • Octave Lebel Octave Lebel 9 janvier 20:15

    Souhaitons que nous puissions mutualiser au plus vite nos points d’accord plutôt que nos regrets après le verdict.


    « J’en ai déjà parlé dans mon précédent article en critiquant les militants de LFI qui ne semblent penser par eux-mêmes que lorsqu’ils claquent la porte. J’ai en effet parlé des renégats qui sont fidèles au chef et au parti. Ils suivent toujours la politique des chefs quitte pour cela à renier leurs idées. »

    Merci pour votre diagnostic qui s’inquiète de l’intelligence de tous ceux qui n’ont pas vécu les mêmes expériences que vous et pas compris les mêmes choses. Et qui ont bien l’intention de continuer leurs réflexions et contributions afin de participer aux courants d’aspirations démocratiques souhaitant s’extraire de la spirale néolibérale en évitant les embûches de la surenchère, du dogmatisme et de la confusion qui rendent tant de services aux habiles caméléons et manœuvriers qui nous roulent dans la farine de mandats en mandats.

    Il n’y a pas de monopole de la vérité, de la lucidité ni de la clairvoyance. Nous sommes tous sur le même bateau. Nous réfléchissons à hiérarchiser les priorités et avons intérêt à bien analyser les tactiques électorales de ceux qui veulent prolonger le néolibéralisme ainsi que la mécanique  médiatico-politique de notre système électoral si nous ne voulons pas être à l’infini des protestataires résignés.

    L’enjeu de fond, primordial et préalable à tout autre si nous voulons récupérer notre capacité de citoyens à être représentés et à contrôler nos représentants, à participer à l’élaboration des décisions, leurs mises en oeuvre et leur contrôle, c’est bien entendu une réforme institutionnelle élaborée avec notre participation ce qui n’a jamais existé dans notre pays. Sans cette avancée et cette garantie, nous savons déjà ce que valent les convictions et la volonté politique de ceux que l’on appelle une fois élus nos dirigeants. C’est la ligne rouge qui permet de savoir qui est qui. C’est peu de dire que les postulants qui rivalisent de générosité et d’imagination à notre égard y sont discrets et pudiques. Je fais le pari que par la force des choses ils vont bientôt se mettre à bricoler quelques prototypes médiatiques utiles le temps d’une campagne. A nous d’être vigilants.

    Sans volonté ni cohérence politique nous sommes sûrs de perdre faute de soutien suffisant de nos concitoyens qui pensent à raison que ce sont les conditions incontournables d’un succès électoral, d’une bonne prise en mains des affaires et du respect de leurs attentes. Si nous ne savons pas nous mettre en ordre de marche sur des objectifs communs qui montrent un chemin pragmatique, nous n’aurons pas ce soutien. Chacun se retrouvera derrière un champion qui attend son heure et vit son aventure personnelle. Dans un système à deux tours, la puissance des médias dans les mains de qui vous savez imposera de nouveau ses choix. Il y a une certaine urgence parce qu’à droite comme à gauche dans la sphère politico-médiatique de petits laboratoires nous scrutent et travaillent déjà à imaginer des coups et des histoires pour nous embarquer et nous éparpiller. Peut-être que nous avons envie d’être plus que des supporters, des clients ou des prospects.

    Il me semble que c’est le message envoyé depuis des années par les abstentionnistes qui ne demanderaient pas mieux que de voter pour une coalition rassemblée clairement autour d’un projet qui ne serait pas improvisé ni inspiré par l’imminence d’une élection autour de personnalités . L’élection se gagne (ou se perd) au premier tour. Un projet se travaille en amont et permet des discussions constructives. Cela demande du travail, de la persévérance, permet le recul, l’ouverture, le rassemblement dans de bonnes conditions me semble-t-il. Les défaitistes ont toujours deux arguments imparables. C’est trop tôt, c’est trop tard. C’est le même qui vise à nous décourager et nous fait perdre un temps précieux. Rien de nouveau. Nous venons de voir qu’un mouvement citoyen est capable de se faire entendre des politiques. Faisons de l’élection et sa préparation l’expression citoyenne de cette volonté qui s’adresse à l’ensemble de ceux qui souhaitent s’impliquer directement en politique. Souhaitons que nous puissions mutualiser au plus vite nos points d’accord plutôt que nos regrets après le verdict.

    Quelques repères à méditer :

    Présidentielles 2017 :

    ● Évolutions des votes entre le 1er et second tour

    Votes blancs : de 659 997 à 3 021 499 (x 4.6)

    Votes nuls : de 289 337 à 1 064 225 (x 3.68)

    Abstentions : de 10 578 455 à 12 101 366 (x 1.14)

     

    ● Résultats second tour :

    E Macron :20.8 millions

    M Le Pen : 10.6 millions

    Absentions : 12.1 millions

    Blancs+nuls : 4.07 millions

     

    Abstentions, nuls et blancs lors des législatives 2017 : 62%

    Représentativité de l’Assemblée Nationale 2017 :

    ● 4.5% des députés sont des employés (27.4% de la population active)

    ● 0% ouvriers (20.3% de la population active)

    ● Un député actuellement a été élu avec un pourcentage compris entre 18 et 23% du corps électoral.

     

     

     

     

     


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 10 janvier 16:55

      @Octave Lebel

      Bonjour,

      J’ai lu plusieurs fois votre commentaire et je ne suis pas certain d’avoir tout compris. En particulier, je n’ai contesté l’intelligence de personne. J’ai même fait l’inverse parce que j’ai exprimé quelques désaccords avec des personnes envers lesquels j’ai beaucoup plus que du respect et chez lesquelles je n’ai jamais vu le moindre signe d’inintelligence. J’ai dit par exemple que :
      « Les meilleurs des dirigeants révolutionnaires comme Stéphane Just et Pierre Broué étaient, eux aussi, impliqués dans l’exclusion de Balazs Nagy »

      J’ai formulé ici un reproche envers Stéphane Just et Pierre Broué pour lesquels je mets en avant essentiellement d’énormes qualités. Je ne pense pas être en mesure de faire aussi bien qu’eux.

      C’est dire que je comprends mal ce que vous voulez dire en écrivant :
      "Merci pour votre diagnostic qui s’inquiète de l’intelligence de tous ceux qui n’ont pas vécu les mêmes expériences que vous et pas compris les mêmes choses."


      Il serait bien évidemment stupide de dire que seuls sont qui ont vécu mes expériences peuvent être intelligents. Par contre je pense que tout le monde peut être d’accord avec quelques conclusions auxquelles je suis arrivé par mon cheminement personnel mais auxquelles d’autres peuvent accéder par de multiples autres expériences ou simplement par la réflexion.

      Pour l’essentiel, dans cet article, je veux montrer que chacun doit essayer de penser par lui-même et avoir toujours la volonté de dire ce qu’il pense. J’explique qu’un engagement politique doit correspondre à une volonté d’efficacité par rapport aux conclusions auxquelles chacun arrive par sa propre démarche. En aucun cas, le fait de s’être engagé dans un parti ou envers des personnes ne doit être un obstacle à la libre expression.

      Vous parlez de "mutualiser au plus vite nos points d’accord".

      Je crois comprendre que vous voulez chercher sur quoi nous sommes d’accord afin d’agir ensemble. Si c’est le cas je ne peux qu’être d’accord.

      Je tiens cependant à préciser qu’il y a chez moi, dans les circonstances présentes, deux points sur lesquels je ne transige pas mais sur lesquels j’accepte de discuter « sans violence verbale mais sans concession » :

      1. Je suis pour le Frexit.
      2. Je suis pour un candidat unique du PC/PS/LFI aux présidentielles.

    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 10 janvier 16:59

      @Octave Lebel

      Parmi les multiples citations que vous faites dans votre présentation, j’apprécie particulièrement celle-ci :
      « La philosophie nous enseigne à douter de ce qui nous paraît évident. La propagande, au contraire, nous enseigne à accepter pour évident ce dont il serait raisonnable de douter ». Aldous Huxley


    • Octave Lebel Octave Lebel 11 janvier 18:57

      @Jean Dugenêt

      Le nous renvoie au-delà de nos propres personnes à un grand nombre de nos concitoyens qui si on regarde de près ont manifesté une forme de motion de censure populaire par l’abstention aux dernières présidentielles et législatives. Ce qui est assez remarquable étant donné la pression exercée à ce moment là par les médias en vue de modeler l’opinion et de fabriquer les cartes du jeu électoral que l’on sait.

      En 2017 entre le 1er et le second tour, il y a bien une prise de conscience au second tour (trop tard) et une dynamique de refus bien présente. Des voix qui se sont perdues dans l’abstention et qui à l’insu de leur plein gré ont fait la courte échelle à MLP puis EM. Un jeu assez subtil a été tenté par la gauche libérale avec succès par le jeu des primaires et la multiplication des candidatures afin d’éparpiller les électeurs et d’empêcher et décrédibiliser les ralliements au 1er tour. Cela a réussi de peu en fait et fait porter une responsabilité à ceux qui les ont organisés. Si les choses avaient été présentées comme cela à nos concitoyens, ils auraient mieux compris les enjeux et le mécanisme électoral, bien maîtrisé par contre par les conseillers politiques et stratèges des classes dirigeantes et les médias qui les appuient.

      Nos concitoyens ont sous-estimé jusqu’à présent les capacités tactiques et la force d’influence des médias sur les indécis assez peu informés et politisés qui font, c’est un paradoxe cruel, l’appoint décisif au premier et second tour pour maintenir au pouvoir les classes dirigeantes actuelles par l’intermédiaire de leurs politiciens. Ces derniers étant assez interchangeables, non dénués de capacités rhétoriques et talents d’adaptation et capables de donner le change. Les indécis sont d’autant plus déterminants qu’une part importante de nos concitoyens qui ont une colonne vertébrale politique (ils ont bien compris les reniements d’une grande partie de la classe politique et les limites du système actuel), échaudés, ont du mal à se projeter dans l’examen d’un projet alternatif et posent leur abstention comme un geste politique. Cette configuration renforce la capacité d’influence des médias en donnant un poids déterminant aux indécis qui les intéressent tant. Tout est fait par ailleurs quasi en permanence pour personnaliser les enjeux, caricaturer les opposants, exacerber ce qui peut diviser les citoyens afin d’éviter à tout prix l’émergence d’une approche électorale fondée sur la confrontation des fondements et effets des politiques menées et les analyses et propositions d’un projet alternatif porté par une coalition.

      La conclusion à en tirer c’est le moins possible de dispersion des voix au premier tour, c’est-à-dire pour certains ne pas voter par fidélité pour son candidat de cœur mais pour le candidat qui a les meilleurs chances d’arriver au second tour. Si chacun attendait d’être d’accord sur tout avec son voisin pour travailler avec lui, rien ne se ferait jamais. Et surtout nous avons pu mesurer à nos dépens les capacités d’adaptation et capacités manœuvrières de ceux qui travaillent à maintenir les classes dirigeantes au pouvoir. Ils font et feront tout pour mettre en valeur les différences entre leurs adversaires parce que ce qu’ils craignent avant tout, c’est la prise de conscience de la convergence de nos intérêts primordiaux. Regarder le résultat de la dernière mascarade : Macron= PS+Juppé et Fillon+ en supplétifs précieux MODEM/UDI. Belle entourloupe. Chapeau les artistes, c’était juste mais vous nous avez bien eus. Dommage pour le pays que ce soit à peu près la seule fois où ils ont vraiment eu du talent.

      Vos deux points sont évidemment cruciaux et déterminants (Frexit + candidat unique PC/PS/LFI).La réalisation du second semble peu probable et c’est très dommage. La responsabilité en est partagée à mon avis entre les 3 composantes et ne nous cachons pas les yeux au-delà des personnes. Il y a aussi à mon avis certaines priorités concernant le pilotage économique et le renouveau institutionnel qui font l’objet d’une guérilla de positions qui se dénouera en réalité dans l’épreuve du feu et l’exercice du pouvoir. Ce serait mieux autrement mais faut-il se draper dans son indignation et laisser un boulevard aux néolibéraux. C’est bien ce qui s’est passé avec le programme commun de la gauche dans le sens que l’on sait. C’est pour cela que j’ai rappelé que nous venons de voir qu’un mouvement citoyen est capable de se faire entendre des politiques et qu’il s’agit de faire de l’élection et sa préparation l’expression citoyenne de cette volonté qui s’adresse à l’ensemble de ceux qui souhaitent s’impliquer directement en politique. C’est pour cela que ma ligne rouge c’est une réforme institutionnelle élaborée avec notre participation si nous voulons récupérer notre capacité de citoyens à être représentés et à contrôler nos représentants, à participer à l’élaboration des décisions, leurs mises en oeuvre et leur contrôle parce que nous savons tous ce que valent les convictions et la volonté politique de ceux que l’on appelle une fois élus nos dirigeants. Ceci n’a jamais existé dans notre pays.

      Je note aussi que le niveau socio-culturel du pays s’est élevé, qu’il y a une intelligence collective, des savoirs-faire à l’œuvre dans les syndicats, les associations, les mutuelles, l’économie solidaire etc.. des aspirations à un véritable changement démocratique qui cherchent un chemin dans le même temps que la sphère médiatique est très combattive et présente pour brouiller cette prise de conscience (76% de non confiance dans les médias, le record en UE). Vous savez bien que le front populaire a permis des avancées fortes parce qu’il y avait une mobilisation populaire forte qui a fait pression sur le politique et le patronat de l’époque. La ligne de crête est étroite mais chacun voit bien que les lignes bougent et que les pilotes au pouvoir naviguent à l’estime. Et puis en avons-nous une autre en dehors de la résignation ou du chacun pour soi qui sera à mon avis chacun son tour tout en étant bien conscient que les choses vont de plus en plus vite dans le sens que l’on sait.


       


    • Octave Lebel Octave Lebel 11 janvier 18:59

      @Octave Lebel

      Je pense que le Frexit n’est pas un objectif souhaitable dans le temps parce que dans un monde qui sera multipolaire l’Europe est le cadre économique, culturel, politique de la souveraineté de nos états-nations et de leur sécurité. Ceci suppose une transformation complète de l’actuelle UE dont personne ne peut dire actuellement les cheminements ni s’ils se feront avec ou sans les peuples. A l’évidence, le Frexit peut-être ici un moyen et une étape. L’afficher comme priorité ou condition de constitution d’une coalition pour l’élection présidentielle serait un magnifique chiffon rouge, un cadeau  et une réserve inépuisable de polémiques stériles et démobilisatrices offerts à tous ceux qui travaillent à préserver les fondamentaux du néolibéralisme et de sa déclinaison qui auront bien besoin de diversions quant à leur bilan et la convergence de nos intérêts fondamentaux. On voit bien qu’après le Brexit, il y a pour la France deuxième contributeur de l’UE une marge de manœuvre pour faire basculer les équilibres et rapports de force dans l’UE et la transformer. Difficile, oui. Les moments importants sont toujours très difficiles. Regardons l’histoire.

      Je n’appartiens pas au mouvement LFI mais je n’ai pas envie de me faire voler une élection de plus, de continuer de subir et voir mon pays et ses citoyens se diviser et se dissoudre dans une aventure dont on connaît déjà les héros et leurs talents , le type de société qu’ils préparent et la place qu’ils nous y assignent.

      Il y a une méthode arithmétique imparable pour que le dernier avatar disponible et compatible pour l’accélération du toboggan néolibéral gagne, c’est d’affaiblir LFI sans lequel une coalition de gauche authentique ne pourra faire la bascule. Notre division et dispersion est la meilleure arme de nos adversaires. Notre position est la plus difficile parce que nous voulons réformer notre société, rééquilibrer un rapport de forces puissant à l’intérieur du pays comme dans l’UE alors que nos adversaires travaillent à entretenir et accentuer l’élan. Nos compères du camp d’en face l’ont compris depuis longtemps déjà et surveillent le feu. On peut s’attendre à tous les coups les plus sordides. Il n’y a plus  de temps à perdre parce qu’avec les moyens de domination/communication/acceptation et surveillance actuels en évolution continue "Il n’y a pas d’alternative " pourrait bien s’imposer comme notre devise indépassable. Pour être clair, une société totalitaire soft est à nos portes et déjà dans nos esprits. Elle craint moins les rebelles que les citoyens, leur esprit critique, leurs capacités à s’organiser et se donner des objectifs. Notre pays est arrivé à un tournant critique pour son économie, sa cohésion, sa capacité à affirmer et conserver son identité en évoluant et relevant les défis de l’époque en raison de l’affrontement idéologique sans merci qui lui est imposé.

       

       


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 11 janvier 21:17

      @Octave Lebel
      Bonjour,
      Vous venez de faire deux longs commentaires et je ne répondrai pas à tout. Cela me parait impossible. J’ai déjà du mal a décrypter tout ce que vous dîtes. Je retiens ces quelques phrases :

      "Vos deux points sont évidemment cruciaux et déterminants (Frexit + candidat unique PC/PS/LFI).La réalisation du second semble peu probable et c’est très dommage. La responsabilité en est partagée à mon avis entre les 3 composantes et ne nous cachons pas les yeux au-delà des personnes."

      Pourquoi affirmer 15 mois à l’avance qu’il est peu probable d’obtenir un candidat unique PC/PS/LFI alors que tout le monde, autour de moi, me dit qu’il est d’accord sauf quelques militants de LFI qui ne veulent pas contredire JL Mélenchon. Il suffit d’imposer notre volonté à des organisations qui prétendent toutes être pour la démocratie. Cette proposition exprime, j’en suis certain, une profonde aspiration populaire. Il faut que tout le monde le dise haut et fort par tous les moyens. N’avez-vous pas vous même par divers moyens la possibilité de répercuter cette volonté populaire autour de vous ? Faisons-le tous ensemble et il faudra bien que les dirigeants s’exécutent car sinon c’est eux qui se couperont totalement des masses qui sont déjà loin de leur accorder beaucoup de crédit.

      "Je pense que le Frexit n’est pas un objectif souhaitable(...) 

      Ceci suppose une transformation complète de l’actuelle UE"


      Je pense qu’il y a de la confusion dans les deux extraits ci-dessus. Le Frexit ce n’est pas une transformation de l’UE c’est l’abandon total de ce projet qui n’apporte absolument rien. J’ai montré que c’est un projet qui pousse les peuples d’Europe à la guerre entre eux (voir le conflit latent Grèce/Allemagne) et il est la cause de pratiquement toutes les guerres auxquelles la France participe actuellement en Afrique et au Moyen Orient. L’UE nous met à la remorque de l’OTAN et donc de « l’Amérique ». Voir notamment la page d’accueil du site de l’AGIMO et cet article.


    • Octave Lebel Octave Lebel 12 janvier 10:09

      @Jean Dugenêt

      Je pense que vous avez parfaitement compris. Laissons donc nos lecteurs juger de la cohérence et de la clarté de nos positions réciproques après cet échange. Je leur fais toute confiance sans plus avoir besoin de rien rajouter.Merci.


  • LOISEAU LOISEAU 24 avril 18:53

    Bonjour camarade Jean !

    Militant de l’AER-AJS dès 1972 puis de l’OCI à partir de 1974, je suis resté ce que je pensais être : un trotskyste fier de son histoire et de son organisation... Je dois avouer que depuis la liquidation du PT qui m’a semblé être l’annonce d’une social-démocratisation du parti et, plus encore depuis la scission de 2015 où j’ai quitté le POI pour rejoindre le POID, j’ai commencé à largement me plonger dans l’introspection militante... au point que cela me devient difficile de penser étant donné les perspectives désormais peu optimistes de construction d’un parti révolutionnaire... Je trouve ton article excellent et je pense que tu as peut-être hélas raison sur ton raisonnement et sur les faits. Bon courage à toi. Patrick !


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 26 avril 13:34

      @LOISEAU
      Après m’être renseigné je dois revenir sur mon post d’hier que je vous prie de considérer comme nul et non avenu.

      Vous avez écrit dans un post du 13 avril à 10h28 : j’ai également commis un livre déplaisant fortement à la FNLP : « L’islam, nouveau cancer du mouvement ouvrier ».

      Votre livre est vendu par le site web « Riposte laïque ».

      Le fait que nous ayons fréquenté les mêmes organisations à un moment de notre vie ne signifie nullement que nous ayons quoi que ce soit de commun actuellement.
      Bien avant vous d’autres ont évolué dans ce sens : Doriot, Déat... Vous pourriez d’ailleurs sans doute vous entendre avec un autre auteur contemporain : Patrick Gofman.

      Je vous prie de ne plus tenter d’entrer en contact avec moi.


  • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 25 avril 10:25

    Bonjour cher camarade !
    Ton message me fait plaisir. L’article que tu as lu ici est maintenant intégré dans un article beaucoup plus volumineux intitulé « Il n’y a plus de trotskistes en France ». Celui-ci est d’ailleurs déjà dépassé, parce que maintenant l’AGIMO a décidé de reprendre la reconstruction de la 4ème internationale en liaison avec trois organisations. L’AGIMO est donc bien maintenant une organisation trotskiste.
    Je t’invite à nous rejoindre. Cela ne t’engage pas beaucoup. Les modalités sont expliquées ici. Nous communiquons entre nous en visioconférence et par mail. Tu peux d’ailleurs aussi m’envoyer un mail. (mon prénom + mon nom sans espace) suivi de arobas et gmail.com.


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