samedi 19 juillet 2014 - par alinea

Bilan

JPEG Je me suis toujours interdit de laisser libre cours à une réaction première ; il faut bien comprendre que cette interdiction n'est que bon sens pour quiconque n'a pas les moyens de rétorquer aux malotrus, de venger les méfaits causés à soi ou aux autres, bref, la seule attitude intelligente possible quand, socialement, on est un dominé.

J'ai raconté ici la seule fois où j'ai voulu répondre à une attaque inimaginable de mauvaise foi et d'arrogance !

La réaction première c'est haïr l'attaquant, c'est vouloir une vengeance, et puis mettre en œuvre cette vengeance. J'ai été assez laminée sur cette terre pour savoir qu'il est indispensable de connaître ses propres forces avant de répondre aux atteintes faites à son intégrité.

Pour ceux qui ne me connaîtraient pas ou qui ne m'auraient pas comprise, je pars toujours de « je » parce que j'ai, viscéralement ancrée, la nécessité de relations horizontales, et dans les actions communes ou dans les discussions, ce sont toujours des « je » qui s'entrecroisent. De même pour toute entreprise humaine, qu'elle soit créative ou récréative, je ne conçois que le partage – des tâches et de leurs résultats, qu'ils soient gratifications ou déboires- basé sur l'échange des capacités, des talents, des énergies,etc. Aussi ne puis-je employer un ton docte ou faire preuve de la moindre pédagogie.

Cependant il est notable de constater que ce socle d'échanges est, c'est le moins qu'on puisse dire, peu commun ( au sens « partagé ») ; nous voyons, trop souvent à mon goût, des courriers qui se voudraient objectifs, qu'ils se fient aux données supposées du journalisme, ou qu'ils décrivent des faits comme vus de Sirius. Mais ceci n'est rien ; la plupart partent d'un postulat idéologique, d'une certitude dogmatique, d'une nécessité du « je » caché, d'ouvrir les yeux des ignorants.

Pourtant, nous grandissons tous de rencontres et si certains ont l'impression d'avoir atteint leur apogée, d'autres au contraire savent que le chemin n'est jamais terminé. Je fais partie de cette deuxième catégorie.

Quelle importance direz-vous ?

La communication ne peut passer que s'il y a écoute réciproque ; argument contre argument, on affine sa pensée, on la peaufine... ! Ouverts aux autres, nous sommes moins enclins à l'auto satisfaction !

La difficulté de cet exercice, est de trouver l'interlocuteur à sa hauteur ; le savoir et la conscience s'accroissent au fil du temps et, à moins d'être pédagogue, on éprouve beaucoup de difficultés ( surtout par manque de motivation) à dialoguer avec quelqu'un qui se situe à des années lumières de son propre point de vue, à cent coudées de son mode de fonctionnement, ainsi, les intelligences synthétiques ont-elles beaucoup de difficultés à dialoguer avec les pointilleux analytiques dont elles savent à l'avance ce qu'ils vont dire !. C'est là toute la limite de notre croissance ! Nous avons relégué l'apprentissage à l'école, qui s'acquitte bien mal de sa mission, et puis, une fois sorti, ou libéré de cette chienlit, on vogue ou vole de ses propres ailes ; comme s'il y avait un temps pour apprendre et le reste pour se reposer sur son savoir !! Or la carapace psychique reste inatteignable : l'être pétri de certitudes n'a évidemment aucun don pour l'échange.

Autant que je sache, aucune civilisation n'a jusqu'à ce jour autant étouffé la responsabilité de sa propre existence, que celle que nous vivons aujourd'hui. Ce n'est pas seulement l'anonymat – phénomène très nouveau dans nos us- des cités, mais bien la dilution des responsabilités jusqu'à rendre transparent, c'est-à-dire invisible, la cause de quel effet que ce soit. Sûr que se décharger d'une responsabilisation lourde à assumer, a été dans un premier temps, accepté comme une embellie dans nos vies ; n'importe quelle incompétence, désinvolture, indifférence restent aujourd'hui sans exigence d'appropriation ! Mais ce que l'homme devrait avoir fini par bien comprendre, c'est qu'il n'existe aucune facilité qui soit sans effet pervers. Bien sûr tout un tas de mots, d'actes, de petites délinquances restent dans le secret d'un cœur endurci, rivé, figé, pétrifié dans son quant à soi  ! Mais le monde n'ayant pas changé, vient toujours la réalité, l'inanité de ces certitudes stériles.

On peut considérer que l'objectivité n'existe pas, certes ; mais c'est quand on commence à pouvoir penser contre soi-même que l'on peut se dire qu'on suit le bon chemin. Penser contre soi, bien sûr, étant la remise en question systématique des idées reçues, de tout ce qu'on nous a inculqué, mais pas le dédain ou la honte de son milieu d'origine : ceci a été le plus grand fléau de la culture populaire : son mépris par ceux-là mêmes qui en étaient issus.

L'objectivité n'existe pas : d'où l'importance du « je » qui assume.

Nous naviguons tous dans un milieu, sinon hostile, du moins peu enclin à nous dorloter, et pour avancer, il nous faut, au moins à un moment donné, bien savoir qui nous sommes, en toute honnêteté. Et cette honnêteté ne peut découler que de l'humilité. Nous le voyons bien aujourd'hui plus que jamais, les dégâts, quels qu'ils soient, viennent toujours de l'arrogance. Et même si cette arrogance est visiblement la protection facile contre la peur, elle n'en est pas moins violemment néfaste ! Le pouvoir se diffuse et il convainc, quand il ne convainc plus, il matraque ! S'il n'avait pas convaincu, nous n'en serions pas là et, pour ne pas être convaincu par la conviction de l'arrogance, il faut dépecer, décortiquer, soupeser, bref, avancer dans le fouillis ambiant, non pas avec une machette, mais avec un petit sécateur, qui peut épargner, ou couper !! Parce qu'en toutes choses, il faut prendre son temps : l'intelligence peut être rapide, voire immédiate, mais la mémoire à long terme a besoin de petites vérifications régulières !!

Donc, notre réaction première n'est que le fruit de notre chimie intérieure, totalement involontaire sinon inconsciente, et celle-ci n'intéresse personne, je veux dire, n'a pas d'effet intéressant ; des effets dévastateurs, souvent ! Mais bénéfiques sur la longueur, j'en doute, même la plus formidable passion qui nous pousse à toutes les extrémités, se paye un jour ou l'autre.

Notre réaction première ne renseigne que sur nous-mêmes ; et c'est déjà beaucoup !! Car là où je suis touchée, vexée, vous ne l'êtes point, et j'ignore ce qui vous blesse, ainsi, le plus innocemment du monde, on peut se comporter en goujat. Mais là où je vous ai blessés me renseigne sur vos points faibles, c'est pourquoi les réparties hargneuses sont stupides : elles figent un trésor de trouvailles ! Ça n'a l'air de rien tout ça, mais c'est bien par là que passent toutes nos opinions et tous nos partis pris ; alors laissons tomber les opinions, les idées reçues et les partis pris ! Le commerce entre intelligences en sera enrichi !

Bêêêêêê ! Jamais compris pourquoi on parlait de moutons... quand je pense le temps qu'on a passé à essayer de les rassembler, ces bêtes ! Alors voilà le deux-pattes que mes chiennes aiment tant n'a qu'une envie, s'est se différencier, ne pas être comme le voisin, mais comme il n'y a pas grand chose à faire pour s'occuper de nos jours, ils font bien tous pareil quand même ; nous ne sommes différents que par notre monde intérieur, pour le reste, quelle importance. Pourquoi se distinguer surtout quand nos choix sont consuméristes et nous dévoilent plus que le silence !! Vus de ma fenêtre, ils sont déjà des clones, deux ou trois types de psychisme et à l'intérieur deux ou trois types de complexes ; incroyable comme leurs confessions ou leurs plaintes se ressemblent ! Et pourquoi sont-ils donc si semblables, tous ? C'est très simple, c'est qu'ils se nourrissent exclusivement de l'extérieur, attendent tout de l'extérieur, la santé, les jeux, les loisirs, ah ! Les loisirs, à se tordre de rire jaune le concept de loisirs ! Leurs pensées sont stéréotypées, en deux mots on sait leur classe sociale ; leur style vestimentaire est stéréotypée, à la silhouette, on évalue à dix euros près le contenu d'un portefeuille ! La bagnole évidemment, mais ça c'est fait pour.

À y regarder de plus près, ils sont tous différents bien sûr, tout le monde n'aime pas les chats, mais quelque chose les définit quand même, c'est ce rapport à soi, et le rapport au fric ; là , c'est classe moyenne, médiocrité assurée, même si certains sont plus généreux que d'autres ou d'autres plus dépensiers !! Beaucoup ont cette aise qui m'apparaît toujours radine, quelque chose d'étriqué !! Un petit côté cul serré comme si c'était indécent de dépenser du fric, ils le font en douce, on se doute bien qu'ils le font, mais c'est comme si c'était honteux ; on les voit aux concerts aux expos, à certaines manifs ; c'est sûrement que je ne fréquente pas beaucoup les magasins !! Mais, en réalité, c'est juste que c'est normal, un acte si banal, de dépenser du fric.

Les riches ne sont pas émouvants. Et c'est l'émotion que j'aime.

Alors quand tout va mal, partout, toujours et sans relâche, je me sens contrainte, contrairement à mes habitudes de prendre l'écrit pour une tempérance facilitée par le temps nécessaire à l'élaboration et à l'expression d'une pensée, d'une opinion ou d'un souvenir, de laisser libre cours à une violence endiguée par la volonté de communiquer quand même, quand on sait que la violence, même verbale, met un point final à tout échange ! C'est sûrement cette « fin » qui n'inquiète pas les tièdes ou les opportunistes qui rebondiront ailleurs. Elle est sûrement là leur force , cette force qui ne sert à rien d'autre qu'à alléger le poids des oppressions. La plupart des sagesses se mettent à l'écart des combats, combats aussi vains que la force brutale elle-même !

L'impuissance devant tout ce qui nous accable, physiquement ou idéologiquement, utilise la violence, comme on se suicide ; on en ressort forcément délabré, pour peu qu'on habite entièrement nos actes, nos engagements, notre vie. Ou sinon, ce n'est qu'un jeu !

Le cynisme est une opportunité qui protège du trop plein d'impuissance et laisse filtrer, sous couvert de froidure, cette violence, pourtant bien légitime ! Mais à cet instant, on tombe dans la somatisation, ce chancre qui ne tolère pas la conscience.

La tempérance qui était mienne, est le fruit d'une curiosité et d'un désir de compréhension, et qui espère ! Vient sans doute le moment où d'espoir il n'y a plus !

On ne peut faire un bilan que quand quelque chose finit ; avant un chamboulement ou bien plus artificiellement, après un laps de temps défini par le calendrier !! L'envie de faire une photographie d'une époque, c'est encore vouloir se repérer, donc s'assurer, se rassurer. Il n'est pas forcément un point final mais jamais des points de suspension ; il est ou peut être la marque d'une étape.

Ce qui ressort de ces derniers mois, c'est que l'impuissance est à son comble, même chez les pouvoirs en place qui s'affolent ; et quand on s'affole, tout est dit : vanité des choix précédents, inanité des politiques pourtant imposées par la force, pressentiment peut-être que la volonté de maîtrise du monde par quelques-uns, montre sans ambiguïtés ses limites. Rien ne s'ouvre sur un horizon plus large, tout se referme dans le connu ; cette évidence fige les partis pris, les convoitises se ravalent devant leur irréalisation sans dommages évidents ; je veux dire, des dommages même pour les convoiteurs de pouvoir absolu et mondial !

Quelle pause faudrait-il faire pour stopper la roue sur laquelle nous pédalons sans issue ? Quelle médecine pour se sortir de cette addiction ?

Partez en vacances, vous qui le pouvez ; baignades, promenades, tout, comme au bon vieux temps ! Être oublieux quelques instants de la débâcle qui touche tout le monde ! Pour ce faire, surtout ne pas approfondir ni chercher à savoir, on respire, c'est l'été, et c'est déjà beaucoup.

La seule aspiration, c'est la Vie ! Même piégés, même enfermés, des tigres survivent ! Alors ? Pourquoi se priver de les enfermer ?

Même exploité, moqué, dédaigné, asservi, le peuple n'a qu'une aspiration, c'est vivre ! Alors, pourquoi se gêner ? Et si les plus fragiles meurent, cela s'appelle la sélection naturelle. Naturelle !! C'est bien le seul endroit où l'époque laisse une place à la Nature !

Le problème, c'est quand on en est !! Et tout le monde sait qu'il ne ferait pas bon entrer dans la cage aux fauves ! Alors on entretient les grilles. Et ceux qui le font, aiment, les animaux !!!

Alors les rats s'entre-tuent. Cela a le mérite d'appartenir à la régulation des espèces et c'est un bien puisque l'on commence à culpabiliser les gaspilleurs, qui ôtent le pain de la bouche des affamés, tandis que « on » l'encourage, le gaspillage, pour les résultats que l'on sait et qui ne sont pas désagréables à tout le monde. Le problème de « on » c'est qu'il est indéfini ; en l'occurrence, ces deux « on » sont bien définis, et pas superposables !! Mais l'un et autre font des émules, des courants d'opinion ou des prises de consciences élastiques, approximatives ! L'un dit : oui on peut admettre le gaspillage et nourrir tout le monde grâce à monsantobayer ; l'autre dit, non, on ne peut nourrir tout le monde en gardant le gaspillage, alors laissons crever les bouches inutiles pour pouvoir gaspiller heureux en rond ; un autre dit, sus au gaspillage. Et que se passe-t-il ?? On gaspille et les autres crèvent. Voilà, c'est vrai, à quoi bon se prendre la tête ?

Normalement on fait un bilan, on l'étudie et on rectifie le tir si besoin est pour amorcer un futur plus rieur. On peut le faire aussi pour aborder l'avenir moins pleureur.

Voilà, un bilan, c'est personnel ; celui d'une entreprise s'arrête à des chiffres, ne tient pas compte de l'humain, sinon on ne pourrait le mettre en chiffres. Ou alors, globalement positif, pour ceux qui restent ?

Le mien est négatif ; échec sur toute la ligne ! Tout ce que j'aimais et à quoi j'étais attachée, comme certains le sont aux valeurs qui les prédisposent, a été détruit, l'avenir pour lequel j'avais fait des choix est devenu un passé douloureux.

J'ai toujours cultivé la disponibilité, l'écoute, le service à rendre jusqu'à prévenir les désirs ; j'ai pratiqué l'attention comme support du désir de ma curiosité et de besoin d'approfondissement ; je n'avais aucun ego à satisfaire hors le dévouement à favoriser l'harmonie, mettre un peu d'huile dans les rouages des relations, des groupes dans lesquels l'action commune était souvent l'otage de quelques volontés de pouvoir qu'il fallait bien dénouer avec une circonspection bienveillante. J'ai toujours donné et jamais rien vendu, et les partages de mon fait, étaient plus qu'équitables. Il ne s'agissait pas d'attitudes prescrites par quelque dogme religieux que ce soit, juste la nécessité d'un bien-être. Pendant longtemps cette manière d'être était opérante, jamais de gratification personnifiée, mais une aise dans les entreprises collectives où les heurts se résolvaient vite et où tout coulait de source.

Puis, changeant de milieu, la destruction de ce que j'étais se mit en route. Ce que je donnais était pris pour un dû et comme il ne demandait pas de « merci », il obtenait comme réponse, humiliation et violence. Je ne comprenais rien, j'étais sûre qu'il y avait malentendu et « je » s'éclipsait toujours davantage du travail fait, de l'aise donnée ou que je croyais donnée par toutes les tâches ingrates faites discrètement, de l'organisation apportée pour la bonne marche de l'ouvrage. Autour de moi je voyais des fiers à bras, des glandeurs, des incompétents qui recevaient louanges tandis que j'étais prise comme exemple de nullité. Ce fut un combat de tous les jours, un combat vain, que j'ai perdu. J'ai été en butte au pouvoir, à ce type de pouvoir valorisé par les valeurs de cette société que je n'avais pas vu naître, dont j'ignorais tout et pour laquelle personne, jamais, ne m'avait préparée. J'ai subi l'injustice de la Justice, la violence de la police, le dédain du petit homme jusqu'à ce qu'en moi, rien ne subsiste. Habituée au « faux-self » pour passer inaperçue, les voisins, les copains n'ont rien vu.

Je sais donc que le monde humain, ici, n'est qu'un monde de pouvoir, de prestance et qu'il est impossible de servir humblement un idéal, même commun, une action à mener, même essentielle, si ce service n'est pas enrobé d'apparat, d'auto valorisation, de grands gestes ou de belles paroles, de publicité, car les autres, ne perçoivent que ce qui brille. Et quels qu'ils soient. Même quand on donne, il faut en aimer le pouvoir. Pour tous, la discrétion et l'humilité sont l'apanage des bons serviteurs, mais sans que cela n'ôte la condescendance adéquate à ce statu quo. Et cela est porté par des siècles d'habitude, seuls les acteurs se sont multipliés, débordant des cases traditionnelles.

Je ne crois donc plus à ce qui a fait ma vie, car cette force qui m'habitait et qui était énorme n'a pas fléchit le moindre quidam qui soit.

Oh, après coup, on m'estime, mais on me craint. Et, comme pour eux, ce qui est fort n'ayant besoin de rien , encore, je n'existe que pour les services que je rends ou l'écoute inlassable et active portée aux malheurs des uns et des autres.

Ce qui émane de soi, à son insu, prévaut, toujours et le rat le plus arrogant et ridicule qu'il puisse paraître à certains éveillés, trouvera toujours serviteurs et admirateurs !

Celui qui ne demande rien n'aura rien et s'il donne, il sera normal et incontournable qu'il donne toujours ; l'inversion des rôles est impossible.

Voilà le bilan de ma vie, et « je » est vraiment moi !

Tout est donné au départ, l'amour d'une mère et la confiance d'un père vous nourrit toute la vie ; à ces manquements fréquents, toutes les dérives que l'on sait, et je crois plus volontiers à l'éruption du Yellowstone pour mettre fin à ce monde de folies violences inouïes qu'à un quelconque réveil, révolution ou refus d'obéir ! Le comportement des humains est éminemment animal, rien n'y est conscientisé, et quand un être dérange on le rabat, et quand il est affaibli, il se trouve toujours un prédateur pour l'achever. Aucune exception à cette règle ; à moins, ce qui n'en fait pas une exception valable, d'être un plaintif qui quête son confesseur, un enfant qui cherche son parent, une chose qui cherche son propriétaire ; ainsi chacun s'assemble par paire dans le plus flagrant désordre de sa psyché. Si on quitte cette ordonnance, si on se libère, il ne faut pas oublier de rester accompagné de son personnage, visible, repérable et reconnaissable par tous !

Les périodes fastes succèdent aux périodes difficiles, les paix aux guerres et la déchéance à l'apogée. Loi naturelle s'il en est, on se demande bien ce que le libre arbitre humain peut bien faire contre cela ! Il l'accompagne, c'est tout. Il se raconte des contes à dormir debout qui émulsionnent, embrouillent, distraient pour faire alibi de ce qu'il nous faut de maîtrise pour nous sentir Homme.



14 réactions


  • marmor 19 juillet 2014 11:23

    Il est vain d’attribuer une conscience à l’humain qui reste issu du monde animal, mais perverti de sa fonction primaire.
    La jungle demeure un monde sans pitié, où il n’est plus nécéssaire de tuer physiquement pour vivre.
    Il est présomptueux de penser que le chemin que l’on s’est tracé ne mérite pas de modifications et d’adaptation.
    On tire le bilan à la fin d’un exercice, et c’est une erreur, car le but recherché doit pouvoir bénéficier de corrections pour obtenir une finalité souhaitée, sauf à être persuadé de détenir la vérité, qui elle, ne se conjugue pas au singulier.
    Vous ne vaincrez pas l’himalaya en tong... Il faudra acheter de bonnes chaussures à Katmandou, et si vous n’y arrivez pas malgré tout, la défaite sera moins amère, c’est ce qu’on appelle l’expérience, qui souvent vous ramène à vos propres erreurs. Et vous aurez malgré tout, une bonne paire de chaussures !


    • alinea alinea 19 juillet 2014 13:11

      J’aime bien votre réponse marmor, elle est très juste ; sauf pour le tracé du chemin en ce qui me concerne ; ce n’est pas la tracé mais le marcheur alors qui pose problème !!
      La pitié est humaine, en même temps que l’humain est barbare !! La nature n’a pas de pitié mais n’est pas barbare ; la plupart des animaux en connaissent les lois et, bien sûr, les suivent. Ils les connaissent dès qu’ils arrivent à l’âge adulte parce que les mères les enseignent ; chez l’homme c’est différent ; en tout cas, il y a des tas d’humains qui ne connaissent pas les lois que les barbares au pouvoir utilisent à leurs fins ; il faut toute une vie pour les connaître !
      Après tout, c’est un chemin comme un autre !!


  • marmor 19 juillet 2014 13:30

    Alinéa, le marcheur sage se dit : si tu n’arrives pas à escalader le rocher, contourne le...et reviens à ton chemin.


  • Fergus Fergus 19 juillet 2014 15:20

    Bonjour, Alinea.

    « Bilan ». Un peu tôt pour affirmer cela, non ? « Bilan d’étape », peut-être, car quel qu’ait été le chemin jusque-là, il peut encore se passer tellement de choses ! Et puis juger « négatif » ce bilan, c’est sans aucun doute prendre, par rapport à sa vie, un recul qui permet d’envisager la suite, aussi longue ou aussi courte soit-elle, avec une philosophie incompatible avec la notion d’échec.

    L’échec, à mes yeux, est en effet pour celui qui rate sa vie et n’en a pas la moindre conscience, pas pour celui (ou celle) qui jette un regard lucide dans la rétroviseur, et de ce fait peut agir sur le temps qui lui reste en centrant sa vie sur ce qui est vraiment important à ses yeux. 


    • alinea alinea 19 juillet 2014 15:38

      Merci Fergus pour ton optimisme ; c’est vrai que je suis terriblement accablée par tout ce qui se passe actuellement dans le monde et n’ai, nulle part en moi, la « raison » de le digérer ; c’est aussi que je fus tant idéaliste et que l’idéalisme, même par les plus positifs, est pris pour de la folie !! Le laisser-faire, l’abandon, cette voie qui me paraît si juste, à condition d’être non seulement sincère mais profonde !!
      Ce qui est sûr, c’est que le monde actuel ne nous autorisera aucune réalisation qui ne serait très personnelle, recluse, et je n’ai aucun talent pour cela !!


  • Vipère Vipère 19 juillet 2014 20:57


    Faire le bilan, est-ce bien nécessaire, évidemment les comptables ne peuvent y couper, dresser les comptes est leur métier, mais nous avons-nous besoin de scruter le passif ? 

    Sur le don
    « Celui qui ne demande rien n’aura rien et s’il donne, il sera normal et incontournable qu’il donne toujours ; l’inversion des rôles est impossible. »

    Donner, sans rien attendre en retour, voilà une philosophie qui ne laisse place à aucune amertume. La gratuité du geste, rien d’autre. Une affaire entre soi et soi.

     










    • Fergus Fergus 19 juillet 2014 22:37

      Bonsoir, Vipère.

      « Donner, sans rien attendre en retour, voilà une philosophie qui ne laisse place à aucune amertume. » 

      Certes, mais très peu nombreux sont ceux qui donnent sans rien attendre en retour.

      Ce peut être un renvoi d’ascenseur sous une forme ou sous un autre.

      Ce peut également être une recherche de valorisation de sa propre image. On voit notamment cela dans l’humanitaire où certains font don de leur personne, moins pour aider les autres que pour l’estime d’eux-mêmes. Leur boulot n’en est pas moins utile, et c’est ce qui compte au final.


    • alinea alinea 20 juillet 2014 01:56

      Donner : une histoire entre soi et soi ? Mais que voulez-vous dire ? Donner ( et recevoir) et justement la seule histoire entre soi et les autres !
       L’équilibre ou le déséquilibre !!
      J’ai une amie qui en est morte à 38 ans ! Donner, être fort, n’avoir besoin de rien !!! avoir un oedème du poumon, voir ses gosses jouer, son mari partir au boulot et la « nounou » se casser parce que vous lui faites peur ! Quelqu’un qui donne- une mère, une épouse, une servante, des femmes tiens ! -je ne vais pas, ni la place ni le temps, donner ici les causes profondes et lointaines de cette responsabilisation et cette générosité-, on ne lui donne rien, juste la gratitude passive et quand elle est dans le besoin, « on » ne le voit même pas. Ne me dîtes pas que c’est une exception, la littérature est bourrée de ces histoires, et la vie aussi !!!


  • Karol Karol 19 juillet 2014 21:07

    bonjour Alinea,

    L’actualité m’accable et mon impuissance à changer quoi que ce soit m’anéantit aussi. Le bilan de cet écrivain arabe israélien m’a profondément ému. Je vous le livre en cadeau de vacances. http ://www.liberation.fr/monde/2014/07/15/toutes-les-raisons-pour-lesquelles-je-quitte-israel.
    Car tout ce qui nous reste comme richesse à échanger c’est notre conscience et nos convictions. C’est ce que me permet encore de faire Agora vox, de « mettre à penser » bien modestement. 


    • Fergus Fergus 19 juillet 2014 22:45

      Bonsoir, Karol.

      Un grand merci pour ce superbe texte. Superbe et ô combien déprimant ! En lisant cela, j’avais l’impression de relire des texte de même nature écrits par des intellectuels noirs il n’y a pas si longtemps aux Etats-Unis. Quand l’humanité deviendra-t-elle adulte pour s’affranchir enfin de ses préjugés puérils ? 


    • alinea alinea 20 juillet 2014 02:04

      Tiens, comme c’est bizarre, un surdoué qui donne, qui donne ! et qui n’a besoin de rien ?
      Il faut faire lire ceci à Vipère !


  • Jean Keim Jean Keim 21 juillet 2014 13:19
    J’apprécie le style comme à chaque texte, le thème est une impasse.


    • alinea alinea 21 juillet 2014 15:56

      j’ai l’impression que tout est une impasse !! que nous avons meilleur temps à être et agir plutôt qu’à spéculer ou philosopher ! mais bon, on ne choisit pas toujours !!!
      Merci Jean Keim


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