Polémique : la tombe princière celte de Lavau n’est pas ce que l’on dit
Bravo pour la découverte mais pour ce qui concerne l'interprétation, messieurs les archéologues, c'est un peu court. Le dieu fleuve Archeloos que vous croyez voir dans les quatre moustachus du vase est inconnu de notre panthéon gaulois. Que diable serait-il venu faire en Gaule, et qui plus est, pour orner les anses d'un cratère druidique ? La chose est tellement incroyable et surprenante qu'elle est non seulement difficile à croire, mais impossible.
Je ne suis pas ignorant des choses de l'archéologie ; je n'ignore pas que pour être certain de la provenance d'un objet, monnaie ou autre, l'important est d'en trouver un exemplaire sur le chantier où il a été fabriqué.
Un simple click d'ordinateur sur Lezoux que tout homme un peu instruit connaît pour être un chantier d'artisans arvernes et voilà qu'apparaît sur l'écran un petit objet décoratif qui, selon un catalogue, aurait été trouvé sur le site lors des fouilles anciennes. L'objet, en bronze, est de la même facture que celui qui décore l'anse de
Lavau, objet non datable, destiné probablement à décorer, là aussi, mais plus modestement, une anse ou un pied de trépied. Comme à Lavau, y sont représentées la barbe, la moustache, les cornes et les oreilles du taureau, ce qui ne laisse aucun doute sur son identification à un dieu taureau cornu. Ce dieu taureau cornu au riche symbolisme est tout à fait en accord avec l'image du grand prince celte guerrier enterré avec son char et son épée.
Il ne faut pas tout mélanger. Des représentations de visages barbus, cornus ou non, bizarres ou normaux, on en trouve dans tout le monde cultivé de l'époque, là où les épopées d'Homère et autres légendes mythologiques étaient racontées, chantées, ou peintes. Ce monde cultivé était déjà, en quelque sorte, une grande Grèce qui ne disait pas son nom, mais d'avant la Grèce limitée au petit territoire que contrôlait Athènes. L'épopée des grands princes celtes de la Gaule prouve qu'ils vivaient, eux aussi, dans cette grande culture préathénienne héroïque qui a pris naissance sur les bords de la mer Égée, domaine phénicien par excellence du dieu Poséïdon. C'est sur ses rives que naquirent Héraclès et l'alphabet du tombeau d'Ahiram. Cette culture du dieu Poséïdon, le pays arverne l'a reçue directement du monde phénicien sans qu'il ait été nécessaire qu'il passe par Athènes. Enfin, si l'on accepte ma proposition d'identifier l'Atlantide à la Gaule de Gergovie, alors tout s'éclaire et la tombe de Lavau retrouve tout son sens et son étonnante signification. http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/gergovie-est-elle-l-atlantide-19859 et http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/fabuleuse-decouverte-d-une-tombe-164481
Je plaide pour une archéologie d'un monde celte qui retrouverait toute sa logique, avec ses grandes expéditions militaires vers Italie et vers le centre Europe. Je plaide pour qu'on ne voie pas seulement dans l'étonnant site de Heunebourg, une simple résidence princière mais une véritable base logistique, en appui des grandes conquêtes celtes depuis les sources du Danube.
On nous dit que les vestiges retrouvés à Heunebourg, comme ceux de la tombe de Vix, sont étrusques. Pure supposition ! Aucun texte ne dit que les Étrusques sont venus jusque-là. Ces vestiges sont de culture arverne, que cela soit ceux de la dame d'Heunebourg, à Hochdorf, à Vix, ou à Lavau. Tout est arverne. Il n'y a qu'une source et cette source, c'est Gergovie sur la hauteur du Crest. Le char d'argent de Bituit était arverne, les grandes cuves des festins de Luern l'étaient aussi.
On nous dit que les vestiges de Lavau sont grecs, qu'ils proviendraient de cadeaux que des marchands grecs faisaient aux princes celtes pour prix de leur passage. Pure supposition ! Les premières voies de l'étain ont été ouvertes à travers la Gaule par des expéditions militaires portant le nom de l'Héraklès phénicien, puis jalonnées par des comptoirs gardés par des garnisons ou de petites colonies. Diodore de Sicile est très clair ; il s'est conclu des alliances entre une population indigène et des colons phéniciens, à Alésia (Taisey ?). Les grands princes celtes en sont issus. Diodore ajoute que les indigènes y ont repris le pouvoir. http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/foyer-et-metropole-de-la-celtique-160110
Des marchands grecs, venus de Grèce, semant sur leur passage, cratère de Vix, puis cratère de Lavau, cela ne tient pas la route. Les premiers marchands qui se sont risqués en Gaule sont romains et ce fut à leurs risques et périls. À Cabillodunum, ils n'échappèrent que de justesse à l'insurrection populaire. À Orléans, ils furent massacrés et en Gaule belge, ils étaient interdits d'entrer. Diodore de Sicile précise même qu'avant la fondation d'Alésia, les indigènes commettaient le meurtre rituel sur les étrangers.
Je ne suis pas ignorant des choses de l'archéologie et je n'ignore pas que pour être certain de la provenance d'un objet, monnaie ou autre, l'important est d'en trouver un exemplaire sur le chantier où il a été fabriqué. Quand je vois, au musée Denon de Chalon-sur-Saône, une attache d'anse antique, je m'interroge sur le site d'où pouvait venir le transporteur qui l'a perdue en traversant la Saône, à hauteur de Tournus. Et comme je suis un ancien militaire qui croit à la permanence des points forts du terrain, mon regard se porte, à hauteur de Tournus, sur l'ancienne position forte des comtes de Chalon, à Mont-Saint-Vincent, là où je situe Bibracte. Quand je vois, au musée de Berne, une "hydrie de Grächwill", je suis bien obligé d'y voir un air de famille et j'en conclus qu'il vient de ce site éduen. http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/l-origine-oubliee-de-notre-161242

Quand les archéologues me disent que le foyer d'origine des Celtes se trouve en centre Europe, dans le berceau nord-alpin avec son site de Hallstadt et que leur expansion ne s'est faite qu'ensuite en direction de la Saône, je suis abasourdi après ce que je viens d'écrire. Le premier peuple celte ainsi qualifié de celte, c'était Nuerax - Bibracte et Alésia, Bibracte ou Alésia - sites que je situe à Mont-Saint-Vincent et à Taisey/Chalon-sur-Saône. L'expansion politique et militaire ne s'est pas faite dans le sens est-ouest mais dans des directions rayonnantes depuis les capitales de Gergovie, de Bibracte et d'Alésia (l'Alésia de Diodore de Sicile, métropole et centre religieux de la Celtique, là où pour la première fois, fut réalisé l'étamage des métaux). Alise-Sainte-Reine est une autre Alésia qui n'est devenue célèbre que par la bataille qui opposa César et les Gaulois.
Comment peut-on fouler à ce point les témoignages des auteurs antiques jusqu'à minimiser ce qu'ils disent, jusqu'à les réfuter en leur substituant une soi-disant recherche scientifique qui a perdu le sens réel de l'Histoire ? La puissance des Arvernes s'étendait juqu'à la Méditerranée et jusqu'au Rhin, cela a été écrit, c'est clair et il n'y a pas à ergoter au nom d'une soi-disant méthodologie qu'on m'a plus d'une fois reproché de ne pas suivre.
Quant aux Gorgones si souvent représentées sur les céramiques et les poteries, notamment dans leur combat avec Persée, comment ne pas y voir la grande rivalité qui a perduré durant des siècles entre un monde phénicien et un monde grec, entre Gergovie et Athéna ? La Gorgone est probablement née, elle aussi, sur les bords de la mer Égée. Des représentations de Gorgones, on en trouve ensuite dans les lieux les plus divers, de même que notre symbole du dieu taureau cornu. Mais la première mention que les textes en font pour désigner les combattants d'une armée, c'est en Gaule, et dans un lieu de la Gaule qui ne peut être que Gergovie. http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/l-epopee-des-atlantes-capitale-125152
Gergovie ? C'est un véritable scandale qu'on n'ait pas compris et qu'on ne veuille toujours pas comprendre qu'il s'agisse de la forteresse auvergnate du Crest. César en a pourtant donné une description extrêmement précise. http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/gergovie-la-betise-humaine-est-101478
N'y a-t-il donc aucun archélogue qui aura le courage et l'audace de reconnaître que la profession s'est complètement fourvoyée ?

E. Mourey, 11 mars 2015, extraits de mes articles et ouvrages, www.bibracte.com


