Commentaire de Octave Lebel
sur Note à propos de l'enthousiasme de Luc Ferry pour l'IA
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Le problème est avant tout politique, quelle surprise. C’est un vieux problème qui se pose avec toutes les nouvelles technologies ou pas, et d’autant plus avec celles qui sont structurantes. Qui décide des usages, du développement, au nom de quoi et de qui et pour quoi faire et avec quelles conséquences.Nous pourrions ajouter ici mais à peu près pour tout aussi, « qui nous informe et comment ? »
→ IA : pour une Europe leader Pierre Jacquemain (7 février 2025).
« La perspective d’une taxe contre taxe, pour plus protectionniste-que-moi-tu-meurs, serait en réalité perdant-perdant pour les européens et les américains. Nul n’y a intérêt en réalité. Et Trump le sait. Rappelons-nous, quand même, qu’il y a une part de bluff dans Trump. Les annonces de taxes à l’endroit du Mexique et du Canada n’ont duré que quelques heures. Trump affirme avoir gagné une négociation qui n’existe pas, ou qui préexiste à son investiture. Le Mexique a déjà envoyé ses troupes à la frontière américaine par le passé. À la demande même des États-Unis. Quant aux Canadiens, ce qu’il dit en avoir obtenu avait déjà été annoncé en décembre dernier, à savoir un plan frontalier du pays voisin à hauteur de 1,5 milliards d’euros.
Bien sûr il ne faut pas sous-estimer, le Trump. Mais nous autres, Européens, ferions mieux d’observer ce qu’est le trumpisme. Parce que, contrairement à l’Union européenne, le trumpisme – au-delà du danger fasciste qu’il représente – est un plan stratégique à long terme. Il a une visée stratégique. Ce que n’a pas, ou plus, l’Union européenne. Qu’avons-nous à opposer aux 500 milliards d’euros d’investissement promis par Trump sur l’intelligence artificielle, le projet « Stargate » ? Pas grande chose. Ou peut-être un sommet français avec les amis de Trump en guest star (1).
Voilà ce que nous devons imposer à Trump : d’autres géants du numérique à l’échelle européenne. Pourquoi l’Europe se montre-t-elle si timide devant les géants du numériques, les GAFAN/GAFAM, les Musk, Bezos et Zuckerberg ? « S’il s’avère qu’Elon Musk utilise sa plateforme pour mettre en avant certaines opinions ou certains partis politiques et qu’il utilise ses algorithmes pour le faire, il est en infraction », commente ainsi, faussement naïve, la nouvelle ministre du numérique française, Clara Chappaz. Parce qu’il est avéré que ces patrons, acquis à la cause de Trump, sont une menace pour nos démocraties. Les ingérences sont prouvées. »
