jeudi 6 juillet 2023 - par JPCiron

Les Dieux suivant le pas de l’homme, ils se sont succédé en Sicile/ Italie : à SEGESTA, à SELINUNTE, à MONREALE, à ERICE,... etc

Dans cet Article, j'aimerais vous faire partager quelques vues de la pointe Ouest de la Sicile.

C'est un reportage essentiellement photographique qui vous est proposé, les informations historiques se trouvant à deux clics sur internet... ce qui ne m'empêche nullement de donner mon analyse ou mon sentiment, à l'occasion....

 

Nous avions choisi un point de chute proche de Segesta, qui permettait de rayonner dans cette partie « Ouest » de la Sicile, en faisant des excursions à la journée. Nous voulions aussi la tranquillité. Aussi avons-nous choisi l' Agriturismo Antichi Granai (qui se prononce antiki granaï) un peu à l'écart dans les collines. La route d'accès (goudronnée) est typique des chemins tortueux des collines. Cela me rappelle un peu les chemins bretons de ma grand mère...

 

 

>> SEGESTA (Ségeste)

 

L' Antique Segesta n'était pas Grecque, et a longtemps été une concurrente régionale de Selinunte.

Segesta et Erice étaient des cités du peuple des ''Elymes'', souvent considéré comme le seul peuple indigène de Sicile. La cité connut nombre de guerres, sur de longues périodes.

Le Temple de Segesta a été élevé fin V ième siècle av. JC. Et il n'est pas certain que le Temple ait pu être terminé complètement, du fait probablement des conflits incessants.

Vers le III ième siècle av JC, le théâtre grec est élevé à Segesta.

La cité de Segesta fut détruite vers l'an mille par les Sarrasins.

 

Voici le Temple de Segesta  :

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Compagnie sympathique, les choucas nichent dans les anfractuosités du Temple :

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En montant par le sentier, du Temple vers le Théâtre, la vue sur le Temple est splendide :

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Un peu plus loin, sur la droite du sentier en montant, se trouvent les ruines d'une Mosquée. Il n'en reste en fait que les fondations rectangulaires et une petite niche caractéristique. Le tout étant remarquable, car il s'agit de la plus ancienne Mosquée de Sicile.

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Le théâtre Romain se trouve au bout du chemin, avec vue sur la vallée.

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Au retour, jolie vue sur le Temple :

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>> SELINUNTE (Sélinonte)

 

Selinunte se trouve sur la côte Ouest, juste en face de Tunis.

C'était une Cité Grecque, fondée vers le VII siècle avant JC. Une autre Cité Grecque l'avait précédée en Sicile, côté Est , au VIII siècle avant JC.

 

Selinunte était une riche métropole régionale, qui a prospéré durant plusieurs siècles. Elle a connu son lot de guerres et de destructions. Elle finit sous domination de Carthage.

Vers le III siècle avant JC, les habitants s'enfuient, craignant la domination des Romains.

 

Quelques siècles plus tard, un terrible tremblement de terre détruit ce qui restait encore debout. Et Selinunte n'a pas été reconstruite depuis.

 

Selinunte se découvre donc bien à pied, en prenant le temps. Le périmètre archéologique est vaste : près de 400 hectares ! Il faut donc un peu d'eau dans le sac.

 

Sur le Plan ci-dessous, on voit qu'il y a deux zones principales : la Colline Orientale et l' Acropole. Je présente ici ce qui tient davantage debout.

Le Parking donne accès à la Colline Orientale. Il y a aussi une route en terre pour voitures, pour aller du Parking à l' Acropole (avec certaines restrictions, je suppose).

Il y avait une buvette (bienvenue) avec glaces, sur l'Acropole.

 

 

> LA COLLINE ORIENTALE

 

Pour s'y retrouver, il y a sur place des plans, avec aussi des tableaux donnant des informations en Anglais et en Italien :

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Le Temple le plus proche du Parking est le ''Temple E'' :

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Détail de construction :

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''Temple E'' (vue arrière) :

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Chaos du ''Temple G'' voisin :

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On note, au centre des segments de colonne, la présence d'un creusement central de forme approximativement carrée. Il s'agirait d'une technique de transport des pièces fort ingénieuse : ces creusements de chaque côté du segment permettraient de centrer les pièces de bois fixées à l'extérieur des segments de colonnes ; pièces qui servaient de ''roues'' pour le transport. Transport par roulement sur ''roues'' de bois.

Ce système fonctionne aussi fort bien pour les pièces parallélépipédiques.

 

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Carrière de Selinunte – Jean Houel / auteur Davide Mauro / CCASA 4.0 intl https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/e/e9/Carri%C3%A8re_de_Selinunte_-_Jean_Houel.jpg

 

Ces images des restes du Temple G donnent une idée de l'immensité de ce Temple :

 

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On rencontre le ''Temple Y'' sur le chemin piétonnier allant vers l'Acropole.

Il s'agit d'une reconstitution partielle : ce Temple était totalement entouré d'une rangée de colonnes isolées du mur extérieur (=périptère). C'est le premier de son genre à Selinunte.

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C'est près de là qu'était exposée une superbe charrette sicilienne traditionnelle : splendide !

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>> L' ACROPOLE

 

On aperçoit le ''Temple C'' de loin :

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Voici une vue d'artiste de l'Acropole d'il y a 2500 ans :

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Le 'reste' du Temple C est mon préféré : élégant et dominant la mer :

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Le tremblement de terre a été vraiment dévastateur :

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Un sympathique habitant des lieux pose pour vous :

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Ailleurs, les lichens clairs et sombres décorent la roche nue :

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>> CATHEDRALE DE MONREALE

 

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Cathédrale catholique du XIII siècle.

Monreale est situé juste au sud de Palerme.

 

Christ Pantocrator :

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La cathédrale regorge d'évocations bibliques. J'en mentionne quelques-unes, sur lesquelles je propose quelques commentaires explicatifs :

 

La représentation de la Création d' Ève est intéressante. Elle montre Ève issue de la côte d' Adam. Cette évocation est décrite en Genèse 2 : 21-22.

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Ce récit mythique est en fait construit sur la base d'un antique poème Sumérien. C'est vers 1913 que l'éminent père dominicain (et assyriologue) Jean-Vincent Scheil a établi ce lien, confirmé plus tard par d'autres chercheurs.

A la fin du VI ième siècle avant JC, les élites Judéennes ont été exilées à Babylone par les conquérants Babyloniens. C'est là qu'ils ont eu accès à la riche littérature des Antiques Sumériens, dont une partie était arrivée, depuis longtemps déjà, chez les érudits en Ougarit/ Canaan. Parmi cette littérature sumérienne se trouve un poème qui a alors été mal traduit et donc mal compris. Mais certains exilés se le sont néanmoins approprié tel quel. Ils en ont attribué le contenu à Dieu, et l'ont inséré dans les textes qu'ils écrivaient alors, qui feront partie de la Septante grecque, qui devint l'Ancien Testament des Chrétiens.

 

Un petit développement avec explications, fait le lien entre l'histoire que relate le poème et l'improbable récit qui s'est retrouvé inséré dans la Bible :

https://www.agoravox.fr/actualites/religions/article/le-mythe-biblique-de-la-creation-d-222680

 

Notons que cette transposition d'un texte issu d'une autre Culture, associée à une erreur de traduction, peut avoir des implications sur l'apparition de certaines idées erronées relatives à la femme. En particulier quand ces idées dérivent d' actions attribuées à Dieu dans des textes sacrés, qu'il est dès lors malaisé de questionner.

 

En outre, rappelons que nombre d'emprunt à des sociétés non-sémites (principalement Sumérienne, Égyptienne et Perse) se sont ainsi retrouvés, plus ou moins 'retouchés', dans la Bible, et en constituent tant l'architecture que le decorum. Techniquement, la Bible s'est construite sur des fondations Cananéennes polythéistes, sur lesquelles se sont entremêlés des apports structurants non-sémites et Arabiques. Voir (3), (4), (5), (6).

Comprendre les modalités de formation d'une structure complexe permet de s'extraire de sa matière, et d'accéder à l'essentiel : le spirituel.

 

 

Le sacrifice d' Isaac : Dieu met Abraham à l'épreuve et lui ordonne de sacrifier son fils unique. Alors qu'il s'apprête à égorger son fils pour l'offrir en holocauste (= le ''passer par le feu''), Dieu arrête son bras par la voix d'un ange. Un bélier sera sacrifié à sa place. (Genèse 22 : 1-19) :

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Cet épisode est fort intéressant, car il se situe à une époque charnière (durant l'Exil à Babylone) où le syncrétisme est fortement à l'oeuvre, et où nombre d' anciennes traditions Israélites sont même remplacées par des traditions venues de Cultures non sémites.

On sait ainsi que « Salomon bâtit sur la montagne qui est en face de Jérusalem un haut lieu pour Kemosch, l'abomination de Moab, et pour Moloc, l'abomination des fils d'Ammon » (1Rois 11:7) Kemosh et Moloc sont deux dieux auxquels les anciens Israélites 'passaient' leurs fils (et leurs filles) ''par le feu'' (Jérémie 32:35).

En fait, la Bible nous dit que c'était Dieu qui était à la manœuvre quand ils faisaient cela. Ezéchiel cite Dieu qui affirmait : « Je leur donnai aussi des préceptes qui n'étaient pas bons, et des ordonnances par lesquelles ils ne pouvaient vivre. Je les souillai par leurs offrandes, quand ils faisaient passer par le feu tous leurs premiers-nés ; je voulus ainsi les punir, et leur faire connaître que je suis l'Éternel. » (Ezéchiel 20 : 25-26)

 

C'est à cette époque qu'apparaît le texte où Dieu, par la voix d'un ange, signifie symboliquement la fin des sacrifices d'enfants, via le récit biblique du ''sacrifice d'Isaac'' (la rédaction du texte, quelque part entre le VI et le III siècle av JC, ferait donc remonter la pratique et l'interdiction divine au temps mythique d'Abraham...)

 

Bientôt, la sanction est formalisée : livrer un de ses enfants à Moloc est puni de mort. (Lévitique 20:2)

 

Parallèlement, alors que de tous temps jusque là, les sacrifices d'animaux étaient une pratique fondamentale des anciens Israélites, exécutées selon les instructions de Dieu, avec des procédures fort détaillées (Lévitique 9 : 1-24), on assiste subitement à un retournement de situation. Ainsi, Esaïe rapporte la parole de Dieu qui affirme : « Qu'ai-je affaire de la multitude de vos sacrifices ? dit l'Éternel. Je suis rassasié des holocaustes de béliers et de la graisse des veaux ; Je ne prends point plaisir au sang des taureaux, des brebis et des boucs. / Quand vous venez vous présenter devant moi, Qui vous demande de souiller mes parvis ? / Cessez d'apporter de vaines offrandes : J'ai en horreur l'encens, Les nouvelles lunes, les sabbats et les assemblées ; Je ne puis voir le crime s'associer aux solennités. » (Isaïe 1 : 11-13)

 

Dès lors, plus de sacrifices, même de béliers... Les Judéens de l'Exil sont devenus Zoroastriens sur cet aspect-là... Voir plus en (1) et en (2)

 

 

Continuons notre visite :

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La richesse et le raffinement de certaines statues de la cathédrale est exceptionnelle.

 

 

Voici une représentation classique de la Création par le Verbe :

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En fait, l'adoption de ce concept par les sémites Judéens , lors de leur Exil à Babylone, est le quatrième par ordre chronologique. Les trois premiers étant non sémites :

Cette adoption-invention eut tout d'abord lieu, au début du III millénaire avant JC, en Égypte, par le Dieu Ptah. Il créa toute chose (y compris les dieux). Durant le III millénaire avant JC, en Pays de Sumer, la création par le verbe du monde, des animaux et des humains fut faite par les premiers dieux et déesses. Les Judéens ont adopté cette idée lors de l'Exil à Babylone, vers le V siècle av. JC

https://www.agoravox.fr/actualites/religions/article/le-mythe-de-la-creation-par-le-224227

Notons que les Zoroastriens ont adopté le concept de création par la pensée vers le début du II ième millénaire avant JC.

Notons aussi que la ''Création'' de la Septante (Ancien Testament), plutôt qu'une Création 'ab initio', est fondamentalement une mise en ordre d'un chaos préexistant.

 

 

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Le cloître de la cathédrale est splendide. On y accède par un escalier passant le long de la toiture : une superbe vue plongeante.

 

Aussi, le travail des colonnes le long du déambulatoire du cloître sont souvent de véritables œuvres d'art, chacune étant unique.

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''Voir la nudité de...'' est la manière des Israélites des temps bibliques pour dire ''coucher avec'' ou plus explicitement ''avoir une union sexuelle avec''

La liste des unions sexuelles interdites se trouve en Lévitique 18 : 1-30

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Cette image illustre le verset Genèse 9:22 « Cham, père de Canaan, vit la nudité de son père [Noé] » tandis que ce dernier était ivre... Le fait qu'à son réveil Noé maudisse Canaan, fils de Cham (et non Cham lui-même), pose problème aux rabbins et aux chercheurs... outre à nous-mêmes.

Je traite ce sujet dans un des paragraphes de cet Article : https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/extraits-d-ouvrages/article/une-bible-peut-en-cacher-une-autre-241795

 

En conclusion de ce chapitre « MONREALE » je propose quelques réflexions sur le fait que la Bible (Septante) n'est pas le Livre de Théologie que l'on croit, mais est essentiellement un recueil de textes religieux à support d'un Projet Politique. J'évoque les questionnements liés à cette idée en (3), en (4), et en (5). Et j'y reviendrai sans doute plus en détail dans quelque Article, dans le futur.

 

 

>> ERICE

Erice se trouve à la pointe Ouest de la Sicile. La vieille ville est blottie tout en haut de la colline. On y monte en téléphérique :

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Castello di Venere (XII s) & Torretta Pepoli (XIX s) :

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Venere, c'est Vénus. C'est-à-dire l'antique déesse-mère Sumérienne Inanna, qui a pris plus tard d'autres noms selon les lieux : Ishtar, Astarté, Vénus, Aphrodite, ...

Une tête datée de vers le IV s av JC représente probablement Vénus.

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On trouve sur place plusieurs œuvres remarquables. Par exemple : L'Annonciation (Chiesa di Maria SS. Annunziata dei Carmelitani)

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La Chiesa Madre (XIV – XIX s.) est aussi un édifice intéressant.

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Bien plus au nord de Erice, en direction de San Vito, nous avons fait une halte sur cette baie volcanique. Non loin de là, à l'Est, se trouve la Réserve Naturelle de Zingaro... mais nous avons dû renoncer, question de temps. Ce sera pour une autre fois !

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(côté ouest, à l'horizon côté mer, se détache le Monte Cofano, qui est aussi une réserve naturelle)

 

 

 

>> AGRIGENTE (pour mémoire)

Au Sud Est de Selinunte (trop loin pour une virée dans la journée depuis Segesta) se trouve Agrigente (et ses environs), dont j'ai parlé ici :

 

« Évadons nous donc un instant à Agrigente (Sicile) »

https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/voyages/article/evadons-nous-donc-un-instant-a-224452

 

Agrigente est très touristique...

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JPCiron

 

°°°°°°°°°°°°°°° NOTES °°°°°°°°°°°°

 

.. (1) – Article « La BIBLE, le Syncrétisme, le Polythéisme et l’Éthique : Ou comment la proximité de Cultures non cloisonnées est enrichissant pour toutes »

https://www.agoravox.fr/actualites/religions/article/la-bible-le-syncretisme-le-213598

 

.. (2) – Article « Portraits de deux Dieux : celui que nous montre la BIBLE (Pentateuque), et celui présenté par l’ AVESTA (Originel) »

https://www.agoravox.fr/actualites/religions/article/portraits-de-deux-dieux-celui-que-213692

 

.. (3) – Article « La BIBLE (Pentateuque) abrite un nid de Mythes concoctés pour un PROJET POLITIQUE de ’’Retour d’Exil’’, au Pays de Canaan »

https://www.agoravox.fr/actualites/religions/article/la-bible-pentateuque-abrite-un-nid-242059

 

.. (4) – Article « LE NAZARÉEN : Ses lointaines Racines Spirituelles »

https://www.agoravox.fr/actualites/religions/article/le-nazareen-ses-lointaines-racines-238062

 

.. (5) – Article « Un regard d’extraterrestre sur nos religions chrétiennes »

https://www.agoravox.fr/actualites/religions/article/un-regard-d-extraterrestre-sur-nos-243333

 

..... (6) - Article « La BIBLE, l'Histoire, l'Archéologie, et l'incontournable Royaume d'Ougarit »

https://www.agoravox.fr/actualites/religions/article/la-bible-l-histoire-l-archeologie-212657&nbsp ;  

 

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14 réactions


  • cevennevive cevennevive 6 juillet 2023 16:33

    Merci JPCiron pour ces images et pour ce doux air de ma chère Sicile !

    Viglio retornare !

    Cela fait trois ans que je n’y suis pas allée. Mais elle me manque !

    C’est certainement « la terre des Dieux », pourtant tellement convoitée par tant de civilisations diverses : Normands, Arabes, Grecs, etc...

    Et que l’on ne me dise pas qu’errer dans Palerme est dangereux ! La ville est propre, bien surveillée, et j’ai parcouru ses rues, de nuit comme de jour, sans une seule crainte, même dans les petites rues...

    Les Siciliens vous saluent si vous leur souriez, et les vieux, sur les bancs publics, vous font signe de vous asseoir auprès d’eux. Fusent les questions et les rires car mon Italien n’est pas très sûr. Mais là bas, on parle souvent avec de grands gestes !

    En tous cas, belles photos !

    Je vais garder votre article, car, figurez-vous que j’ai perdu mes photos de Sicile en perdant mon smartphone il y a deux ou trois ans.


    • JPCiron JPCiron 6 juillet 2023 17:56

      @cevennevive

      Bonjour,
      Effectivement, j’ai un très bon souvenir de Palerme où nous avons aussi fait une halte. Question propreté, par charité pour Paris, on ne comparera pas. Les Siciliens sont effectivement charmants, comme d’ailleurs la plupart des Italiens !

      Je ne sais plus si j’ai déjà fait un article Voyage sur Palerme. Si non, je m’y mettrai un de ces prochains mois.


  • S. Lampion Grincheux 6 juillet 2023 17:15

    Merci pour ce riche exposé et les photos.

    Même si la notion de « cité » est centrale dans l’histoire de la Grèce antique, ce qui explique que des villes de langues et cultures différentes peuvent se côtoyer sur le même territoire , en ne se livrant pas plus (ni moins) à des conflits que des cités rivales (comme Athènes, Sparte, Troie...)

    D’ailleurs, Thucydide a écrit au sujet des Élymes qu’ils étaient des Troyens ayant fui les Achéens lors de la prise de leur cité, et qu’ils avaient traversé la Méditerranée pour s’installer en Sicile dans le voisinage des Sicanes. En tous cas, les inscriptions des tablettes de bronze comme celle dénommée « Décret de Nakone » (du nom de la petite cité où elle a été retrouvée) sont en alphabet et langue grecques.

    Par contre, toute la partie orientale de l’île était 100% grecque, et on oublie trop que les états-nations n’existaient pas, et surtout que le « monde grec » se répartissait sur plusieurs rivages de la Méditerranée « comme les grenouilles autour d’une mare » (Platon) (Asie Mineure, Egypte, LibyeEspagne, Riviera franco-italienne, rivages de la Mer noire, Calabre, Ouilles), sans jamais pénétrer trop dans les terres. Phocée-Marseille en est un exemple. L’Iliade et l’Odyssée sont les récits épiques de cette diffusion. Quand on apprend à l’école qu’Archimède était un grand savant, on ne dit pas toujours qu’il était né et avait vécu à Syracuse.

    L’empire romain a ensuite intégré tout cet apport en le « latinisant » par un phénomène de vampirisme centripète impressionnant.

    Parmi les diverses influences qu’a subies par la suite, il ne faut pas s’en tenir aux Sarrasins. Les Normands y ont tenu une grande place que beaucoup ignorent.


    • JPCiron JPCiron 6 juillet 2023 18:10

      @Grincheux

      Bonjour,
      Le ’monde Grec’ était effectivement vaste. Ils se sont effectivement installés jusqu’ à Marseille et aussi près de Hyères en zone côtière sud France (Olbia) dont j’ai pu visiter les ruines il y a quelques années.

      Sur les Elymes, j’avais lu qu’il y avait plusieurs hypothèses d’origines. Aussi, je ne me suis pas étendu. Merci d’avoir apporté des lumières sur ce point et sur d’autres.

      J’aime bien l’image « comme les grenouilles autour d’une mare », qui correspond effectivement à un processus de colonisation côtière.

      A Palerme, il y a un superbe Palazzo dei Normanni que nous avons pu visiter. Ils étaient là un temps chez eux.


    • Xenozoid Xenozoid 6 juillet 2023 18:16

      @JPCiron
      la victoire de pyrrhus leur a été fatale,car un autre tétard etrusque c’est fait les jambes


  • Enki Enki 7 juillet 2023 09:09
    Jolie promenade photographique et mythologique, merci. Je découvre aussi vos différents articles. 

    Si vous aimez l’élégance en bord de mer, Ephèse, près d’Izmir est pas mal non plus. Sans aller jusqu’au sentiment du « déjà vu », on y ressent l’écho les scènes de vie de l’époque en s’y promenant. Et, oui, ça avait de la gueule. Toutes les constructions d’après la seconde guerre mondiale auront disparues avant 200 ans, alors qu’ici, on évoque des bâtiments millénaires encore en partie debout.

    Je confirme que Ninhunrsag, n’est pas née de ma côte. C’est une hérésie contre la féminité du monde que toutes les cosmogonies anciennes autres que celle hébraïque ont su raconter. Reconnaissons quand même que Jésus a réparé cela à sa manière avec ses enseignements promouvant l’égale dignité des humains, y compris leurs sexes. Le monde chrétien a ensuite imposé le mariage par consentement mutuel, contre les pratiques de rapt et de servitude sexuelle, mariages par viols et mariages arrangés.

    A la fin du VI ième siècle avant JC, les élites Judéennes ont été exilées à Babylone par les conquérants Babyloniens. C’est là qu’ils ont eu accès à la riche littérature des Antiques Sumériens, dont une partie était arrivée, depuis longtemps déjà, chez les érudits en Ougarit/ Canaan. 
    Oui, les matériaux mythologiques sumériens ont servi à élaborer la genèse hébraïque.

    Sans doute que les Hébreux ont trouvé aussi les œuvres d’Homère, pour y installer l’Eden dans le verger des Hespérides, appartenant à Héra qui avait planté l’arbre de la divinité primitive Gaïa : l’arbre aux pommes d’or. Les Hespérides, jeunes filles en charge de garder le verger en profitaient pour marauder quelques pommes d’or. Furieuse Héra les a chassées pour y installer un gardien plus redoutable : Ladon, le dragon à cent têtes enroulé autour de l’arbre.

    Les Hébreux ont dû aussi y récupérer pour ce jardin le mythe de l’âge d’or d’Hésiode où les productions de la nature étaient si abondantes que les humains y trouvaient toutes sortes de délices sans avoir à travailler. L’âge d’or des royaumes perdus de Juda et d’Israël, ont fait le tropisme de la terre promise. 

     Et c’est là sans doute la curieuse inversion faite entre la « genèse » sumérienne et celle hébraïque, à partir du rapport ambivalent entre les frères Enlil et Enki.

    Enlil était le gardien du domaine, de la propriété agricole où les serfs y travaillaient, de l’ordre du monde et de la caste des seigneurs Anunnaki (venus de la mer, peut-être de l’Indus, peut-être de Bactriane, sans doute Hourrites et faisant travailler des Sémites locaux dans le delta du Tigre et de l’Euphrate). 

    Enki avait de la compassion pour le mauvais sort des humains qui travaillaient au domaine, mortels et vulnérables aux maladies. Il avait aussi l’apparence du serpent Ea, des eaux douces et souterraines, et apportait des connaissances aux humains, notamment botaniques pour se soigner. Sans doute l’une des racines mythologiques qui ont formé le caducée.

    Yahvé s’en est pris à Eve et Adam qui ont pris la pomme et la connaissance sur les conseils du serpent… Ainsi la nature des choses serait devenue interdite de connaissance, pour y placer le domaine de l’ordre divin inaccessible aux humains où siège un dieu omniscient protecteur des Hébreux sans terre.

    • JPCiron JPCiron 7 juillet 2023 10:16

      @Enki

      Bonjour,
      Merci pour ces intéressantes précisons et compléments.

       ...Jésus a réparé cela à sa manière ... >

      Jésus, sans doute.
      Mais les Chrétiens ont aussi conservé ce qui dit le contraire.
      Et ils ont utilisé maintes fois ces contraires pour piétiner les Valeurs de Jésus. Et, encore de nos jours beaucoup continuent à le faire. Ou à se taire.

      l’écho les scènes de vie de l’époque en s’y promenant. >

      Je ne connais guère la côte Turque. 
      Ces gens de l’Antiquité, de tous bords, construisaient pour l’éternité. De nos jours, on est plus centrés sur le consommable. C’est bien dommage.
      Les Valeurs de nos sociétés ne sont plus que les ’’plumes de vertu’’ dont nous nous parons.

      Hébreux sans terre >

      Cela aussi, c’est un mythe tenace.
      J’en ai parlé à plusieurs occasions.


    • L'apostilleur L’apostilleur 29 juillet 2023 10:47

      @Enki
      Avis partagé pour Ephèse. Cette côte avec ses cités et ses célébrités antiques est magnifique. 
      Les îles du Dodécanèse à quelques encablures complètent ce coin dont on aura du mal à se lasser.


  • eau-mission eau-mission 7 juillet 2023 10:18

    Très bon choix de pseudo : il me servira de repère mnémotechnique, dans le labyrinthe des réécritures.

    Et puis qu’Ea évoque l’eau, est-ce un hasard orthographique ?

    D’après Santilli (qui vit en Sicile), la réécriture a commencé bien avant, quand les mythes qui traduisaient la prééminence de la femme dans la survie du groupe ont été inversés.

    Vous êtes bien pessimiste pou les construction modernes : croyez-vous que les abri anti-atomiques ne vont pas résister plus de ans ? Enfin, c’est aussi de l’optimisme : ça suppose que la vanité humaine disparaisse aussi, n’imposant plus à la nature des horreurs.

    Il y aurait beaucoup d’autres restes émouvants à citer : les boiseries d’Herculanum, les couleurs au plafond de Thèbes, les pas de dinosaures sur un col des Cévennes.


    • eau-mission eau-mission 7 juillet 2023 10:18

      @eau-mission

      Le post est pour @Enki


    • Enki Enki 7 juillet 2023 13:10

      @eau-mission

      Vous êtes bien pessimiste pou les construction modernes : croyez-vous que les abri anti-atomiques ne vont pas résister plus de ans ?

      (Cette satanée touche Num Lock pour le pavé numérique…).

      Vous ne me soulagez pas mon pessimisme, comme ça... Pour vous aider, je peux ajouter les déchets nucléaires...

       

      Et puis qu’Ea évoque l’eau, est-ce un hasard orthographique ?

      Ah, oui, bonne question. Il y a une racine étymologie [ewe], devenue aigue pour enchaîner plus commodément les voyelles (Aigues-Mortes, par exemple). Mais je ne puis pas linguiste pour vérifier ce rapprochement avec Ea.

      Pour les éléments, l’air, c’est l’énergie, la terre, c’est le siège et l’eau, c’est la vie. Et c’est bien Enki qui a créé l’homme avec Ninmah (Ninhursag). C’est séduisant.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Ea_(divinit%C3%A9)#%C3%89tymologies


  • L'apostilleur L’apostilleur 29 juillet 2023 10:53

    @ JPCiron

    Merci pour ce panorama sicilien magnifique qui ferait presque oublier la place du palais de justice de Palerme avec son muret qui la borde. Les plaques mortuaires avec les noms des juges assassinés défilent tout le long de ce mur .

    Un souvenir poignant de cette tâche sicilienne. 


  • L'apostilleur L’apostilleur 29 juillet 2023 15:33

    @ JPCiron 

    sacrifice d’ Isaac « ...épisode est fort intéressant, car il se situe à une époque charnière (durant l’Exil à Babylone)... »

    Ne pourrait-on pas plutôt dire que l’épisode est raconté ou écrit pendant l’Exil, si l’on admet qu’Abraham serait né vers Ur autour du XVIII/XIXe s. avJ.C ?

    Ceci dit vous soulignez l’intérêt de ce qui semble largement admis quant à l’écriture de l’Ancient Testament 


    • JPCiron JPCiron 29 juillet 2023 15:49

      @L’apostilleur

      si l’on admet qu’Abraham > 
      est une construction théologique, le ’’problème’’ de sa date de naissance disparaitrait... 

      (extrait)  :

      Pourquoi donc avoir changé le nom du Patriarche ? En Sumérien, le nom de ’’Abram’’ (en Sumérien ’’ibru’um’’ ou ’’ib.ru.um’’) signifie ’’Père Bien-Aimé’’. L’expression ’’Bien-aimé’’ est courante en sumérien entre membres de la famille.

      Le passage de ’’Abram’’ à ’’Abraham’’ est intéressant car, en sémite Akkadien, la signification change : « On ne t’appellera plus Abram ; mais ton nom sera Abraham, car je te rends père d’une multitude de nations. » (Genèse 17:5)

       

      La ’’sémitisation’’ du récit n’efface cependant pas les indices qui révèlent les origines dravidiennes de la famille de Abram. En effet, les noms de ses proches évoquent irrésistiblement la Vallée de l’Indus (1).

      Ainsi, Abram / Abraham et sa femme Sarah/ Saraï font miroir à Brahma et sa femme Saraswati.

      De même, dans la Bible, Hagar/ Agar est la servante de Sarah/ Saraï, tandis qu’en vallée de l’Indus, Ghaggar est un affluent de la rivière Saraswati.

       

      Par ailleurs, il y a d’intéressantes similarités entre les très anciens récits de l’Hindouisme et ceux, bien plus récents, de la Bible (1) :

      Les Hindous ont ainsi -entre autres- un mythe similaire à notre « Adam et Eve’’, celui de »Adhama et Havyavati". Après la visite d’un démon qui apparut sous la forme d’un serpent, Adhama mangea du fruit de l’Arbre du Péché. Les descendants du couple devinrent tous ’’impurs’’.

      https://www.agoravox.fr/actualites/religions/article/le-nazareen-ses-lointaines-racines-238062


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