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Bruel chante Barbara : le perlimpinpin contre la poudre aux yeux des charlatans - AgoraVox le média citoyen
mercredi 23 décembre 2015 - par Daniel Salvatore Schiffer

Bruel chante Barbara : le perlimpinpin contre la poudre aux yeux des charlatans

En ces temps de barbarie, où un nouvel obscurantisme religieux semble s'abattre sur l'humanité, frappant jusqu'aux enfants ainsi que le monde ébranlé a pu notamment le voir avec la tragédie du petit Aylan, échoué sur une plage de Bodrum après avoir fui son pays en guerre et s'être noyé en Méditerranée (http://www.lexpress.fr/actualite/la-tragedie-des-migrants-aylan-icone-du-massacre-des-innocents_1712984.html), il serait bon, et même urgent, que l'on se rappelle ces paroles que la grande Barbara chantait, la voix portée par un indicible chagrin tout autant que par la révolte, sinon la colère, en ce magnifique texte, véritable hymne à l'innocence martyrisée (car ce message d'humanisme concerne, plus généralement, toutes ces jeunes victimes, enfants et adolescents, migrants ou non, exploitées de manière éhontée par les extrémistes de tous poils), qu'est son poétique Perlimpinpin :

 

« Pour qui, comment, quand et pourquoi ?

Contre qui, comment, contre quoi ?

C'en est assez de vos violences,

D'où venez-vous, où allez-vous ?

Qui êtes-vous, qui priez-vous ?

Je vous prie de faire silence.

(...)

Car un enfant qui pleure,

Qu'il soit de n'importe où,

Est un enfant qui pleure.

Car un enfant qui meurt

Au bout de vos fusils

Est un enfant qui meurt.

Que c'est abominable d'avoir à choisir

Entre deux innocences.

Que c'est abominable d'avoir pour ennemi

Les rires de l'enfance. »

 

Mais si je parle ici de cet émouvant chant de mort, où l'innocence de l'enfance se voit massacrée par la violence des hommes, au nom de je ne sais quel abominable Dieu de surcroît, c'est que le modeste philosophe que je suis, bien que rompu aux impératifs de la raison, s'est vu soudain interpellé, les larmes aux yeux, la gorge nouée et la bouche bée, un long frisson parcourant mon échine, lorsque j'ai entendu Patrick Bruel, dont je ne suis pourtant pas spécialement « fan » et que je n'avais donc jamais vraiment écouté jusque là, l'interpréter, avec une rare vérité humaine, où l'intensité de l'émotion n'avait d'égale que la pudeur de la voix, lors d'une émission télévisée - « Vivement Dimanche » de Michel Drucker, ce 20 décembre 2015 sur France 2 - que je n'ai pas, là non plus, l'habitude de regarder, sinon distraitement, malgré, dans son genre, son indéniable qualité professionnelle.

Oui : moi qui suis pourtant plus féru de dialectique socratique que de messe cathodique, et plus adepte de rationalisme cartésien que de divertissement mondain, j'ai été là, sur le coup de seize heures en cet après-midi d'hiver, quelques jours seulement avant Noël, littéralement subjugué, ému et interloqué tout à la fois, comme si c'était à ma conscience même, sinon à la conscience du monde entier, que ce merveilleux, quoique douloureux, « Perlimpinpin  », extrait de son dernier disque (en hommage précisément à Barbara et intitulé « Très souvent, je pense à vous...  »), s'adressait là (https://www.youtube.com/watch?v=3jXLObfz6NM).

La musique même, que la sobriété de ses seuls tambours rendait, paradoxalement, d'autant plus somptueuse, avait alors, dans sa mélodieuse gravité, des accents, aussi solennels qu'actuels, de mise en garde, d'appel à la vigilance et de rappel à l'ordre : il faut battre le pavé, descendre dans la rue, crier notre refus de toute mortifère intolérance et même lever le poing s'il le faut, afin que ce tendre et magique perlimpinpin de notre enfance ne se voit pas indûment transformé, en ces temps de fausses et démagogiques lumières, où mêmes les dieux paraissent mentir, par l'aveuglante, nauséabonde poudre aux yeux des charlatans de tous bords et autres fanatiques de pacotille, surtout les fous d'Allah !

 

DANIEL SALVATORE SCHIFFER*

 

* Philosophe, auteur, notamment, de « Requiem pour l'Europe  » (Éditions L'Âge d'Homme), « Lord Byron  » (Gallimard-Folio Biographies) et « Le Testament du Kosovo - Journal de guerre  » (Éditions du Rocher). 



35 réactions


  • Elliot Elliot 23 décembre 2015 13:23

    Quand j’ai appris que Bruel reprenait le répertoire de Barbara, je me suis dit : c’est décidément le spécialiste du rétro, il doit être en sacreé panne d’inspiration ( ses paroliers ne parviennent plus à lui insuffler le feu sacré ) . 

    Je dois à la vérité que ce n’est pas sans une certaine indifférence sinon hostilité que je l’ai écouté.

    Et pourtant il réussit à exprimer avec une grande sincérité tout l’immense talent de la grande Barbara : en un mot, il émeut et quel meilleur compliment à lui faire !


    • Ouallonsnous ? 23 décembre 2015 15:35

      @Elliot

      Pour infos, P Bruel est un ancien garde frontières sioniste car il a fait un service militaire dans l’armée des occupants colonialistes de la Palestine, pour les sionistes anglo-yankees, l’état d’Israél !


    • Dom66 Dom66 23 décembre 2015 15:50

      @Ouallonsnous ?
      Oui un bon sioniste , et j’ajoute, c’est une merde, je boycotte, 


    • norbert gabriel norbert gabriel 23 décembre 2015 17:04

      @Ouallonsnous ?
      Quel rapport avec la chanson ? Je suppose donc que vous boycottez aussi Céline avec le même raisonnement ?


    • mmbbb 23 décembre 2015 21:00

      @OMAR J’aprecie Barbara et la chanson francaise Les bons textes sont immortels La voix de Barbara a un grain une beaute une tessiture qui fait ressortir la beaute du texte J’ai ecoute Bruel 5 minutes Aucune emotion J ’ecoute simplement Barbara Bruel n’est pas convaincant dans cette réinterprétation c’est aussi simple Barbara et comme Piaf Brel Brassens Ferre et d’autres ils vivent leur texte .


    • norbert gabriel norbert gabriel 24 décembre 2015 00:26

      « @OMAR
      Vois lignes sur » ses coreligionnaires producteurs notoires de navets, A. Arcady et Elie Chouraqui,"
      discréditent vos propos.


    • norbert gabriel norbert gabriel 24 décembre 2015 00:27

      @OMAR
      Vos lignes sur « ses coreligionnaires producteurs notoires de navets, A. Arcady et Elie Chouraqui, » discréditent totalement vos propos... 


    • norbert gabriel norbert gabriel 24 décembre 2015 00:33

      « @Jacques_M

       »Dès la fin des années 1930, Céline se rapproche des milieux d’extrême droite français pro-nazis
      Un français exemplaire certes... 
      C’est sans doute ce qui l’absous des horreurs antisémites des années 30-40 ?? et qu’il a dû se réfugier en Allemagne ??


    • Samson Samson 24 décembre 2015 01:49

      @Ouallonsnous ?
      Ok, j’aime pas Bruel, mais qu’il soit sioniste, islamiste, staliniste, ..., change quoi à son talent ???
      Les opinions sont une chose, les hommes et leurs œuvres une autre, et si vous n’appréciez que les gens qui partagent vos opinions, je vous plains !
      Ne pas aimer le sionisme ne m’empêchera jamais d’apprécier Léonard Cohen.
      Et nul besoin d’ailleurs d’être sioniste pour être appelé sous le drapeau israélien, il suffit d’avoir la nationalité.


    • volpa volpa 24 décembre 2015 08:25

      @Elliot
      Je pense comme les premiers commentaires.
      Tout est bon pour Ben Guigui pour faire de l’argent.
      On peut continuer à en raconter sur cet enfumeur.
      Article « nauséabond » comme on dit dans votre monde.


    • Elliot Elliot 24 décembre 2015 12:32

      @Ouallonsnous ?

      Je sais tout ça – enfin pas qu’il avait fait son service militaire dans l’armée israélienne- , je suspecte aussi que sa carrière doit aussi beaucoup à ces réseaux dont Céline a dénoncé l’opacité et qui existent toujours aujourd’hui pour le meilleur service de Sion, qu’ils soient financiers, médiatiques , politiques ou que sais-je encore.

      L’exalté Arno Klarsfeld, dont les yeux hallucinent et la bouche se tord de fanatisme quand il défend Israël, a également fait son service dans l’armée israélienne.

      En France, cela ouvre des perspectives puisque cela a favorisé sa nomination au Conseil d’état.

      En réalité d’avoir l’oreille de certain lobby aiderait plutôt dans la carrière.

      Si vous me lisez quelques fois, vous savez donc que je ne puis être accusé de sympathies pro-israéliennes ou sionistes.

      Mais j’essaie de faire abstraction de mes préventions quand je juge l’œuvre de quelqu’un ( en l’occurrence assez médiocre chez Bruel ) ou ses prestations publiques.
      En l’occurrence, je n’écris pas que la copie dépasse l’original, je trouve et je suis apparemment un des rares que Bruel ne s’en sort pas trop mal.

      Je trouve que transpire une réelle émotion et ma bonne nature me laisse espérer que ce n’est pas uniquement dans la perspective du cliquetis du tiroir-caisse.

      P.S.

      Bruel a aussi signé l’appel de Genève dont on peut penser ce que l’on veut mais qui ressemblait à une main tendue vers les Palestiniens.


    • Ouallonsnous ? 24 décembre 2015 16:20

      @Samson

      « Et nul besoin d’ailleurs d’être sioniste pour être appelé sous le drapeau israélien, il suffit d’avoir la nationalité. »

      Et de bénéficier de cette anomalie qu’est la double nationalité, ce qui est son cas, pour pouvoir faire marcher son fond de commerce dans le « show bizz » qui est noyauté par le judéo sionisme !


    • doctorix, complotiste doctorix 24 décembre 2015 22:34

      @Ouallonsnous ?

      Bruel fait partie des 500 émissaires propagandistes chargés d’essayer d’améliorer l’image pitoyable d’Israël.
      Un excellent article de Jacob Cohen nous en parle avec précision :
      Quant à la prestation de Bruel, quel dommage de ne pas plutôt nous faire entendre plus souvent l’original, incomparable, même si Bruel utilise assez bien ses larmes (de crocodile aux dents longues)...
      Sachant la cause qu’il défend, il ne me fera pas pleurer.

    • Ouallonsnous ? 25 décembre 2015 21:52

      @norbert gabriel

      Je crois que jacques_m vous a répondu !


  • Jacques_M 23 décembre 2015 13:38

    L’original par Barbara, quel charme, quelle voix, quelle beauté, j’en étais dingue quand j’étais jeune et même plusieurs années après sa mort, que d’émotion !




    • Fergus Fergus 23 décembre 2015 17:44

      Bonjour, Jacques_M

      Même avis que vous. Et malheureusement les reprises de ses chansons par Bruel sont d’une affligeante fadeur à mes oreilles.


    • Jacques_M 23 décembre 2015 18:42

      @Fergus
      Bonjour Fergus,

      En effet, il y a des chanteuses (je pense aussi à Piaf) ou des chanteurs ( Brel par ex.) qui ont tellement de « tripes » et qui donnent tellement d’émotion qu’on ne peut que les imiter avec fadeur.


    • Abou Antoun Abou Antoun 23 décembre 2015 23:14

      @Jacques_M
      Je pense un peu comme vous, mais je connais une exception. Catherine Ringer reprend les chansons de Piaf et fait jeu égal avec la créatrice.


    • pemile pemile 23 décembre 2015 23:18

      @Abou Antoun
      Mama Béa est pas mal non plus lorsqu’elle chante du Piaf


    • Abou Antoun Abou Antoun 24 décembre 2015 09:05

      @pemile
      Avez vous une référence sur le web où on peut l’entendre interpréter une chanson de Piaf originale. Je viens d’écouter ’avant toi’ de la bande du film « Edith et Marcel » c’est très bien !


  • eugene eugene 23 décembre 2015 14:17

    Dieu, il ne nous sera rien épargné en ces temps de loi d’urgence. J’ai entendu avec horreur cette grande chèvre, je parle de Bruel, faire sa promotion lors d’un clip juste après le journal. Violon sirupeux, sourire à faire chavirer les vieilles rentières. Faut vendre coco. 

    C’était « Mais quand reviendras tu ? », paroles estropies ; Bruel a « la vertu des chevaliers anciens », au lieu de « la vertu des femmes de marin »...on est prié de ne pas rire, et d’acheter le cd pour sa petite nièce, qui dira « c’est quoi, cette daube » ?. 
    Pauvre Barbara...

    • Dom66 Dom66 23 décembre 2015 15:51

      @eugene
      Je suis d’accord avec vous , Barbara reprit par une casserole dur dur


    • Allexandre 23 décembre 2015 16:40

      @Dom66
      Entièrement d’accord. Les paroles c’est bien, les actes mille fois mieux !


    • norbert gabriel norbert gabriel 23 décembre 2015 17:07

      @eugene
      Paroles estropiées ? Changez d’oreilles camarade... dans certains cas, le texte écrit au féminin ne peut pas vraiment se chanter au masculin..


  • Auxi 23 décembre 2015 17:10

    Bruel qui prétend reprendre Barbara, comme Florent Pagny prétendit naguère reprendre Brel, c’est… comique. Que ces nullards s’en tiennent à ce qui leur tient lieu de répertoire, il y a un public pour ça, mais, par pitié, qu’ils restent à leur place ! Minuscules variéteux pour canapé rouge chez Drucker, ils veulent se parer de costumes bien trop grands pour eux. Qu’ils massacrent donc du Sardou, ça restera de leur niveau !


  • marmor 23 décembre 2015 18:14

    C’est presque aussi « bien » que quand il se met à beugler en corse avec Fiori ! Décidement Mr Benguigui, dur dur de durer....


  • Layly Victor Layly Victor 23 décembre 2015 18:41

    Bonjour

    Je crois que vous n’êtes pas fait pour le monde de ténèbres agoravoxien (mais existe-il de nos jours un monde qui ne soit pas de ténèbres ? sauf dans des monastères très retirés).
    Je fais partie des quelques uns, plus nombreux j’espère que les commentaires le laissent entendre, qui lisent toujours avec plaisir vos écrits. 
    Je suis attristé de voir que votre sincérité se heurte au mur de la haine et de la bêtise insondable.
    La sincérité, c’est une qualité formellement proscrite de nos jours.

    On emploie souvent l’expression « il faut hurler avec les loups », mais je la trouve inappropriée, car le loup est un animal noble.

    Je vous fais cadeau d’un extrait de « la mort du loup » (Alfred de Vigny)

    Ah, je t’ai bien compris, sauvage voyageur
    Et ton dernier regard m’est allé droit au cœur
    Il disait : si tu peux, fais que ton âme arrive
    A force de rester studieuse et pensive
    Jusqu’à ce haut degré de stoïque fierté
    Où, naissant dans les bois, j’ai tout d’abord monté
    Gémir, pleurer, prier, est également lâche
    Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
    Dans la voie où le sort a voulu t’appeler
    Puis après, comme moi, souffre et meurs sans parler.

    Merci pour les enfants, qui sont tellement meurtris dans ce monde.

  • Hector Hector 23 décembre 2015 19:51

    Mon pauvre Schiffer, vous régressez totalement.
    Il faut vraiment avoir une sensibilité de coquillage pour trouver cet ersatz de chanteur émouvant.


  • frugeky 23 décembre 2015 23:59

    Bruel ne chante pas, n’a jamais chanté.
    Il passe chez Drucker, il vend.
    Va finir encore pire qu’Enrico macias.


  • norbert gabriel norbert gabriel 24 décembre 2015 00:40

    Je compatis à la consternation de l’auteur à la lecture de quelques commentaires qui feront la joie de JM Lepen dans la ligne de ses pires déclarations.. Les enfants de Céline, ou Doriot sont très décomplexés...


  • Piere CHALORY Piere Chalory 24 décembre 2015 09:07

    Les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît !


    Bon c’est facile, mais cette phrase géniale d’Audiard s’applique trop bien au repreneur-massacreur de bientôt tout le répertoire chansonnier qui fit succès en son temps ; entre 2 guerre, Corse, Barbara, pourquoi pas Brel aussi ? 

    Non, pas Brel, pas possible ! 

    Usurper le nom d’un Grand Artiste en rajoutant un u au milieu ne suffit pas pour s’approprier, ne serait-ce que le dixième de son Talent ; vs imaginez Bruel orné de son sourire marchand de tapis profaner ’Ne me quitte pas’ ou ’Quand on a que l’Amour’, entre deux parties de poker ?

    Quoiqu’à bien y réfléchir ça pourrait marcher, mais comme gag, en entracte ; dans un spectacle de Dieudonné par exemple. Le comique le plus efficace étant celui du contraste et du ridicule, explosion de rire garantie dans le public !

    Ou alors... ça y est ! je vois le deal, quand Dieudo décidera de partir en Afrique, Bruel surgissant d’une trappe, équipé d’une guitare désaccordée, éclairé à la chandelle entonnant avec un air larmoyant ’Ne me Quitte Pas, il faut oublier, tout peut s’oublier...’ 

    ça aurait de la gueule !

    Réfléchis Patrick, y a peut être un filon, là.




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