Commentaire de Octave Lebel
sur Le retour du service militaire obligatoire : une bonne idée ou une fausse bonne solution ?
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Tout ce qui est dit ici, qui est dans l’air depuis un moment et surtout à l’approche d’élections, n’est pas dénué d’intérêt ni de bonnes intentions mais relève quand même un peu de l’incantation et de la croyance aux miracles ainsi que de la sous-estimation des moyens logistiques nécessaires.
« Durée limitée : 1 à 3 mois maximum pour limiter les coûts et l’impact sur les études »
Concernant la socialisation des nouvelles générations, il convient de s’interroger des dérives et de leurs origines concernant les institutions majeures y pourvoyant. Notamment quand un Sarkozy a quasiment supprimé pendant 5 ans la formation des enseignants (donc 5 promotions de nouveaux enseignants sacrifiées) tout en supprimant des postes par milliers en achetant la paix sociale auprès des enseignants avec des heures supplémentaires défiscalisées (80% de l’ensemble des HS distribuées toutes professions confondues). En supprimant parallèlement l’accès jusqu’alors publique (site de l’EN) aux rapports de l’Inspection Générale y compris pour les corps de direction et d’inspection. Il n’y a plus eu de loi de programmation depuis 2005 avec des « réformes » au fil de l’eau consistant en réalité à déplacer des moyens là où le bât blessait de manière trop visible tout en jargonnant d’abondance. Des réformes consistant à diminuer les heures d’enseignement général qui sont des enseignements fondamentaux et transversaux permettant la construction de repères, qui favorisent la socialisation dans un monde de plus en plus complexe et mouvant ainsi que les apprentissages professionnels en constantes évolutions. Comme ce fut le cas avec les enseignements de mathématiques notamment y compris dans l’enseignement général et qui ont du faire l’objet d’un rétablissement en catastrophe. Un turn over accéléré de ministres dans un système à 80% public de plus en plus formés exclusivement ou pour une bonne part, eux et leurs enfants, dans le système privé comme une provocation par le systématisme observé. Par le quasi abandon des politiques de la ville avec l’approbation des droites et de l’extrême-droite et la dernière dérobade d’un Macron, politiques initiées par Chirac et Borloo qui visaient à faire disparaître les ghettos de pauvres et d’immigrés où toute une jeunesse est exposée à la déscolarisation et la dérive de l’argent facile dans des trafics ainsi favorisés. Parallèlement des rustines ont été mises en place avec le recours à l’armée accueillant des jeunes en grande désocialisation avec peu d’effet en réalité comme toutes les rustines. Des écoles dites de la seconde chance avec des coûts de stagiaires supérieurs aux coûts élèves de l’enseignement public et des résultats évalués sans rigueur et pourtant valorisés par certains élus. L’apprentissage où les réussites sont inégales et qui pour l’essentiel a déplacé des élèves déjà motivés du lycée au centre d’apprentis en refoulant au lycée ceux qui avaient besoin de plus d’accompagnement. Avec un beau gain en moyens octroyés aussi pour les CFA privés. Beau bilan comme on dit. Mais qui est surpris ?
