Climat
Seul le doute ne fait pas de doute.
Certains posent la question sincèrement, ils s’interrogent, ils s’inquiètent, ils tentent de s’informer. D’autres ne doutent point, ils sont sûrs d’eux.
Sûrs que c’est un faux problème, ou sûrs que le cataclysme approche à grands pas. Mais sûrs, bien sûr.
D’autres encore sautent à pieds joints sur la controverse pour accuser le capitalisme, ou le collectivisme. Ceux-là sont à l’affût, tout est bon à prendre pour étayer leur thèse, quitte à tordre un peu les faits, quitte à s’appuyer sur leurs désirs. La foi peut déplacer les montagnes, dit Matthieu, mais pour eux elle peut aussi déplacer les nuages, fondre les glaciers, faire monter la mer. Fantasme des opinions climatologiques liées à l’idéologie politique…
Alors que nous reste-t-il à faire, à nous pauvres ignares, mal informés, bien désinformés, bien surinformés ? Il nous reste à … nous poser des questions, plus rarement à tenter d’y répondre. Questions et réponses se voulant impartiales et restant toujours partielles.
Depuis des années, voire des décennies, on nous dit que la température moyenne de la terre augmente. Les chiffres sont toujours précis, on retrouve souvent celui de 0,2°C par dizaine d’années. La mesure de cette température moyenne, notre sens commun en ressent la difficulté : milliers de points à mesurer, chacun d’entre eux en perpétuelle évolution quotidienne, saisonnière, annuelle. Méthodes de mesure par thermomètre ponctuel, par estimation du rayonnement émis, par satellite… Toutes ces valeurs conduisent à des résultats différents dont on déduit une moyenne mathématique. Laquelle serait d’environ 15°C, mais bizarrement ce chiffre est très rarement mis en avant. Comme si on n’osait pas trop affirmer… A l’inverse on insiste lourdement sur sa variation, le fameux 0,2°C. Pour inquiéter ?
De fait, on nous a surtout expliqué pendant une bonne trentaine d’années, à longueur de médias, que la température moyenne du globe allait augmenter. Depuis trente ans…Mais maintenant, après trente ans, a-t-on jamais pu lire que cette température avait augmenté ? Et de combien ? Bizarre, bizarre.
Quant au niveau de la mer, depuis des années comme la petite bête, il monte, il monte ! Mais on ne nous indique pas ( ?) un endroit précis où par marée haute le jour du plus haut coefficient de l’année le niveau aurait monté, et de combien ? Quant aux « îles disparues », ce sont des îlots du Pacifique dans des zones volcaniques où ils ne cessent de disparaître et d’apparaitre depuis des siècles sans que le niveau de l’océan n’en soit responsable…
Tout cela fait l’objet à la fois de mesures sujettes à caution, en tout cas fort mal expliquées, et de prévisions hasardeuses. Pourquoi hasardeuses ? Parce que, faute d’accès possible vers un futur inconnu dans un espace trop vaste, ces prévisions sont le fruit de « modélisations ». C’est-à-dire que, ne pouvant calculer les valeurs futures des centaines de paramètres qui déterminent le climat, on a établi des hypothèses permettant de représenter le système climatique par un système plus simple et plus utilisable : en l’occurrence, un ensemble de logiciels informatiques. On avait, de façon semblable, modélisé la météo et comparé de nombreuses fois le résultat modélisé et la météo réelle constatée, puis d’ajustements en ajustements, on est parvenu petit à petit à des prévisions très fiables sur 48 heures. Mais rien de tel concernant le climat : on n’a pas encore pu à ce jour corroborer les résultats de ces modèles en les comparant avec des variations réelles garanties du climat. On y parviendra probablement un jour lorsque les données auront pu être confirmées sur le long terme.
En certains hivers rigoureux, la presse se fait l’écho d’affirmations selon lesquelles le réchauffement climatique peut entraîner des records de froid. En physique moderne, plus froid égale plus chaud, sans doute. Et en période de canicule type juillet/août 2003 on impute la chaleur à ce même réchauffement climatique. Peut-être, peut-être. Les « records » sont établis en fonction des relevés qui ont débuté en 1950. Mais quid de la canicule de 1718/1719 ? Et celles de 1892, de 1898 ?
La crainte existe d’une aggravation des manifestations météorologiques violentes, et de leur fréquence. Néanmoins aucun chiffre mesuré ne vient étayer cette crainte, fondée sur quelques cas vécus. En langage actuel on parle beaucoup de tsunamis, mais ce mot existe depuis la nuit des temps en japonais : si le mot existe, c’est que la chose se produisait. Et en français, avant que nous donnions du « tsunami » à tout bout de champ, nos ancêtres connaissaient le « raz de marée ».
De même, attribuer les inondations de La Nouvelle Orléans en 2005 au changement climatique, c’est oublier que les « levées » du Mississippi et les digues protégeant la ville ont été construites voici bien longtemps : si on les a édifiées, c’est que le phénomène était connu. On avait juste oublié que ces « levées » devaient être entretenues.
Il n’en reste pas moins que si la température de la mer augmente, l’énergie produite en cas d’air froid peut augmenter le risque de cyclones. Mais la température moyenne de la mer augmente-t-elle ?
La presse et les médias audiovisuels publient fréquemment des images choc. Le sable qui empiète sur les terres arables, le glacier qui s’écroule. Ces images à n’en pas douter sont authentiques, mais on oublie de préciser qu’elles sont ponctuelles. C’est-à-dire que pendant qu’un glacier fond en un point, comment savoir si un autre glacier, à 100 ou 300 kilomètres, n’augmente pas de volume ? Et qu’en était-il de ce même glacier lors des saisons de fonte précédentes ? Peut-être que tous fondent à grande vitesse, peut-être. Mais ces images ne prouvent rien. Dans le même ordre d’idée, quand on nous apprend à l’été 2012 que la ville d’Argentan a enregistré un record de température, cela frappe les esprits mais n’a aucun sens. Compte tenu des vents locaux aléatoires, des constructions nouvelles, du revêtement des rues, la température peut avoir été plus élevée à tel endroit, moins élevée ailleurs.
Tout le monde le dit, la majorité des « experts » aussi, et le groupement international GIEC qui réunit ces experts le confirme : la planète se réchauffe. C’est peut-être vrai, mais parmi les « climatologues » affirmant cette donnée avec une belle assurance, combien se sont penchés réellement sur le problème et sont arrivés à des conclusions indépendantes ? Certainement moins d’une dizaine pour le monde entier, et les autres prennent le relais. Ce que tout un chacun prend pour l’avis quasi unanime de centaines d’experts est en fait le résultat des recherches de quelques-uns. Et aucun de ces quelques-uns n’a apporté de preuve formelle. À propos des avis unanimes d’experts, n’oublions pas ce que la revue des polytechniciens avait affirmé en 1900 : la tour Eiffel ne pourrait pas tenir debout…
La météorologie, dont les prévisions à quelques jours sont facilement vérifiables a posteriori, a l’obligation de se montrer une science humble. La climatologie, dont les anticipations sur plusieurs décennies sont plus aisément oubliées par la mémoire limitée des hommes, est une science moins risquée, de ce fait plus portée à l’immodestie.
Réchauffement présent ou pas, dû à l’activité humaine ou pas, rien n’est strictement démontré. Cependant une chose est établie : la proportion de CO2 dans l’atmosphère augmente. En volume elle avoisine 400 pour 1.000.000, elle était de 300 pour 1.000.000 en 1900. Ce dioxyde de carbone est un gaz inerte, sans danger pour nos poumons et indispensable à la vie des plantes grâce au phénomène de photosynthèse qui d’ailleurs en libère l’oxygène et le restitue à l’atmosphère. Il n’en reste pas moins que plus il y a de CO2 dans un volume d’air donné, moins il y a d’oxygène. Ce phénomène n’est donc pas sans incidence, et nous avons le devoir de lutter contre son accroissement. C’est la combustion du carbone dans l’oxygène qui fabrique du CO2, par conséquent le développement de toutes les énergies ne brûlant pas de carbone dans le monde est une sage mesure. Sage mesure également, la recherche destinée à pouvoir « casser » le CO2 à l’échelle industrielle pour en extraire le carbone et en isoler l’oxygène.
Mille idées préconçues encombrent l’esprit, l’obscurcissent, l’empêchent d’y voir clair. Les questions ci-dessus, et les rares réponses, ont pour objet de déblayer ces idées pour tenter de mieux comprendre. Mais que le lecteur ne nourrisse pas d’illusions : cet article ne sort pas de son chapeau en conclusion une opinion définitive.
Quand on ne sait pas, il faut le dire et s’en tenir à la vigilance.



