Commentaire de Emile Mourey
sur Polémique : la tombe princière celte de Lavau n'est pas ce que l'on dit
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@Antenor
OK, j’abandonne la piste du peintre de Nessos. Une transposition de la légende d’Étolie en Auvergne, de l’Evenos à l’Élaver est peu crédible malgré l’accompagnement des Gorgones et l’image du centaure. Le lieu de fabrication du vase de Lavau reste, pour moi, une interrogation. Reste son iconographie.
Dans la mythologie grecque, Dionysos est, certes, le dieu du vin mais plutôt dans ses excès. Or, nous sommes là dans le cas d’un enterrement, il ne faut pas l’oublier. Il faudrait donc que les archéologues - Matthieu Poux peut-être - nous expliquent précisément pourquoi, dans quelle intention, ce vase a-t-il été mis dans la tombe. Si c’est pour que le défunt continue à festoyer dans l’au-delà, ou si c’est parce que cette vaisselle lui était chère, je suis très sceptique. Des princes celtes alcoolisés, je n’y crois pas du tout. En revanche, un présent pour que le défunt l’offre à son arrivée à la table des dieux comme le prescrit Homère, oui. L’iconographie de l’illustration doit donc correspondre à cette intention. Elle montre donc le défunt reçu à la table d’une déesse qui ne peut être que Gergovie. Il met la main sur sa poitrine en signe de salut. Petit signe d"humour, je crois voir un chien dans les sarments de la vigne. Dans le vase de Vix, la déesse offre (j’allais dire, le verre d’amitié) l’eau miraculeuse (?). Le défunt de Lavau sait qu’il aura à offrir sa boisson, non seulement à la déesse mais à l’assemblée des dieux, d’où le cratère.
