Commentaire de Octave Lebel
sur Les complices du mal
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L’auteur est en très bonne compagnie et d’une certaine manière, vu les habitudes d’Agoravox, il la convoque avec ce billet. Il s’est spécialisé occasionnellement, entre autres choses bien plus intéressantes, du côté de ceux qui sont là pour semer les graines de la division. Rôle apparemment modeste mais, surtout quand on se réclame (comme si c’était nouveau) de la gauche, indispensable à la mascarade qu’est devenue notre vie politique où certains espèrent prospérer. Soyons juste, l’auteur, pour un lecteur attentif, n’en est pas non plus à son coup d’essai dans le genre. Reconnaissons-lui donc, outre la curiosité intellectuelle dont il se prévaut pour expliquer son achat et le service qu’il nous rend, la qualité de la persévérance et de la fidélité dans cette voie.
« Il rappelle l’engagement laïque d’hier de Mélenchon et aborde son alliance électoraliste d’aujourd’hui en premier avec les islamistes dans les quartiers populaires. »
Personnellement j’ai toujours préféré, dans les moments décisifs, un fascho qui s’assume à un homme de gauche qui finit par leur servir la soupe. Et je crois que je ne suis pas le seul.
Ici donc la grosse astuce attendue et qu’on a déjà entendue partout, et depuis longtemps. L’arme de la dernière chance que l’on a déjà essayée maintes fois sans succès pour espérer abattre un mouvement car tout le reste a échoué. Qui est la pointe politique avancée et l’espoir d’un mouvement social et politique qui traverse depuis un sacré moment toutes les couches sociales du pays. Qui veut simplement plus de démocratie et de justice sociale parce qu’elles sont inséparables. Avec des citoyens ayant les moyens institutionnels de se faire respecter et des responsables limogeables en cours de mandats en cas de manquements graves à leurs engagements entre autres. Parce que cela commence à bien faire de se faire piétiner par ceux que l’on vient d’élire avec des médias qui disent que nous sommes d’accord quand même parce que nous ne savons pas bien ce que nous voulons ou que nous n’avons pas bien compris. L’on voit ce que cela donne quand la droite et le parti du social libéralisme s’abandonnent à une oligarchie qui n’en a jamais assez, qui trouve indigne qu’on lui demande de payer sa part d’impôt, qui a pris le contrôle de la sphère médiatique et des instituts d’opinion et qui s’attaque maintenant à l’édition (Bolloré contrôle l’éditeur du livre merveilleux ici encensé) et qui ne s’arrêtera pas là .Une oligarchie qui, comme ailleurs, a usé et use de tous ses moyens pour mettre en selle l’extrême-droite , l’outil de réserve indispensable pour diviser la société en bafouant les principes républicains de citoyens rassemblés et égaux par les mêmes droits et devoirs pour ensuite la mettre au pas.
Enfin derniers compliments à l’auteur sans épuiser ce registre bien sûr.
« Ce livre ouvre et alimente le débat, j’espère qu’il va susciter les échanges et ne pas attirer la foudre contre lui de militants refusant même de le lire ! »
Bravo donc à l’auteur aussi pour le ton qui lui vient si naturellement et qui imbibe ici si bien et si régulièrement toutes sortes de commentaires de gens qui nous prennent pour des petits enfants que l’on essaie de mettre dans la connivence. En tentant de leur apprendre les finesses de la morale des tartuffes si utile quand il s’agit d’inverser les valeurs. Qu’il se rassure, il ne sera pas seul dans la lumière. D’autres sont déjà venus et d’autres arrivent et viendront.
Un double rappel encore à ceux qui se lancent dans ce genre de dévoiements. C’est qu’il est très difficile de contrôler ce genre de glissades et que ceux à qui cela profite vous méprisent tout en attendant toujours davantage de vous. A chacun selon ses mérites alors comme on dit.
Un dernier point encore, ce genre de manigances n’enlèvent rien par ailleurs ici au respect du au travail courageux et persévérant de l’auteur au service des plus démunis.
