mercredi 6 mars - par rosemar

Les enluminures des hiéroglyphes...

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"Lorsque la porte de pierre s’écarta, livrant, pour la première fois depuis trente-cinq siècles, passage aux rayons du jour, une bouffée d’air brûlant s’échappa de l’ouverture sombre, comme de la gueule d’une fournaise. Les poumons embrasés de la montagne parurent pousser un soupir de satisfaction par cette bouche si longtemps fermée. La lumière, se hasardant à l’entrée du couloir funèbre, fit briller, du plus vif éclat, les enluminures des hiéroglyphes entaillés le long des murailles par lignes perpendiculaires et reposant sur une plinthe bleue. Une figure de couleur rougeâtre, à tête d’épervier et coiffée du pschent, soutenait un disque renfermant le globe ailé et semblait veiller au seuil du tombeau, comme un portier de l’éternité."

C'est ainsi que Théophile Gautier dépeint la découverte et l'ouverture d'une tombe égyptienne, dans son oeuvre, intitulée Le roman de la momie... Aussitôt, les enluminures des hiéroglyphes apparaissent et subjuguent les héros de l'histoire...
 

Le mot "hiéroglyphe" surprend par sa graphie complexe, son "i" grec, ses sonorités contrastées de gutturales "r" et "g", assez rudes et de fricative "ph", très douce...

Avec les hiéroglyphes, on entre dans le domaine du secret et du sacré : le mot lui-même n'est-il pas énigmatique et mystérieux ?

Le mot lui-même nous intrigue, nous fascine, et semble mimer les caractères qu'il désigne.

Le mot dessine des arrondis, des entrelacs, des boucles étonnantes.

Il nous entraîne vers d'autres univers, des époques lointaines, des mondes souterrains et obscurs, on pénètre dans des pyramides, on découvre des fresques d'un autre temps, ornées de signes étranges, formant des motifs pleins de charme.

Les couleurs éclatantes, les entrelacs de l'écriture attirent tous les regards.

Les hiéroglyphes nous parlent, et nous disent une forme de sérénité et de beauté...

Les signes décrivent des volutes, des enroulements qui nous envoûtent, les caractères nous subjuguent de leurs envolées mystérieuses...

Le mot lui-même montre et suggère toute l'étrangeté de ces motifs imprimés dans la pierre, ou peints sur des fresques.

On est, aussi, fasciné par l'aspect colossal des monuments de l'Egypte ancienne : les pyramides de Giseh, Chéops, Khéphren, Mykérinos, des temples aux colonnes imposantes, des statues de dieux aux dimensions surhumaines.

Et les hiéroglyphes, eux-mêmes, nous font découvrir une dimension sacrée, et comme supérieure...

Le mot, on ne s'en étonnera pas, vient de deux radicaux grecs, un adjectif "hiéros, sacré", et un nom "glyphé, la gravure"...

Ainsi, ce mot s'inscrit dans une sphère religieuse et mystique. Il nous fait remonter aux origines mêmes de l'écriture, essentiellement figurative, composée de plantes, d'humains, de dieux, d'animaux et de quelques signes phonétiques.

Cette écriture, attestée des le quatrième millénaire, nous fait percevoir tout le sens artistique des anciens Egyptiens, leur goût de la beauté, des lignes tracées avec élégance...

Ce nom évoque des temples, des dieux, aux sonorités exotiques et lointaines, Isis, Osiris, Bastet, Anubis, Sobek, Khépri, Bastet, des êtres magnifiés, des pharaons aux noms étranges.

Abou Simbel, Karnak, Denderah, Philae, ces noms de lieux célèbres nous font voyager dans l'espace et le temps !

Toutankhamon ! Ce nom nous transporte dans des paysages de dunes de sable, des étendues dorées, enluminées de soleils éblouissants. Ce seul nom nous fait entendre l'ancienne Egypte, ce seul nom résonne comme un chant venu d'un lointain passé.

Toutankhamon, déifié, devenu un symbole de la magnificence égyptienne ! Toutankhamon, souverain universel, connu de tous !

Mykérinos, Chéops font rayonner, aussi, leurs éclats de sifflantes !

Les hiéroglyphes racontent leur histoire, magnifient leur vie, font revivre un passé brillant...

Quel mot ! Quelle graphie !

Les consonnes de ce nom se hissent vers des hauteurs ou retombent dans des profondeurs et des abimes de mystères !

 

 

Le blog :

http://rosemar.over-blog.com/2015/06/les-enluminures-des-hieroglyphes.html

 

Vidéo :

 



10 réactions


  • alanhorus alanhorus 6 mars 11:46

    Nous n’avons pas inventé les mathématiques nous les avons découvertes. C’est quelque part un peu le langage de Dieu, un être logique donc.

    On découvre ici le rapport entre le « sac à mains » des sumériens et le symbole de la croix égyptienne.

    Le chiffre 72 est lié au complot contre Osiris, à une proportion qui renvoi la pyramide de Gizeh aux dimensions de la Terre.

    Selon cette vidéo Osiris aurait été crucifié sur un arbre, cela n’apparaît pas exactement dans le mythe d’Osiris. Son corps mort aurait été protégé par un arbre.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Mythe_d%27Osiris

    Robert schoch, Jack Cary, Billy Carson, robert Beauval, andrew Collins, Graham Hancock partagent avec nous leurs découvertes sur une civilisation dont on ne connaît pas tout.

    https://www.youtube.com/watch?v=vHVMgR1dsZQ

    Parmi cette équipe de chercheurs, il y avait john Anthony West qui à rejoint Osiris en février 2018.

    Il avait fait un lien entre le sphinx et le déluge de la bible.

    Il me reste un doute sur le fait qu’ils rapprochent cette histoire de celle d’Enki et Enlil.

    https://mythologica.fr/mesopotamie/enki.htm

    Osiris et Seth ne correspondent pas, pour moi, à Enki et Enlil.

    Un article que j’avais proposé et qui reste en rade....

    La religion d’Osiris est la plus ancienne connue elle a le mérite de montrer une dualité bien et mal assez concrète Seth incarnant le mal est le frère d’Osiris incarnant celui qui règne sur les morts et fut l’inventeur de la religion sur terre il est aussi celui qui appris l’agriculture aux hommes contre l’anthropophagie.

    Le Christianisme rend cette dualité plus difficile à comprendre puisque le diable devient le tentateur.

    Le Christ réincarnation d’Osiris ? Il disait avant qu’Abraham ne fut je suis.

    Pour beaucoup la réincarnation n’existe pas, pourtant si le Christ revient il sera un réincarné.

    Pythagore qui vécut longtemps en Égypte se souvenait de ses vies antérieures.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Pythagore


    Plus tard, Pythagore affirme qu’il est la réincarnation d’Éthalidès (fils d’Hermès), d’Euphorbe (héros de la guerre de Troie), d’Hermotime de Clazomènes (chamane apollinien), et de Pyrrhos (un pêcheur de Délos), et qu’il se souvenait de ces incarnations antérieures.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9incarnation


  • Étirév 6 mars 11:54

    Dans l’histoire d’Adam et Eve, on nous dit que ce premier couple eut trois enfants : Caïn et Abel, puis un troisième sur lequel on ne nous dit rien. C’est ce personnage, effacé avec intention, qui va entrer en jeu ou plutôt entrer dans l’histoire à l’époque que nous étudions. Seth, ce troisième enfant (sans sexe comme tous ceux des écritures masculines), est une fille qui arrive au monde pour remplacer celle que Caïn a tuée, la femme vaincue partout. Celle-ci va vivre et faire revivre, avec elle, la puissance féminine éclipsée pendant plusieurs siècles.

    Les anciens Egyptiens appellent cette nouvelle souveraine Sota, Seta, Sothis ou Seti.

    Cette Reine ayant été masculinisée, on en fit un personnage extraordinaire, sur la tête duquel on mit tous les exploits des premiers guerriers de l’Egypte et particulièrement ceux des Ramsès, en les amplifiant encore, et on donna à ce personnage le nom de Sésostris. Ce sont ces traditions légendaires, ces récits devenus fabuleux, racontés de bouche en bouche par le peuple, que les Grecs recueillirent avidement. Et c’est avec ces récits que pendant bien des siècles on a écrit l’histoire de l’Egypte. Sésostris fut inventé par les Grecs pour mettre à la gloire d’un homme les mérites d’une femme. Voyons de quelle manière :

    La transformation du nom Seth-sos, s’explique facilement, quand on se rappelle que les Grecs prononçaient le ψ comme S. Quant à tris, c’est le mot trois (Tris-mégiste, trois fois grand). Donc, ce nom de Sesos-tris, c’est Seth-sos-tris. Dans la langue celtique des Bretons, tri veut dire trois. Ce sont les Grecs qui y ont ajouté l’S final.

    Aussi, le mot « momie » a dû être introduit dans la suite par ironie parce qu’il désigne la mort, alors que les hommes se moquaient de « l’immortalité » des Déesses. Dans certains idiomes, on a continué à appeler la fille la « môme ».

    L’Égypte,sa vraie Histoire


  • Étirév 6 mars 11:56

    Max Müller dit : « Bien que nous voyions les pyramides encore debout et les ruines des temples et des labyrinthes avec leurs murs couverts d’inscriptions hiéroglyphiques et d’étranges peintures de Dieux et de Déesses... que sur des rouleaux de papyrus, qui semblent défier les ravages du temps, nous ayons même des fragments de ce qu’on peut appeler les livres sacrés des Egyptiens, cependant, bien qu’on ait déchiffré beaucoup de choses dans les annales de cette race mystérieuse, le ressort principal de la religion égyptienne et l’intention originelle de son culte cérémonial sont loin de nous être révélés complètement ».
    « En fait, nos grands égyptologues connaissent si peu les rites funéraires des Egyptiens qu’ils se sont laissés aller aux erreurs les plus comiques. Il y a un an ou deux, on en découvrit une de ce genre à Boulaq-Caire.
    « La momie de ce qu’on croyait la femme d’un Pharaon sans importance s’est transformée, grâce à une inscription trouvée sur une amulette pendue à son cou, en celle de Sésostris, le plus grand roi de l’Egypte ».
    Rappelons rapidement qui était Sésotris.
    Dans l’histoire d’Adam et Eve, on nous dit que ce premier couple eut trois enfants : Caïn et Abel, puis un troisième sur lequel on ne nous dit rien. C’est ce personnage, effacé avec intention, qui va entrer en jeu ou plutôt entrer dans l’histoire à l’époque que nous étudions. Seth, ce troisième enfant (sans sexe comme tous ceux des écritures masculines), est une fille qui arrive au monde pour remplacer celle que Caïn a tuée, la femme vaincue partout. Celle-ci va vivre et faire revivre, avec elle, la puissance féminine éclipsée pendant plusieurs siècles.
    Les anciens Egyptiens appellent cette nouvelle souveraine Sota, Seta, Sothis ou Seti.
    Cette Reine ayant été masculinisée, on en fit un personnage extraordinaire, sur la tête duquel on mit tous les exploits des premiers guerriers de l’Egypte et particulièrement ceux des Ramsès, en les amplifiant encore, et on donna à ce personnage le nom de Sésostris. Ce sont ces traditions légendaires, ces récits devenus fabuleux, racontés de bouche en bouche par le peuple, que les Grecs recueillirent avidement. Et c’est avec ces récits que pendant bien des siècles on a écrit l’histoire de l’Egypte. Sésostris fut inventé par les Grecs pour mettre à la gloire d’un homme les mérites d’une femme. Voyons de quelle manière :
    La transformation du nom Seth-sos, s’explique facilement, quand on se rappelle que les Grecs prononçaient le ψ comme S. Quant à tris, c’est le mot trois (Tris-mégiste, trois fois grand). Donc, ce nom de Sesos-tris, c’est Seth-sos-tris. Dans la langue celtique des Bretons, tri veut dire trois. Ce sont les Grecs qui y ont ajouté l’S final.
    Aussi, le mot « momie » a dû être introduit dans la suite par ironie parce qu’il désigne la mort, alors que les hommes se moquaient de « l’immortalité » des Déesses. Dans certains idiomes, on a continué à appeler la fille la « môme ».
    L’Égypte, sa vraie Histoire


  • sls0 sls0 6 mars 17:12

    Les hiéroglyphes se traduisent même en ligne, sacré secret.

    Dans les écrits de la mer rouge qui font référence à Khoufou ou Kheops, c’est surtout de la comptabilité, coté mystique et religieux il y a mieux.

    Ce que l’on connait pas fait fantasmer. Avec un peu d’effort l’inconnu devient connu.

    Les parutions de l’école française d’égyptologie déboulent dans ma boite mail une fois tout les 2-3 semaines et c’est gratuit.

    Ok, c’est fatiguant de lire.

    J’aprécie les profs qui rendent leurs élèves curieux avec un peu de scepticisme, ceux qui partagent leur fantasmes un peu moins.


    • rosemar rosemar 6 mars 17:30

      @sls0

      Un système complexe : bravo pour cette curiosité !


    • rosemar rosemar 6 mars 17:51

      @sls0

      Vous êtes allé en Egypte ?


    • sls0 sls0 6 mars 19:26

      @rosemar
      Une fois mais si je vais à l’étranger c’est pour de l’eau potable et de l’électricité pour une ONG, j’ai fais pas mal de pays mais rarement le temps de faire du tourisme. J’étais du coté d’Alexandrie où il y a à voir.
      Dans le coin Liban (pour le boulot) et Palestine j’ai eu plus de temps car j’y suis allé pour plusieurs missions. Comme le contact avec les locaux est assez fort, on nous montre des choses intéressantes.
      Les locaux apprécient toujours que l’on connaisse leur histoire, une sorte de respect de mon point de vue.
      Depuis 87 que je n’ai plus de télé, ça libère 1200h/an, une partie peut servir à apprendre.
      Pour l’égyptologie, c’est grâce à Grimault, pour mes arguments j’aime autant que ce soit sur du sérieux. J’avais les bases techniques, géomorphologiques et géologiques, j’ai du approfondir le coté historique.


  • Cyrus (TRoll de DRame) Cyrus 6 mars 18:44

    @rosemar 

    Plutôt du bon boulot (je vous épargne le pour une fois smiley) ,

    Continuez le passage en classe supérieur est presque acquis .


  • ETTORE ETTORE 8 mars 12:30

    Ce qui m’as toujours frappé, c’est le contraste entre la géométrie architecturale épurée, et le foisonnement de détails, des écrits, l’écriture devient décoration, colorée, foisonnante, parlante, rentrant dans la pierre, jamais inutile

    Ces deux valeurs esthétiques se marient à la perfection et se mettent en résonance

    mutuelle pour laisser transparaître les secrets de l’un et l’autre.

    Rien que le ressenti de cette sensation, est déjà une clé qui invite à un voyage vers une autre compréhension de l’histoire de « l’humanité »


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