Carburant : l’essence même du non-sens
Oui, oui, LA CRISE !!! Et là tout est dit, tout est justifié. L’essence, la bouffe, les loyers, l’électricité, le gaz, tout, quoi, augmente trois fois plus vite que les salaires. Les citoyens des pays occidentaux, dits de « la communauté internationale », subissent ce laminage depuis des décennies, tout ça à cause de guerres, de pandémies, de révolutions. Et nous, bons couillons, nous nous adaptons en nous serrant la ceinture, alors que notre époque n’a jamais autant produit de richesses depuis la naissance du monde, autant de millionnaires, de milliardaires, et bientôt de trilionnaires. Pendant ce temps-là, nous comptons les piécettes au fond de nos poches…
Afin d’essayer de comprendre…
Les carburants : le liquide le plus fluctuant concernant son prix de vente à la pompe. Regardons les écarts de prix en Europe qui peuvent paraître étonnants, avec parfois près de 1 € de différence par litre entre pays, alors que le pétrole brut est globalement acheté au même tarif. En réalité, plusieurs facteurs expliquent ces écarts.
En Europe, on parle d’une « Europe des carburants à deux vitesses », liée à plusieurs paramètres : en gros 1) les taxes, facteur dominant. 2) – les politiques écologiques – 3) les coûts logistiques, transports – 4) le niveau de vie – 5) les taux de change. Ces cinq éléments définissent pour les peuples ces différences importantes de prix sur le continent. Tout cela aboutit à ce qu’aux Pays-Bas on soit à : ≈ 2,33 €/L et en comparaison pour l’île de Malte à : ≈ 1,34 €/L… Ainsi sur un plein de 50 L - 50 € de différence.
En se focalisant un peu plus : les prix de l’Europe de l’Ouest sont élevés, comparés à ceux de l’Europe de l’Est, bien au-dessous ; sauf une exception notable : l’Espagne, à : ≈ 1,56 €/L…
L’Espagne, moins confiscatoire
Il faut observer que l’Espagne est souvent nettement moins chère que ses voisins comme la France, et ce n’est pas un hasard. Voilà les vraies raisons :
Des taxes plus faibles qu’en France, résultat : environ 30 à 50 centimes de moins par litre en Espagne.
Une politique moins écologique punitive, résultat : moins de pression fiscale verte.
Le poids du tourisme, résultat : le carburant est vu comme un levier économique.
Des marges et coûts logistiques très compétitifs, résultat : tout ça aide à maintenir les prix plus bas.
Des mesures ponctuelles anti-inflation, résultat : cela permet de maintenir les prix plus bas que la moyenne européenne.
Que conclure de ces observations ? Que l’écart de prix de cette énergie entre la France et l’Espagne n’est pas un hasard, mais le résultat de deux choix politiques bien différents. La France repose sur une fiscalité très élevée (60 %) sur les carburants, utilisée à la fois comme levier budgétaire et comme outil de transition écologique. Cela augmente fortement le prix à la pompe, alimentant aussi le financement de l’État et de ses politiques publiques, certains diront la gabegie des dépenses de fonctionnement de l’État… Ayant entrainé le mouvement des Gilets Jaunes en 2018.
L’Espagne, elle, fait un choix plus direct : limiter la taxation sur le carburant afin de préserver le pouvoir d’achat, soutenir la consommation et maintenir la compétitivité de son économie. Le carburant y est considéré davantage comme un bien essentiel que comme un outil fiscal ou écologique prioritaire.
Au final, la différence de prix entre les deux pays illustre surtout une opposition de stratégie : d’un côté une logique de fiscalité élevée et de transformation, de l’autre une logique de modération fiscale et de soutien immédiat à l’économie réelle…
À votre avis concernant ce sujet, où fait-il bon vivre : d’un côté ou de l’autre de la frontière pyrénéenne ?
Autre cas intéressant : le Luxembourg
Voici le pays le plus riche d’Europe en PIB par habitant, sinon du monde. Avec cependant des prix à la pompe beaucoup moins cher qu’en France : de 20 à 40 centimes moins chers dans le duché. Cela est dû à des prix stabilisés par l’État, une stratégie pour attirer les conducteurs frontaliers et une fiscalité modérée. Cet écart reste surtout un choix fiscal et politique, et non pas une fluctuation du prix du baril de pétrole.
Donc, en se focalisant sur ces trois pays, que pouvons-nous conclure ? Que les prix du carburant sur le continent ne dépendent pas seulement du pétrole, mais surtout des choix politiques de chaque nation. Concernant l’Espagne et le Luxembourg, eux maintiennent des prix plus bas que la France. Le premier limite les taxes pour soutenir le pouvoir d’achat, l’économie et le tourisme. Le second garde des prix attractifs pour rester compétitif face à ses voisins et attirer les conducteurs frontaliers. Quant à la France, elle applique une fiscalité élevée sur les carburants pour financer le fonctionnement de l’État, les services publics et la transition écologique, et se retrouve ainsi être un des pays où l’énergie est la plus cher…
Pour dire que : toutes ces données dépendent de choix politiques différents, et chaque modèle a ses gagnants et ses perdants. En Espagne, les taxes plus faibles permettent de soutenir les ménages et l’économie, mais réduisent les recettes de l’État. Au Luxembourg, les prix bas servent surtout à attirer du business, ce qui profite à l’activité locale mais limite aussi les revenus fiscaux. En France, les taxes élevées pèsent lourdement sur le pouvoir d’achat. D’ailleurs, voici trois chiffres du poids de fonctionnement l’État en % du PIB : – la France, environ 55 %, soit l’un des niveaux les plus élevés – l’Espagne environ 45 à 47 %, un niveau intermédiaire – le Luxembourg, environ 40 à 43 %, un État qui ponctionne le moins des trois.
Synthèse générale
Au final, les écarts de prix du carburant en Europe ne sont pas le simple reflet du prix du pétrole, mais celui de choix politiques, économiques et sociaux très différents selon les pays.
Chaque modèle repose sur un arbitrage : plus ou moins de taxes, plus ou moins de frais de fonctionnement de l’appareil étatique et des services publics, plus ou moins de pression sur le pouvoir d’achat. Il n’existe donc pas un système « meilleur » dans l’absolu, mais des stratégies différentes avec leurs avantages et leurs limites.
Les pays comme la France privilégient un modèle où l’État joue un rôle centralisé, financé par une fiscalité élevée, notamment sur l’énergie. D’autres comme l’Espagne ou le Luxembourg font davantage le choix de la compétitivité et de la modération fiscale, d’équilibres sociaux au prix de recettes publiques plus faibles.
En France, il y a un vrai mécontentement social qui s’explique surtout par un sentiment de déséquilibre entre ce que les citoyens paient et ce qu’ils perçoivent en retour. La pression fiscale est ressentie comme élevée, notamment sur le carburant et la consommation, tandis que l’efficacité des services publics est souvent jugée inégale. Cela crée des tensions autour du pouvoir d’achat et du coût de la vie. En Espagne, le modèle repose davantage sur une fiscalité plus modérée sur certains biens du quotidien, ce qui allège la pression immédiate sur les ménages. En revanche, cela s’accompagne d’une économie plus fragile, avec des revenus plus faibles. Au Luxembourg, la situation est différente : la richesse globale et la structure économique permettent un niveau de vie élevé et une acceptation plus forte du système fiscal. Le pays bénéficie d’une économie très internationale, parfois nommée « paradis fiscal » avec une forte capacité de financement, ce qui limite les tensions liées aux prix du quotidien.
Solution ? comme la France a des frontières communes avec ces deux États, passez la frontière pour ceux qui peuvent, quant aux autres… réfléchissez bien qui vous allez élire en 2027.
Il y a un endroit qui résiste
Depuis l’agression d’Israël et des U.S contre l’Iran ayant eu comme conséquence le blocage du détroit d’Ormuz, le tam-tam nous susurre que tout justifie l’explosion du prix des carburants… Cependant un petit village gaulois, pardon maghrébin résiste : la Tunisie, avec un litre à 0,70 euro !
Comment se fait-il ? Le prix du carburant est en partie contrôlé et subventionné par l’État : l’État absorbe une partie du coût réel du pétrole. Il stabilise les prix pour éviter les hausses brutales. Objectif : protéger le pouvoir d’achat et la stabilité sociale.
Là, le prix à la pompe ne suit pas docilement les soubresauts du baril ou les tensions internationales. Il est amorti, encadré, presque domestiqué. L’État joue les amortisseurs : il absorbe, régule, subventionne, pour éviter que la réalité mondiale ne devienne trop brutale dans la vie quotidienne. Au fond, pendant que partout on annonce l’explosion des prix comme une fatalité mondiale, la Tunisie rappelle avec un certain calme ironique qu’entre théorie économique et réalité sociale, il existe parfois… un monde de différence. Celui où les gens peuvent vivre.
Voilà cher consommateur/conducteur accro à l’or noir, tu n’as pas le choix et selon où tu es né et habite… ton plein risque plus ou moins de te faire tomber en panne sèche…
Georges ZETER/avril 2026
Vidéo : la taxe de la taxe !
Pour éviter une tache fastidieuse de rentrer toutes ces notes de bas de page ainsi tous les prix donnés dans le billet sont visibles sur internet et l’IA. Thank you !




cordialement< ;