jeudi 1er janvier - par C’est Nabum

Le moment magique

 

L'accumulation en dessert le mystère…

 

La magie de Noël se heurte souvent aux exigences des adultes. Je ne suis jamais parvenu à retrouver la magie de Noël lorsqu'au petit matin, nous nous levions, pour trouver sous le sapin quelques cadeaux, parcimonieusement laissés par un visiteur nocturne. Il y avait là un moment merveilleux à nul autre pareil, un moment qui touche à la grâce et à ces instants qui se gravent à jamais dans la mémoire…

Pour mes enfants, je ne suis jamais parvenu à leur restituer ce qui fut pour moi, un miracle survenu dans la nuit, par l'intrusion d'un vieux monsieur alors qu'ils dormaient paisiblement. Il est vrai que ces instants ne regorgeaient pas de présents. Nous ne trouvions pas une montagne de présents au pied du petit épicéa mais tout juste un paquet pour chacun d'entre-nous.

La cellule familiale se résumait à mes sœurs, mes parents et mon beau-frère. C'est ainsi que pouvait s'accomplir le rituel du petit matin puisque nous partagions tous la même demeure, fut-elle divisée en deux lieux de vie. Nulle autre personne ne venait apporter son paquet et sa revendication d'assister au déballage. Le Père Noël pouvait agir tout à sa guise sans se soucier des caprices des grandes personnes.

Pour mes enfants, il en fut tout autrement. Des cousins vinrent se mêler à la cérémonie en partageant un repas qui cessa de se dérouler dans la plus stricte intimité. Le coucher ne pouvait se concevoir sans le miracle tant attendu d'autant plus que nous devions regagner nos pénates. L'attente des adultes primait sur le besoin de mystère des enfants.

Il fallait ainsi trouver un dérivatif pour que surgissent des présents sous le sapin alors que les enfants étaient occupés à autre chose. Le déballage précédait le réveillon de la nuit précédant Noël et tenait lieu de messe de minuit sans nul autre cérémonial que la célébration d'un consumérisme qui prenait progressivement toute la place.

Je rongeais mon frein, déplorant que mes enfants ne retrouvent pas à leur tour, ces instants envoûtants d'un petit matin qui se soldait par une apparition extraordinaire. Il fallait se plier aux attentes des adultes qui entendaient participer à la fête, découvrir l'émerveillement des petits avant l'heure.

C'est ainsi que nous pouvions égoïstement passer à table et nous gaver de dinde aux marrons (bien que la dinde laissât toujours la place à une pièce de gibier) pendant que les enfants découvraient tranquillement leurs présents. J'ai toujours pensé que nous transgressions alors l'ordre mirifique de la cérémonie et qu'une grande part du mystère s'envolait ainsi.

Les années passant, le cérémonial prit d'autres formes. Le Père Noël se permettant de nombreuses entorses aux principes initiaux, afin de satisfaire les différentes demeures dans lesquelles nous passions. Cette accumulation et cette dispersion des paquets cadeaux ôtaient une grande part du mystère tout en faisant entrer malgré eux nos enfants dans ce consumérisme forcené qui confondait multitude et mérite.

Je ne suis jamais parvenu à infléchir cette dérive et pour mes petits-enfants, l'ouverture des paquets se dilue dans un calendrier qui tient compte de l'éclatement des familles. Le Père Noël, bon prince assure un service sur plusieurs jours, sans se soucier de surprendre au petit matin des enfants émerveillés.

Il convient de composer avec les besoins des circonstances, des emplois du temps, des adultes tout en piétinant le rituel initial. Tout contribue à banaliser ce moment qui n'a plus rien de magique. À l’extraordinaire et au miraculeux, il convient de préférer le cumul délirant sans le moindre cérémonial. Nous courons à notre perte en agissant ainsi tout en multipliant les heures de travail pour le pauvre vieillard et ses rennes.

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6 réactions


  • Étirév 1er janvier 15:39

    « Mag » (Nature) est la racine du mot « Magie », qui est la Science de la Nature.
    NB : LA MAGIE ?
    L’histoire nous dit que c’est le second Zoroastre qui créa la magie ; ce qui semble vouloir dire que c’est à une seconde génération de prêtres que l’on doit cette création.
    Les Mages sont des hommes qui prétendent faire des choses extraordinaires ; ils s’entourent de mystères, créent un surnaturel exubérant qui, une fois les limites de la Nature franchies, s’égare dans toutes les aberrations ; ils cherchent à étonner les esprits simples, qui aiment le merveilleux, et se prétendent doués du pouvoir de faire agir des forces occultes ; ils invoquent les morts, les font parler ; ils prétendent commander aux éléments ; ils veulent conjurer les tempêtes, faire pleuvoir, suspendre la marche des maladies ; ils vont jusqu’à prétendre transformer, pour un temps, l’homme en animal. Ils ont avec eux toute la gamme des fous et s’adonnent à toute la variété des miracles.
    Cette manifestation de la mentalité masculine, qui a existé dans tous les temps, répond à une loi psychique : Quand l’âme de l’homme descend par suite des appels de la vie sexuelle, quand son esprit devient inquiet et instable, ne comprend plus la valeur des actes à accomplir, au lieu de prendre une décision, il imite les autres.
    Quand il prend la place de la Femme, il imite la Femme. C’est ce que, dans les temps modernes, nous avons appelé la réflexion sexuelle ; dans l’antiquité, cela s’appelait « spéculation », de spéculum (miroir).
    Mais, ne comprenant pas ce qui émane de la pensée féminine, ne connaissant pas la limite de cette pensée, qui lui semble infinie, son imitation est maladroite, elle est outrée, il va au-delà, s’égare parce qu’il se met dans le domaine des choses qu’il ne peut pas comprendre.
    « Magicienne » signifie scrutateur de la Nature : l’enseignement des magiciennes reposait sur la puissance de leur esprit qui leur faisait connaître les lois de la Nature sans s’égarer dans un sens ou dans l’autre. Cela s’appelait « la Magie blanche ». Le mage ou le prêtre qui veut l’imiter tombe tout de suite dans le miracle (de l’ancien français MIRAIL = miroir), en cherchant à sortir de sa nature pour s’élever jusqu’à celle de la Femme ; il dépasse les bornes de la puissance humaine. Cela s’appelle « la Magie noire ». Alors, tout devint absurde et incohérent, et le mot « magie » ne représentera plus que l’idée d’un pouvoir surnaturel, voire malfaisant.
    La Magie véritable, dit Plotin, c’est l’amour avec la haine, son contraire. Maya (la Femme) est la pensée de L’homme, tendant au dehors, s’y dirigeant ; c’est L’effort de cette même pensée pour acquérir une forme extérieure, une réalité, c’est l’intensité du désir ».
    Dans la traduction latine de la Bhagavad-Gîtâ, G. Schlegel, quand il a à reproduire le terme sanscrit « Maya », l’accompagne toujours, entre parenthèses, du mot « Magia » (Mage ou Maje vient de Maya).
    La Maya, la Femme-Mage, a le pouvoir de diriger la pensée masculine qui rayonne sur elle, dans l’amour et même en dehors de l’amour.
    Mais la Magie noire ne fut longtemps considérée que comme une manifestation du mauvais Esprit.
    Un peu d’histoire divise les hommes, mais beaucoup d’Histoire les uni.


    • C'est Nabum C’est Nabum 1er janvier 17:23

      @Étirév

      À chaque fois, vos commentaires non seulement éclairent le pauvre ignorant que je suis mais de plus apportent bien plus de clarté à ma pensée obscure

      Merci 


  • juluch juluch 1er janvier 19:08

    Pour moi Noel est en 2 parties : le 24 au soir et le matin ouverture des cadeaux et LE repas de noël.

    Quand on est enfants et que l on découvre se qu’il y a au pieds du sapin c’est magique !

    Et lorsque se sont ses propres enfants c’est trés émouvants.


  • exocet exocet 1er janvier 21:33

    Bonjour, Cenabum. Merci pour ce moment de réflexion.

    Que cette année 2026 apporte à tous santé, paix et prospérité...


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