vendredi 1er février 2008 - par Stéphane Veyret

Claude Piron forpasis

Le célèbre psychologue, écrivain et espérantiste suisse Claude Piron est mort dans sa maison de Gland (Suisse) le mardi 22 janvier 2008 à l’âge de 76 ans. Une bien triste nouvelle pour la communauté espérantophone.

Claude Piron est né le 26 février 1931 à Namur, en Belgique. Il découvre l’espéranto à l’âge de 9 ans, ce qui lui donne rapidement un intérêt pour les langues étrangères. Diplômé de l’École d’interprètes de l’université de Genève, il devient traducteur à l’Organisation des Nations-Unies (ONU) de chinois, d’anglais, de russe et d’espagnol. Ensuite, il quitte l’ONU et travaille pour l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), en particulier en Afrique et en Asie. À partir de 1968, il commence à pratiquer la psychothérapie, ce qu’il fera jusqu’à la fin de ses jours dans son cabinet de Gland, en Suisse.

Claude Piron est très célèbre dans la communauté espérantophone. Il a utilisé la langue internationale dans de nombreux pays à travers le monde et l’a même enseignée à l’université de San Francisco. Il a été membre de l’académie d’espéranto (Akademio de Esperanto) et était membre honoraire de l’association universelle d’espéranto (Universala Esperanto-Asocio) et membre de l’association des auteurs en espéranto (Esperantlingva Verkista Asocio).

Il a publié de nombreuses œuvres en espéranto et pour l’espéranto en français et anglais. Son roman le plus connu est sans doute Gerda malaperis (Guerda a disparu), œuvre pédagogique souvent utilisée comme premier livre de lecture après un premier cours d’espéranto. Mais il a également écrit en espéranto quelques romans, de nombreuses nouvelles et bien d’autres choses encore. Son œuvre ne s’arrête pas là puisqu’il a également beaucoup publié dans les domaines de la psychologie, de la communication interculturelle et des langues en général.

J’ai personnellement eu quelques échanges avec Claude Piron. Comme tous ceux qui sont dans mon cas, j’en retiens son accessibilité, sa grande gentillesse, et sa connaissance sans faille de la langue internationale. Il est également intervenu un certain nombre de fois sur Agoravox, dans les nombreux débats qui ont cours sur l’espéranto, sous le pseudonyme de Negravaski. Son ton était toujours très calme, très posé, et ses interventions apportaient toujours des informations intéressantes, sans agressivité, avec toute la simplicité qui le caractérisait.

Claude Piron est mort dans une relative indifférence du grand public. Je n’ai appris sa mort qu’une semaine plus tard, un peu par hasard, alors qu’aucun média n’a rien publié à ce sujet. Indifférence ? Pas pour tout le monde, en fait. La nouvelle a vite circulé dans la communauté espérantophone puisque l’encyclopédie communautaire Wikipédia est déjà à jour (depuis le lendemain de sa mort pour certaines versions) dans toutes les langues contenant un article sur ce grand homme. C’est pour lui rendre hommage, et présenter mes sincères condoléances à sa famille, que j’ai décidé aujourd’hui d’écrire cet article.

(Claude Piron forpasis signifie Claude Piron est décédé, en espéranto.)

Sources et liens :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Piron

http://claudepiron.free.fr/

http://www.youtube.com/watch?v=taLXSe4c498



15 réactions


  • piki 1er février 2008 13:34

     

    Combien de réactions va susciter cet article ?

    La mondialisation est là … il serait temps qu’elle ai une langue commune qui ne soit pas hégémonique

    Un certain Pierre Bourdieu n’arrêtait pas de dire qu’il fallait dès l’école  primaire faire apprendre une langue afin de donner les bases d’apprentissage des langues aux enfants…

    Mais il rajoutait : « surtout pas l’anglais que de toute façon les élèves apprendraient bien un jour ou l’autre dans leur études secondaires »

    En attendant l’anglais c’est développé en école primaire et pendant ce temps nos chères têtes blondes s’expriment moins bien en anglais que leur aînés !!!

    On est donc pas rendu pour que les animaux doués de déraison et peuplant la planète communiquent facilement ...


  • Lapinator Lapinator 1er février 2008 14:42

    C’est une bien triste nouvelle, moi aussi j’ai su que Claude Piron étais mort il y a une semaine. Même si je ne l’ai jamais rencontré, ni même dialogué avec lui par email. J’ai lu qq1 de ses écrits et j’ai eu l’agréable surprise d’etre complétement dacord avec lui, ce qui ma rapprocher de lui. L’annonce de sa mort ma vraiment atristé.

    J’en profte donc moi aussi pour lui rendre un hommage autentique.


  • valer 1er février 2008 14:47

    Merci pour votre article qui m’a appris la mort de Claude Piron.

    Toutes mes condoléances à sa famille. Et un énorme merci à lui pour l’ensemble de son oeuvre.

     

    Doumont Valère, Belgio


  • eugène wermelinger eugène wermelinger 1er février 2008 15:17

    Ankaŭ mi volas transdoni miajn simpatiajn sentojn al la familio de samideano Piron.

    Skribante en la internacia lingvo, mi volas tiel honori lian memoron.

    Ĝis la revido : Adiaŭ Claude.

    (Je veux moi aussi transmettre mes sentiments de sympathie à la famille de notre ami Piron. En écrivant en langue internationale je veux ainsi honorer sa mémoire. Jusqu’au revoir : Adieu Claude.)


  • yves de reze 1er février 2008 15:57

    .. Oui, suis tombé le 25, par hasad sur cette information...

    Oui, c’est bien un pilier du monde espérantophone qui s’écroule.. Un homme qui sait de quoi il parle, pour avoir vécu de l’intérieur ce monde des grandes organisations internationales.. Il sait ce qu’est l’apprentissage des langues, il sait ce qu’est la traduction dans ce monde de l’OMS et autres..

    Et en même temps un homme impliqué dans la culture esperantophone. Entre le roman, la chanson...

    Ma dernière relation, sympathique avec Piron remonte à l’année dernière ou un peu avant.. Une lettre de lecteur dans Télérama. ; Tiens, intéressant, voilà un lecteur qui a compris quelque chose, on poursuit.... On arrive en bas.. Hé !! Mais c’est Claude Piron ! Je lui envoie un petit mot en Eo pour le remercier, au passage j’évoque des miens soucis psy..

    Il me répond fort aimablement quelque temps plus tard, chaleureusement... Une écoute. Yves


  • Krokodilo Krokodilo 1er février 2008 16:47

    Oui, bonne idée de faire connaître sa disparition à un public peu au fait de l’espéranto. La longue liste de condoléances, dont les messages (tous en Eo) rapportent souvent des souvenirs personnels, sont émouvants, et donnent bien la mesure de ce qu’il représentait pour beaucoup de gens. Je crois qu’il en plaisantait en disant qu’il était très connu mondialement, mais dans un cercle étroit - ce qui n’est déjà pas donné à beaucoup d’hommes.

     

    Je crois utile de préciser à l’attention des non-espérantistes, qui seraient éventuellement rebutés par tous les clichés et préjugés qui circulent sur cette langue, que son livre "Le Défi des langues" (présenté sur Wikipedia dans le lien indiqué par l’auteur) aborde le thème de la communication mondiale d’une manière générale, par différents aspects, et s’il propose effectviement l’espéranto comme solution la plus adaptée actuellement, ce livre n’est nullement une bête propagande, c’est celui qui peut intéresser le plus large public, àmha.

     

    De même, parmi ses dix conférences vidéo réalisées à son domicile, les neuf premières traitent de différents aspects de la communication mondiale, avec des détails et des anecdotes sur la traduction et l’interprétation ; seule la dernière conférence présente l’espéranto comme solution possible à l’incommunicabilité, non pas philosophique mais au sens propre, on ne se comrpend pas, ou très imparfaitement si on a la chance d’avoir une langue en partage.

     

    Bien que sa disparition ait été passée sous silence par les médias, son souvenir et ses écrits resteront.


  • nimfeo 1er février 2008 17:43

    Si des personnes souhaitent présenter des marques de sympathie à la famille de Claude Piron, il peuvent le faire en passant par le lien ci-dessous :

    http://www.edukado.net/index.php?frames=&views=guestbook(0)&functions=&elementId=20121&action=browse

    Merci à Stéphane Veyret pour son article.


  • Bigre Bigre 1er février 2008 21:10

    bonjour,

    3 eme ou 4eme article qui attire mon attention sur cette langue. J’ai regardé les quelques documents de présentation trouvés sur internet. C’est intéressant.

    Mais pourquoi cela ne décole-t-il pas ?

    Je ferai un mauvais parallèle avec Linux, il y a 10 ans, celui qui s’y intéressait passait pour un original. Bientot, c’est celui qui va l’ignorer qui sera original. Internet, comme moyen de communication est passé par là.

    Mais pour l’espéranto, quand on regarde "à froid" cette langue, que l’on compare et que l’on y voit ses qualités, pourquoi est-ce que c’est rejeté par l’ONU, l’UE, le Vatican  ? Merci de répondre par un article, si possible, j’aimerais comprendre.

    Est-ce que l’espéranto profite aussi d’internet pour se répandre ? Où ? Comment ? Comment faire pour encourager un tel mouvement ?

     


  • Aleks 1er février 2008 22:34

    Saluton Stéphane,

    Se mi estus vi, mi malebligus la komentojn al tia via artikolo. Min tre chagrenigus vidi ankoraux kritikajn disputemajn komentojn je omagha kondoleca artikolo !

    Si j’étais toi, je désactiverais la possibilité de faire des commentaires sur cet article (sauf s’il est possible de les filtrer) car ça me chagrinerait de trouver encore des commentaires critiques et polémiques sur un article hommage et de condoléance.On va pa commencer à faire un énième débat sur les mérites et les chances ou obstacles à la diffusion de la langue sur l’article parlant de la mort de Claude Piron ! Ce serait plus que glauque ! Tio estas mia chefa kritiko al la aperigo de tia artikola en A Vox.

     


    • Stéphane Veyret Stéphane Veyret 2 février 2008 09:22

      Saluton Aleks,

       

      J’ai moi aussi craint que les commentaires ne tournent en débat sur l’eo, et comme le dit Esperantulo, il n’est pas possible, à ma connaissance, de les interdire. Malgré cela, je ne voulais pas que des personnes qui connaissaient Claude Piron (de près ou de loin) ne soient pas au courant de sa disparition. Si l’on recherche Claude Piron dans Google actualité, mon article est actuellement le seul à relater son décès !

       

      Ĝis


  • Hermes esperantulo 1er février 2008 23:13

    Même reponse qu’Aleks, mais je pense que le bocage des commentaires serat impossible sauf demander à la rédaction d’avox

    Pour ma part c’était un homme très chaleureux, donc les quelques lettres que j’ai eut avec ont été très impressionnante l’étonnant resumer de sa facon de voir la langue et que j’approuve comme la plus par de la diaspora. Et les nombreux messages de condoléances par centaines sont pleins d’experience et d’émotions personneles grace et avec lui.

    Mais aussi et surtout un homme ayant une très grande experience du monde et de l’être humain.

    Je crois personellement qu’il nous à fait un très grand cadeau irremplacable dans la diaspora


  • Krokodilo Krokodilo 2 février 2008 09:28

    Bigre,

     

    Assez d’accord avec Aleks sur le fait que cet hommage n’est pas le lieu d’un nouveau débat sur l’Eo, d’autant plus qu’un ou deux enragés nous suivent à la trace et pourrissent toutes les discussions. Ceci dit, Claude Piron a été toute sa vie un un fervent défenseur de l’Eo, un militant et un enseignant qui jusque il y a quinze jours animait le groupe local de discussion en Suisse. Je pense donc qu’il aurait souhaité qu’on vous réponde sous forme de liens.

     

    Comme l’a dit Esperantulo, sur Agora vox, de nombreux articles et discussions ont tourné soit autour de l’anglais dans l’UE et dans le monde, soit autour de l’Eo, les deux thèmes étant inévitablement liés. Vous trouverez plein de réponses dans et après les articles de Henri masson, Esperantulo, Veyret, Sciuro et moi-même - pardon si j’oublie quelqu’un !

     

    Un de mes articles a plus particulièrement traité des réticences envers l’Eo , ce qui n’est pas évident dans le titre "Google..." (dans la deuxième partie) :

     

    http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=33432


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