Commentaire de Octave Lebel
sur Le courage exceptionnel de deux centenaires : Daniel Cordier et Hubert Germain


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Octave Lebel Octave Lebel 5 août 2020 20:46

« …Quand je vois que certains aujourd’hui osent se prendre pour des « résistants » parce qu’ils refusent de porter un masque obligatoire douillets et capricieux comme ils sont, sans se rendre compte qu’ils contribuent (involontairement) à la circulation du coronavirus (déjà plus de 700 000 décès et la courbe n’est hélas pas encore à son sommet), je me demande ce que serait l’occupation nazie aujourd’hui. Ce sont peut-être les mêmes qui refusent de mettre des préservatifs pour un premier rapport, même s’ils ont le sida ? ou qui refusent de mettre la ceinture de sécurité, même celle de leurs enfants, pour leurs trajets de vacances ? Résistance, mot galvaudé par des honteux sans amour et sans humanisme. Retournons aux sources ! … »

Je croyais que votre article avait pour objet un hommage à deux résistants dont l’évocation suscite chez nous un légitime sentiment de fierté et nous rappelle que l’honneur et l’engagement passe quelquefois par la désobéissance quand la classe dirigeante brade les intérêts du pays. Dommage d’éprouver le besoin de faire cette amalgame de commère.

Par contre, retourner aux sources et évoquer le Conseil National de la Résistance me va tout à fait.

 

Un documentaire très instructif est disponible en podcast sur Arte centré sur la constitution progressive du CNR avec les rôles de Jean Moulin, Passy et Brossolette.La gauche et la droite n’ayant pas cédé à la résignation et au déshonneur mêlées afin de combattre l’occupant et son régime. Chacune des composantes a ses raisons propres, poursuit ses propres intérêts et pourtant ils se rassemblent sur les priorités immédiates et un plan d’action qui les fédère. C’est vital pour le général De Gaulle afin d’être reconnu comme le chef de la France libre contre la sujétion recherchée par les américains par le biais du général Giraud. On connaît la suite à la libération et après. Les identités et les intérêts n’ont pas été dissous. N’empêche, le programme du CNR a donné lieu à des transformations économiques et sociales radicales qui ont structuré en profondeur le pays, les mentalités, son redressement et au-delà. Dommage qu’il ait fallu un effondrement et l’occupation du pays pour créer ce sursaut et savoir qui était qui.

 

Il n’est pas difficile de voir que des forces  travaillent à dissoudre les repères démocratiques et sociaux, leurs ancrages institutionnels qui solidarisent encore nos sociétés avec beaucoup de persévérance et de moyens. Tout en disant le contraire.

Peut-être que instruits par l’expérience , confortés par le niveau socioculturel de notre pays, le niveau de formation personnelle et professionnelle de ses habitants, la vigueur de ses réseaux associatifs et culturels, nous pourrions nous rassembler afin de développer une société plus démocratique à même de réguler ses besoins, ses attentes et ses conflits, qui se reconnaisse dans ses institutions et leurs fonctionnements et qui se donne les moyens du pilotage et de la maîtrise de son économie.Cela fait du bien de le dire.Merci de m’en avoir donné l’occasion.


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