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Carburant : l’essence même du non-sens - AgoraVox le média citoyen
mercredi 29 avril - par George L. ZETER

Carburant : l’essence même du non-sens

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Oui, oui, LA CRISE !!! Et là tout est dit, tout est justifié. L’essence, la bouffe, les loyers, l’électricité, le gaz, tout, quoi, augmente trois fois plus vite que les salaires. Les citoyens des pays occidentaux, dits de « la communauté internationale », subissent ce laminage depuis des décennies, tout ça à cause de guerres, de pandémies, de révolutions. Et nous, bons couillons, nous nous adaptons en nous serrant la ceinture, alors que notre époque n’a jamais autant produit de richesses depuis la naissance du monde, autant de millionnaires, de milliardaires, et bientôt de trilionnaires. Pendant ce temps-là, nous comptons les piécettes au fond de nos poches… 

Afin d’essayer de comprendre…

Les carburants : le liquide le plus fluctuant concernant son prix de vente à la pompe. Regardons les écarts de prix en Europe qui peuvent paraître étonnants, avec parfois près de 1 € de différence par litre entre pays, alors que le pétrole brut est globalement acheté au même tarif. En réalité, plusieurs facteurs expliquent ces écarts.

En Europe, on parle d’une « Europe des carburants à deux vitesses », liée à plusieurs paramètres : en gros 1) les taxes, facteur dominant. 2) – les politiques écologiques – 3) les coûts logistiques, transports – 4) le niveau de vie – 5) les taux de change. Ces cinq éléments définissent pour les peuples ces différences importantes de prix sur le continent. Tout cela aboutit à ce qu’aux Pays-Bas on soit à : ≈ 2,33 €/L et en comparaison pour l’île de Malte à : ≈ 1,34 €/L… Ainsi sur un plein de 50 L - 50 € de différence.

En se focalisant un peu plus : les prix de l’Europe de l’Ouest sont élevés, comparés à ceux de l’Europe de l’Est, bien au-dessous ; sauf une exception notable : l’Espagne, à : ≈ 1,56 €/L…

L’Espagne, moins confiscatoire

Il faut observer que l’Espagne est souvent nettement moins chère que ses voisins comme la France, et ce n’est pas un hasard. Voilà les vraies raisons :

Des taxes plus faibles qu’en France, résultat : environ 30 à 50 centimes de moins par litre en Espagne.

Une politique moins écologique punitive, résultat : moins de pression fiscale verte.

Le poids du tourisme, résultat : le carburant est vu comme un levier économique.

Des marges et coûts logistiques très compétitifs, résultat : tout ça aide à maintenir les prix plus bas.

Des mesures ponctuelles anti-inflation, résultat : cela permet de maintenir les prix plus bas que la moyenne européenne.

 

Que conclure de ces observations ? Que l’écart de prix de cette énergie entre la France et l’Espagne n’est pas un hasard, mais le résultat de deux choix politiques bien différents. La France repose sur une fiscalité très élevée (60 %) sur les carburants, utilisée à la fois comme levier budgétaire et comme outil de transition écologique. Cela augmente fortement le prix à la pompe, alimentant aussi le financement de l’État et de ses politiques publiques, certains diront la gabegie des dépenses de fonctionnement de l’État… Ayant entrainé le mouvement des Gilets Jaunes en 2018.

L’Espagne, elle, fait un choix plus direct : limiter la taxation sur le carburant afin de préserver le pouvoir d’achat, soutenir la consommation et maintenir la compétitivité de son économie. Le carburant y est considéré davantage comme un bien essentiel que comme un outil fiscal ou écologique prioritaire.

Au final, la différence de prix entre les deux pays illustre surtout une opposition de stratégie : d’un côté une logique de fiscalité élevée et de transformation, de l’autre une logique de modération fiscale et de soutien immédiat à l’économie réelle…

À votre avis concernant ce sujet, où fait-il bon vivre : d’un côté ou de l’autre de la frontière pyrénéenne ?

Autre cas intéressant : le Luxembourg

Voici le pays le plus riche d’Europe en PIB par habitant, sinon du monde. Avec cependant des prix à la pompe beaucoup moins cher qu’en France : de 20 à 40 centimes moins chers dans le duché. Cela est dû à des prix stabilisés par l’État, une stratégie pour attirer les conducteurs frontaliers et une fiscalité modérée. Cet écart reste surtout un choix fiscal et politique, et non pas une fluctuation du prix du baril de pétrole.

Donc, en se focalisant sur ces trois pays, que pouvons-nous conclure ? Que les prix du carburant sur le continent ne dépendent pas seulement du pétrole, mais surtout des choix politiques de chaque nation. Concernant l’Espagne et le Luxembourg, eux maintiennent des prix plus bas que la France. Le premier limite les taxes pour soutenir le pouvoir d’achat, l’économie et le tourisme. Le second garde des prix attractifs pour rester compétitif face à ses voisins et attirer les conducteurs frontaliers. Quant à la France, elle applique une fiscalité élevée sur les carburants pour financer le fonctionnement de l’État, les services publics et la transition écologique, et se retrouve ainsi être un des pays où l’énergie est la plus cher…

Pour dire que : toutes ces données dépendent de choix politiques différents, et chaque modèle a ses gagnants et ses perdants. En Espagne, les taxes plus faibles permettent de soutenir les ménages et l’économie, mais réduisent les recettes de l’État. Au Luxembourg, les prix bas servent surtout à attirer du business, ce qui profite à l’activité locale mais limite aussi les revenus fiscaux. En France, les taxes élevées pèsent lourdement sur le pouvoir d’achat. D’ailleurs, voici trois chiffres du poids de fonctionnement l’État en % du PIB : – la France, environ 55 %, soit l’un des niveaux les plus élevés – l’Espagne environ 45 à 47 %, un niveau intermédiaire – le Luxembourg, environ 40 à 43 %, un État qui ponctionne le moins des trois.

Synthèse générale

Au final, les écarts de prix du carburant en Europe ne sont pas le simple reflet du prix du pétrole, mais celui de choix politiques, économiques et sociaux très différents selon les pays.

Chaque modèle repose sur un arbitrage : plus ou moins de taxes, plus ou moins de frais de fonctionnement de l’appareil étatique et des services publics, plus ou moins de pression sur le pouvoir d’achat. Il n’existe donc pas un système « meilleur » dans l’absolu, mais des stratégies différentes avec leurs avantages et leurs limites.

Les pays comme la France privilégient un modèle où l’État joue un rôle centralisé, financé par une fiscalité élevée, notamment sur l’énergie. D’autres comme l’Espagne ou le Luxembourg font davantage le choix de la compétitivité et de la modération fiscale, d’équilibres sociaux au prix de recettes publiques plus faibles.

En France, il y a un vrai mécontentement social qui s’explique surtout par un sentiment de déséquilibre entre ce que les citoyens paient et ce qu’ils perçoivent en retour. La pression fiscale est ressentie comme élevée, notamment sur le carburant et la consommation, tandis que l’efficacité des services publics est souvent jugée inégale. Cela crée des tensions autour du pouvoir d’achat et du coût de la vie. En Espagne, le modèle repose davantage sur une fiscalité plus modérée sur certains biens du quotidien, ce qui allège la pression immédiate sur les ménages. En revanche, cela s’accompagne d’une économie plus fragile, avec des revenus plus faibles. Au Luxembourg, la situation est différente : la richesse globale et la structure économique permettent un niveau de vie élevé et une acceptation plus forte du système fiscal. Le pays bénéficie d’une économie très internationale, parfois nommée « paradis fiscal » avec une forte capacité de financement, ce qui limite les tensions liées aux prix du quotidien.

Solution ? comme la France a des frontières communes avec ces deux États, passez la frontière pour ceux qui peuvent, quant aux autres… réfléchissez bien qui vous allez élire en 2027.

Il y a un endroit qui résiste

Depuis l’agression d’Israël et des U.S contre l’Iran ayant eu comme conséquence le blocage du détroit d’Ormuz, le tam-tam nous susurre que tout justifie l’explosion du prix des carburants… Cependant un petit village gaulois, pardon maghrébin résiste : la Tunisie, avec un litre à 0,70 euro !

Comment se fait-il ? Le prix du carburant est en partie contrôlé et subventionné par l’État : l’État absorbe une partie du coût réel du pétrole. Il stabilise les prix pour éviter les hausses brutales. Objectif : protéger le pouvoir d’achat et la stabilité sociale.

Là, le prix à la pompe ne suit pas docilement les soubresauts du baril ou les tensions internationales. Il est amorti, encadré, presque domestiqué. L’État joue les amortisseurs : il absorbe, régule, subventionne, pour éviter que la réalité mondiale ne devienne trop brutale dans la vie quotidienne. Au fond, pendant que partout on annonce l’explosion des prix comme une fatalité mondiale, la Tunisie rappelle avec un certain calme ironique qu’entre théorie économique et réalité sociale, il existe parfois… un monde de différence. Celui où les gens peuvent vivre.

Voilà cher consommateur/conducteur accro à l’or noir, tu n’as pas le choix et selon où tu es né et habite… ton plein risque plus ou moins de te faire tomber en panne sèche…

Georges ZETER/avril 2026

Vidéo : la taxe de la taxe !

Pour éviter une tache fastidieuse de rentrer toutes ces notes de bas de page ainsi tous les prix donnés dans le billet sont visibles sur internet et l’IA. Thank you !



12 réactions


  • Com une outre 30 avril 06:24

    Macron est fidèle a son principe de ne pas soutenir la consommation « quoi qu’il en coûte ». Car à la sortie, l’Etat sera-t-il bénéficiaire ? Rien n’est moins sûr puisqu’il apparaît déjà que les français se déplacent moins. Ce qu’il croit une opportunité pour gonfler les caisses pourrait bien se solder par une aggravation du déficit comme toutes les politiques qu’il a mené. En même temps, Macron travaille-t-il à l’intérêt de l’Etat ? La question se pose.


  • LeMerou 30 avril 07:03

    @George L.ZETER

    Bonjour,

    Il y a aussi le fait des fermetures « écologique » de certaines raffineries, qui ont pour conséquences d’acheter des produits finis (env : 20%), ce qui au delà des « taxes » nous place dans une situation de dépendance accrue pour la quantité et les cotations boursières de ces derniers.

    L’action des « Marchés » aussi n’est pas à négliger, du pétrole non produit s’échangeant gaiement.

    Pour conclure, nous sommes d’une part comme tant d’autres Pays très dépendant du pétrole par ses « dérivés » et ce bien au delà du fait de pourvoir se déplacer ou bon nous semble, ou par obligations. Rançon du progrès d’une économie et « évolution » mondiale très largement basée sur cette ressource et d’autre part, nous « bénéficions » d’une dette abyssale, dont les intérêts nous coûtent fort cher, dont personne ne semble se rendre compte encore de leur impact futur, alors si l’état réalise une petite « plus value », permettant d’alléger momentanément les intérêts bah....

    Le souci réel, c’est que je ne suis pas sûr du tout que cette plus value temporaire soit véritablement employée à bon escient, l’état ne cherchant aucunement à réduire ses dépenses conséquentes, donc il continu son rôle de providence, crucial en ces temps électoraux.

    Enfin nous sommes dans une époque d’exagération permanente, ou l’on entend qu’une augmentation de 20% d’un produit qui n’entre que dans 5% du produit fini, ou d’un service, porte des atteintes terribles à la rentabilité, voir même risque de rendre défaillant l’entité. Cela peut être vrai pour certaines professions tout de même, mais pour d’autres ?

    Je serais curieux de savoir, l’impact réel de la variation du cours du baril sur les yaourts ou le lait par exemple, car l’alerte à déjà été donnée.

    Tout de fois, l’augmentation du prix du baril se répercutera sur la consommation, contraignant à modifier un peu son comportement individuel, ses usages, donc l’état gagnera d’un coté mais perdra en recette de l’autre. Si l’état « compense » la variation par des subsides cette dernière sera t-elle inférieure ou supérieur aux manques de recette ? L’on peut compter sur nos génies de la « finance » pour avoir calculer les impacts..


  • charlyposte charlyposte 30 avril 10:30

    Macron Bonaparte est un faussaire qui mérite des torgnoles du matin au soir smiley


  • Eric F Eric F 30 avril 12:16

    Ajoutons à la liste des pays européens à carburant bon marché la Hongrie, qui a une dérogation pour pouvoir acheter du pétrole russe.
    En France on a une politique de « subvention sélective pour les uns financée par un surcroit de taxe générale », ça concerne aussi les carburants. Lorsqu’un représentant politique d’opposition prescrit de diminuer les taxes, les journalistes sautent au plafond comme quoi « c’est injuste, ça va bénéficier à tout le monde » conception bien de chez nous de la justice.
    En tout cas on pourrait suspendre les « crédits carbone » pendant les crises pétrolières, certes ça suspendra les pochettes surprises de droit à la voiture électrique pour 100€ dont l’effet d’aubaine n’a qu’une résultante marginale sur l’ensemble du parc.


  • alinea alinea 30 avril 19:54

    Si l’État français faisait des choses intelligentes, on serait content de lui donner nos sous ; hélas, ce n’est pas le cas. Aussi nous, le bas peuple, trouvons abusif le pognon qu’il se fait sur notre dos, sachant que la situation actuelle n’est pas entièrement responsable de cette lubie d’augmentation ! Mais on peut tout de même sentir, par derrière, et selon les pays, le respect, ou le dédain qu’un gouvernement a pour le peuple qu’il est sensé « diriger »(?) Et l’Espagne semble être plus affranchie que nous.. !


  • ddacoudre ddacoudre 30 avril 23:00

    bonjour c’est une analyse ponctuelle comparative entre différente fiscalité. la fiscalité sur les carburants rentre dans les comptes public et sont restitué sous forme de service par le pouvoir politique. il est possible de supprimer la fiscalité. mais si nous voulons conserver les mêmes services de l’état, il faudra augmenter des impôts ou des taxes ailleurs, c’est seulement le contribuable impacté qui changera, ou il faut accepter des réductions de services, et s’ils sont nécessaires ils seront réalisés par le privé à des taux plus élevés pour des retours sur investissement. ce n’est donc pas le fond du problème ? ceux qui ont une fiscalité plus basse doivent se comparer avec les services rendu par leur états et le notre. par exemple le Luxembourg n’a pas d’armée à entretenir etc cordialement ddacoudre overblog.


    • @ddacoudre

      les carburants rentre dans les comptes public et sont restitué sous forme de service par le pouvoir politique....

      Vous le prouvez Où et quand ?

      Le fond de réserve(+ de 100 milliards) mis en place par Jospin a disparu, sans aucune trace ?


    • @SPQR-audacieux complotiste-Monde de menteurs

      https://www.sauvegarde-retraites.org/dossiers/retraite-48.html .

      Siphonnage et détournement des fonds destinés aux retraites (26/09/2002).

      A part commander des rapports, les gouvernements successifs ne font rien ou presque pour sauvegarder les retraites. Pire, ils siphonnent les fonds destinés aux retraités.

      Les retraites siphonnées pour combler le trou de la Sécu.

      En 1999, le gouvernement a besoin de 11 milliards pour combler « le trou de la sécu » ? Et comment le comble t-il ? En ponctionnant l’excédent (tout à fait exceptionnel) des caisses de retraites cette année-là. Autrement dit, en siphonnant l’argent de nos retraites. Au nom de tous les retraités : Merci ! Ca, c’est de la bonne gestion !

      Détournement du Fonds de Réserve : Le gouvernement ponctionnerait 155 milliards d’euros d’ici 2020 :

      En 1997, lionel Jospin annonçait la création d’un Fonds de Réserve qui devait accumuler 4,5 à 5 milliards d’euros par an pour atteindre 152 milliards d’euros en 2020. Ce fonds devait être alimenté à la fois par la vente des licences UMTS et, pour les 2/3, par les excédents du fonds de solidarité vieillesse, le FSV.


    • ddacoudre ddacoudre 3 mai 01:07

      @SPQR-audacieux complotiste-Monde de menteurs

      bonjour tu n’as qu’à chercher sur le net tu auras la réponse, tu n’imaginerais pas que macron se les met dans la poche smiley cordialement< ;


  • sylvain sylvain 1er mai 17:12

    En Iran, le prix du gasoil a la pompe est autour des 7 centimes...


  • Quand on imagine tous ces idiots de français, notamment ceux qui ont des familles( des enfants,petits enfants et parents), se faire vider le porte-monnaie par un homosexuel qui n’a pas de famille, pas d’enfant propre et se permet d’étrangler la vie des familles qui ont voté pour lui et sa bande de .... ! Le constat est dystopique, délirant de bêtise, cynique....

    La niaiserie maladive des troupeaux de gentils débiles (goys, en langage dominateur) ....

    Hè le Sus domesticus, arrête de te bâfrer la bouffe gratuite !

    Bon vent, les hypocrites de la LOOZE !


  • La BCE bloque tout, Lagarde et les autres ont peur mais ?


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