mardi 16 décembre 2025 - par Mervis Nocteau

Miscellanées démonothéistes

« Démonothéistes ? » S'extrayant du monothéisme, perdant, amuïssant le monothéisme. Mais aussi volontiers taquin : théiste de démons, de l'hellénique daïmônes, c'est-à-dire d'entités démonisées par le monothéisme, de natures animistes/polythéistes — à se demander, si tout le « paganisme » occidental, peut être autre chose qu'un tel démonothéiste, alors que judaïsme, évangélisme et islamisme tambourinent.

Ne pas confondre avec la démonologie : science occulte monothéiste. Où, plutôt que démonothéiste, on aurait aussi pu dire : spirithéiste. Car il existe bien sûr de mauvais daïmônes, hors le monothéisme, rien à voir avec le satanisme que cet en-dehors. Spirithéisme, à ne pas confondre avec le spiritisme non plus — nécromancie moderne, que les ados, les films et les New Agers trouvent apparemment « cool  ».

Au menu de ces miscellanées : théologie, celtisme, druides, poésie, critiques, Germano-Scandinaves, psychanalyse, mythes celtiques, Rome, paléoanthropologie, colonialisme, Bretagne, Brocéliande, Merlin l'Enchanteur, shamanisme, monothéisme, calendrier, philosophie, sociologie, politique, New Age, tragédie, famine et Soleil. Alors à table — et « machine arrièvant, toutes ! »

 

6 août 2025


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Incroyance — — —

Je cite Sylvain Salim Sauvadet :

« Nous avons cru à ces mains
qui frappent, qui soignent —
attachées au même corps,
sous le jour d’un parti,
l’autorité morale.

Cru au départage
d’une vérité, d’un bon sens
qui juge entre le bien et le mal,
dans le refrain des postures apprises,
chanté à l’unisson des dispositifs.

Chacun croyant porter la lumière,
en faisceaux qui se croisent
dans l’errance des sentences —
incapables d’embrasser leur ombre,
ni d’assumer leurs propres accidents.

Les courses aux certitudes,
les frontières invisibles
du même mécanisme,
voudraient dissoudre toute faille
dans un noûs lisse,
sans creux ni vertige
aux pieds de la Transcendante.

Une vérité omniprésente —
flamme sans espace,
méprisant le vide,
la fragilité, l’erreur —
ce reste qu’aucune loi ne contient
en ses représentants.

J’ai vu des verdicts
s’éloigner du vivant,
des plaidoiries se faner
dans l’achèvement pur,
fuyant la blessure du vrai.

J’ai voulu défendre
en récitant la loi,
sans l’interroger —
ajoutant ma lampe
à l’éblouissement général.

Mais quel éclairage
peut dissoudre le cœur d’un soleil
rayonnant de matière noire ?

On m’a convoqué trop tard —
la potence dressée,
les rôles distribués,

[silence]
le décor tombé sur la scène.

J’ai parlé
sans nom, ni fonction,
depuis le point d’inflexion
où la lumière se courbe
vers le néant.

Ce que vous appelez faute
s’est dissout dans ma divergence.
Ce que vous nommez preuve
a fait la ruine de mon langage.

Et dans ses gravats,
votre science est un homme inexact —
ou simplement une machine.
Votre vérité, une muraille
contre le vertige.

Vous avez mis en geôle
l’âme juste,
pour qu’elle épouse l’immobile —
et nommé discernement
la conformité comme cadre
de l’évolution.

Je ne suis pas venu convaincre,
mais rompre votre fil.
Car si une vérité existe,
elle suinte par la faille
que vous colmatez
avec le lexique d’un ordre
illégitime.

Je suis venu troubler la forme,
déranger la manière de penser
qui perpétue le gouffre
en nommant paix
un chaos en suspens.

Je viens réveiller l’intervalle,
le Trismégiste en vous —
ce savoir obscur,
médiateur des contraires,
que la lumière soustractive
dérobe au blanc et au noir,
dans l’addition du vivre,
votre régicide. »

 

31 août 2025


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Monothéistes et païens, main dans la main — — —

Je suis un homme qu'on aime bouc-émissariser.

Je crois que ce n'est pas sans lien avec mon bon Akerbeltz euskarien/Aherbeleistos celtisé, au fond Ergos pyrénéen/Georgos ibère/Baal Hamon punique, au symbole caprin : ça les excite.

Cf. Antique Sud-Ouest : ligure, ibère, celte, punique, romain, vascon, goth

Aiu Aherbeleisti ! Par l'éon d'Aherbeleist.

 

6 septembre 2025


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Un style singulier — — —

Je discutais ce matin avec un ami, de ma manière d'écrire, et des réticences qu'elle peut susciter. C'est que je suis, de base, un littéraire. Le reproche qu'on m'adressa alors souvent était le suivant : si tu es un littéraire, tu peux très bien t'adapter à ton lectorat. Ce n'est pas si sûr, en vérité.
Nous avons tous nos tics & nos trucs, dans la vie : demandez-vous, si vous seriez capable de vous en débarrasser si facilement. La réponse est évidente : vous ne pouvez pas vous débarrasser si facilement de vos tics & vos trucs. Surtout si, comme moi, vous tenez au singularisme.
Or, nous y tenons tous, dans la modernité, au singularisme. C'est ainsi que la modernité s'est construite : sur le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et sur le droit du citoyen. On ne reviendra pas si aisément là-dessus, même si les conditions d'existence précarisées et standardisées mondialement, troublent cette démarche.
Par exemple, qu'est-ce que le genre cyberpunk, sinon une scénographie podium exacerbée, de chaque idiosyncrasie, dans un monde lénifié ?
Néanmoins, observons que l'individualisme, fut d'abord un mouvement d'épanouissement individuel, à la Renaissance. Qui se fondit sur les humanités dites classiques, c'est-à-dire gréco-latines. Les Latins nommaient humanitas, humanité, la culture. Nous disons toujours les humanités, quand nous voulons parler des sciences humaines, sociales, philosophiques et spirituelles.
Je vois mal comment, aujourd'hui, un druidisant pourrait s'en passer, lui qui d'ailleurs s'inspire des Dieux : « les Adeptes des Arts » (des Savoirs, Savoir-Faire et Savoir-Être). L'humanisme, compris non comme anthropocentrisme, mais comme (poly)théocentrisme, valorisant les Humains artiaux (ayant de l'artialité, des arts).
Dès lors, tous les reproches qui me sont adressés tombent dans la tourbe. La bonne nouvelle, c'est que, là, ils servent au moins à quelque chose…
Nous héritons des Celtes, c'est-à-dire des Artiaux. C'est cela, précisément, qui nous différencie des Danes (Germano-Scandinaves) et des Romains, et qui nous rapproche des Ibères et des Hellènes. Mais, sur les Héllènes, les Danes et les Romains — les Ibères étant méconnus, mais frères des Celtes — il est certain que les Celtes sont adeptes du perpetuum mobile, mouvement perpétuel. Comme la Renaissance au terme de laquelle réémergea le druidisme, avec les Lumières.
Bon gré mal gré, nésciemment, notre modernité est un atavisme celtique diffusé, bon an mal an, à toute la Terre. Il en est ainsi. Comment renoncerai-je à cela, sinon au prix de moi-même ?

À lire : Diuiciacos — Lettres à Excingos : une polythéologie de la Déesse Naria, éthique praticienne

 

7 septembre 2025


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Sur les vagues — — —

Ce soir s'éclipse la lune
(Non certes en sa complétude
Mais sa partie opportune).
On le sait bien par l'étude.

Lumière cède sa place
À Ombre, que l'on projète
Perspectifs, de ce palace :
La Terre (noble planète).

A moitié sombre, à moitié
Clair (perpétuellement),
L'Être flue, tel un voilier,
Oscillant de son gréement

Rationnel. Entre Désir
Et Haine, ce Polemos
(Vrai Père du Devenir)
Avère le Chaosmos.

Faut-il de tout, pour faire un
Monde ? Le monde, en tout cas,
Est fait de tout — c'est certain.
Et certes bien de caca.

Où est tossé le navire ?

 

9 septembre 2025


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Des Geignards en déroule — — —

Je baladais mon bon chien ce matin, dans une bourgade supposée tranquille. Une de ces bourgades, qui a réchappé aux dernières émeutes qui ont secoué le territoire administratif francilien, jusque dans mes confins gascons… et néanmoins, une frêle grand-mère bien mise, que je pourrais casser en deux (si j'en avais l'audace, que je n'ai définitivement pas) m'a fait un bras d'honneur, dans des circonstances que je vais relater.

Les chiens doivent être attachés en ville. En accord avec cela, mon bon chien portait sa laisse, tenue avec attention dans ma main. En face néanmoins, comme ils sont nombreux — ces propriétaires — à croire que la laisse, ce n'est que pour les autres ! elle ne tenait pas à l'attacher. Or, tout bon comportementaliste canin, vous apprendra qu'un chien en laisse, à l'approche d'un chien sans laisse, est mal à l'aise. Je n'hésitai donc pas à délaisser mon bon chien.

Comme les deux bêtes se reniflaient, cette frêle grand-mère bien mise resta figée à côté. Affaires de chiens, mon bon chien chercha à dominer le sien plus petit — comme tous les chiens, mon chien n'aime pas non plus, plus grand que soi. Hélas d'ailleurs, j'ai déjà dû l'amener deux fois chez le vétérinaire pour des points de suture, suite à de grands chiens délaissés, ma foi mordants. Passons.

Que mon bon chien cherchât à dominer son petit chien, comme à tant de maître(sse)s, suscita chez elle une identification spontanée. Le sentiment qu'on l'agressait émergea ; d'autant plus, certainement, qu'elle jouait de sa frêle grand-maternité bien mise. D'où partit son bras d'honneur, alors que je lui faisais remarquer que les bêtes faisaient leur vie…

Sur le moment, avec la détresse des chiens, je l'ai jouée sans élégance : madame eut droit à mon doigt d'honneur-retour, suivi de force rabrouements quant à sa gestion canine eu égard à la loi. Elle n'en démordait pas, et nous nous insultâmes en chœur.

C'est bien sûr, un signe des temps ; et je n'y échappe pas, comme nous tous. Or la vieillesse aussi « c'était mieux avant », et pour nombre de propriétaires de chiens le savoir-vivre canin, c'est pour le chien des autres ! au même titre que toutes les règles de savoir-vivre, pour tout le monde, désormais, n'est-ce pas ?

Toujours est-il que je vis dans ce triste épisode un symbole, eu égard à certains simili-druides, tels que LeHoux sur mon profil — et pas que sur mon profil : — une bande de geignards en déroute, se raccrochant à des branches qu'ils ont sciées, et néanmoins bien mis sur eux*.

Le druidisme de la Charte des Druides vaut mieux, pardieux ! Pas étonnant que des simili-druides, sans foi ni loi, pourtant bien mis sur eux, s'y opposent.


* Il y en a d'autres, dans toutes les tendances néopags — et de tous les âges, comme partout ici-bas.

 

13 septembre 2025


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Rationalisation fanatique — — —

Le fanatisme rationalisé (dans cette vidéo). Je parle de tous les interlocuteurs et de leurs sujets, qui ne se limitent pas au sionisme, puisque tout le judaïsme ne l'est pas (sioniste), et qu'il est aussi question de christianisme et d'islamisme par le biais de leurs deux représentants sur l'affiche. Le monothéisme est une promiscuité spirituelle, qui ne se supporte pas elle-même. On la comprend.

Mais c'est drôle alors, comme certains néopagz l'imite — toutes tendances confondues, médiatisés ou non, reconstructionnistes ou non, dans les milieux celtisants, danisants, romanisants ou autres, même génériques. Et moi qui croyait qu'il y avait assez de Dieux & Déesses pour qu'on ne se mette pas sur la gueule, en admettant nos diffractions…

 

15 septembre 2025


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Itinéraire d'un druidisant ordinaire — — —

On n'a pas besoin de beaucoup de jugeote, pour comprendre qu'entre la persécution romaine et chrétienne des druides gaulois — et nos jours — il y a comme un hiatus. Dès lors, à s'intéresser à la question avec sérieux, on tombe sur des éminences, qui disent que l'initiation druidique est perdue. Mais on tombe aussi, sur des comparatistes et des reconstructionnistes, appréciables. L'humain étant l'humain, tout le monde a ses défauts, et peut décevoir ici et là.

C'est à ce point que, face aux déceptions, nous avons affaire à deux types de décisions : la première décision est adUlescente ; la deuxième décision est mature.

La décision adUlescente, c'est la décision d'adultes en fait toujours ados, qui décident d'appeler « druidiques » leurs velléités modernes. Ils font exactement ce qu'ils reprochent à certaines fantaisies néodruidiques, en faisant une moue sérieuse. Mais, au fond, ce sont des révoltés contre l'ordre traditionnel, qui nous a légué des éléments. Certains s'en prennent au renouveau druidique en général : jouer les outsiders est plus confortable. D'autres prétendent faire un reconstructionnisme celtique en parallèle, et ils ont de l'intérêt reconstructionniste, mais ce sont aussi des révoltés contre l'ordre traditionnel. D'autres enfin, récupèrent la notion de « druide » pour faire du naturalisme moderne dans les meilleurs des cas. Car, dans les pires, ils ouvrent une boutique féerique, ils pratiquent des « thérapathies » étiquetées druidiques, ou du mediumnisme, etc. Bref, le bordel New Age habituel : l'ordre traditionnel est mis aux chiottes, au profit des influences daïmoniques pléthoriques, qui n'attendent que cela — nous parasiter — indépendamment de tout. Même ceux qui convoquent le stoïcisme, tellement à la mode sur les réseaux, n'y comprennent rien. Une citation de Marc Aurèle sur la nature et puis s'en vont, avec leurs airs endurcis en fait autistisés…

La décision mature, réellement adulte, est évidemment de tenir contre [compte] de l'ordre traditionnel [je réalise mon lapsus calami ; je le laisse, car on s'y tient contre, et il y a toujours des parts néfastes en nous]. Or cet ordre, il est passé par le renouveau druidique tricentenaire, qui se basa sur les connaissances archéo|historiques progressives depuis ses origines : ceux qu'on nomma les antiquaires, passionnés d'antiquité, et ceux qu'on nomma les premiers celtomanes, passionnés par les Celtes. Le plus amusant, dans leur affaire, c'est qu'ils associèrent le druidisme au mégalithisme, qu'on contesta le mégalithisme celte scientifiquement plus tard, mais qu'aujourd'hui on se rend compte que les bâtisseurs de mégalithes sont toujours contemporains des Proto-Celtes et que les Celtes, comme toutes les civilisations ultérieures, se servirent des mégalithes, dans leurs genres (ce sont des nécropoles, avant tout, mais donc bels et bien des lieux cérémoniels).

Or, jusqu'ici, on était resté branché sur le continent. Dans les îles, des héritages sont très bien passés : par le bardisme gallois et le filisme irlandais. Le comparatisme scientifique n'est pas une fantaisie et ainsi, à partir de là, le renouveau druidique prend de la consistance, d'autant plus qu'il est traditionnellement fondé dans la franc-maçonnerie et surtout dans les cultures celtophones survivantes. Le mutationnisme depuis l'antique druidicat, n'est pas un contre-argument contre le renouveau : au contraire, il est un argument à la faveur du continuisme. Toute culture évolue.

Le celtisant en général, n'a pas besoin de se réclamer d'un ordre traditionnel : il est l'héritier d'une évolution culturelle, jusque dans les féeries et la fantasy. Le druidisant en particulier, s'inscrit dans un ordre traditionnel, dont culturellement profite le celtisant. Le druidisant prend la chose à bras le corps, et il la médite, l'élabore et la peaufine. Or cette chose, elle est polythéiste, c'est évident, qu'importent les mélanges hermétiques et chrétiens, qui ne sont d'ailleurs pas sans fond celtique : le légendaire arthurien en est le parfait exemple y compris continental, indéniablement spirituel.

Le seul naturalisme moderne a évacué la spiritualité. Le reconstructionnisme non-druidique voire anti-druidique, dénie l'ordre traditionnel. Ce qu'il faut donc, c'est un reconstructionnisme druidique. Mais voici un nouveau piège ! Un énième piège. Car, au sein du reconstructionnisme druidique lui-même, on connaît des personnes se réclamant de l'héritage tricentenaire, tout en prétendant le dépasser, ce qui ne fait aucun ordre traditionnel, mais bel et bien une révolte anti-traditionnelle… « au nom de la tradition ». Pire encore : quand ce supposé reconstructionnisme, s'enferme dans ses propres carcans, oubliant le Devenir culturel, ou bien restant psychorigide sur la ligne de Devenir qu'il réinvente, hors contexte occidental — ainsi du druidisme dit orthodoxe, prétendu « orthodoxe » sur des bases étymologiques, mais pour nous réinventer un « schisme druidique » post-chrétien (à citer des notions chrétiennes de péché et les évangiles) comme s'il était à la Gorsedd de Bretagne ce que l'Europe de l'Est est à l'Europe de l'Ouest.

Pour ma part, je suis passé par toutes les phases qui précèdent ou à peu près, jusqu'à ce que je comprenne que seul l'ordre traditionnel comptait spirituellement, et qu'il était toujours temps de fraterniser pour discuter dans l'harmonie, tel que c'est le cas de la Charte des Druides — gloire à elle. D'ailleurs, mon article au sujet du Rassemblement des Assemblées Celto-Druidiques des 16 & 17 août 2025 devrait bientôt paraître.

Il n'y a qu'un seul ordre traditionnel. Pas deux. Pas un et demi. Ni même un virgule un. Un seul. D'ailleurs, les Triades bardiques fondent tous les druidismes, de manière sensée, et il n'y a que les incapables, qui ne veulent pas lire entre leurs lignes, sans parler du Lebor Gabala Erenn, et qui ne croient y lire que de la fantaisie chrétienne.

Mais dans l'ordre traditionnel, plusieurs voies coexistent. Elles respectent les principes spirituels et culturels, sinon ce ne sont pas des voies traditionnelles — et elles ne font certainement pas payer l'initiation. Ceux qui s'imaginent plus malins que les temps ont de graves troubles psychiques, qui vont bien au-delà de la névrose, vers — at least — les parapsychoses (j'en ai dit certains autistisés, mais on a l'embarras du choix : schizophrénés, paranoïsés, dépressivés, etc.).

Et ainsi, d'ailleurs, de tous les renouveaux, non seulement druidiques.

 

18 septembre 2025


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Les Celtes valorisent ce dont se défient les Danes (Germano-Scandinaves) : voilà comment — — —

Un celtisant qui, aujourd'hui, se bornerait à n'être celtisant que sur la base de la wicca et de la fantasy, aurait à mes yeux, bien du mal à mériter l'étiquette de celtisant.

Car, de celtique, il n'aurait que quatre célébrations sur sa « roue de l'année » (Samain, Imbolc, Beltain, Lugnasad les premiers de leurs mois juliens)… certes mise au point début XXe siècle par Robert MacGregor Read (héritier franc-maçon de John Toland), Gerald Gardner (bientôt fondateur de la wicca) et Ross Nichols (fondateur de l'OBOD quelques décennies plus tard), du temps où ils participaient du Druid Order (DO) tout juste officialisé au Royaume Uni. Passons.

Je dirais à ce celtisant, qu'il doit s'adapter, parce que ce ne sont pas les brins d'éléments danes (Yule — le Jolablot, — Ostara — une Déesse : en fait, il faut célébrer le Sigurblot, — ni Litha — en fait, le nom d'un mois saxon) qui pèseront lourds, dans l'optique de mon propos. (Quant à Mabon, « qui arrive bientôt » : jamais le Dieu celte Maponos/Mabon/Oengus mac Oc ne fut célébré à l'équinoxe d'automne.)

La « roue de l'année » est le travail louable de personnes, dans une époque ne constituant qu'une étape vers l'emergence meilleure, dans une contrée — le Royaume-Uni, donc — sujette aux confusions, de par la singularité de son Histoire.

Ainsi, concrètement, en célébrant la « roue de l'année », mon celtisant ne ferait que valoriser de tels mics-macs socioculturels modernes (et rien d'autre). Allez plutôt voir du côté de la Comardiia Druuidiacta Aremorica, de Lemovica ou du Collège Druidique Rénové, côté celte, et des Enfants d'Yggdrasill, côté dane.

Maintenant écoutez-moi bien.

Les Dieux celtes sont explicitement dits Adeptes des Arts (Savoirs, Savoir-Faire, Savoir-Être et Savoir-Vivre) dans les textes mythologiques irlandais. De plus, ils vont apprendre « la sagesse et le druidisme » en Lochlann : une région traditionnellement assimilée à la Scandinavie, qui pourrait correspondre à d'autres contrées.

Mais mettons qu'il s'agisse de l'Antique Scandinavie : il y aurait là de quoi, confirmer les mics-macs évoqués précédemment, n'est-ce pas ???

Mieux encore ???

Les danisants, aujourd'hui, pourraient s'enorgueillir, de ce que les Dieux celtes seraient venus apprendre la sagesse et le druidisme dans leur contrée, de sorte que tous les rêves « druido-odiniques » d'un Nord mythique seraient confirmés, n'est-ce pas ???

Le problème, évidemment — et il est de taille — c'est la réalité : les Celtes ne viennent pas génétiquement des Danes, pas plus que du Nord. C'est donc qu'il faut distinguer le rêve de la réalité, le désir du fait, le mythe de l'existence.

« Pire » encore : les danisants déchanteront vite, même mythiquement.
Car, dans le mythe celte, Lochlann est peuplée par des Fomoires (équivalents des Jötunnar, des Géants) que les Dieux combattront bientôt en Irlande dont ils provenaient à la base, parti apprendre la sagesse et le druidisme de Fomoires vivant, justement, en Lochlann !
Rien à voir avec les Dieux danes — les Ases pas plus que les Vanes…

Soit donc que, mythiquement : les Celtes s'opposent aux Danes.
Cela fit dire à des chercheurs, que, vue la date de rédaction des mythes irlandais au milieu de la féodalité, ils auraient été écrits sur fond d'hostilité aux derniers Danes que furent les vikings (c'est abusif, mais c'est mythiquement juste).
Non seulement la génétique, mais aussi la mythique — si je puis dire — contredisent les assemblages celto-danes casse-gueule, et donc les mics-macs récents du Royaume-Uni (répandus au monde anglophone en général, et par la wicca et l'OBOD au monde francophone hélas — jusqu'aux olegiens).

Or, là où les choses deviennent croustillantes, c'est que les Fomoires — tout comme les Dieux, mais surtout les Fomoires — sont appelés « fées » dans les mythes irlandais.
Et, côté dane, ceux qui sont Adeptes des Arts ne sont pas les Dieux (contrairement aux Celtes) mais les Nains/Elfes Noirs, peuples féeriques : c'est en lisant ce propos de la Marche de la Futaie de Fróði (groupe alpin des Enfants d'Yggdrasill) que ça m'a fait « tilt ».

C'est-à-dire que les « fées » danes (Nains/Elfes noirs) correspondent aux Fomoires de Lochlann dans le mythe celtique, enseignant aux Dieux celtes la sagesse et le druidisme — sagesse et druidisme plein de ruses, très pragmatiques en plus d'être surnaturels, dans le mythe celtique.
Chose qui, en plus de rapprocher les Fomoires de Lochlann des Nains/Elfes noirs, les rapproche évidemment de Loptr futur Loki.

Wotan/Odhinn n’est pas un contre-argument, lui qui n’a rien d’un artisan tel que Lug. Et, si l’on intègre le Ragnarok dans l’équation, on réalise qu’à la fin des temps les Dieux danes se battront contre ceux qui inspirèrent les Arts celtes.
Le « druido-odinisme » n'est qu'un tel « fomorisme/jotunnisme », « nanisme/noir-elfisme », « loptrisme/lokisme » (et rien d'autre) serait-il atténué en « druidisme danisant ».

Où les Dieux danes, qu'ils soient Ases ou Vanes, tiennent les Arts à distance — contrairement aux Dieux celtes, qui se « fomorisent/jotunnisent », se « nanisent/noirs-elfisent », se « loptrisent/lokisent ».

Vraiment, les Celtes valorisent ce dont se défient les Danes.

A lire alors aussi : Dusios, le faune celtique.

 

22 septembre 2025


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Psychanalyse et religion — — —

Sigmund Freud, comme nombre d'Occidentaux encore-toujours (pour ne pas dire tous les Occidentaux) définit la religion par le monothéisme, pour le meilleur — et surtout pour le pire. Ainsi posent-ils l'équation selon laquelle religion = obscurantisme. On les comprend.
Et on les comprend d'autant mieux, que Freud, ressortant non-pratiquant et incroyant du judaïsme, ressort bien de la religion par laquelle le patriarcat vint au monde : nos Yamnaya (Indo-Européens originaires) sont parfois dits patriarcaux ; ils furent avant tout très virilistes. Le patriarchisme commence avec les avot hébreux : les pères, donnant les patriarches chrétiens, et toujours la place de l'homme (petit h) dans le mahométisme.
Pas étonnant, donc, que dans ses tentatives anthropologiques psychanalytiques (on dirait aujourd'hui : culturalistes) Freud généralisât le Père Tout Puissant, dans lequel aucun polythéiste ne saurait se reconnaître — et c'est bien parce que les Dieux sont ceux de nos pères tout en étant nos pairs, que le polythéisme me sied. Passons.

Nos contemporains ont donc tous couru vers le néo-spiritualisme pur : ils comprennent très bien que la spiritualité est universelle, et c'est d'ailleurs son universalisme qui les intéresse, mais ils ne veulent pas comprendre que ça ne se laisse atteindre à fond, qu'à pratiquer une voie spirituelle donnée. Ceux qui le comprennent, ne sont majoritairement pas prêts à parler de religion encore. C'est pourtant d'une religion, dont il est question, alors : il n'y a pas à avoir peur d'un mot…
… encore que la peur de ce mot, allant avec la chose, soit compréhensible et, ma foi, légitime, étant données les exactions monothéistes. Ainsi, la Gorsedd De Bretagne de nier que son druidisme soit une religion, bien qu'il nous saute aux yeux que le druidisme est une religion. Cette affaire terminologique ôte-t-elle quoi que ce soit à la valeur religieuse/spirituelle de la Gorsedd de Bretagne ? Non pas, mais c'est ce que veulent croire, tous ceux pour qui « ne pas avoir peur des mots » est un critère ultime, dans leur genre fondamentaliste. Il faut savoir raison garder. Passons.

La psychanalyse demeure opérative, si on veut bien lui laisser son champ intrapsychique, en ce que nous projetons tous, plus ou moins, nos problématiques inconscientes sur les Divinités, dans nos petits psychodrames micropersonnels. Ce n'est, évidemment, pas du tout l'essentiel, en termes rituels orthopraxes : il nous suffit de ritualiser orthopraxiquement, et chacun|e projette son théâtre intérieur en investissant l'histoire de ses affects : cela fait partie de la liberté de conscience et de culte, bien plus respectée dans le polythéisme que dans le monothéisme, puisqu'on ne cherche pas à imposer de juste-pensée (orthodoxie) justement…
… encore que le druidisme ne soit pas le romanisme, ni le sédisme dane, etc. et que leurs contenus de croyances puissent avoir de mauvais objets, quand on s'erronne.

La psychanalyse est victime, de ce qu'on l'a prise pour une panacée, mais elle a ouvert la voie à l'écoute du patient, ainsi qu'au regard vers l'inconscient : ce qui échappe à la conscience de quelqu'un, ou bien avec quoi il négocie ardemment — et ardument — en tension pulsionnelle. Cela nous arrive à tous, de nous mentir à nous-mêmes, n'est-ce pas ? Je ne sais pas si on peut être appelé Einstein pour cela, en tout cas il fallait s'appeler Freud, pour en faire un objet digne d'intérêt psy.
Que sa psychosexualité focale rebute, c'est aussi quelque chose, auquel on trouve bien des préjugés, sans parler des critères positivistes que l'on attend de pied ferme, sous le coup du pragmaticism anglo-américain et du Realismus germano-scandinave. A côté, le rationalisme latin — serait-il le surrationalisme — fait pâle figure.

On parle quand même d'une « science du particulier » avec la psychanalyse, et la psychothérapie en général : une contradiction dans les termes aristotéliciens qui fondent nos sciences. Alors, mettons, en effet, que la psychanalyse ne soit pas une science ; cela l'empêche-t-il d'être une connaissance/un savoir/un ça-voir ? Absolument pas.
Toutes les sciences sont des connaissances, mais toutes les connaissances ne sont pas scientifiques : ainsi des philosophies, des cultures, des arts, des rencontres… des religions ! Nous n'aurons jamais de science spirituelle, et pourtant nous la connaissons avec des formes d'objectivité, sinon nous ne pourrions pas en discuter.
Les sciences humaines, contrairement aux sciences physiques, sont dites « déictiques » : relatives à un hic et nunc. Eh bien la psychanalyse, c'est pareil : elle est relative à une ipséité ou une eccéité (une perspective) que donc nous sommes malgré nous, que chacun est malgré soi. Du moins : bon gré mal gré.

Frédéric Lordon et Sandra Lucbert ont tout récemment repris la psychanalyse à nouveaux frais. Wokes, évidemment, car ils ont voulu débarrasser la psychanalyse de sa dimension jugée réac. Je ne sais pas si c'est excellent, mais je trouve la démarche intéressante.
Ces auteurs se veulent spinoziens (Baruch Spinoza) c'est-à-dire fondés sur une philosophie singulièrement pan-naturalo-théiste : panthéiste et naturaliste à la fois. Le spinozisme se fondait sur le cartésianisme : il est rationaliste dans la démarche, après avoir posé une équivalence (Deus sive Natura, Dieu ou la Nature) dont tout le reste découle : le premier druidisme franc-maçon de John Toland s'en inspira. Nos deux auteurs s'appuient aussi sur Gilles Deleuze et Félix Guattari (des post-soixante-huitards, philosophes de l'empirisme transcendantal, de l'empirisme désubjectivé si vous préférez, avec une antipsychanalyse proclamée schizoanalytique).

C'est que Lordon-Lucbert se veulent eux-mêmes de gauche anticapitaliste, c'est-à-dire dans un matérialisme dialectique, qu'ils parviennent bien à mettre en oeuvre. Il est assez évident, que pour ce qui est d'analyser notre religiosité, ils ne vont pas être d'un grand secours.
Mais on n'est pas obligé de souscrire à leur antithéisme, pour apprécier la psychologie du développement à laquelle ils donnent cours — la psychanalyse est pionnière, en psychologie du développement, à dire que les premières années nous imprègnent fort. Le psychodéveloppement n'a peut-être rien à dire sur « la » religion, qu'il reste utile pour mûrir dedans, afin de réfléchir à nos illusions existentielles, le tour que prend la pulsion vitale depuis notre plus tendre enfance. On n'en ressort pas indemne.

Nombre de néopagz ont besoin de mûrir, aussi vieux soient-ils. Bonne lecture

 

26 septembre 2025 (encore)


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La Fin des temps — — —

Je cite le Dialogue des Deux Sages, extrait de Senchas na hErenn, vol. II :

« ADNA. Et toi mon aîné, as-tu des nouvelles ?

FERCHERTNE. J'ai, en effet, de terribles nouvelles. Mauvaise sera l'époque qui va venir, où les chefs seront nombreux, où les honneurs seront rares, où les vivants annuleront les jugements équitables.
Le bétail du monde sera stérile.
Les hommes abandonneront la modestie.
Les champions des grands seigneurs s'en iront.
Les hommes seront mauvais. Les bons rois seront rares. Les usurpateurs seront nombreux.
Les disgraces seront nombreuses. Chaque homme portera une tare.
Les chars se briseront dans l'hippodrome.
La contrée sera dévorée par les ennemis.
La vérité ne garantira pas l'excellence.
Les sentinelles autour des sanctuaires seront combattues.
Tout art sera de la bouffonnerie.
Tout mensonge sera préféré.
Chacun sortira de son état par l'orgueil et l'arrogance, de sorte que ni le rang, ni l'âge, ni l'honneur, ni la dignifié, ni l'art, ni l'instruction ne seront plus respectés.
Chaque personne compétente sera brisée.
Chaque roi sera un mendiant.
Tout noble sera méprisé, tout vilain sera élevé, et l'on n'adorera plus ni Dieux ni hommes.
Les bons princes périront devant les usurpateurs par l'oppression des hommes aux lances noires.


Les offrandes seront détournées.
Les planchers s'effondreront.
Les sanctuaires seront brûlés.
Les entrepôts négligés et dévastés.
Les faux jugements feront tomber les fruits.
Son chemin disparaîtra pour chacun.
Les chiens infligeront des blessures, de sorte que chacun sombre dans l'obscurité, la rancune et la nigauderie.
A la fin du dernier monde, il y aura un refuge contre la pauvreté, à l'avarice et à la rancune.
De nombreuses controverses auront lieux avec les artistes.
Chacun achètera un satiriste qui satirisera en son nom.
Chacun imposera une limite à l'autre.
Sur chaque colline, la trahison s'aventurera, de sorte que ni lit ni serment ne protégeront.
Chacun blessera son prochain, et chaque frère en trahira un autre.
Chacun tuera son compagnon de boisson et de table, de sorte qu'il n'y aura plus là, ni vérité, ni honneur, ni âme.
Les avares se ratatineront les uns les autres avec des tempêtes d'ignorance.
Les usurpateurs se satiriseront les uns les autres avec des tempêtes d'ignorance.
Les ordres seront renversés, le savoir des clercs sera oublié, les sages seront méprisés.
La musique deviendra grossière.
Le guerrier deviendra clerc.
La sagesse se changera en faux jugements.
La loi d'un seigneur se retournera contre son église.
Le mal passera dans les bâtons des évêques.
Tout acte sexuel se transformera en adultère.
Une grande vanité et de la présomption s'affirmeront chez les fils des rustres.
Une grande avarice, une grande inhospitalité et une grande pénurie se feront des propriétaires terriens, de sorte que leurs bardits seront noirs.
Le tissage passera aux fous et aux marchands, si bien qu'on s'attendra à des vêtements sans valeur.
De mauvais jugements se feront chez les rois et les seigneurs.
L'ingratitude et la colère viendront dans l'esprit de chacun, si bien que ni les esclaves ni les servantes ne serviront leurs maîtres ; si bien que ni les rois ni les seigneurs n'écouteront plus les prières de leurs tribus ni leurs jugements ; si bien que les intendants n'écouteront plus leurs communautés ; si bien que les vassaux ne supporteront plus de payer leur tribut à leur seigneur pour ce qui lui est dû ; si bien que le clerc ne servira plus son ordre ; si bien que la femme ne supportera plus la parole de son mari ; si bien que les fils et les filles ne serviront plus leurs pères ou leurs mères ; si bien que les élèves ne se lèveront plus devant leurs professeurs.
Chacun fera de son art un faux enseignement et une fausse intelligence, pour chercher à surpasser son maître, si bien que le cadet aimera être assis tandis que son aîné sera debout ; si bien qu'il n'y aura pas de honte pour un roi ou un seigneur à aller boire ou manger avec le compagnon qui le sert ; si bien qu'il n'y aura pas de honte pour un rustre à manger après avoir fermé sa maison contre l'artiste qui vend son honneur et son âme pour un manteau et de la nourriture ; si bien que chacun détournera son visage de son compagnon en mangeant et en buvant ; si bien que la cupidité envahira chaque être humain ; si bien que l'homme fier vendra son honneur et son âme pour le prix d'un seul scrupule.
La modestie sera rejetée, les gens seront méprisés, les seigneurs seront détruits, les rangs seront méprisés, le culte sera déshonoré, les lettres seront oubliées, il n'y aura plus de bons bardes.
La droiture sera supprimée. Les usurpateurs du dernier monde manifesteront de faux jugements. Les fruits, après être apparus, seront brûlés par un flot d'étrangers et de populace.
Sur chaque territoire, il y aura un nombre excessif.
Les quartiers s'étendront sur les montagnes.
Chaque forêt deviendra une grande plaine. Chaque grande plaine une forêt.
Chacun deviendra esclave avec toute sa famille.
Par la suite viendront de nombreuses graves maladies, des tempêtes soudaines et terribles, des éclairs avec des cris d'arbres.
Hivers feuillus, étés sombres, automnes sans récolte, printemps sans fleur.
Mortalité avec famine.
Maladies sur le bétail.
Trouvailles sans profit, cachettes sans trésor, grands biens sans homme.
Extinction des champions.
Pénurie dans les champs de blé.
Parjures.
Jugements avec colère.
Une mort de trois jours et trois nuits pour les deux tiers des êtres humains.
Un tiers de ces fléaux sur les bêtes de la mer et de la forêt.
Puis viendront sept années de lamentations.
Les fleurs périront.
Dans chaque maison, il y aura des gémissements.
Les étrangers détruiront la contrée.
Les hommes entretiendront des hommes.
Un conflit se déroulera autour du Boisé Tombeau.
Les beaux bégayeurs seront tués.
Les filles concevront pour leurs pères.
Les combats se dérouleront autour de lieux célèbres.
Il y aura de la désolation sur les hauteurs de la contrée.
La mer envahira chaque terre lorsque sera habité Avalon.
La contrée sera laissée sept ans avant la fin.
Il y aura des deuils après les massacres.
Dans chaque tribu naîtront des monstres.
Les cours d'eau se retourneront contre les cours d'eau.
Le crottin de cheval aura l'apparence de l'or.
L'eau aura le goût du vin.
Les montagnes se transformeront en terres parfaites.
Les tourbières se couvriront de trèfles en fleur.
Des essaims d'abeilles seront brûlés dans les montagnes.
Les marées de la mer seront retardées d'un jour à l'autre.
Ensuite viendront sept années sombres.
Elles cacheront les lampes du ciel.
A la fin du monde, terribles nouvelles, une époque funeste. »

 

29 septembre 2025


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Tous les petits païens marmonnent — — —

Quand vient l'automne
Tous les petits
Païens marmonnent
« Mabon, Mabon ! »

Ils sont partis
Sur des rivages
« Wiccan party »
— Ces divertis !

Car ils ravagent
Le sens caché
D'un Dieu très sage
(Son avantage)

Ne lui crachez
Pas à la gueule !
Ça va fâcher
Son cœur d'achée

Mais tous ils veulent
Que par un Autre
Monde — ces greuls ! —
Leur vœu le meule !

Eux tous, apôtres
« D'Alter-Hiver »
— « On le fait nôtre ! »
— Bande de vautres !

Allez donc vers
La belladone
Plutôt que taire
Ce qui s'avère

Quand vient l'automne
[ad lib.]

_______________________________
Ce soir, 29 sept 2025, c'est le Nouvel An celtique, selon le calendrier de Coligny, calé sur les Annales des Quatres Maîtres et précisément la Cath Maighe Tuireadh (victoire des Dieux sur les Fomoires).
La Samain ou Trinoxtion Samoni (Trois Nuits de Samain) interviendront dans 17 jours — et non au 1er nov 2025.

Quant à la formule en gaulois Dagomatobo Blediobo, elle signifie Fiable et favorable année à vous, et c'est grâce à feu Gérard Poitrenaud, récemment décédé, que je peux la formuler. Ro-diolcui pour son travail.

Enfin, je vous souhaite cette bonne année, sous le signe de la sœur de Lug[us], Eb[uro]lenn[a], dont le nom discret apparaît dans la Fondation du Domaine de Tara et signifie « Haut If ». Aiu Eburolennas ! Par l'éon d'Eblenn !

 

30 septembre 2025


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Ça flue — — —

Il y a des personnes, peu importe leur valeur, leur âge et leur statut, qui ne pardonnent pas. Le pardon est une vertu chrétienne, certes, mais il n'a pas à être élevé au rang des vertus, ni à être chrétien, pour pouvoir se manifester. Que signifie « pardonner » ?

« Pardonner » signifie « procéder du don ». Le préfixe par- avant -donner, et sa variante per-, ont pour synonymes les préfixes di/dia-, tra/trans- : à tra-vers (et non pas de travers !). Quand on pardonne, donc, il s'agit de donner. Donner quoi ? Son pardon… Ce n'est pas une blague. Il y a là une intensification.

« Je pardonne, mais je n'oublie pas » : cette sentence que l'on entend parfois, même dans les milieux chrétiens, sonne comme une menace, et l'on croirait presque que le pardon en est absent, au final, puisque rien n'est effacé : la rancune semble toujours vivace. Tout ce qui fait dire, à un certain nombre de penseurs : « On oublie, mais le pardon n'existe pas. » Cruauté existentielle pour cruauté existentielle.

Il est parfois vrai que « la vie est une pute ; le vécu, un salaud ». Ou bien, disons « qu'elle ne fait pas de cadeau, qu'elle n'est pas une sinécure » : vous aimeriez qu'on vous pardonne, mais rien ne vient. Parfois — souvent — vous aimeriez bien qu'on vous pardonne, pour des lésions dont vous n'êtes même pas cause.

Le « Notre Père » chrétien dit : « Pardonne nos offenses [ô Dieu] comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés » — à quoi on observe que le christianisme se meurt, à l'heure où l'offensance n'a plus besoin d'une seule lésion, pour qu'elle se sente offensée, et que de ce sentiment d'offense elle cherche réparation — lésant, du même coup, autrui. (Les Antiques tendaient à la négliger.)

Cette interaction tordue, n'a pas attendue quelque wokisme pour exister : il y a toujours eu des gens tordues. C'est juste que, de nos jours, il semble que ces distorsions paient mieux, mais c'est peut-être une illusion. « Tout est illusion », c'est vrai, mais je connais des anti-« wokes » qui ne sont pas animés autrement : ils procèdent des mêmes lésions gratuites, sur la base de lésions imaginaires.

C'est, évidemment, ce qui s'est beaucoup joué dans le druidisme, contre le Rassemblement des Assemblées Celto-Druidiques — qui, depuis son avènement, n'a plus rien à prouver. Mais pardonnez-moi cette idiosyncrasie, cette faiblesse… si vous ne vous en croyez pas lésés ! Cela est vrai de toute néopagaillade.

On a ici affaire, à des sentiments de « crimes de lèse-majesté ». Car des personae majestiques se pavanaient et attaquaient, se croyant lésées par tous les bouts qu'on les prît : rien n'y faisait. D'aucuns dénoncent alors l'ego, mais ce n'est pas cela : la persona n'a rien à voir avec l'ego, encore qu'on les confonde souvent (ce qui en dit long, sur l'intelligence émotionnelle des confusionnés).

On peut être tout à fait humble dans l'âme, ayant fait taire son ego, ou son mental, ou que sais-je (appelez ça comme il vous chante) et même être « empathe »… tout en disposant d'une persona majestique, c'est-à-dire d'un masque de majesté. Ce serait même une parade psychosociale assez logique alors, que cette cuirasse caractérielle, dans les conditions où l'on n'a jamais compris que l'ego n'était que l'aiguillon adaptatif de nos vies.

La persona majestique, dans ces conditions, est en fait une suradaptation, inhérente à l'absence de compensations agaillardies, afin de pallier à un ego défaillant sous le coup d'une humilité scabreuse — scabreuse, de ce qu'elle procéda probablement plus d'humiliations que de modesties… en plus d'être rendue scabreuse, par la persona majestique. MAIS L'EGO N'A RIEN À VOIR AVEC ÇA, C'EST LE PLUS DINGUE À COMPRENDRE.

À partir de là évidemment, les personae majestiques se sentent vite lésées, elles ressentent vite des lésions imaginaires. Qui, lorsqu'elles se sentent une valeur, un âge et/ou un statut appréciables, tournent à la vindicte contre quelque « crime de lèse-majesté » imaginaire. Les distorsions prennent le pas sur les réalités et, à ce stade, il est clair que jamais un pardon ordinaire ne saurait émerger.

Au contraire : comme le propre de la persona est de se socialiser, les distorsions sont socialisées. Personne n'a vraiment de psychose — tout au plus, des para-psychoses tendancielles — mais tout le monde est emporté par une sociose favorisant les tendances para-psychotiques de chacun (dépressives, paranoïdes, schizoïdes, autistiques, etc.). On se polarise, parce qu'on s'affecte de ce qui nous affecta — cahin-caha.

Or, à ce jeu, ceux qui ont la plus grosse persona majestique (c'est le cas de le dire, « la plus grosse » !) ne sont pas ceux qui s'en tirent le moins bien. Car, compensatoirement, ils attirent ceux qui en rêvent. Les chrétiens disent alors : « Sic transit gloria mundi, ainsi passe la gloire du monde » avec un mépris évident pour l'existence.

Nous préférerons dire : « Alea jacta est, le sort en est jeté » ? Mais c'est sûrement, pour un certain nombre d'entre nous (à la persona majestique anti-romaine… justement…) « trop romain » ? Sinon que les romanisants furent aussi doués que d'autres, pour tomber là-dedans.

Une chose est sûre, c'est que « ποταμοῖσιν τοῖσιν αὐτοῖσιν ἐμβαίνουσιν ἕτερα καὶ ἕτερα ὕδατα ἐπιρρεῖ, à ceux qui entrent dans les mêmes fleuves d’autres et encore d’autres eaux affluent ». Dit couramment : « on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve » (fragment DK 22 B49a d'Héraclite cité par Plutarque).

Pourtant, les personae majestiques feront de tout amont, un reproche en aval. Elles ne tolèrent pas que ça flue. Ce qui — quant à celles sous le matronage de Dana — détonne beaucoup.

Si seulement je parvenais à les comprendre un jour ! Enfin il me faudra, je crois, laisser fluer cela — aussi.

Lire aussi : Conflits : la réactance néodruidique, et l'Histoire de l'ego
Pour ou contre la Charte éthique des Druides ???
Diuiciacos — Lettres à Excingos : une polythéologie de la Déesse Naria, éthique praticienne

 

1er octobre 2025


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Toutes les Rome mènent au vent — — —

Le souffle de Rome, étant donné la culture d’origine de la chanteuse, est puissant.

À ce propos, quand on dit que nos jours dépendent de l’Antique Rome, je trouve la formulation injuste. C’est toujours Rome, qui dépend des générations futures — comme toute perpétuation socioculturelle — par diffusionnisme familial et sociétaire.

Il est vrai que l’oubli ne change parfois rien à l’affaire : qu’on réinsuffle sans en deviner la source. Et il est vrai qu’on réinsuffle, même alors, parce que la réinsufflation semble faire œuvre utile. On salue le fameux praticisme romain (je préfère dire « praticisme » que « pragmatisme » — cette dernière notion désignant une philosophie contemporaine).

Praticisme forgé sur fond d’identité migrante (Enée) et anti-dominations (rois, Étrusques), ce qui fait écho à notre époque qui se veut républicaine… et qui l’est bien plus que démocratique, si on se compare à Athènes, de par nos États et nos Firmes mastodontes bureaucratiques, fédéraux ou simili-synarchiques — comme c’est le cas de l’Union Européenne maigrement démocratique. D’aucuns préfèrent alors parler, après l’Église romaine, de « laïocratie », notion basée aussi sur le peuple laïc, sans vraie nuance participative.

Ainsi de nos jours, l’épopée de Remus et Romulus prend justement des accents de Caïn et Abel. De la République à l’Islam, en passant par l’Empire et l’Église, toujours… Roma Æterna.

À lire quand même :
De Mérovée à la République : qu’est-ce que la francité
« Gréco-Romain » : mythe politique et simplification identitaire

 

2 octobre 2025


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« Reconstructionnisme », réémergence, renouveau, résurgence — — —

Entendre la voix d'un Homme de Néandertal, c'est désormais possible, et vous n'avez qu'à tendre l'oreille en regardant cette vidéo… Si d’aucuns peuvent faire confiance à des reconstructions aussi faramineuses dans le temps, je pense que ce ne sera plus un problème pour personne, de se fier aux renouveaux polythéistes européens (« païens ») qui n’ont même pas 10% (8000 ans) des durées ici proposées (80.000) et, ce, d’autant moins que nous disposons de documentations et de comparaisons possibles, sur les à peine 3 à 1000 mille ans dans le passés, avec lesquels nous raccordons — ou ne serait-ce que la mythologie scientifique — sans parler des évolutions culturelles attestées de nos jours. Que celui qui aime à y objecter, reçoive la première pierre — et les suivantes.

 

4 octobre 2025


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Trop de reconstructionnisme tue le reconstructionnisme — — —

Un ami m'a demandé mon avis sur ce site de résurgence gallo-romaine. Voici la réponse que je lui fis :

« Merci pour ce lien intriguant. Le site d'un énième aspirant à bien faire dans la reconstruction, indépendamment du druidisme contemporain — site notamment centré sur le moment gallo-romain. Ce n'est pas inintéressant, bien que ça fasse, logiquement, du pêle-mêle.

Comme toutes les initiatives relativement scrupuleuses (la plus fameuse dans le druidisme, est loin de l'être, sans parler de sa moralité) je crois que l'auteur de ce site a tout donné dans ses pages — d'ailleurs, surnommé Deo Mercurio, on pourrait le confondre avec le business « deo celtes » (mais ça va). Enfin c'est comme avec un bon reconstructeur chez les Enfants d'Yggdrasill, aussi.

Je vais te décevoir en te disant cela, mais les scrupules ne mènent pas loin, en dehors d'une réserve méthodologique QUI N'EST PAS LA RELIGION EN SOI, PAS LA SPIRITUALITÉ EN SOI. Nous devons vivre, aujourd'hui, quoi qu'il en soit, et les savoirs n'autorisent pas l'arrogance.

On ne peut être reconstructionnistes à fond, tout simplement parce que ça impliquerait d'y être : un revivalisme impossible, serait-ce par incertitudes rétrospectives. Mais nous restons d'accord, pour dire qu'il faut se faire constamment au fil des savoirs : je ne donnerai pas si vite raison aux non-renseignés.

Seulement notre savoir est asymptotique (il s'épuise vers un réel introuvable, disposerait-on d'une documentation abondante) et il est « juste » « sachant » (l'épistémie n'est pas l'esprit).

Or si je te fais toutes ces remarques, c'est pour parler des valeurs humaines. Au fond, à la longue, et bien qu'il nous arrive à tous de commettre des erreurs, ce sont nos valeurs qui comptent. Certes, il y a des errances qui en disent long sur les bougres qui les commettent, rendant invivables leurs démarches, donc non-viables leur semblant de piété (au centre : la manipulation de la vérité, épistémique et morale).

Le revivalisme/purisme/perfectionnisme reconstructionniste est un piège aussi. Pas dans la déontologie, mais comme référence asymptotique. Parce qu'une asymptote, ce n'est tout simplement pas une référence : c'est comme la singularité du Big Bang ou l'horizon interstellaire qui file plus vite que la lumière — du néant pour nous. Nous vivons en 2025.

Le site que tu me soumets est donc super, mais partout où je suis passé, toutes tendances néopagz confondues, c'est toujours la même asymptote — même chez les romanisants ! Les mêmes problématiques.

Les romanisants ont certains avantages, qui sont un avantage pour tous les autres, en termes de comparatisme, mais c'est tout.

Les livres ne contiennent qu'un quorum relatif de la sagesse. Sagesse, que les Hellènes définissaient pour une habileté dans divers domaines, avant tout.
Et les Dieux celtes sont les adpetes des arts, sous-entendu des arts & métiers, des savoirs, savoir-faire, savoir-être.

Les livres ne contiennent que des savoirs.

Ne soyons pas idéalistes, ça nous tantalise vers l'asymptote. Mais ne soyons pas ignorants ni paresseux : les savoirs et leurs applications, font bien partie de la sagesse.

La sagesse n'est pas éthérée, nébuleuse, idéale : la sagesse est justement la sagesse, parce qu'elle est invétérée, judicieuse, magistrale.

Bien à toi

 

6 octobre 2025


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Éclairage — — —

Ce n'est pas une affaire d'Européens contre les Amérindiens ; mais de monothéistes contre les polythéistes. Lire aussi : Voltaire, Dictionnaire philosophique, entrée « Idole, Idolâtre, Idolâtrie ».

 

11 octobre 2025


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Human Nature — — —

Plus haut, je disais : « ne soyons pas ignorants ni paresseux : les savoirs et leurs applications, font bien partie de la sagesse. La sagesse n'est pas éthérée, nébuleuse, idéale : la sagesse est justement la sagesse, parce qu'elle est invétérée, judicieuse, magistrale. »

Le poème-joint, auquel je souscris, s'achève par : « la sagesse n’est pas farde, / mais un instinct à retrouver » : tout est en ordre. L'instinct à re-trouver (re-) appert dans l'invétérance, la justesse, la maîtrise. Pour l'animal, c'est un déjà-là ; pour cet animal spécial qu'est l'humain, c'est un à-poursuivre-là. Il n'y a pas de bébé doué : délaissé, il n'y a qu'un mort-né. Cela se vérifie des « enfants sauvages », élevés par des animaux : en dessous de deux ans, l'animal n'arrive à rien, l'enfant meurt ; longtemps parmi les animaux, l'enfant devient non-humain, définitivement incapable d'humanité (de « nature humaine »). Cf. aussi Psychanalyse et religion plus haut.

Car « de toutes les créatures qui respirent et se meuvent sur Terre, aucune ne naît plus faible que l'humain » (Homère, Odyssée, chant XVIII).

Et pourtant, Jean-Jacques Rousseau — et autour de lui bien des philosophes des Lumières ou penseurs romantiques, de Voltaire (l'Ingénu) à Chateaubriand (Atala) en passant par Diderot (le Voyage de Bougainville)… tous ces intellectuels, nous ont survendus du « bon sauvage » : de l'humain innocemment bon… avant que la culture ne le dénaturerait. En général, c'était pour culpabiliser les Européens coloniaux. Au XXe siècle, Vercors en a fait un roman : les Animaux dénaturés (sous-entendu : les humains).

Comment passe-t-on de la nécessité de la culture, de la culture comme seconde nature, nature humaine acquise… à la défiance envers la culture ? Alors qu'elle seule, nourriture humaine, « norroture » en ancien français, est « formation » ? Car elle seule, par l'exercice, par la pratique, par l'apprentissage, par la transmission, nous fait invétérés, judicieux, magistraux, c'est-à-dire qu'elle seule, par l'effort, nous redevient instinctive. Les anthropologues le savent les cultures « primitives » sont strictes ; les Européens le savent : leurs cultures furent strictes.

Ma réponse est dans ma question, ou son développement.

Ce qui n'ôte rien, c'est que les Vasconiens (Anciens Gascons transpyrénéens, héritiers des Ibères) se disent nés de l'Ours. Ce qu'un scripteur local, a cru bon de mélanger du celtique, en nommant un de ses personnages « Artogenos » : ce n'était pas si mal trouvé : ça se voulait plein de sagesse, et ça n'en manquait pas complètement.

Ce qui est dire qu'il n'y a pas « une » sagesse, mais autant que nous sommes… à condition que nous les cultivions, et que nous ne les laissions pas (sauf mon respect pour la Jainko Palle, la Déesse Palle, Corne Courbe) en pâture aux bestiaux.

 

13 octobre 2025


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Le breton francophile, ou le brittophile français — — —

Théodore Hersart de la Villemarqué fut envoyé à titre d'élève de l’École des Chartes, par le gouvernement français, pour étudier les manuscrits gallois.

De même, il reçut pour mission du ministère français de l'instruction publique, d'éclaircir la celticité des légendes arthuriennes, en le renvoyant au pays de Galles en 1858…

… 20 ans après son voyage à la Gorsedd Beirdd Ynis Prydain, aujourd'hui Gorsedd Cymru, dont dépend la Gorsedd de Bretagne. Gorsedd de Bretagne, qui valorise M. de la Villemarqué, dans sa Constitution/art. Ier.

Il exerçait au titre de fonctionnaire français, pour le service de la Nation : de la Bretagne à la Provence, et des Ardennes à la Gascogne.

 

15 octobre 2025


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Merlin l’Enchanteur et les métamorphoses de Brocéliande — — —

Avec cet article, Grégory Moigne ne va pas se faire que des amis. L'historiologie est méchante avec la mythologie : littéralement, elle mé-choit, elle mal-tombe, elle est « méchante ». Il ne faudrait toucher à la crédulité ni au portefeuille de personne…

… et pourtant, le lecteur sensible n'y lira pas de méchanceté ; il y lira même une tendresse. Car Grégory Moigne a l'intelligence de laisser comprendre, que le processus de « brocéliandisation de la forêt de Paimpont » (c'est moi qui le nomme comme un barbare), pour autant qu'il est un processus historique, n'en est pas moins une évolution culturelle, un devenir-local.

Ah pour sûr, ça fera mal, de lire qu'en 1972 « Yann Brekilien, druide et historien, écrit une lettre contre la transformation des lieux autour du Val sans Retour, pour mieux accueillir les touristes : « … ce haut lieu hanté par le souvenir de la Fée Viviane et de l’Enchanteur Merlin… » » : pour un historien, druide par surcroît, ça ne le fait pas, alors que la plus grande phase de « brocéliandisation de la forêt de Paimpont » s'est faite dans le siècle précédent (et après jusqu'au nôtre encore récemment).

Seulement voilà, justement : l'évolution culturelle/devenir-local date progressivement de mille ans déjà, et ayons la dignité de reconnaître que « nous sommes tous Yann Brekilien ». C'est-à-dire que, comme partout, la Bretagne, dans la modernité, exploite son patrimoine pour le touristiser, et même le « disney-landiser » (dirait Philippe Muray). Je n'ai, pour ma part, pas de plaisir à parcourir bien des beaux lieux de France et de Navarre, à cause de cela — pas plus que d'autres lieux à l'étranger (et je ne cherche pas plus une « authenticité chez l'habitant »).

C'est que notre modernité s'est construite par-devers, et même contre, les cultures populaires. Enfin, ce processus avait débuté avec le christianisme ; il se poursuit avec l'académisme. Cet académisme auquel contribue Grégory Moigne, et dans lequel je puise aussi, car il n'est pas peu producteur de science.

A condition, bien entendu, que cette production, comme c'est le cas ici, comprenne — au sens empathique du terme — le dynamisme territorial, son imprégnation. C'est ainsi que les cultures viennent au monde et s'y épanouissent. Le savant n'est pas là pour concurrencer, au profit — comme c'est trop souvent le cas — de sa culture de classe studieuse, à déjuger la vie. Nietzsche raillait cette culture de classe studieuse, qui se prend pour « l'immaculée connaissance », et je connais un autre auteur, qui navigue de façon encore plus incisive, entre la culture de classe studieuse et la vie : Valéry Raydon.

Là où les choses deviennent croustillantes, c'est quand Grégory Moigne énonce : « Dans le fond ces récits remontent à une très haute antiquité, pré-celtique pour certains. Récits initiatiques de rois et de guerriers, à une époque où la sédentarisation et l’agriculture ont amené des conflits et où la classe guerrière prend le dessus sur les autres. »
Sans compter que, comme le dit toujours Grégory Moigne :
« Archétypes et mythèmes accumulés dans l’inconscient collectif refont surface. […] Le mythe, ici, lie la mémoire collective par les archétypes et la mémoire personnelle, autour de quelques images primordiales de certains lieux synthétisés en Brocéliande (l’Autre Monde, le monde imaginaire d’Arthur et Merlin, la forêt primordiale, etc.). […] La forêt de Brocéliande est mythifiée, personnifiée, héroïsée, érigée en symbole hors du temps. »
Ce ne sont pas des faiblesses concessives, de la part du chercheur : à la manière de Valéry Raydon dans son travail de folkloriste, c'est reconnaître « le travail du négatif » (dirait Georg F. Hegel) aboutissant précisément à l'évolution culturelle millénaire, au devenir-local.

Et les druides contemporains, de regagner leur honneur, serait-ce au titre de « conservateurs spirituels », si seulement ils font cela sérieusement.
Comme disent les Anglophones : « Là est le point. »
Ou encore Luc Besson et Robert Mark Kamen, scénarisant le Cinquième Élément — dans la bouche d'un Mondoshawan, gardien de l'univers prêt à se sacrifier pour lui : « Le temps n'a pas d'importance ; seule la vie, est importante. »

Allez ?

 

19 octobre 2025


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La fin du shamanisme originel — — —

Ce n'est pas exactement le sujet de cette vidéo, mais elle nous renseigne par les exemples*, que les modèles de sociétés préhistoriques sont incroyablement plus diversifiés que des clans sauvages**.

Si cette vidéo peut nous dire qu'il y avait des sociétés complexes durant les 300.000 ans préhistoriques (précédant l'invention de l'écriture) d'homo sapiens, cela signifie bien que le shamanisme n'a pas dû spécialement régner parmi des clans sauvages qui se raréfient soudain.

Le shamanisme originel n'est qu'une extrapolation sur ce que l'on connaît aujourd'hui, et Jean Markale était « bien gentil » de parler de « shamanisme celte » comme s'il avait pu savoir de quoi il parlait — autant que seraient censés savoir de quoi parlent nos néoshamans occidentaux foisonnants.

Et apparemment, l'iconoclasme ne s'arrête pas là, mais l'auteur de cette vidéo nous le réserve pour d'autres vidéos…

En tout cas, c'était une réflexion « de manager » que je m'étais déjà faite : l'humanité s'étant répartie sur le globe, dans des époques désertes par rapport aux nôtres, et s'étant développée longtemps indépendamment des autres îlots, eh bien, il faut considérer des développements parallèles.

Nous n'avons pas affaire à 300.000 ans de préhistoire, mais 300.000 ans ici, 300.000 ans là, 300.000 là-bas, et ainsi de suite. S'il n'y avait eu que cinq îlots d'humanité (un par continent) on serait déjà à 300.000*5=1.500.000 (un million cinq cents mille) ans cumulés de développements humains.

Or, comme il y a bien plus que 5 îlots, nous pouvons dire qu'il y a, surprenamment, quelques millions d'années de développements humains parallèles — j'insiste sur ce parallélisme : ça a eu lieu durant 300.000 ans globaux, mais démultipliés par la répartition des îlots de part le monde.

Le polythéisme, celtique ou autre, n'est pas qu'un phénomène venant de l'antiquité : il a existé çà et là probablement, et n'a aucune raison de ne plus exister, surtout quand on sait qu'il existe toujours actuellement dans l'hindouisme et le shintoïsme, par exemples.

En vérité, les renouveaux polythéistes européens ou méditerranéens n'ont aucune raison de ne pas avoir d'avenir : le shintoïsme fut d'ailleurs remotivé par une politique publique à l'ère Meiji.

Ils ne sont pas régressifs, parce que rien n'est progressif dans le Devenir collectif, de ce que tout dans le Devenir… n'est que digressif.


* On a récemment reconstitué des hypothèses quant au langage de Neandartal (cf. plus haut) et, non, ce n'est pas du basque… mais ça nous dit bien, que reconstituer les spiritualités d'il y a quelques milliers d'années n'est pas impossible, à ce stade.

** Cela dit, les relations HF ont sûrement été plus pérennes qu'on ne le prétend : — et ça l'auteur de la vidéo se garde bien d'en parler. Ce qui n'empêche rien, en termes de qualité des relations HF, comme c'est le cas dans le celtisme.

 

22 octobre 2025


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« le Dieu Ogmios/Ogme/Ogma,
une hache dans une main, une pierre
dans l’autre » retouché par mes soins car il y avait
une double-hache non attestée chez les Celtes,
ici singulièrement hallebarde, et on est certes aussi
en droit de s’interroger sur les manches
de la cotte de mailles, au moins
.

Grand sage druide ! — — —

Le grand sage n'est qu'un papy misanthrope. Disons que c'est une manière radicale de le dire. La sagesse, dans le grand âge, consiste parfois à se retirer, plutôt qu'à vouloir être prétentieusement au centre de l'attention comme font les enfants agaçant(e)s et les jouvenceaux(lles) envahissant(e)s, ou encore, les adultes arrogant(e)s.

Pourtant chez les Celtes, le Dieu guerrier, Ogmios/Ogme/Ogma, est dans son grand âge : c'est un guerrier d'expérience. Jusqu'ici, rien de choquant, puisque ce n'est pas un druide ? Problème : il est associé à la nuit, maîtrise l'art oratoire au point d'en pouvoir tuer ses ennemis et conduire les hommes à les lier à sa puissance, sans parler de l'écriture ni de la magie oghamique.

Pourquoi « problème » ? Parce que ce sont des techniques de magie druidique. Et il n'est pas le seul : Lug/us est un Dieu polytechnicien expert en divers domaines, de la guerre à la magie, en passant par l'artisanat et le jeu. Brigantia/Brigid est poétesse, magicienne, forgeronne et guérisseuse. Dana/Danu pourrait même signifier « art, maîtrise ». Quant à Epodios Ollatir/Eochaid Ollathair, dit Daiius/Dagda, Dieu druide, il est lui aussi polyvalent, de la guerre à la magie, en passant par l'édification.

Autant dire que tous les Dieux de la Déesse Dana sont des formes de très-savants — littéralement : des formes de druides. Auquel titre, Ogmios, Dieu guerrier, magicien et scripteur, associé au ciel nocturne, devient soudain un modèle druidique possible. Il n'y a pas « une » sagesse, mais DES sagesses.

On sait que le seul druide historiquement attesté, Diuiciacos, alla plaider la cause éduenne au Sénat romain, alliée de Rome, contre les menaçants Arvernes, Séquanes et Suèves… appuyé sur son bouclier. Diuiciacos, donc, était un druide diplomate et combattant, bien que probablement pas vergobret de Bibracte en ces temps difficiles (le vergobret restait attaché au brogos, au pays).

Il n'y a à priori aucune contrindication, à ce qu'un druide contemporain sache se battre et se retrouve, dans son grand âge même, au milieu de la mêlée. C'est que la sagesse n'est pas, en vérité, un immobilisme illuminé : elle est une capacité. Une sapience, une sagacité, une science, une ingéniosité, un savoir-y-faire, quitte à savoir-s'y-faire…

… Après, libre à vous de préférer les immobilistes illuminés. Sans les ridiculiser complètement : quand ce sont de vieilles biques, iels ont bien raison de rejoindre leur ermitage montagnard. On doit toujours pouvoir en tirer deux ou trois avis.

Notre tour viendra, si on ne meurt pas avant. Et surtout si on n’est pas trop bête.


 

26 octobre 2025


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Les Bretons, des Néo-Celtes comme les autres ? — — —

N'exagérons rien, mais penchons-nous néanmoins là-dessus, à télécharger au format PDF, de quoi faire pester le premier militant breton venu, à m'en faire détester ou, pire, me faire taxer de « druvisme »… Comprenne qui peut*.

Mais je vais d'autant plus me faire taxer de « druvisme », que j'ai passé l'après-midi à demander çà et là, d'où Keltia magazine originait son comput en -2574…
Cela vient de Fabien Régnier, Chronologie celtique des origines à nos jours, qui origine le proto-celtisme sur des bases héritées de Marija Gimbutas, Barry Cunliffe et John T. Koch : de quoi proposer un comput néo-celtique fondé sur des bases archéohistoriques contemporaines car scientifiques…
Quant aux « Annales des Quatre Maîtres », elles situent à cette date (2620 Anno Mundi) une ère celto-biblique, post-partholonienne, où l'Irlande n'aurait connu aucun peuplement, selon le Lebor Gabála Érenn
C'est un peu étrange, et surtout : Marija Gimbutas, Barry Cunliffe et John T. Koch ne font pas l'unanimité. Sans parler de la précision de la date -2574**. Mais bon, ma foi, il faut un début à tout…

Bref : des agencements.

Or, justement, la Bretagne tardo-antique ne s'est faite, selon Joseph Rio, que sur la base d'arangements aussi — l'empereur romain Maximus ayant ordonné aux Bretons insulaires (harcelés par les Angles, Jutes et Saxons) de renforcer les troupes en Armorique.
Son commanditaire, Conan Mériadec, en profita pour bouter les Armoricains au profit des Bretons : pas fou, le fou ! Donnant lieu à différentes royautés celtique « à l'antique », entre Domnonée, Cornouaille et Broërec (Vannetais) et quelques autres plus petits : de bons vieux clans reprenant leur souffle, en faisant régner leur culture britto-romaine chrétienne, au détriment des Gallo-Romains armoricains chrétiens.

L'exode qui s'intensifia au Ve siècle avec l'effondrement de l'Empire d'Occident, n'était donc pas une invasion au sens strict ; ce fut une implantation britto-romaine progressive, mêlant élites militaires brittoniques, moines christianisés et populations civiles, qui imposèrent leur empreinte linguistique et culturelle sur un substrat armoricain où subsistaient des vestiges gallo-romains, pouvant tous se comprendre en latin vulgaire voire en gallois+gaulois populaires plus proches à l'époque, et transformant ainsi la péninsule en un bastion celtique continental face aux avancées franques : de quoi être fier de sa celticité.

Il n'y a pas eu d'unité des Bretons avant qu'ils ne se fédérassent, après avoir bouté les vikings hors de Bretagne, au XIe siècle, sous des ducs comme Alain III ou Conan II, sans que l'on puisse nier qu'il y ait eu une culture bretonne avec ses élans (Nominoë, Erispoë, etc.).
L'indépendance durera quatre-cinq siècles, certes sur la base d'une belle mémoire linguistique et populaire. Car il ne faut jamais surestimer la francité, et ce partout dans l'Hexagone.

Mais celticité toute relative, puisque, plutôt que de se justifier du celtisme, elle se justifia de Brutus, un arrière-petit-fils d’Énée de Troie, qui aurait abordé en Albion… tandis que les Francs s'inventaient un ancêtre nommé Francion de Troie.
« Cette mythologie politique n’a pas connu de bouleversement majeur entre le XIIe et le XVIe siècle. Pour les lettrés bretons du bas Moyen Âge, c’est Brutus qui constitue l’éponyme rêvé, « I’agent du baptême identitaire. » Alain Bouchart soutient même, pour le naturaliser, qu’il a débarqué dans son cher pays de Guérande. »

Le beau monde nobiliaire avait une fierté romanisée — qu'il ne faut pas surestimer non plus — à se chercher, comme Rome quelques siècles auparavant, des racines troyennes. Et cela durerait toute la féodalité, avant qu'aux Lumières (XVIIe-XVIIIe siècles) n'advinssent les antiquaires (intéressés par l'Antiquité) et les celtomanes (passionnés par les Celtes). Lire aussi.

Enfin, notons néanmoins que la langue bretonne relève de la celtophonie, c'est-à-dire d'un héritage linguistique bel et bien celte. Qui certes, ne cultiva sa mémoire celte, pas spécalement plus ni mieux, que la Grande Bretagne ou le reste de l'Europe continentale : en formes de substrats.
Avec son culturalisme identitaire celtique depuis quelques siècles, le celtisme s'est réaffirmé, c'est indéniable, en mode folklorique, alors que le breton n'est plus parlé tant que ça, et aurait besoin d'un regain politique affirmé — comme toutes les langues régionales de France et de Navarre.

De nos jours, la Bretagne indépendante resterait une forme d'aboutissment sociopolitique, malgré la dilution culturelle française de la contrée.


* Druvisme : du reconstructionnisme.
** On me souffle dans l’oreillette, que les cycles du calendrier se basent sur la « rencontre » des constellations de l’Ours et du Dragon, qui aurait lieu tous les 760 ans (?) ; la dernière fois en 1986, cycle appelé « renaissance du dragon rouge ». Car 1986-760x6=2574. Le dragon rouge représente les Celtes contre le dragon blanc, l'ennemi pâlissant, dans le cycle arthurien… Parallèlement, l'archéologie donne comme plus ancien site celtique la date d'environ -2550, dans le massif du Harz, en Allemagne.
La rencontre de l’Ours et du Dragon ? Fort bien, mais j’ai « comme un doute » sur cette possibilité astrophysique. Par ailleurs, rien ne précise la couleur du Dragon (supposé blanc), pas plus que l’Ours n’est un Dragon (supposé rouge), même si on comprend les associations. Disons qu’il y a une vague idée arthurienne, et une tentative ésotérique. Enfin, marier Cunliff et Koch — thèse des Celtes de l’Ouest — au site allemand de Harz, relève de la gageure.

 

30 octobre 2025


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Objection, votre déshonneur — — —

« Dieu n'envoie personne en enfer, et pourtant, il a créé (puisqu'il aurait tout créé) les conditions de possibilité pour que tu y finisses. Mais il ne veut pas que tu y finisses. Mais tu y finiras quand même, si tu refuses son amour, en plus ce sera de ta faute, bien entendu… Mais il t'a fait libre, parce qu'il t'aime. Mais tu dois quand même le choisir, ma gueule, sinon c'est pour la tienne. » — Voilà l'enfer.

 

1er novembre 2025


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Un beau comput qui nous réfute — — —

À la Samain,
Tous mes païens,
« Fêt' vos malins »

Avec vot' roue,
Qui vous enroue
Tels des garous.

Pâle Halloween !
Il vous machine…
M'à quoi ça rime ?…

… À la Toussaint
Et son tocsin :
Ce n'est pas sain.

Mais le premier
N'est pas à nier…
Bien que dernier !

Par les éons,
Les variations
De lunaisons

Jouèrent plus —
Comme des puces —
Sans fair' blocus !

À Coligny,
Ne le dénie —
Sans avanie ! —

Un beau comput
Qui nous réfute :
Faut qu'tu percutes <3

 

3 novembre 2025

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Un inédit de Merleau-Ponty — — —

« … le monde perçu […] n'est pas un pur objet de pensée sans fissure et sans lacune, mais comme le style universel auquel participent tous les êtres perceptifs, et [il] les coordonne […] sans que nous puissions le présumer achevé.
Si maintenant nous voulons définir un sujet qui soit capable de cette expérience perceptive, il est clair qu'il ne sera pas une pensée transparente pour elle-même, absolument présente à elle-même, sans corps et sans histoire interposés. Le sujet de la perception n'est pas ce penseur absolu, il fonctionne en application d'un pacte passé à notre naissance entre notre corps et le monde, entre nous-mêmes et notre corps, il est comme une naissance continuée, celui à qui une situation physique et historique a été donnée à gérer, et l'est à chaque instant de nouveau. Chaque sujet incarné est comme un registre ouvert dont on ne sait ce qui s'y inscrira, — ou comme un nouveau langage dont on ne sait quelles œuvres il produira, mais qui, une fois apparu, ne saurait manquer de dire peu ou beaucoup, d'avoir une histoire ou un sens. […]
… nous avons du monde une notion globale dont l'inventaire n'est jamais achevé, et […] nous faisons en lui l'expérience d'une vérité qui transparaît ou nous englobe plutôt que notre esprit ne la détient et ne la circonscrit. »

 

6 novembre 2025

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Takeo Doi — — —

Le Japon, bouddhiste et shinto (littéralement : voie des Dieux), peut mentalement nous instruire, nous autres, « démonothéistes » européens.

 

8 novembre 2025


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Sombres druides — — —

Que les enfoiré(e)s se rassurent : il est des druides, qui sont de perfides bousiers, malgré leur faste. Voilà comment, d'après Senchas na hÉrenn vol. III, l'Ivresse des Ulates, pp.583-585, trad. Stéphane Torquéaux :

« Ici, devant eux, à l'est, à l'extérieur, dit Crom Deróil [probablement un apprenti druide], j'ai vu un prodigieux groupe royal. Un homme en tête, à la chevelure noire et rude. Une expression de douceur dans l'un de ses yeux, de l'écume de sang cramoisi dans l'autre, c'est-à-dire, tantôt un aspect doux et amical, tantôt une expression féroce. Une loutre à la bouche ouverte sur chacune de ses deux épaules. Il portait un bouclier lisse à surface blanche, une épée à poignée blanche, et une grande lance guerrière au niveau de son épaule. Lorsque l'ardeur de la lance s'en emparait, il donnait un coup avec la poignée de la puissante lance sur sa main et la pleine mesure d'un sac de particules enflammées éclatait sur le côté et le bord de la lance. Devant lui, un chaudron d'un noir sanguin contenant un liquide horrible et nocif, composé, par sorcellerie, du sang de chiens, de chats et de druides. Et la tête de la lance était plongée dans ce liquide empoisonné quand venait l'heure de l'ardeur de la lance.
– Selon notre conscience, la description est venimeuse, dit Medb [haute-reine d'Eire].
– Venimeux est celui dont c'est la description, dit Cú Rui [roi de Munster].
– Qui, alors, qui est-il ? dit Ailill [haut-roi d'Eire].
– C'est Dubtach Dóel Ulad ["le bousier d'Ulster", druide de la cour du roi Conchobar, roi d'Ulster ; son surnom provient de son habitude de semer systématiquement la zizanie et de proférer des injures gratuitement], dit Cú Rui, un homme qui n'a jamais mérité de remerciements de qui que ce soit, et quand une proie tombe sur les Ulates, une proie tombe sur lui seul. La lance rapide et efficace de Celtchar est dans sa main, en prêt, et un chaudron de sang cramoisi est devant elle, car elle brûlerait sa poignée, ou l'homme qui la porte, si elle n'était pas baignée dans le chaudron de sang nocif. Et c'est une bataille qui s'annonce. » (À lire aussi.)

 

9 novembre 2025


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Les limites (1) — — —

Raphaël Liogier (18min30) : « [Les New Agers] croient en l'hyper-nature, et ça c'est aussi notre société, ce sont les croyances de notre société, qui sont poussées à un niveau démesuré. Ce sont nos valeurs, c'est ce qui y a le plus de prix, donc c'est ce qui peut être aussi le plus manipulé, ce à quoi les gens tiennent le plus. Et donc quand les gens sont dans une situation fragile […] seules, esseulées, etc. elles sont beaucoup plus susceptibles de tomber dans ces dérives sectaires, car elles recherchent une fraternité, une famille, à partir de ces valeurs qui sont les nôtres en général. Donc il faut quand même examiner aussi ce que nous sommes, pour comprendre comment fonctionne le New Age. »
8min05 : « Le côté hyper-nature que j'ai évoqué cherche à faire coller les esprits à une nature supposée conforme, et [ça] prétend être aussi l'hyper-tradition, c'est-à-dire la tradition secrète et réelle de toutes les traditions et qui serait souillée dans les autres traditions, pour rejoindre cette hyper-nature non-souillée. »

Jean-Baptiste Malet (27min) : « Personne n'est épargné, il serait prétentieux, orgueilleux, de penser qu'on peut être au-dessus de tout ça parce qu'on est intelligent. Les victimes de sectes que j'ai rencontrées sont des personnes qui ont un fort capital culturel, qui sont plutôt ouvertes sur le monde, qui sont curieuses, qui ont une grande sensibilité, et qui parce qu'elles ont été abîmées par la violence de notre société, ont été tentées d'adhérer à une dérive sectaire. Il faut partir du principe que ce ne sont pas des imbéciles, ni des idiots, ni des obscurantistes en puissance, mais simplement des personnes qui veulent du sens. Il y a une tentation irrationaliste dans notre société depuis le XIXe siècle, et je suis choqué par l'ampleur que cela prend dans les rayons de librairies plus fournies en New Age qu'en sciences humaines. »

À bon entendeur druidique contemporain.

 

10 novembre 2025


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Le retour des heures les plus saintes de notre Histoire — — —

C'est incroyable à dire, mais c'est bien la vérité : les forces de changement, l'Europe se faisant au bord du gouffre, tout cela vient aujourd'hui de « l'extrême-droite ». Tout n'est pas sain, dans cette destinée, loin de là. Si c'est pour revenir au ujus regio, ujus religio nous sommes mal barrés. Les monothéistes, notamment chrétiens, sont en faction.
Trump, aux USA, destiné dans son genre, est aussi lamentable pour un tas de raisons : dimension patriarcale du monothéisme à plein, sous couvert de virilité retrouvée — comme si la virilité avait besoin de telles simagrées, pour être.
Mais de toutes façons, la corruption progressiste, procède du même fond (im)moral. Le monothéisme, encore, des valeurs modernes devenues folles. Où l'antivirilisme est une chienlit, qui cache mal sa fascination pour le père*, surtout quand c’est un simili-moudjahid prêt à appliquer la charia contre soi-même, ou encore évidemment un philosémite survalorisant Israël contre soi-même. « L'Âmour »…

Cet amour — agapè néoplatonique, charitable — n'a rien de l'amitié romaine, qu'il évide d'intelligence ; il n'a rien de la bonté hellène, qu'il évide de science ; il n'a rien de la communauté celte, qu'il évide de puissance ; il n'a rien de la solidarité dane**, qu'il évide de préférence ; et probablement de même, des nuances ibères, illyriennes, daces, thraces, scythes, etc.
Cet amour, il est — selon le mot d'Emmanuel Mounier — « positivement totalitaire », comme si on pouvait être totalitaire de manière positive.

Conservateurs ou progressistes, obscurantistes ou illuministes : l'avenir me semble méandreux. Si les Européens pouvaient seulement se rendre à la mesure : à la pénombre. « Pénombristes » ! C'est mon vœu.


* anecdote : le mythe freudien du chef de la horde joue à balle
** dane : germano-scandinave

 

12 novembre 2025


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Les limites (2) — — —

Ne vivant plus à l’époque polythéocratique où les druides dominaient la société celte… ayant changé d’anthropologie, donc… il est destiné de s’incarner dans le monde tel qu’il est advenu, avec son « État de Droit », ses qualités et ses défauts, pour le meilleur et pour pire… jusqu'à d’autres destinées, que l’on se souhaite toujours plus qualitatives, toujours meilleures selon nos cœurs. Sachant, toutefois, que souvent « le mieux est l’ennemi du bien » et que « le pénombrisme » est sage, eu égard à « l’obscurantisme » (retour supposé à du fondamental) ou « l’illuminisme » (progrès supposé vers de l’idéal). Rien ne vaut le Cordial.

 

12 novembre 2025 (encore)


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« Orgone » — — —

Je ne pleurerai ni ne moquerai pas si vite la singularité de cette pratique. Cf. Dusios, le faune celtique. Mieux vaut redécouvrir la volupté du Vivre, plutôt que de demeurer demeuré devant un écran ou, pire.

 

12 novembre 2025 (toujours)


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Les Nuisibles (1) — — —

Que tous les Epnessenoi (sing. Epnessenos) se jettent au chaudron !… gaulois restitué pour Evnissyen. Cf. Mabinogion, éd. de l'Arbre d'Or, trad. Joseph Loth, second Mabinogi, Branwen, fille de Llyr :

« On fit [en Galles, à Matholwch, roi d'Iwerddon/Irlande] bon accueil, et il y eut cette nuit-là un grand rassemblement formé par ses troupes et celles de la cour. Dès le lendemain on tint conseil, et il fut décidé qu’on donnerait Branwen à Matholwch [Branwen, fille de Bendigeit Vran, soit Bran (Corbeau, Chef) le Bienheureux, roi de Galles, frère de Llyr]. C’était une des trois premières dames de cette île, et la plus belle jeune fille du monde. On convint d’un rendez-vous à Aberffraw où Matholwch coucherait avec elle. On se mit en marche, et toutes les troupes se dirigèrent vers Aberffraw, Matholwch et les siens par mer, Bendigeit Vran et ses gens par terre. »

« Une après-midi, [Bendigeit Vran] se trouvait à Harddlech, en Ardudwy [comté de Gwynedd, qui sonne comme le Gywnfydd, ou « monde blanc »], qui lui servait de cour, assis au sommet du rocher au-dessus des flots de la mer, en compagnie de Manawyddan, fils de Llyr, son frère, de deux autres frères du côté de sa mère, Nissyen et Evnissyen, et, en outre, de beaucoup de nobles, comme il convenait autour d’un roi. Ces deux frères [Nissyen et Evnissyen] étaient fils d’Eurosswydd, mais ils étaient de la même mère que lui. Penardim, fille de Beli [Beli Mawr, équivalent du Dagda : époux de Modron, équivalente de (D)Ana], fils de Mynogan. L’un de ces jeunes gens était bon ; il mettait la paix au milieu de la famille quand on était le plus irrité : c’était Nissyen. L’autre [Evnissyen] mettait aux prises ses deux frères quand ils s’aimaient le plus. »

« Le lendemain, tous les gens de la cour se levèrent ; les officiers commencèrent à s’occuper du partage des chevaux [en cadeau aux Gwyddyl/Irlandais], de concert avec les valets ; ils les distribuèrent de tous côtés jusqu’à la mer. Sur ces entrefaites, un jour l’ennemi de la paix dont nous avons parlé plus haut, Evnissyen, tomba sur le logis des chevaux de Matholwch […] Aussitôt il fond sous les chevaux, leur coupe les lèvres au ras des dents, les oreilles au ras de la tête, la queue au ras du dos ; s’il ne trouvait pas prise sur les sourcils, il les rasait jusqu’à l’os. Il défigura ainsi les chevaux, au point qu’il était impossible d’en rien faire. »

« Evnissyen entra avant la troupe de l’île des Forts [brythonique], et jeta de tous côtés, dans la maison, des regards furieux et méchants [à la recherche des Gwyddyl/Irlandais à tuer]. "Pourquoi, s’écria Evnissyen, mon neveu, le fils de ma soeur, ne vient-il pas à moi ? Ne serait-il pas roi d’Irlande, que je serais heureux d’échanger des caresses avec lui." — "Volontiers, dit Bendigeit Vran, qu’il aille." L’enfant alla à lui tout joyeux. "[…] la famille ne s’attend guère au meurtre que je vais commettre en ce moment"[, se dit Evnissyen]. Il se leva, saisit l’enfant par les pieds, et, avant que personne de la famille ne pût l’arrêter, il lança l’enfant la tète la première dans le feu ardent. […] Chacun aussitôt de s’attaquer par toute la maison ; cette troupe dans la même maison produit le plus grand tumulte qu’on eût vu ; chacun saisit ses armes. »

« On jeta les cadavres [dans le chaudron de renaissance] jusqu’à ce qu’il fut plein. Le lendemain, ils se levèrent redevenus guerriers aussi redoutables que jamais […]. Evnissyen voyant sur le sol les corps privés de renaissance des hommes de l’île des Forts [brythonique] se dit en lui-même : "[…] malheur à moi d’avoir été la cause de cette destruction des hommes de l’île des Forts [brythonique, à cause que j'ai déclenché une guerre avec mes exactions]. Honte à moi, si je ne trouve pas un moyen de salut." Il s’introduisit au milieu des cadavres des Gwyddyl [Irlandais]. Deux [d'entre eux] aux pieds nus vinrent à lui et, le prenant pour un des leurs, le jetèrent dans le chaudron. Il se distendit lui-même dans le chaudron [par l'effet de son propre pouvoir] au point que le chaudron éclata en quatre morceaux et que sa poitrine à lui se brisa. »

Ainsi mourut Evnissyen, en sacrifice pour les siens, après avoir trop semé la discorde entre eux, Gallois, et les Irlandais, avec ses exactions, motivé par le ressentiment… Evnissyen/Epnessenos (racine indo-européenne *hpn- pour l'hostilité, suivie de suffixes gaulois pour le dérisoire -ess- et l'originaire -enos, littéralement « le né dérisoirement de l'hostilité ») : Dieu de la Discorde celtique, d'essence chaotique.

C'est « en se jetant au chaudron » que les Epnessenoi arrêtent l'hémorragie qu'ils ont eux-mêmes provoquée à cause de leurs nombreuses détorcations, traîtrises et vilenies ; c'est leur noblesse terminale, leur réhabilitation, de réaliser devoir s'y jeter… Tragédie sublime, de celui qui n'avait que rancœur pour les siens !

S'il y avait un Drucodeuos/Druos/Drugda en face du Dagodeuos/Daiius/Dagda-Beli Mawr, un Mauvais Dieu en face du Bon, ce serait, probablement, ce petit-fils (par sa mère) Epnessenos/Evnissyen… où Nessenos/Nissyen serait une bonté seconde — de pur caractère.

A bon entendeur druidique contemporain.

Aiu Epnesseni Nesseni-pe !

 

14 novembre 2025


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Les Nuisibles (2) — — —

Je m’étais juré de ne pas citer de stoïciens, tant ils sont adulés et partagés sur les réseaux…

… comme si leur teignacité était « LA » solution existentielle ! (En fait, une dureté asymptotique, un autonomisme individuel, tout à fait inexorable de part les mondes néolibéraux atomisés. Un air du temps. Une béquille.)

Mais, vu que je ne suis pas teignace, vu que je ne suis pas stoïcien, je peux me le permettre, surtout quand la citation vaut de l’or. (On n’est pas raciste de l’intelligence* comme certains druides contemporains — et pas que druides contemporains.

Je ne songe pas, entre les druides et celtes contemporains, qu’à ceux qui mentionnent le plus les stoïciens. Il en est qui croient pouvoir mobiliser le titre avec dureté, sans initiation ni héritage, et qui se permettent encore de déjuger les initiés et héritiers, en prétendant faire mieux, comme s’ils ne mordaient pas la main qui leur tend à manger !)

Allez, zou


* Cf. au sujet du racisme de l’intelligence, loin de moi de reconnaître une quelconque domination des druides et autres celtes stoïcisants, non, mais il est évident qu’ils se sentent une dominance fallacieuse — et pas qu’eux.

 

 

18 novembre 2025


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Au compte des relations celto-danes — — —

En substance, disions-nous plus haut, dans les énigmes des comparaisons inter-mythologiques, les Dieux & Déesses celtes pourraient être ni plus ni moins que les Elfes noirs et les Géant(e)s des Danes (Germano-Scandinaves).

Les mythes celtes sont comme cela : loin de toute paranoïa odinique en vue du Ragnarök, qui viserait à faire corps contre le monde à asservir toute une génération de Dieux (les Vanes…)… les Dieux & Déesses celtes se laissent instruire, pour le meilleur et pour le pire, car ils ont à cœur d'apprendre.
Les Dieux & Déesses danes ne font « que » se servir sur le travail des autres, encore qu'Odin ait jugé bon d'apprendre le seiðr ; mais c'est Odin : sa paranoïa en vue du Ragnarök l'enjoint à tout. Et, comme dirait Audiard, c'est à ça qu'on reconnaît les c*** !

Les Danes (Germano-Scandinaves) sont menaçants pour les Celtes : ils l'ont été pendant la guerre des Gaules, certainement. Ils l'ont été, à la chute de l'Empire romain, pour sûr. Ils l'ont été à l'ère viking, certainement aussi.
Et je comprends sincèrement pourquoi la Gorsedd de Bretagne s'applique tant à souligner son passif résistant durant la Seconde Guerre mondiale, avec celui de la Bretagne : c'est que la Gorsedd, tout comme la Gorsedd Cymru face à l'Angleterre, a tout à fait compris que le danisme menaçait son celtisme… au même titre que l'antique danisme des Francs jusqu'à la République jacobine.

Il se pourrait bien, d'ailleurs, que l'empathie sombre, soit un trait de caractère émergent aisément, dans le contexte du danisme.
Attention, qu'on me comprenne bien : je ne dis pas que les danisants sont des empathes sombres, non, loin de là. Mais je dis que leur culturalisme peut en receler avec plus de facilité qu'un autre…
… sans même avoir à atteindre le point Godwin ! il suffit d'expérimenter nos mondes, où règne en sous-main la mode de l'Hyperboréisme essentiel.

À ce point, je connais un Alsaco-Breton ayant élu domicile en Bretagne, cherchant à honorer ses deux héritages celte et dane : je lui souhaite bonne chance !
Et je connais un autre Breton clamant ses racines écossaises, insistant qu'à la lisière féodale des mondes celte (picte) et dane (angle) il y aurait eu des confluences : ainsi, d'ailleurs, d'un article WorldHistory.org qui mentionnait (à ma première lecture, je n'ai pas revérifé) que les Suèves — à la lisière celto-dane continentale, hercynienne — « pratiquaient le druidisme ».
Alors enfin, je connais même un Gascon, « antique Ibéro-Aquitain », qui se prend pour un Celto-Dane !…
… autant de délires, favorisant bientôt le « druido-odinisme » des plus tragicomiques entre les néopagz contemporains !

Enfin c'est-à-dire que, si le syncrétisme existe de toute antiquité (à témoin attesté, le monde gréco-romain, le monde celto-romain et le monde dano-romain ! — bref : le monde avant tout romain !) de nos jours, seule la wicca, s'est adonnée à un syncrétisme celto-dane, en sa par trop fameuse « roue de l'année ». Lire alors.

De nos jours, seul le comparatisme scientifique celto-dane, peut produire quelque fruit épistémique ; quant à savoir pour le reste, c'est du Devenir moderne, doucement évoqué.

De l'Hyperboréisme essentiel, donc.

 

21 novembre 2025


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Tragédie méconnue — — —

On ignore souvent que Voltaire fut aussi dramaturge… par exemple, cet Œdipe, acte I scène I.

 

4 décembre 2025



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Les maux du « bon » Dieu — — —

Les christisants qui se réveillent sur les dommages qu'ils ont infligé à l'Europe pré- et péri-chrétienne, en mode focale sur le peuple sami, alors que le pape François fustigeait la « paganisation de l'Europe » en son temps… non mais c'est déjà pas mal de faire ça, même si on sent bien que comme les Basques les Samis sont en mode baroud d'honneur désormais… Après la bataille en votre faveur, comme toujours, les guguss, tout schuss… Allez, encore un effort pour ne pas infliger votre être-à-côté-de-la-plaque à tout l'univers ! Votre être-à-côté-de-la-plaque à vous, comme à tous les monothéistes.

 

11 décembre 2025


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La Grande Famine — — —

Ce n'est pas de la grande famine irlandaise que je parlerai, qui pourtant fait tout à fait partie du sujet. Car le fait que tout un peuple creva la bouche ouverte et migra massivement — avant tout — aux USA, reste tout à fait dans le sujet : qui veut crever la bouche ouverte ? Qui veut crever tout court ?…

Mourir, d'accord ! C'est dans l'ordre des choses. Mais crever ?… Non, comme disait Nietzsche : il faut « mourir à temps », or on ne meurt pas à temps, quand on crève de faim. Le même Nietzsche expliquait qu'au fond, l'être humain n'était mû que par deux aspirations instinctives : la faim et… la vanité, qui est une autre espèce de faim.

Les psychanalystes japonais (qui ne sont pas complexe-d'œdipo-centriques) appellent cette autre espèce de faim du doux nom d'« amae » déjà évoquée plus haut… L'amae, en somme, c'est le besoin d'être aimé, et l'on mesure à quel point les monothéistes — même en dehors du christianisme — éprouvent cet amae : juif seul élu absolu du Dieu exclusif ou musulman adepte de l'aimable foi offrant 77 pucelles aimables au paradis, même combat ! Ce Dieu les aime (et, bien entendu, ce sont 77 jouvenceaux, qui attendent ces dames au paradis, bien entendu — bien entendu — bien entendu : cela allait tant de soi que l'archange Gabriel ne prit pas la peine de le transmettre de la part Dudit à son prophète). « Aimez-moi, aimez-nous ! » car « on n'aime jamais son prochain que comme soi-même », n'est-ce pas ? Il n'y a pas que le complexe d'œdipe, qui soit -centrique ! (On en parlait aussi plus haut, sur Psychanalyse et religion.)

Bref : on veut pas crever. On veut le salut, on veut être salué — pardon : sauvé. « Vanité de vanité, tout est vanité » — geignait pourtant Qohélèt (l'Ecclésiaste) que la tradition identifie à Salomon, qui aima un millier d'épouses au harem. Peut-être se plaignit-il enfin de l'avoir finalement molle, en une époque sans viagra… « Sur un trône (dixit Montaigne) on n'est jamais assis que sur son cul. » Certes. Le taedium vitae (dégoût de la vie) des vieillards est toujours suspect, bien qu'il vaille mieux être suspect que lèche-cul !

Mais revenons-en à la grande famine — si seulement nous l'avions oubliée (non).

Il est des druides contemporains, pour insister là-dessus : sur le fait que Tout L'Univers serait un vaste sacrifice, une vaste entre-dévoration. C'est juste : à la manière de l'Ouroboros, serpent qui se mord la queue (ayant pondu l'Œuf Cosmique) ça cycle, cycle et recycle dans Tout L'Univers… auquel titre, d'ailleurs, malgré le symbole ovoïde et cyclique, il devient soudain difficile de le dire enclos dans sa coquille et unique : plutôt les piques de l'oursin !… Car quand on s'entre-dévore, je ne vous raconte pas les miettes et les chiasses fertilisantes innombrables, et les absorptions momentanées, le temps que vous fassiez le vôtre (de temps) — or l'oursin fait le sien, en piquant !

Et les Anglophones d'abréger « Univers » par « 'Verse, the 'Verse » — afin de quitter le paradigme UNIversel sans garantir de MULTIvers non plus (désolé, c'est pas encore les Neuf Mondes de l'Yggdrasill dane*, pas plus que les supposés Trois ou Quatre du Bile celte — plus connu sous le nom gaélique contemporain de « Crann Bethadh, Arbre de Vie » pour les joliesses, encore que ça fasse référence à Bith). Pour moi, cet argot anglais de « 'Verse » est la sagesse-même : le gaulois « Vertos » donne « la Version, la Tournure » que prennent les choses. C'était tout le propos de ma polythéologie de la Déesse Naria (Force des Choses).

Les druides contemporains associent cette Cosmomachia (Lutte Cosmologique) au Dis Pater celtique. Tout finira dans la Lutte du Feu et de l'Eau, n'est-ce pas ? Tandis que le Loup Annuel imite le Dane* Loup Géant Fenrir bouffant le Soleil ! À table, à table, à table !

Sûrement, mais, quand il s'agit de s'y mettre, druides ou pas druides, ils ne sont plus si nombreux ! Soudain la terreur les saisit devant les grandes dents de mère-grand ! Plus question de porter de chaperon rouge ! Certains, druides ou pas druides, l'ont depuis longtemps troqué contre de sobres vestes retournables à merci : c'est qu'on préfère mourir pour ne pas crever, se convainc-t-on en son for, en différant toujours même le temps de mourir, par confusion de la mort et de la crève !

Ça craint grave — et les Anglophones de dire : « it sucks ! » Ça suce !… Bah ouais qu'ça suce, un peu mon n'veu ! Comme des bébés, même vieillards, « chez ces gens-là on n'en-tête pas monsieur, non — on n'en-tête pas : on tète ! »

Plutôt crever comme un chien ! bande d'amibes humanoïdes ! C'est de toute évidence à ce point, que le Pardon prend tout son sens — je sais pas si j'suis clair, mais suffit que j'sois translucide.


* Danes : Germano-Scandinaves.

 

12 décembre 2025


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Elle monte à l'horizon, brûle — Sulis !
Divine Soleil, plus belle qu'un calice !
Cent vingt Feux montent des Eaux crépusculaires,
Sulis ! — Grande Reine de si bon auspice !

Du (néo ?)druidicat contemporain, Fière,
Assure la Conjonction groupusculaire !
Quand de John Toland et Iolo Morganwg, —
Bretons grands ! — tu inspiras les nobles airs !

Au triple prisme de Duw, ô Astrologue !
Rayonnais-tu ? Bien plus forte que le Dogue
De Culann, ou même le Dieu qu'il incarne ?
Pour ma part, j'en suis sûr : tu es mystagogue.

Au grand jour, tu bénis, depuis ta lucarne, —
Œil de Lumière ! — à la vitesse des Darne,
Le Monde qui, par tes flammes toutes en esse,
Lisse ses épidermes claniques, les carnes

De ces vieilles et de ces vieux braves druidesses
Et druides panthéistes, dans ta liesse !
Ou panenthéistes, ou bien monothéistes,
Et polythéistes, et même athées — en tresse

— J'en connais des enthéistes, hénothéistes,
Et cætera ! mais tous, ils suivent la piste
D'anciens mystères et barbares philosophes,
Parfois sans crainte de paraître sophistes !

Car c'est la poule qui, certes, fit loz ofs !
Ah ! Sulis, Sulis… puisse cette anastrophe —
Ne pas tomber dans la potion des maudits,
Dont tu réchauffes pourtant même l'étoffe,

Jusqu'à énergiser parfois leurs mots dits :
Tu ne discrimines pas, Sulis — pardi !
Bien au contraire, tel sous-Anacharsis
Déploie aussi devant toi ses parodies.

Elle monte à l'horizon, brûle — Sulis !
Divine Soleil, plus belle qu'un calice !
Cent vingt Feux montent des Eaux crépusculaires,
Sulis ! Grande Reine de si bon auspice !

 

15 décembre 2025


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Méditation histophysique — — —

Il va de soi que le prochain solstice, solstice d'hiver, ne saurait être appelé Yule par les celtisants, après tout ce que l'on vient de dire, puisque Yule est un cadrage wiccan du Jólablót au milieu de fêtes plus ou moins celtes, plus ou moins danes, et plus ou moins inventées sur leurs bases.

Au reste, cette fête solsticiale de la renaissance solaire, romain Sol Invictus — Soleil Invaincu, au miroir duquel se mirèrent un moment les Italiques, — me fait penser au phénicien Adon/hellène Adonis, qui comme le biblique Adonaï signifie le Seigneur, syncrétisé avec l'Aton égyptien (qui signifie Disque Solaire). Adon/is : l'histoire d'un jeune homme désiré mais mort trop tôt, cycliquement ressuscité. Histoire, qui fut subvertie par les monothéismes abrahamiques dès les deux derniers siècles précédents Jésus devenu Christ.

C'est-à-dire que ces monothéismes ont commencé à prêcher la résurrection sur le tard, rapport à l'avènement du judaïsme des siècles plus tôt, et qu'ils l'ont suprêmement mis en forme en Fils de Dieu, encore que l'islamisme le reconnaisse pour le Messie de la Fin des Temps. La généralisation de la promesse de la résurrection, en forme de « il a vaincu la mort », était de nature prosélyte à convertir, dès l'adonisme judaïque, et ne sembla pas dissonner tant que cela sous l'empire romain avec l'ensemble des divinités.

Le supposé « scandale de la croix » n'en a jamais été un vraiment collectif, avec tous ces Dieux & Déesses capables déjà de mourir… en dehors de quelques âmes sensibles aux renversements des valeurs et promptes à les surestimer (on songe à Nietzsche) : le christianisme, comme ses comparses, constitua toujours une religion dominatrice.

En tout cas, c'est ainsi que l'historiographie ne témoigne pas de « traumatisme des peuples », bien qu'il y eut des coups de force prosélytes, parmi les foules plus ou moins coutumières de pratiques « ataviques », eu égard aux théologiens de la nouvelle foi.

Et ainsi de l'islamisme, de nos jours.

 

Segodanios

 



7 réactions


  • Laconique Laconique 16 décembre 2025 09:14

    Je crois que l’une des grandes forces du classicisme, c’est son sens de la brièveté. Regardez les œuvres de Virgile, d’Horace, puis de Racine, de La Fontaine. Tout est exprimé en quelques vers. C’est aussi une forme de respect envers le lecteur : on n’abuse pas de son temps, on va à l’essentiel, avec clarté et concision. Mais les jeunes intellectuels ne lisent plus guère les classiques, ils ne savent même plus de quoi il s’agit, et c’est bien dommage.


  • rogal 16 décembre 2025 11:18

     ! em gidarap ed snoegnahc


  • Eric F Eric F 18 décembre 2025 14:29

    Article foisonnant, avec, comme précédemment, une brillante inventivité terminologique, et une érudition à large spectre.

    Chacun peut glaner des points qui l’intéressent, je relève notamment l’idée "nous n’avons pas affaire à 300.000 ans de préhistoire, mais 300.000 ans ici, 300.000 ans là, 300.000 là-bas, et ainsi de suite. S’il n’y avait eu que cinq îlots d’humanité (un par continent) on serait déjà à 300.000*5=1.500.000 (un million cinq cents mille) ans cumulés de développements humains« 

    J’ai lu une récemment une hypothèse semblable dans le compendium »histoire du monde« de Jean Duché, pas tout récent puisque le tome sur les origines date de 1958. Il y a dans ces »développements séparés" probablement un tronc commun originel, des découvertes simultanés, et des spécificités ou lacunes, telle que la roue inconnue en Amérique. et puis à un moment il y a brassage et interfécondation des découvertes des uns et des autres.

    Il y a dans l’article une remarque sur la langue de Néandertal (avec aussi chez Duché l’évocation du basque, mais pour sa part il lui attribue des liens, on pense désormais à une période plus tardive), je me demande si le triptyque nom/verbe/adjectif est intrinsèquement indépassable dans toute langue possible, ou si c’est une option prise dès l’origine et s’est propagée universellement.


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