vendredi 29 avril 2011 - par Joël de Rosnay

La « Smart Grid » : Réseau intelligent de transport de l’électricité

Une voie hors du tout nucléaire ?

Oui, il existe des alternatives au tout nucléaire. Une voie possible vers de telles solutions s'appelle la Smart Grid (ou RITE, réseau intelligent de transport de l’électricité). Notre approche face aux modèles énergétiques du futur est essentiellement analytique, linéaire et séquentielle. On envisage des filières opposées les unes aux autres. Le nucléaire contre le solaire, ou l'éolien contre la biomasse. Ce qui conduit à des raisonnements et calculs unilatéraux ou monodimensionnels, du type : Etant donné que la puissance moyenne d’une centrale nucléaire est d'environ 1.000 MW et qu'une grande éolienne de 100m produit 1 MW (et seulement un jour sur quatre en raison de la présence ou non du vent), il faudrait 4.000 éoliennes de ce type pour produire la même quantité d'électricité qu'une centrale nucléaire. Or, il existe 58 centrales en France. Il faudrait donc 4.000 × 58 soit 232 000 éoliennes qui occuperaient une part importante du territoire français. Même raisonnement statistique et analytique pour le photovoltaïque. Etant donné qu'il faut 10 m² de panneaux solaires pour produire un kilowatt heure électrique, il faudrait 10.000 hectares pour produire l’électricité d’une seule centrale et 580 000 hectares, soit près de 1% de la surface totale de la France (63 millions d’hectares) pour produire l'équivalent électrique de toutes les centrales nucléaires françaises.
 
Face aux enjeux énergétiques de l’avenir, nous avons donc besoin d'une approche globale, d’une approche systémique prenant en compte l'interdépendance des différentes sources d'énergie renouvelable et en les combinant entre elles. C'est ce que l'on appelle un « mix énergétique » (Energy Mix). Ou encore une approche par « matrice multimodale » des combinaisons d'énergies renouvelables entre elles. Une approche combinatoire.
 
En effet, les énergies renouvelables sont aléatoires et dépendent des conditions de nuit ou de jours. L'éolien ne produit évidemment de l’électricité que s’il y a du vent. Le solaire fabrique des kilowattheures d'électricité quand il y a du soleil ou suffisamment de lumière. Cependant ces différentes énergies renouvelables peuvent être combinées avantageusement avec des ressources permanentes, telles que la biomasse, le biogaz, la géothermie, l’hydroélectricité, où l'énergie des vagues, lorsqu'elle est possible.
 
Le mot-clé de la production d'énergie électrique c'est ce que l'on appelle en anglais, le baseload (production d’électricité de base). Elle permet l’utilisation électrique continue, en tout lieu, à tout moment, pour assurer le fonctionnement des entreprises ou les usages des particuliers. On entend très souvent dire parmi les industriels et même les politiques que le baseload à partir d'énergies renouvelables est impossible. Seules peuvent l’assurer quatre formes d'énergie classiques largement utilisées : le nucléaire, le fuel, le charbon et le gaz. C'est qu'il n'entre pas dans ce raisonnement, aujourd'hui dépassé, la combinaison systémique des énergies renouvelables connectées entre elles en permanence, capables de répondre aux besoins et d'intégrer la production venant de sources aussi diverses que l'éolien, la géothermie ou le solaire photovoltaïque.
 
Cette approche systémique des énergies renouvelables ne serait pas possible si l'on n’intégrait pas quatre autres facteurs essentiels : les économies d'énergie, l'efficacité énergétique des moteurs, (65% de toute l’énergie utilisée par l’industrie est consommée par des moteurs électriques), le stockage massif de l'énergie électrique, éolienne, ou solaire. Ce qui devient aujourd'hui possible. Mais le quatrième facteur du succès d'une politique énergétique pour le futur c'est ce que l'on appelle la smart grid ou RITE, réseau intelligent de transport et de régulation de l'électricité en fonction de la production et des besoins. (Voir Schéma ci-dessous) :
La smart grid est le catalyseur essentiel de la combinaison des énergies renouvelables entre elles. C'est la smart grid qui va permettre une responsabilisation des citoyens vis-à-vis de leurs dépenses énergétiques.
 
En effet, non seulement ce réseau intelligent transporte l'électricité d'un point à un autre, mais il s'appuie, chez les particuliers et dans les entreprises, sur des compteurs intelligents qui signalent les heures les plus favorables à telle consommation, arrêtent certains appareils, comme les climatiseurs lorsqu'ils fonctionnent en période de pics d'utilisation, et informent les usagers, par transfert sur leur Smartphone, du statut énergétique de leur domicile ou de leur bureau. Ils peuvent ainsi, en temps réel, interagir pour diminuer tel fonctionnement électrique ou au contraire, à distance, allumer tel autre. De plus, le réseau intelligent autorise tout type de production électrique venant de sources non conventionnelles et susceptibles de perturber la grille classique de transport d'électricité, notamment en provenance des fermes éoliennes et solaires photovoltaïques.
 
Le RITE est également connecté à des centres de stockage de l'énergie. Ce secteur progresse rapidement dans le monde. Par exemple le stockage massif de l'électricité est possible dans des silos comportant des systèmes de batteries dont la durée, certes n’excède pas 6 heures, mais dont la capacité permet de restituer des dizaines de mégawatts à la demande. L'énergie éolienne peut être stockée en sous-sol dans des poches d'air (des aquifères) au-dessus de nappes phréatiques. Cette technique s'appelle CAES (Compressed Air Energy Storage). Cet air comprimé peut-être ensuite injecté dans des brûleurs de gaz naturel ou de biogaz ce qui permet d'accroître considérablement leur rendement pour produire de la vapeur et donc de l'électricité. Les tours solaires entourées de réflecteurs produisent de la vapeur à haute température pour faire tourner des turbines (CSTP, Concentrated Solar Thermal Plants). Mais elles étaient jusqu'à présent limitées par la durée de production de cette vapeur. Désormais l'utilisation de sels fondus permet de conserver la chaleur de 13 à 14 heures. Ce qui permet un fonctionnement en continu. L'Australie, très riche en ensoleillement dans le centre du pays, propose l'utilisation massive de ces concentrateurs solaires avec stockage de l'énergie sous forme de sels fondus, dans son projet « Zero Carbon Australia 2020 » (1). L’Allemagne de son côté se lance dans un nouveau programme énergétique à partir de sources renouvelables connectées par une smart grid (2).
 
Avec le réseau intelligent de transport et de régulation de l'énergie électrique, on passe de la notion de centrale à celle de dé-centrale. En effet les grosses centrales de production, qu'elles soient nucléaire, au fioul, à charbon ou même hydroélectrique, nécessitent le transport de l'électricité sur de longues distances, ce qui conduit à des pertes importantes et à une diminution du rendement de la production d'énergie. En revanche la notion de dé-centrales permet, selon les conditions locales, les capacités de stockage, en fonction de l'utilisation le jour, la nuit, en période de pic de demande, de s'adapter en continu aux usages. Lorsque la voiture électrique se développera, ainsi que les voitures à hydrogène munies de piles à combustible, la notion de VTG (Vehicule to Grid), ou automobile vers la grille, permettra aux particuliers de revendre de l'électricité au réseau local en branchant leur voiture lorsqu'elle n'est pas en l'utilisation. Les statistiques indiquent en effet qu'une voiture reste en stationnement en moyenne plus de 90 % de son temps.
 
Un modèle de réseau intelligent de production et de régulation de l'énergie nous est offert depuis des millions d'années par la bioénergétique. Les plantes, les animaux, y compris les hommes, produisent et consomment leur énergie à partir de la photosynthèse et de la respiration. Des processus complémentaires : l'un à partir de l'énergie solaire captée par la chlorophylle des feuilles et transformée en aliments énergétiques ; le second à partir de la combustion de ces produits dans les minuscules chaudières qui existent dans toutes les cellules et qu'on appelle les mitochondries. Une énergie produite sous forme d'ATP (adénosine triphosphate), le combustible universel des êtres vivants. L'importance de l'analogie avec la smart grid est que le corps adapte en permanence production et stockage d'énergie, à son activité. Il produit l’ATP selon ses besoins et met en réserve l'énergie non utilisée sous forme de glycogène dans le foie ou sous forme de lipides (graisses). La régulation de l'utilisation de l’énergie et sa mise en réserve se font automatiquement grâce à des molécules comme l'insuline ou l’AMPK. (Adénosine monophosphate protéine kinase)
 
Le RITE, couplé à des énergies renouvelables combinées entre elles, apparaît donc comme une alternative réaliste pour l’avenir énergétique de la France. Mais il est évident qu'une sortie progressive du tout nucléaire prendra du temps et conduira à de très importants investissements. Une sortie sur 15 à 20 ans est possible à condition que la volonté politique soit présente dès aujourd’hui et que les investissements débutent en 2012, afin d’assurer la transition vers un réseau intelligent couvrant tout le pays et permettant aux énergies renouvelables, aux moyens de stockage ainsi qu'aux compteurs intelligents de se connecter les uns aux autres.
 
À titre d'exemple la construction de la centrale EPR de Flamanville coûtera 5 milliards d'euros. Le démantèlement des centrales usagées est provisionné à l'EDF pour 15 milliards d'euros. En fait, le coût devrait atteindre 500 millions d'euros par centrale. Multiplié par 58 centrales cela représente environ 30 milliards d'euros sur une quinzaine d'années. Aujourd'hui, le seul entretien et maintien des réacteurs coûtent 2 milliards d'euros par an. Sur 15 ans, 30 milliards d'euros vont être dépensés pour assurer l'efficacité et la sécurité des vieilles centrales françaises. Pour assurer le maintien et renforcer la sécurité des centrales la note d'électricité des Français va s'accroître de 5 à 6 % par an jusqu'en 2015. Pour Euratom le renforcement de la sécurité des 144 réacteurs en activité dans l'union européenne coûtera entre 72 et 180 milliards d'euros.
 
Quelle comparaison peut-on mettre en présence, face à de tels investissements, pour assurer le développement du RITE ? On peut estimer que l’installation des compteurs intelligents d’ERDF (appelés Linky et qui seront obligatoire dans tous les logements neuf dès 2012), devrait coûter, pour les 35 millions de compteurs installés en France, entre 4,2 et 8,4 milliards d’euros d’ici à 2021. Pour créer 3.600 km de smart grid, l'Allemagne prévoit 18 à 30 milliards d'euros d'investissements. Les investissements nécessaires pour la construction ou l'adaptation du réseau intelligent pourrait être évalués, en France, à un montant compris entre 12 et 22 milliards d'euros (à comparer, on peut le rappeler, avec les 30 milliards d’euros sur 15 ans, nécessaires pour le maintien et la sécurité des vieilles centrales nucléaires et une augmentation de 5% par an de la facture d’électricité). Pour passer à un mix énergétique 100 % fondé sur les énergies renouvelables connectées au RITE en 2050, le coût sur 15 ans, évalué pour l’Allemagne, serait de 15 milliards d'euros par an. À comparer, à nouveau, avec les coûts de l'EPR, du démantèlement des centrales usagées, et du nécessaire renforcement de la sécurité des centrales actuelles en fonctionnement.
 
On comprend ainsi qu’une approche fondée sur des dé-centrales plutôt que sur des grosses centrales avec un réseau de distribution à distance et passif, non seulement peut conduire à des économies importantes d'énergie, à des rejets moins polluants, à une sécurité accrue, mais aussi à des créations massives d'emplois. Et surtout à la responsabilisation des citoyens vis-à-vis de leur avenir énergétique. Aujourd'hui cet avenir est entre les mains de grandes entreprises privées ou d’Etat, organisées en structures pyramidales et en grandes centrales liées à des lobbys puissants, transformant les usagers en récepteurs passifs d'électricité devant payer au compteur une facture dont le montant va s'accroître régulièrement en fonction du contexte international et de la nécessité de réduire les risques liés aux centrales actuelles.
 
C'est une question politique fondamentale pour l'avenir que soient faits dès maintenant les investissements nécessaires pour le développement du RITE. Des micro-réseaux locaux, réunissant notamment des petits producteurs indépendants d’électricité et se connectant progressivement avec le réseau intelligent à l’échelle nationale, peuvent être lancés à partir de 2012, conduisant à une approche démocratique de la gestion de l’énergie.
 
La révolution de « l'auto-mobilité », a permis à chacun de partir quand et où il le souhaite, grâce à son automobile. La révolution de « l'info-mobilité » permet à chacun d'utiliser et de produire de l'information grâce à son infomobile, ou Smartphone. La révolution de « l'éco-diversité » est indispensable pour permettre aux écocitoyens de sortir du monopole énergétique dans lequel ils vivent pour construire pleinement leur avenir grâce à une coopération solidaire, en réseau et responsabilisante. Une approche démocratique écosociétale indispensable à toute construction participative de l’avenir énergétique de la France.
 
 
(2) Voir « Germany prepares for post-nuclear economy », Herald Tribune, 14-4-11 : http://nyti.ms/fT4gyu


133 réactions


    • kimbabig 30 avril 2011 17:38

      @Login :

      Parlons-en, du réseau Internet. En France, son accès est loin d’être garanti dans les mêmes conditions sur l’ensemble du territoire, il existe encore des zones blanches ADSL, ainsi que bon nombre de zones grises à débit très restreint. Avec une ligne classique 56K la participation au réseau mondial est très réduite.

      Ensuite, la majorité des internautes sont plutôt consommateurs que producteurs sur le Net : les lignes sont à débit asymétrique privilégiant largement la charge descendante, les données mises en ligne par les internautes ne sont en général pas situées sur leur machine perso mais centralisées dans des serveurs.

      Je ne pense pas que le modèle initial d’Internet, tel qu’idéalisé par Benjamin Bayard et encore présent dans le P2P, soit viable pour la production d’électricité, car son accès doit être garanti à tous, de tous temps et en tout lieu. Prenons le cas d’un internaute téléchargeant un fichier sur un site de pair-à-pair. Lorsqu’il télécharge son fichier en le prenant chez 10 autres, ça va. Si sur les 10, 7 se déconnectent et que les 3 restants ont un débit pourri, ou qu’ils leur manque une partie du fichier, problème. On ne peut pas se permettre une situation de ce genre avec la production électrique. Le fichier à télécharger peut attendre, pas les sorbets et les steaks dans un congélo qui ne fonctionne pas faute de courant.

      Enfin, rien ne vous empêche de produire de l’énergie dans un système de monopole public centralisé. Si vous avez un panneau solaire, votre compteur tournera à l’envers une journée ensoleillée ou vous serrez absent et ou seul votre frigo pompera du jus. Par contre, on ne peut espérer que chacun soit producteur d’électricité aussi facilement qu’il pourra partager un fichier sur la Toile.


    • Antoine Diederick 30 avril 2011 17:51

      ok, je reviens, le cas n’est pas aussi désespéré que je l’avais imaginé, merci bonne réflexion...

      toutefois, pensez que nous sommes des utilisateurs captifs de l’Internet...en effet, les sociétés de téléphonie sont les « providers »....de même si cet article nous propose de participer à la génération énergétique, que penser de la volonté de commercialisation du web ?

      Si le réseau , demain, est la panacée, ne serait-il pas temps d’en évacuer toutes formes d’intérêts bizarres ?


    • Antoine Diederick 30 avril 2011 17:54

      a quand un Internet gratuit et d’utilité publique, et ce pour promouvoir l’idée démocratique ?

      Car le démocratie est perfectible....sauf pour les cons, en bas et en haut .....


    • kimbabig 30 avril 2011 18:22

      L’internet gratuit et déclaré d’utilité publique, ce serait l’idéal en effet... Cela impliquerait de remplacer un oligopole de fournisseurs d’accès concurrents et à but lucratif par un monopole public, soit de la même forme que feu les PTT, soit sous forme de petites régies et de petites associations à but non lucratif (type FDN) travaillant en coordination.


    • HELIOS HELIOS 30 avril 2011 19:43

      Qui va payer la construction et l’entretien de cables sous-marins, de fibres entre les villes, des nombreux routeurs et autres DNS... qui va faire la compensation entre la consommation de bande passante des uns vis a vis de celle des autres ?


    • Login 30 avril 2011 20:03

       @Kimbabig

      Vous faites une fixation sur une production centralisée assurée par un monopole...Si vous 
      me parliez d’une entreprise publique dans son sens premier, cela aurait du sens. mais je
      ne vois pas ce que cette idée de monopole vient faire ici. SI vous voulez parler d’EDF, faites le mais ne confondez pas l’approche et les objectifs d’EDF avec ceux du Smart Grid. 

      Iil est évident que vous avez parfaitement intégré le raisonnement transverse que l’on peut faire en partant de l’Internet. L’asymétrie de débit et le couverture, hors sujet... Pas très constructif.

      D’ailleurs, je vous suggère de militer pour l’extraction du gaz de schiste, cela permettra peut être de revenir à l’éclairage public à Gaz.

      Bonne continuation.




       
        
        
       
        

       
       
       

    • Leo Le Sage 30 avril 2011 22:02

      @Par Antoine Diederick (xxx.xxx.xxx.40) 30 avril 17:54
      « a quand un Internet gratuit et d’utilité publique, et ce pour promouvoir l’idée démocratique ? »
      Ca existe sous différentes formes...
      Dans les aéroports via le wifi c’est totalement gratuit et le débit est généralement acceptable...

      Plusieurs « wireless acces point » à Paris et dans certaines villes de provinces aussi...

      Pour du quasi gratuit, FON existe aussi pour le chez soi.

      @HELIOS
      "Qui va payer la construction et l’entretien de cables sous-marins, de fibres entre les villes, des nombreux routeurs et autres DNS... qui va faire la compensation entre la consommation de bande passante des uns vis a vis de celle des autres ?"

      Suivant la logique précédente ce sera l’Etat par des investissements public.

      Ensuite ce dernier louera une partie pour pouvoir se faire rembourser et le reste des besoins financier seront acquis par le biais d’un impôt.
      Il est évident qu’une partie sera gratuite tout simplement parce que le savoir doit rester accessible à tous donc gratuit.


    • kimbabig 2 mai 2011 03:59

      @Login :
      Je voyais pas un monopole centralisé autrement qu’aux mains d’une entreprise publique, cela va de soi...

      J’évoquais l’asymétrie de débit pour illustrer le fait que l’Internet actuel ne correspondait plus vraiment au modèle du « tous autant producteurs que consommateurs ».

      Ce que vous n’avez pas compris ou feignez de ne pas vouloir comprendre, c’est qu’à l’instar de toute infrastructure de réseau, l’électricité et les télécommunications sont des monopoles naturels. C’est à dire que ces secteurs ne peuvent être gérés correctement et efficacement que par un monopole, évidemment de service public, et que seule une telle organisation peut être capable de garantir l’égal accès à tous, en tout lieu à tout moment, de services vitaux comme l’électricité ou incontournables comme les télécoms. Les disparités d’accès à Internet montrent bien à quel point ce fut une énorme sottise que de vouloir sortir les télécoms du cadre du monopole public.

      D’autre part, indépendamment des objectifs d’EDF, je n’apprécie pas du tout la perspective de voir ma consommation électrique personnelle surveillée en temps réel, ni celle de permettre une action extérieure sur des équipements situés à mon domicile.

      Sinon, puisque vous tenez tant à être producteur d’énergie, peut-être devriez peut-être faire pédaler votre belle-mère dans le garage, comme le suggérait Dany Boon quand il ironisait sur la concurrence à EDF... C’est plutôt en essayant de transformer les usagers d’un service public de production et de distribution d’énergie en réseau de producteurs-consommateurs qu’on risque de devoir ressortir les lampes à pétroles... ou à gaz


    • Login 2 mai 2011 10:21

      @KBB

      Je voyais pas un monopole centralisé autrement qu’aux mains d’une entreprise publique, cela va de soi...

      Je préféré de loin des entreprises en réseau de manière à répondre à la multiplicité des situations et des besoins, y compris intégration horizontale. 

      J’évoquais l’asymétrie de débit pour illustrer le fait que l’Internet actuel ne correspondait plus vraiment au modèle du « tous autant producteurs que consommateurs ».

      No comment. cela concerne les contenus.

      Ce que vous n’avez pas compris ou feignez de ne pas vouloir comprendre, c’est qu’à l’instar de toute infrastructure de réseau, l’électricité et les télécommunications sont des monopoles naturels. 

      Ils entrent naturellement dans le domaine publc (besoins résultant de nos interdépendances, de la responsabilité par nature d’un acteur représentant la collectivité)

      C’est à dire que ces secteurs ne peuvent être gérés correctement et efficacement que par un monopole, évidemment de service public, et que seule une telle organisation peut être capable de garantir l’égal accès à tous, en tout lieu à tout moment, de services vitaux comme l’électricité ou incontournables comme les télécoms. Les disparités d’accès à Internet montrent bien à quel point ce fut une énorme sottise que de vouloir sortir les télécoms du cadre du monopole public.

      S’il n’y a qu’une réponse, il n’y a pas de question

      D’autre part, indépendamment des objectifs d’EDF, je n’apprécie pas du tout la perspective de voir ma consommation électrique personnelle surveillée en temps réel, ni celle de permettre une action extérieure sur des équipements situés à mon domicile.

      Si vous croyez voir vos droits respectés sans pouvoir les exercer directement !

      Sinon, puisque vous tenez tant à être producteur d’énergie, 

      Non. Etre autonome, oui.

      peut-être devriez peut-être faire pédaler votre belle-mère dans le garage, comme le suggérait Dany Boon quand il ironisait sur la concurrence à EDF... 

      et le 2eme degré, vous connaissez ?

      C’est plutôt en essayant de transformer les usagers d’un service public de production et de distribution d’énergie en réseau de producteurs-consommateurs qu’on risque de devoir ressortir les lampes à pétroles... ou à gaz

      Usagers, non !  Je ne suis pas une catégorie de consammateurs liée par contrat. Vous parlez de service public ou d’entreprise ????

      Pas en réseau de producteurs-consommateurs mais réseau de « prosumers ».


    • kimbabig 2 mai 2011 17:32

      @Login

      Je ne sais pas ou vous pu voir une multiplicité des besoins en matière d’électricité... Tout ce qui est demandé à un réseau électrique c’est de cracher ses kwh dans tous les logements et de tout temps, point barre. Quant à la multiplicité des situations (géographiques par exemple), EDF y répondait très bien quand il s’agissait d’un monopole de service public, l’usager d’un bled isolé payant le même tarif qu’un citadin.

      D’ailleurs EDF n’était pas seul mais travaillait parfois en coopération avec de quelques régies locales de distribution (régie du Sud-Vienne dans le 86, GEG à Grenoble) qui ont survécu à la création d’EDF de part leur nature antérieure de service public. Pratiquant les mêmes tarifs réglementés et fournissant les mêmes services, ces régies étaient intégrées de fait au cadre du monopole de service public et se comportaient comme des filiales d’EDF jusqu’à l’ouverture de la concurrence. Si c’est ce genre d’exception culturelle que vous souhaitez généraliser, pourquoi pas, mais cela revient à générer une complexité inutile et superflue.

      Le monopole permet de grosses économies d’échelle qui bénéficient à tout le monde, mieux vaut une centrale d’1 Gw que 100 petites de 10 Mw détenues par 100 structures différentes et indépendantes, car dans le 2d cas, qui va donner l’ordre d’augmenter la production pour faire face à un pic de conso ? Il faudra bien une structure qui pilote et planifie le tout, donc autant faire une une intégration verticale.

      Enfin, si vous croyez que vos droits seront respectés avec un compteur qui vous flique, je crois que vous hallucinez... C’est tout le contraire !

      Nos droits en matière d’électricité, c’est la garantie de sa fourniture à tous, en tous lieux et de tous temps, à un prix stable et modéré, sans être surveillés dans notre consommation !

      Si ça ne vous plaisait pas d’être usager d’un service public, avec des droits que ce service public se doit de garantir, je préfèrerais largement cela que d’être un client bon à plumer par des sociétés privées !


    • Login 2 mai 2011 22:14

        Concernant le respect de nos droits nous disons la même chose. 

        Pour le reste, nous n’arrivons pas à parler de la même chose. 
       

    • kimbabig 30 avril 2011 16:02

      Ouais, cool... On va pouvoir s’envoler vers la totale liberté cosmique d’un nouvel âge réminescent grâce à l’horloger de l’univers, créateur de l’hyperscience, qui a compris à 13 ans que Newton racontait que des conneries (il s’est pas fait appeler Skippy ?)... Médi-Taiwan... Médi-Taiwan...

      Le bonne blague...

      En général, quand on vous parle de moteur surnuméraire, d’énergie libre ou d’autres fumisteries dérivant du mouvement perpétuel, découvertes par un soi-disant génie incompris des vilains scientifiques, dites vous bien que ça pue l’imposture, voire limite la secte.


    • Antoine Diederick 30 avril 2011 17:32

      là, mon ami, tu t’avances un peu trop loin, nous ne savons pas ce que l’intelligence humaine peut suppléer à l’indigence divine smiley


  • Antoine Diederick 30 avril 2011 15:26

    autre remarque, de manière basique, les ménages n’ont pas besoin de bcp d’énergie pour vivre, c’est l’industrie qui en a le plus besoin.


  • Antoine Diederick 30 avril 2011 17:03

    « globalement c’est : courage fuyons.... »

    c’est ce qu’écris Mohad,

    J’aime bien , c’est mon leit-motif depuis mes 16 ans, « courage fuyons ».....le salut est dans la fuite....toute vraie littérature est en cet espace, et toute vraie attitude est là....

    parfois, nous sommes obligés de revenir en arrière pour rétablir quelques vérités, mais finalement , c’est superflu, courage , fuyons, et loin....sauf que j’avais oublié que tout est proche...mais encore une fois je vais fuir...pour respirer et me retrouver.

    il faut laisser le monde se débrouiller avec le monde smiley


    • Antoine Diederick 30 avril 2011 17:07

      « écrit »

      c’est la vision picaresque du monde, et cette vision ancienne est réactualisée aujourd’hui....et l’actualité des migrants le montre....

      vive l’électricité !

      Allez au revoir...


  • Laratapinhata 30 avril 2011 17:39

    Non merci. Tout ce qui renseigne sur ma vie privée, mes habitudes j’en veux pas. Je ne veux pas pas vivre en réseau.

    En Allemagne, et plus particulièrement en Bavière conservatrice, il y a déjà des équipements domestiques individuels qui permettent d’exploiter différentes sources d’énergie...
    On connait déjà des habitats (indviduels ou collectifs) autonomes...

    Je veux sortir du nucléaire,et je ne veux plus d’une politique de l’énergie technocratique.


    • Antoine Diederick 30 avril 2011 17:56

      tout concoure à adapter, le révolution internet est là, comme la révolution Gutemberg....c’est le pouvoir qui est en retard....


    • Antoine Diederick 30 avril 2011 18:08

      les lois de contrainte hadopi et lopsi sont à contre courant, ils n’ont pas pris le temps du recul, ce qui aurait pu permettre une réelle évaluation de la situation et d’avoir une attitude souple et performante ;

      Ce qui montre qu’en matière évolutive , de nouveaux modèles, peu assurés aujourd’hui, le gouvernement français , mais ailleurs aussi, n’ont absolument pas compris les nouvelles grandes tendances actuelles....et se faire élire sur des sujets aussi bêtes que ceux de Marine Lepen, 1930, et la bétise d’un gouvernement comme celui de Sarkozy qui peine même à juguler ou gérer le « printemps arabe » montre aussi une extrême lacune.


    • Laratapinhata 2 mai 2011 00:21

      @Antoine Diederick : vous avez raison, mais c’est toute la classe politique française + toute la technocratie qui est concernée... leur intérêt d’abord...
      Ailleurs ? ça dépend où... Il y a des pays où la politique c’est encore la meilleure gestion possible de l’intérêt général.


  • Clojea Clojea 30 avril 2011 17:44

    Bonjour. Merci pour l’article. Bonne idée, bonne solution. J’ajouterai à ça l’idée de Lisa dans un de ses commentaires ci dessus, et en conclusion on peut donc produire de l’énergie en arrêtant de polluer la planète. Oui, mais cela va à l’encontre du business des pétroliers et du nucléaire, donc il va falloir se retrousser les manches pour les faire reculer. C’est bien parti pour faire reculer le gaz de schiste, mais restons vigilants.


  • Antoine Diederick 30 avril 2011 18:10

    putain , je sens que je vais m’énerver ....


  • Bulgroz 30 avril 2011 18:41

    Cela me fait rire de lire les commentaires glorifiant l’Allemagne ou le Danemark pour leur maîtrise vertueuse et intelligente de l’énergie.

    Par tête de pipe, l’allemand rejette 56% de CO2 de plus que le Français, le Danois 59%, le néerlandais ou le belge rejette 65% de plus.

    En Europe, seuls 4 pays font mieux que la France : la Suisse, la Hongrie, le Portugal et la Suède. Le meilleur (la Suède) fait 10% de moins de rejet que le Français.

    En valeur absolue de rejet de CO2, l’Allemagne avec une population supérieure à la France de 23% rejette 2,5 fois de plus que la France. soit 404 millions de M3 de CO2 pour la France contre 808 millions pour l’Allemagne.


  • tchoo 30 avril 2011 18:53

    Avec le réseau intelligent de transport et de régulation de l’énergie électrique, on passe de la notion de centrale à celle de dé-centrale. En effet les grosses centrales de production, qu’elles soient nucléaire, au fioul, à charbon ou même hydroélectrique, nécessitent le transport de l’électricité sur de longues distances, ce qui conduit à des pertes importantes et à une diminution du rendement de la production d’énergie. En revanche la notion de dé-centrales permet, selon les conditions locales, les capacités de stockage, en fonction de l’utilisation le jour, la nuit, en période de pic de demande, de s’adapter en continu aux usages. Lorsque la voiture électrique se développera, ainsi que les voitures à hydrogène munies de piles à combustible, la notion de VTG (Vehicule to Grid), ou automobile vers la grille, permettra aux particuliers de revendre de l’électricité au réseau local en branchant leur voiture lorsqu’elle n’est pas en l’utilisation. Les statistiques indiquent en effet qu’une voiture reste en stationnement en moyenne plus de 90 % de son temps.

    Faire et défaire :
    je connais une région de France où l’on fermé quelques petites centrales hydraulique suites à la mis en service d’une centrale nucléaire à quelques 250 km de là.
    Smal is beautifull


  • herbe herbe 30 avril 2011 22:05

    Une petite piste de technologie verte qui pourrait avoir un grand avenir !

    http://www.wysips.com/
    http://www.siteduzero.com/news-62-40388-wysips-le-panneau-solaire-transparent.html


    • Leo Le Sage 30 avril 2011 22:19

      @herbe
      Oui c’est vrai mais le solaire est cher...
      Ce n’est donc pas pour tous.

      Par contre si un constructeur de d’ordinatuer portable s’en charge, ce sera plus qu’intéressant ne serait-ce que pour l’alimentation de l’écran !


    • Login 1er mai 2011 00:05

       TOP !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! :)

    • herbe herbe 1er mai 2011 17:16

      Oui ce qu’on peut en dire de façon générale, c’est qu’il y a des pistes prometteuses à explorer.
      Il faudrait juste se donner les moyens et se lancer ou continuer ce qui est déjà lancé. (ça pourrait permettre de changer le temps de la conjugaison : c’était cher ...)

      constatations de mon point de vue, le tout pétrole et puis la tentative d’en sortir par le nucléaire (production électrique) ont peut-être fait une ombre immense à d’autres candidats...

      L’avenir est vraisemblablement à un cercle vertueux prenant en compte un mix permettant de profiter des avantages de chaque type et de plus les points forts d’un type venant suppléer au point faible d’un autre type (exactement comme l’énergie hydraulique en couplage avec l’énergie éolienne ou la géothermie avec le solaire ou autre combinaison mix ...).
      Et de ce point de vue je ne boude pas le plaisir à lire des articles comme celui ci même ..


  • dup 1er mai 2011 10:16

    quand je lis ca je rigole

    il faudrait 10.000 hectares pour produire l’électricité d’une seule centrale et 580 000 hectares, soit près de 1% de la surface totale de la France

    ils ont courbé les cours de physique et nous sortent l’éternel panneau solaire qui a un bilan positif après avoir produit l’énergie pendant 20 ans quîl a fallu pour le produire. qui en produit seulement le jour et ¨s’il fait beau.

    Où sont ces perpetum mobile dont les brevets sont bloqués par des services secrets. Au moins cet accident a mis au jour tous les bobars sur les enrgies renouvelables : ce n’est pas non plus une histoire de grid . La distribution THT a des rendements difficile à surpasser .


  • Hadj Ahmed 1er mai 2011 13:49

    Beaucoup d’idées séduisantes, mais un gros hic, il n’y a pas que la distance... Je m’explique.
    A un moment ou à un autre il faut vraiment transporter l’électricité produite ou stockée au préalable. J’ai bien compris que ça se faisait sur de moindres distances comparativement à un système classique à centrales, mais et d’un, ces distances resteront importantes car vous devez atteindre vos nœuds du réseau et qui sont autrement plus nombreux que des postes HT/HT dits de livraison.

    Et de deux, la formule des pertes par effet joule (l’échauffement quoi), c’est quelque chose comme 3rL i² dt.
    Bref c’est fonction de la résistance du câble, du temps et surtout du carré de l’intensité du courant.

    D’où le transport actuel à très haute tension permettant à puissance égale d’avoir une intensité de courant très faible et donc des pertes en rapport.

    J’imagine que votre réseau qui va partout de chez partout ne sera pas en 400 000 V, j’ai tort ?

    Vous aurez donc des intensités de courant importantes et donc des pertes fonction du carré d’icelles, rien de plus mais rien de moins. Et pour ceux qui auraient du mal avec l’abstrait, une intensité de courant qui double correspond à une perte qui quadruple.
     
    Je vous prédis donc 50% de pertes techniques sur une production incapable de couvrir la moitié du besoin sans même avoir à faire face à ce ... souci supplémentaire.

    Bref, pour y arriver il faudrait 4 fois plus d’investissements que ce que vous annoncez. Autant dire que ça ne se fera jamais smiley


  • Bertrand Cassoret snow62fr 28 mai 2013 15:50

    Mais quel baratin pour expliquer qu’on va demander à des consommateurs de couper leurs appareils quand les sources de production ne seront pas disponibles.
    Ainsi quand vous rentrerez du travail les soirs sans vent et que vous voudrez allumer la lumière, la télé ou le four, eh bien vous ne pourrez pas le faire à moins d’accepter de payer le kwh une somme exorbitante.
    L’intelligence des réseaux ne changera rien à la nécessité d’ajuster production et consommation.
    Quand aux moyens de stockage, les perspectives sont dérisoires.

    On va donc régresser, mais dans l’intelligence...


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