mardi 24 mars - par clément dousset

Un concours confrontant deux théories sur la conscience

La TETG, la Théorie de l’Espace de Travail Global, soutenue par le français Stanislas Dehaene et la TII, la Théorie de l’Information Intégrée, soutenue par l’italien Giulio Tononi apparaissent comme deux théories rivales pour expliquer les contenus de la conscience en fonction des corrélats neuronaux. Un concours international est organisé pour les tester l’une contre l’autre.

C’est l’agence canadienne Science-Presse, du moins son blogue : « Le cerveau à tous les niveaux » qui nous l’a appris le lundi 27 janvier (1) en se basant sur un article de la revue Science, paru en octobre. Elle précisait que ce concours qui mobiliserait six laboratoires répartis sur trois continents serait assorti d’un budget de 20 millions de dollars venant d’une fondation subventionnant les recherches à l’intersection de la science et de la religion. Les articles que j’ai publiés ici, précisant mes propres vues sur la conscience (le « modulisme ») justifient que je sois intéressé par ce concours, d’autant plus que j’ai plaidé pour une diversification des voies de recherche et une ouverture à des approches concurrentes.

Les deux théories en compétition

La première théorie, celle de l’espace de travail global (TETG), proposée par le psychologue Bernard Baur a d’abord été étayée en France par le neurobiologiste Jean-Pierre Changeux. Stanislas Dehaene l’a reprise et développée dans son ouvrage « Le code de la conscience » (2). Elle part de l’idée « selon laquelle des données rendues accessibles à un endroit du système vont permettre à de nombreux modules spécialisés d’être mis au courant de ces informations et de les utiliser » (3). Ce serait cette diffusion aux multiples sous-systèmes cognitifs de notre cerveau et l’intégration de ces données qui conduiraient à l’apparition d’un contenu de conscience. Pour reprendre l’exemple de Dehaene sur lequel je suis longuement revenu dans mon article : « Dehaene nous a-t-il donné le code de la conscience ? » (4), si nous regardons le tableau de Vinci, l’image de la Joconde est analysée dans notre cerveau par de multiples modules distincts qui s’intéressent les uns aux couleurs, les autres aux formes, les autres encore à la disposition dans l’espace, les autres à des références culturelles ou mémorielles pour faire jaillir par un processus d’intégration l’image d’une « séduisante italienne ».

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Stanislas Dehaene

La seconde théorie, celle de l’Information Intégrée (TII), proposée par l’italien Giulio Tonino et adoptée par plusieurs neurobiologistes comme Christof Koch est présentée ainsi par Science-Presse : « Le niveau de conscience d’un système (un cerveau par exemple) est relié aux interconnexions que l’on retrouve dans ce réseau particulier. Plus nombreux seront les neurones à interagir les uns avec les autres, plus l’organisme aura une expérience consciente unifiée, et ce, même sans input sensoriel immédiat... Tononi postule que tout système complexe interconnecté par des relations causales va nécessairement ressentir « l’effet que ça fait » d’être ce système. Autrement dit, il aura un certain niveau de conscience qui dépendra de sa complexité et du niveau d’intégration dont il est capable. … La conscience étant la puissance causale intrinsèque d’un système complexe (comme le cerveau humain), on peut en dériver une valeur appelée Φ capable de quantifier le niveau de conscience de ce système. Si Φ est égal à 0, le système ne ressentirait rien. Mais plus la valeur de Φ augmente, plus le système serait conscient. »(5)

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Giulio Tonini

Deux mauvaises approches de la conscience subjective

Ces deux théories m’apparaissent d’abord faussement rivales puisqu’elles reposent également sur une conception de la conscience liée non à des réalités subjectives comme les sensations, les sentiments, les émotions, l’effort… mais aux interconnexions des neurones et aux algorithmes engendrés par les phénomènes objectifs qu’elles produisent. Dans mon article sur Dehaene que j’ai cité, je montrais que la TETG pouvait prétendre expliquer l’existence de la conscience d’accès mais, en aucun cas, celle de la conscience subjective puisque cette théorie nie la réalité spécifique des qualia, donc la substance même de l’affectivité en dehors de laquelle on ne saurait parler de conscience du sujet ou conscience subjective justement. La TII ne paraît pas nier de façon aussi explicite l’aspect affectif de la conscience mais la notion « d’expérience consciente unifié » à laquelle elle a recours sous-tend qu’elle aborde confusément le contenu de la conscience subjective. En présupposant l’existence d’expériences conscientes qui ne seraient pas unifiées, elle montre qu’elle fait peu de cas de la notion même de sujet. Un sujet ne saurait être qu’unique pour un même organisme et plusieurs expériences distinctes ne sauraient coexister en lui dans le même temps.

Mais ce qui fait de la TII une théorie sans pertinence réelle pour parler de la conscience subjective, c’est la façon dont elle prétend mesurer par une valeur Φ un niveau de conscience sans le relier à l’intensité d’un affect, qu’il soit subi comme une sensation ou un sentiment ou agi comme un désir, une volonté, un effort. Les seuls éléments relevés pour mesurer cette valeur Φ seraient « l’étendue de la complexité et le niveau d’intégration du système »(6). Quel serait alors l’intérêt d’une grandeur qui serait censée mesurer un niveau de conscience si aucune réalité subjective n’était retenue pour modifier ce niveau ? En fait cette variable Φ pourrait tout aussi bien s’utiliser pour mesurer le niveau de conscience imaginaire d’un ordinateur selon la quantité des informations qu’il traite au même instant et sa capacité à les intégrer.

La réflexion que j’ai pu faire sur la conscience subjective par rapport à la conscience d’accès (« De deux consciences à une seule »(7)), celle que j’ai menée sur le fait que cette conscience subjective pouvait naître au sein d’organismes animaux primitifs (« Le générateur de conscience peut être un objet simple »(8)), tout s’accorde pour moi à considérer l’indépendance des capacités de calcul et d’intégration internes à un réseau organique d’une part et la réalité de la genèse d’une expérience subjective, consciente par définition, de l’autre. Avec trois cents neurones, le nématode pourrait éprouver une sensation de mal être qui n’a aucune raison d’être inférieure en intensité et donc en quantité ou niveau de conscience subjective à celle que peut éprouver un être humain placé comme lui dans une situation insupportable et adoptant le même comportement de fuite.

Pourquoi un échange énergétique interne à un organisme produit-il et en telle quantité un sentiment de bien être ou de mal être, la réalité d’un désir ou d’un effort ? C’est la question première qu’une théorie de la conscience doit poser et à laquelle elle doit tenter d’apporter une réponse. Aucune ne le fait jusqu’à présent, en tout cas ni la TETG ni la TII. Le modulisme dont j’ai présenté les bases par ailleurs ne saurait prétendre mesurer un « niveau de conscience » mais il permet au moins d’éclairer la voie d’une réflexion pertinente et de commencer à lier la richesse de l’expérience subjective au jeu dans le temps des affects premiers.

Pourquoi la TII me paraît plus intéressante pour ma vision « moduliste » ?

Ce n’est pas parce que deux théories de la conscience nous paraissent fausses que nous devons nous désintéresser de leurs implications respectives. Celles-ci peuvent avoir des conséquences qui ne sont pas neutres sur la vision des choses que nous leur opposons. Or, par un biais différent, la TII rejoint une de mes vues essentielles et qui s’oppose précisément à une conclusion de la TETG. La TII, rapporte Science-Presse dans son article, « prédit que toute simulation, même très sophistiquée, d’un cerveau humain par un ordinateur ne peut pas être consciente, de la même manière qu’une simulation de l’attraction gravitationnelle d’un trou noir ne déformera pas l’espace-temps autour de l’ordinateur qui exécute ces calculs. »(9) Pour la TII, la conscience « ne peut pas être « computée », elle doit être construite dans la structure même du système. » Si je pense que la conscience ne peut être produite que par un organisme vivant, ce n’est pas pour des raisons qui tiennent à la « structure interne » du « système complexe interconnecté » mais parce que la transformation du flux d’énergie physique en quantité d’énergie psychique interne à une subjectivité (mal être, bien être, effort…) ne peut se faire que par des lois propres à la structure interne de la matière s’exerçant dans le cadre de l’évolution du vivant. Mais, ce que je retiens pour l’heure, c’est la convergence de la TII et du modulisme sur ce point : la conscience ne peut pas être produite par des moyens artificiels.

Aucun concours organisé entre les chercheurs ne pourrait évidemment trancher sur ce point entre les deux théories. En revanche, la détermination des zones cérébrales principalement activées dans le cadre de la production de conscience peut être un élément décisif pour les départager. Pour la TII, contrairement à la TETG, le cortex frontal ne serait que très peu impliqué. Le « gros du travail est fait dans une vaste zone de la partie postérieure du cerveau incluant le cortex pariétal, occipital et temporal »(10). Or justement, dans ma critique du « Code de la conscience » comme dans les articles où j’essaie de concevoir l’activité « moduliste » qui produit la conscience, celle des images visuelles comme celles d’autres composés de sensations, c’est l’activité synchronisée des zones de la partie postérieure du cerveau, les plus primaires, qui me paraît avoir la première importance.

A mon grand regret, aucune expérience n’est tentée pour vérifier la validité de mes hypothèses modulistes. A défaut, ce concours est pour moi bienvenu. Il peut porter un coup décisif aux prétentions de Dehaene d’avoir compris le mode de production et de fonctionnement de la conscience en laissant de côté son aspect proprement subjectif. Il peut remettre au centre des études sur la conscience toute la partie du cerveau abandonnée par la TETG. Il peut montrer enfin que la contribution des oscillations de neurones, directement liés aux récepteurs sensoriels, à la modulation d’intensité du champ magnétique cérébral, modulation enregistrée par la magnétoencéphalographie, induit la particularité même des sensations éprouvées. Et ainsi donner une chance nouvelle à ce que soit reconnue ma vision moduliste de l’origine de la conscience.

 

1-https://www.sciencepresse.qc.ca/blogue/2020/01/27/concours-pour-tester-deux-grandes-theories-rivales-conscience

2-Le Code de la Conscience, Stanislas Deahaene Editions Odile Jacob 2014

3- https://www.sciencepresse.qc.ca/blogue/2020/01/27/concours-pour-tester-deux-grandes-theories-rivales-conscience

4- https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/stanislas-dehaene-nous-a-t-il-170388

5- https://www.sciencepresse.qc.ca/blogue/2020/01/27/concours-pour-tester-deux-grandes-theories-rivales-conscience

6- ibidum

7- https://philosophie.forumgratuit.org/t3876p200-la-theorie-sur-la-conscience-de-dehaene-en-question#29413

8- https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-generateur-de-conscience-peut-193182

9- https://www.sciencepresse.qc.ca/blogue/2020/01/27/concours-pour-tester-deux-grandes-theories-rivales-conscience

10- ibidum



21 réactions


  • Sozenz 24 mars 11:34

    Ces deux théories m’apparaissent d’abord faussement rivales puisqu’elles reposent également sur une conception de la conscience liée non à des réalités subjectives comme les sensations, les sentiments, les émotions, l’effort… mais aux interconnexions des neurones et aux algorithmes engendrés par les phénomènes objectifs qu’elles produisent.

    pourquoi vouloir toujours tout séparer , tout mettre en opposition au lieu de faire un combiné ?

    c est vrai que ça demande de mettre beaucoup plus de paramètres et d être plus subtile... c est peut etre trop difficile pour l humain ...

    a moins qu’ il aime bien tourner en rond et veut se poser ds questions sans vraiment vouloir trouver la solution .

    un peu comme nos mecs avec la pandemie en ce moment .

    ils ne pourraient plus s astiquer le manche comme ils veulent .


  • Étirév 24 mars 12:01

    La vérité est simple, c’est l’erreur qui est compliquée

    Expliquons ce qu’est le principe même de la conscience.

    Malgré la séparation des sexes, le principe mâle et le principe femelle sont représentés dans tous les individus.

    L’homme a en lui une partie féminine : il est un peu femme ; la femme a en elle une partie masculine, elle est un peu homme.

    La conscience de l’homme, c’est la voix de cette partie féminine restée en lui, de cette sensibilité cérébrale encore un peu active.

    Chez la femme, la conscience est spontanée, primesautière parce que ses impulsions cérébrales ne sont pas troublées par la vie sexuelle. Chez l’homme, elle est lente, réfléchie, parce qu’elle fait l’objet d’une lutte entre deux impulsions différentes, l’impulsion rationnelle et l’impulsion sexuelle.

    Donc, la conscience de l’homme c’est la voix de la partie féminine qui est en lui ; elle parle comme parlerait une femme.

    Quand il veut obéir aux impulsions sexuelles, mutilant ainsi l’élément sensitif de son cerveau, la voix féminine le lui reproche, sa conscience crie, s’agite, le tourmente. Quand il commet un acte injuste, quand il torture la femme ou l’enfant, cette voix intérieure crie encore. Il cherche bien à la faire taire, quand son tourment devient trop violent, il s’étourdit, mais tous les moyens qu’il emploie sont impuissants, la voix est toujours là, sourde mais tenace. Il en souffre et, alors, impute à la femme, qui en est la personnification vivante, tous ses maux intimes.

    La femme est la conscience manifestée de l’homme.

    Comme elle, elle impose à l’homme des devoirs qui sont, la plupart, en opposition directe avec ses secrets désirs.

    Mais si la femme est souvent obligée de se taire, la conscience, elle, parle avec une telle autorité, que l’homme est bien forcé de s’apercevoir qu’elle est là, qui veille sur lui. Et, alors, prenant ses reproches pour ceux de la femme, (même quand elle ne les formule pas) c’est à elle qu’il répond, à elle qu’il s’en prend de son tourment intérieur.

    La misogynie engendre le remords, quand elle n’est pas assez mûre pour engendrer la folie. Aucun homme n’outrage impunément la femme ; le châtiment du crime de lèse sainteté féminine ne se fait jamais attendre. C’est que la conscience de l’homme est une éternelle justicière qui ne pardonne pas.

    En effet, la femme pardonne souvent, la conscience jamais. Un poète a dit : « Jamais au criminel, son crime ne pardonne !  »

    Ceux qui vivent, …


    • Gollum Gollum 24 mars 12:30

      @Étirév

      La vérité est simple, c’est l’erreur qui est compliquée

      Et l’erreur c’est le contraire de la vérité, la vérité mise à l’envers, donc : 
      étirév...

      CQFD

      Merci de confirmer que vous êtes compliquée, tordue même, allons-y carrément...

      Mais en fait pas si compliquée que ça car on aboutit toujours à : la femme est infiniment supérieure à l’homme...

      Aucun homme n’outrage impunément la femme 

      Et en mettant à l’envers puisque vous aimez tout inverser :

      Aucune femme n’outrage impunément les hommes.. smiley

      Et votre psychiatre il en pense quoi ? (psychiatre femme bien évidemment)


    • Sozenz 24 mars 12:36

      @Étirév

      La vérité est simple, c’est l’erreur qui est compliquée

      alors là bravo ! tout est résumé en cette simple phrase .

      et bravo pour tout votre commentaire / magnifique !


    • Raymond75 24 mars 13:42

      @Étirév

      C’est vrai : quand on entend les femmes hurler quand elles jouissent, on sent bien qu’elles n’ont pas d’impulsions sexuelles !


    • Gollum Gollum 24 mars 14:39

      @Raymond75

      Ah mais si ça se trouve elle n’a jamais joui hein...

      Elle ne sait même pas ce que c’est. D’où son obsession des hommes gros cochons pervers à l’organe proéminent et qui doit hanté ses nuits.. des nuits chaudes, chaudes.. et dont elle a honte au réveil.


  • troletbuse troletbuse 24 mars 16:07

    La prétention de l’homme n’a pas de limites. On ne trouvera JAMAIS ce qu’est la conscience, on ne pourra jamais comprendre l’infini, on ne saura jamais ce qu’est le temps. Notre cerveau n’est pas apte. Et heureusement car nous serions Dieu. J’appelle Dieu cette conscience universelle qui est dans tout l’univers qui n’est peut-être qu’une illusion de nos sens. Et si nous savions tout, quel serait l’intérêt de la vie ? Inutile de me parler des religions qui ne sont que des créations de l’homme.Tous les chercheurs prétentieux ont recherché à recréer la vie, illusion perdue. J’avais vu, il y a 34 ans aujourd’hui, Changeux qui allait tout découvrir sur le cerveau. J’espère qu’il a changé d’avis et qu’il en revient bien marri.

    La physique quantique-Si vous croyez comprendre la mécanique quantique, c’est que vous ne la comprenez pas - Feynman essaie de trouver des corrélations avec le cerveau.

    La vie, la conscience sont dans tout notre univers du plus petit virus jusqu’à l’homme. Elle est peut-être dans le vide quantique, allez savoir.

    Notre civilisation a atteint son apogée et vu sa dégénerescence, il est temps qu’elle disparaisse, d’une manière ou d’une autre.


  • Pierre Régnier Pierre Régnier 24 mars 16:09

    « Elle précisait que ce concours qui mobiliserait six laboratoires répartis sur trois continents serait assorti d’un budget de 20 millions de dollars venant d’une fondation subventionnant les recherches à l’intersection de la science et de la religion. »

    Je suis totalement incompétent pour me prononcer sur les théories qui font l’objet du concours, mais je répète depuis des années, sur Agoravox et ailleurs, que l’intersection de la science et de la religion ne saurait avoir autant d’intérêt que la nécessité de prendre en compte, et de le faire vite, le contenu criminogène des théologies des différentes religions.

    Je répète avec insistance - et, je n’en suis même pas désolé, en agaçant beaucoup de lecteurs d’Agoravox - que la justification, qu’elles contiennent, de prétendus appels de Dieu à massacrer sont la principale cause des massacres effectivement commis par des individus croyant en Dieu.

    «  Ce n’est pas parce que deux théories de la conscience nous paraissent fausses que nous devons nous désintéresser de leurs implications respectives. »

    Pour parler comme ici l’auteur de l’article je dirai que ce n’est pas parce qu’on croit stupide la croyance en Dieu, comme le croient les « athées obscurantistes », qu’il faut se désintéresser d’une cause, plus présente que jamais, de la violence du monde.


    • clément dousset clément dousset 24 mars 17:02

      @Pierre Régnier
      « L’urgence de prendre en compte le contenu criminogène des religions ».... comme vous y allez ! Ce n’est pas les religions en soi qui sont criminogènes, c’est l’intolérance, le fanatisme, mais aussi le racisme, l’égoïsme qui s’accompagne du mépris total des droits d’autrui... Hitler n’a pas organisé le génocide des juifs au nom de la religion. Ce n’est pas plus en son nom que Staline a créé les goulags. Ce n’est pas au nom de la religion que les indiens des deux Amériques ont été massacrés. ce n’est pas en son nom non plus que les noirs ont été plusieurs siècles réduits en esclavage. La religion chrétienne a contribué largement à faire disparaître l’esclavage antique. L’Islam pendant longtemps au Moyen Orient a vécu en paix avec les juifs et les chrétiens. A notre époque la coalition dite « antiterroriste » a tué plus de musulmans que les pires djihadistes n’ont jamais massacré d’Occidentaux. etc. etc. La religion est parfois complice du crime et souvent impuissante à l’empêcher mais ce n’est pas juste de dire qu’elle est criminogène. Ceci dit, on est assez loin de la problématique de mon article...


    • Pierre Régnier Pierre Régnier 24 mars 18:48

      @clément dousset

       

      Soutenez, si vous voulez, qu’on est assez loin de la problématique de votre article.
      Je pense, moi, que cette problématique est simplement une démarche de scientistes réfléchissant dans un monde qu’ils considèrent débarrassé, une fois pour toutes, des « absurdités » religieuses.

      Je ne leur reproche pas cette nouvelle croyance, aujourd’hui très répandue. Je prétends seulement que, tout près de cet athéisme scientiste, le problème de la violence provoquée par la composante criminogène des théologies, est un problème essentiel pour toute l’humanité, présente et à venir.

      Je ne prétends nullement que ce sont les religions en soi qui sont criminogènes mais seulement ceux des responsables religieux qui veulent garder éternellement sacrés les appels à maltraiter et tuer, qu’ils continuent d’attribuer à Dieu.

      Et je pense, comme vous, que l’intolérance, le fanatisme, le racisme, l’égoïsme, le mépris   des droits d’autrui... sont aussi des fléaux dont il faut se débarrasser si l’on veut qu’existe un jour un monde pacifié.


  • SamAgora95 SamAgora95 24 mars 17:10

    Ce qui intrigue dans la conscience ce n’est pas son contenue, c’est la prise de conscience elle-même, d’ailleurs c’est la seule chose qui est à la fois indéfinissable et la seule dont nous sommes individuellement sûrs de l’existence...tout le reste pourrait-être q’une construction (les rêves le prouvent).

    La question à laquelle il faut répondre c’est qui prend conscience de l’état dans lequel se trouvent les neurones ?


    • clément dousset clément dousset 24 mars 17:30

      @SamAgora95Ce que j’essaie de faire en considérant la conscience comme une réalité subjective, c’est de ne pas distinguer le contenu de la conscience de la prise de conscience elle-même. Prenez par exemple une douleur. Vous m’accorderez qu’elle est une réalité subjective et qu’elle est un contenu de conscience. Mais sans prise de conscience de la douleur, la douleur n’existe pas. Vous avez mal (pas trop), vous pensez à autre chose et vous n’avez plus mal. Si vous n’avez plus mal, la douleur n’est plus un contenu de votre conscience même si la cause physiologique de votre douleur reste présente. Vous me direz qu’on peut souffrir en rêve, au moins avoir un sentiment de mal être comme dans un cauchemar. mais justement ce mal être s’accompagne d’une prise de conscience, sans quoi il il ne serait plus (ou pas) un mal être...


  • troletbuse troletbuse 24 mars 17:22

    Quand nous faisons un geste, la zone du cerveau concernée s’active bien avant que nous ayons conscience de faire ce geste. Vu sous IRM.

    Alors ???


    • clément dousset clément dousset 24 mars 17:37

      @troletbuse
      Vous savez, le jour où vous aurez compris que ce que l’on voit par l’imagerie électronique, par l’électroencéphalographie ou par la magnétoencéphalographie, ce n’est pas le contenu de la conscience, vous aurez beaucoup progressé. Dehaene avec qui je suis fondamentalement en désaccord montre cependant, ce qui est très juste, que beaucoup de choses se passent dans notre cerveau qui n’interfèrent nullement avec notre conscience.


    • troletbuse troletbuse 24 mars 17:42

      @clément dousset
      Ce n’est pas le contenu de la conscience
      Bon, toutes mes excuses, je ne savais pas que vous saviez ce qu’était la conscience.ou son contenu.


    • clément dousset clément dousset 24 mars 17:46

      @troletbuse
      Ecoutez, nous discutons. Je vous donne un argument et un exemple. Si vous n’êtes pas d’accord, donnez moi un contre-argument ou un contre-exemple. C’est la meilleure façon de progresser !


  • clément dousset clément dousset 24 mars 17:49

    Autre argument. Prenez un somnambule. Il va de soi que lorqu’il se déplace pendant son sommeil, on peut trouver dans son cerveau une zone active avant et pendant ses gestes. Cependant il n’est pas conscient.


    • troletbuse troletbuse 24 mars 18:03

      @clément dousset
      J’en conclus que la conscience n’est pas dans le cerveau


    • clément dousset clément dousset 24 mars 19:01

      @troletbuse Vous concluez trop vite, ou plutôt, votre conclusion n’est pas pertinente. On ne peut pas dire que la conscience est ou n’est pas dans le cerveau, on peut seulement dire que les phénomènes physiologiques et physiques qui se déroulent dans le cerveau l’induisent ou ne l’induisent pas. Si on admet que ces phénomènes sont ondulatoires en dernière analyse, on peut aussi admettre que ces phénomènes doivent obéir à un certain ordre particulier pour être efficaces. Un exemple qui ne prétend pas être définitf pourrait être celui-là : Prenez un poste de radio analogique. Il reçoit plusieurs émissions en même temps mais selon la façon dont vous réglez le démodulateur, vous allez en entendre une et pas les autres. En le réglant d’une certaine façon, vous pourriez ne pas en entendre du tout.... Bien évidemment il ne vous viendrait jamais à l’esprit de dire que les émissions sont dans le poste de radio !


    • troletbuse troletbuse 24 mars 19:26

      @clément dousset
      Oui, notre cerveau n’est-il pas analogue à ce poste de radio qui recevrait des ordres de je ne sais où ? C’est simplement une hypothèse qui est vrai ou fausse. Mais je ne peux le démontrer, c’est comme l’existence de Dieu.
      Je viens de terminer un livre de Marcus du Sautoy, mathématicien anglais : « Ce que nous ne saurons jamais »
      Excellent livre bien traduit qui explique beaucoup de choses. Mais en fin, je trouve qu’il délire un peu en tentant d’expliquer la conscience. Mais il admet en fin que nous ne saurons jamais. Notre esprit cartésien ne peut résoudre ce problème.
      Peut-être faut-il aller au Tibet ?


    • clément dousset clément dousset 25 mars 08:19

      @troletbuse « Oui, notre cerveau n’est-il pas analogue à ce poste de radio qui recevrait des ordres de je ne sais où ? » Pour éclairer l’analogie (imparfaite et partielle comme toute analogie) « l’émission » proviendrait des récepteurs sensoriels et des contenus présentement activés de la mémoire.


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