lundi 2 mars - par Napakatbra

40 millions de comptes piratés en 2025 : la France championne du monde du cyber-fiasco

Hack piratage de données {JPEG}

Quarante millions de comptes piratés en 2025. Rapporté à la population, aucun pays ne fait mieux que la France. Cocorico. Le problème n’est plus marginal : il est structurel.

En France, on n’a pas de pétrole, mais on a des données (et aucune idée pour les protéger).

40 millions. 40,3 exactement, soyons précis. C’est le nombre de comptes français compromis en 2025 selon le dernier rapport Surfshark. À l’échelle mondiale, 425,7 millions de comptes ont fuité. Mais rapporté à la population, la France décroche la médaille d’or… numéro un mondial en densité de comptes piratés.

Liberté, Égalité, Vulnérabilité.

Attention : dans la méthodologie de cette étude, un « compte piraté » correspond à un email unique, et ne signifie pas forcément une personne différente à chaque fois. Un même individu peut apparaître plusieurs fois (s’il a plusieurs emails). Mais ça ne rend pas la situation plus rassurante, au contraire. Cela signifie que nos données circulent, se recoupent, s’agrègent. Et c’est là que ça devient sérieux. Car le piratage version 2026 n’a plus grand-chose à voir avec le cliché du hacker encapuchonné qui vole un mot de passe pour le fun. Aujourd’hui, les bases de données fuitées s’achètent, se croisent, s’analysent. Email + mot de passe par ici. Numéro de téléphone par là. Adresse postale et timbre de voix ailleurs. Ajoutez à ça un peu d’IA et vous obtenez des arnaques chirurgicales.

La question n’est plus « serai-je piraté ? » mais « combien de fois ? »

Certaines affaires ont marqué les esprits : opérateurs télécoms (Bouygues, SFR, Free, Orange…), France Travail (6 fois !), grandes plateformes, bases clients entières retrouvées sur des forums clandestins. Des millions de profils détaillés, parfois avec des informations très sensibles. Et grande nouveauté : les données physiques. Taille, poids, couleur des yeux… j’en passe et des meilleures. À première vue, ça paraît anodin. En réalité, c’est une mine d’or pour l’usurpation d’identité et les deepfakes. Plus votre profil est précis, plus l’arnaque semblera crédible.

Pourquoi la France ?

Bonne question, et je te remercie de l’avoir posée. Les États-Unis ont enregistré plus de comptes piratés en valeur absolue (près de 143 millions). Mais proportionnellement, ils sont derrière nous. L’Inde aussi. Petits joueurs ! La France, elle, cumule forte numérisation, usage massif des services en ligne, et une certaine légèreté dans les pratiques. Réutilisation des mots de passe, double authentification ignorée, comptes oubliés jamais supprimés… On connaît la musique. Un mot de passe identique pour Netflix, une boutique en ligne et une messagerie ? Jackpot pour les attaquants.

L’effet boule de neige

Le vrai problème, ce n’est pas la fuite isolée (quoi que). C’est l’effet cumulatif. Les données piratées de 2021 croisent celles de 2023, qui s’ajoutent à celles de 2025. Petit à petit, ton double numérique devient plus complet que tu ne l’imagines. Et ce profil sert à quoi ? À monter des arnaques bancaires crédibles. À envoyer des faux mails ultra personnalisés. À usurper une identité pour ouvrir une ligne téléphonique. À alimenter des bases revendues encore et encore. On ne parle plus d’un simple mot de passe, mais d’un puzzle reconstitué pièce par pièce.

Faut-il paniquer ?

Ouais, carrément ! Naaan, je déconne. Mais il faut juste arrêter d’être naïf. Le « Faut pas voir le mal partout non plus » est à enterrer définitivement. Statistiquement, il est très probable que votre adresse email figure déjà dans plusieurs bases compromises. Cela ne signifie pas que tout est perdu. Cela signifie que la cybersécurité n’est plus un sujet « geek », c’est un réflexe de base.

Un gestionnaire de mots de passe. La double authentification partout où c’est possible. Un peu de ménage dans les vieux comptes. Ce n’est pas spectaculaire, c’est (un peu) galère, mais c’est redoutablement efficace. Parce que oui, les chiffres font peur. 40 millions de comptes, ça pique. Mais derrière les statistiques, il y a surtout une réalité : nos données ont de la valeur. Et tant qu’elles auront de la valeur, elles attireront les convoitises.

Le conseil du jour : apprendre à naviguer les yeux ouverts, ça évite quand même un peu les problèmes (misclick included : erreurs d’appui du doigt sur la souris incluses).

Les mots ont un sens. Les chiffres aussi.

Image d’illustration : source Pexels, auteur Pixabay, licence libre CC0 or Pixabay



9 réactions


  • ricoxy ricoxy 3 mars 12:07

     

    Votre article me convainc que l’informatique et le numérique sont les pires merdes jamais concçues par l’esprit humain.

     


  • pemile pemile 3 mars 12:37

    " Un gestionnaire de mots de passe. La double authentification partout où c’est possible. Un peu de ménage dans les vieux comptes. Ce n’est pas spectaculaire, c’est (un peu) galère, mais c’est redoutablement efficace. "

    Pas quand ce sont les sites des fournisseurs qui sont hackés !


  • Réago 3 mars 15:11

     Le risque majeur de ces défaillances informatiques c’est l’usurpation d’identité, aux conséquences parfois dramatiques. Et avec l’émergence de l’intelligence artificielle, il ne faut pas se faire trop d’illusion sur l’efficacité des filigranes, contrairement à ce qui est affirmé dans cette vidéo.

     

    https://www.youtube.com/watch?v=x5yqiD7IkI4&t=40s


  • LeMerou 15 mars 07:19
    @Napakatbra

    Bonjour,

    La France championne du monde du cyber fisaco ! Voila un titre accrocheur, pour évoquer les travers d’une numérisation de plus en plus abondante.

    Etant d’une génération ou le numérique n’existait pas, ou du moins n’avait pas pénétré la vie sociale de mes semblables, je l’ai vu naître et m’y suis intéressé de près par pure curiosité ou par jeu, consacrant du temps personnel à la technicité de la chose, je dois avouer humblement que c’était assez fantastique, cette dernière pouvant ouvrir des opportunités vraiment utiles.

    Tout en étant dubitatif, sur le coté « sécurité » du/des programmes et des données afférantes, conscient que le mot « sécurité » en informatique est une notion relative. Mais cela avait eu le mérite de me procurer des fondements, des bases, avant l’explosion anarchique du « numérique » qui a embrasé la planète. J’en eu la confirmation assez tôt par le piratege de mon adresse mail, transmise à un éditeur de logiciel pour bénéficier de la garantie il y a plus de trente ans déja.

    Ce que je remarque aujourd’hui, c’est que personne n’est véritablement formé très tôt, dès l’école aujourd’hui à son utilisation globale et les risques associés. Le « piratage informatique » existe depuis sa création soit par jeu ou par intérêt, entraînant de fait au fil du temps une « cyber-criminalité » qui à pu s’étendre fortement, par les données disponibles et par le « numérique transportable », la « smartphonite aïgue », objet simplicateur de leur travail.

    Le piratage « informatique » hors ce que je qualifie« d’espionnage industriel ou d’état » est selon moi de deux ordres qui ont largement permis le développement de la « cyber-criminalité ».

    1° Le merchantilisme et l’appât du gain
     J’ai volontairement occulté le « numérique » d’état, constatant seulement que ce dernier à des apports qui peuvent positifs mais qu’il ne procure pas forcément le service attendu, toutefois celui-ci est relativement « secure » mais pour combien de temps ? C’est la grande question.

    Bref, de nos jours et depuis pas mal de temps même, vous sont demandés en quasi permanence des informations personnelles, vous l’avez écrit ces dernières ne sont pas forcéments en « sécurité » et peuvent être cédées à des tiers à des fins purement merchantiles évidemment pour « votre bien ». Qui n’a pas donné son adresse mail pour ci ou pour ça, devant le miroir des « promotions », réservées aux abonnés ou autres prétextes.

    Une preuve ? Simple, ouvrez une ligne téléphonique flambante neuve et 48 heures après vous êtes « spamés »... ou « démarchés », alors que vous étiez inconnu. Vous venez de naître dans le monde du numérique, dans une base de donnée....

    2° L’ignorance des utilisateurs et la confiance aveugle

    De nos jours, le citoyen est quasi-obligé/contraint d’entrer en partie dans le « numérique ». Refusez de fournir votre adresse mail ou d’autres information lors d’un achat ne sert plus à rien, ne vous protège en rien, car le peu que vous fournirez sera dans la base de donnés du commerçant qui vous édite la facture papier nécessaire à une garantie par exemple et par recoupement le « cyber-criminel » vous retrouvera tôt ou tard, juste une question de temps, ou d’amélioration de ses recherches grâces aux bases de données « volées » circulant ça et là...

    Vient ensuite ce que j’appelle la « smartphonite », ou nombreux sont ceux mettant leur vie dans l’objet chaudement rangé dans une poche, y faisant une confiance aveugle, grâce aux dispositifs de sécurité de son portefeuille numérique, tout en étant « tracé » en permanence par les activations d’options « ...indispensables... ». 

    Je ne vais pas juger de l’utilisation de cet appareil, chacun est libre d’en faire ce qu’il veut avec. Mais la perversité du moment, du tout, tout de suite, en permanence, n’importe ou dans le monde..fait que l’attention sans cesse perturbée, l’instinct primaire de « méfiance » s’en trouve anihilée et le « misclick include » malheureux arrive.

    La « cyber-criminalité » du moment à des étages, des strates, des compétences aussi, pour ceux organisés en haut de l’échelle, dont c’est le « métier » je dirais que presque rien ne leur est impossible, pour les échelons inférieurs, ils surfent sur l’inattention et la quantité industrielle d’informations que les utilisateurs mettent en ligne et ce qui est disponible dans les BdB du « dark-web ».

    Vous avez entièrement raison, l’arrivée de « l’IA », aura des conséquences, encore insoupçonnées. sur le perfectionnement de la « cyber-criminalité » et naviguer éclairé est une condition indispensable (ça devrait déja l’être), préférer les doubles identications c’est bien, quant elle vous sont proposées aussi, quant à la problématique des mots de passe.. le rempart ultime, le bouclier, tout va dépendre du malfaisant.
    Mais en tout cas, elle « facilitera » un peu plus le boulot du « cyber-criminel » du bas de l’échelle, les plus nombreux en fait.

    A mon sens, votre article ainsi que ma modeste réponse, ne sont hélas que prêches dans le désert, le monde entend, mais n’écoute plus, c’est lent et force à réfléchir, mais l’IA en fera la synthèse bientôt.

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