lundi 22 février - par Roland Gérard

Comment j’ai rencontré Sarah Connor

Le mystère est épais, mais je m’en fiche, au contraire même… j’aime le mystère.

Encore sous le choc, me disant ce jour-là – mais qui est de gauche, ce sont eux ou c’est moi ? – de toute évidence nous ne sommes pas de la même famille. Eux ce sont certains syndicats de l’éducation et quelques associations comme eux réputées de gauche. Mais toutes ces organisations, elles avaient dérapé… fait une erreur… ce que j’avais éclairé il y a quelques jours, dans un article  : « Faux et vrais combats pour l’éducation », comme d’habitude pour moi publié dans Agoravox.

Enseignante entièrement d’accord…

Rarement les commentaires sur mes articles attirent mon attention mais ce dimanche matin-là c’était différent, une enseignante réagissait… « Merci pour cet article. Que puis-je rajouter ? Je suis enseignante et entièrement d’accord avec votre propos. Ma fille est en 3 ème et on souhaite l’orienter en bac pro car l’école l’ennuie, elle ne suit pas les cours délivrés de façon archaïque comme vous le dites si bien et je pêche à trouver une école alternative. Bienveillance et confiance, c’est vrai que notre école publique ne sait pas ainsi que le gouvernement ce que veulent dire ces mots. Et si on parle d’école positive type finlandais, on est ostracisé comme un ovni...  » J’ai à peine regardé son nom… ce que je ne fais que très rarement, j’ai répondu à son commentaire tant il résonnait en moi.

La belle utopie d’Alain

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« merci Sarah, nous sommes tellement nombreuses et nombreux à attendre une autre école... Avec votre soutien on trouverait presque l’énergie pour aller la chercher cette école... un copain sur Facebook en message privé me dit sur mon article : "Je suis ok avec toi Roland. Je défends l’instauration dans l’Éducation Nationale de lieux d’expérimentation de pédagogie alternative ouverte sur le vivant demandée par les parents et avec des équipes enseignantes volontaires formées à cela - Ceci à tous les niveaux école, collège et lycée et même faculté ! Une Éducation Nationale ouverte à l’expérimentation pédagogique serait une première base. OU alors une Éducation territorialisée permettant vraiment aux acteurs d’un territoire concerné de créer une école, un collège, un lycée avec un budget participatif fourni par le MEN, les collectivités territoriales mais là il y aurait pas mal d’obstacles à lever encore... » , « C’est sans doute vers là que ça se passe... en fait, on prend conscience qu’on est une grande proportion de français à aimer les enfants et donc à faire sécession avec la rue de Grenelle... leur rappeler que l’école de la République c’est notre école à nous ... pas la leur qui abîme les enfants.... On peut commencer à fédérer autour de cette idée...  »

Et puis place à l’explosif !

Et puis je retourne voir son nom : Sarah Connor … je me dis : « mais qui est donc cette Sarah Connor ? » Je la googlise et là je tombe sur ça… moment culte de cinéma qu’ils disent… et une fois encore je mesure l’étendue de mon ignorance… alors là en voyant cet extrait de Terminator, j’éclate de rire… et aussitôt je comprends qu’il s’agit d’un pseudo… joie du monde numérique… qu’est-ce que c’est vivant un dimanche matin seul à la maison… Je creuse un peu… Une solide cette Sarah Connor… une dangereuse… ça promet… et puis je vais faire mon petit tour… écouter un peu les oiseaux…. Àpeine rentré j’allume l’ordinateur et là, divine surprise SC est à nouveau intervenue sur le forum …

Ministère de la vérité pédagogique

« @Roland Gérard... je suis à fond question idéologie sur des écoles positives quel que soit le nom,Freinet Steiner Montessori, mais je crois ne pas avoir le courage de me lancer financièrement parlant...j’ai une zone de confort énorme : un salaire fixe, une classe maternelle dans une zone plutôt privilégiée de France et je peux donc encore conjuguer ma liberté pédagogique et les programmes qui en maternelle nous offrent une latitude encore...et j’ai un crédit et deux ados à charge et même si je sens de plus en plus de contraintes en terme d’adoption à des méthodes dans mon école et dans notre ministère de la vérité pédagogique ( j’ai travesti le nom du ministère de l’éducation nationale façon Orwell) , je conjugue , je biaise avec le système pour ne pas montrer mon décalage ... mais c’est vraiment un rêve de fonder une école multi niveaux ...sur un principe « tibéto finlandais »... la règle d’or bouddhiste , des vraies interrogations existentielles pour les « élèves », élève au sens noble , qu’on souhaite élever à un niveau supérieur, et une pédagogie collaborative et positive. Je regarde quand même du côté d’une ancienne colonie de vacances dans la montagne et si on veut nous vacciner, je serai poussée à m’extraire de ma zone de confort qui bien que confortable car l’inaction ne me met pas en danger... il me faut comme beaucoup un danger plus grand pour bouger...  »

Et elle continue… se dévoilant un peu plus

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« …mais bravo pour cet article car peu de personnes voient où il y a le réel malaise dans l’éducation mais y remédier comme l’ont fait il y a 30 ans les finlandais engendrerait une génération plus éveillée donc plus dangereuse pour des gouvernements qui souhaitent assujettir plutôt qu’élever... on n’a qu’à voir ce qui se passe dans nos élevages et comment sont traitées nos vaches en France ...enchaînées, reliées à une trayeuse et envoyées ensuite à l’abattoir. »

À suivre…

Je ne sais pas qui est Sarah… ni quelle est sa « région plutôt privilégiée »…je me dis que c’est un pseudonyme… je ne suis pas le seul sans doute… Je pense aussitôt à pas mal d’ami.e.s qui, écourtant leur carrière ont soit déjà quitté le « ministère de la vérité pédagogique », soit pensent tous les jours à le quitter, soit ont crié un grand « OUF » au jour de la retraite… je ne la connais pas du tout, elle m’impressionne déjà… Il y en a beaucoup des comme ça dans notre pays ? On est le 21 février 2021, il est 14h30… et je dis : « à suivre »… forcément.

 



7 réactions


  • Sarah Connor 22 février 21:30

    C’est trés drôle... mais il est vrai que se cacher derrière un pseudo , ça peut paraître  Lache comme si je ne voulais pas assumer mes convictions, mais je préfère surtout pour ma position vis à vis du corona et de notre gouvernement.... bien sûr, un terminator ne viendra peut être pas m’éliminer , claire severac , Fourtillan ou d’autres ont pâti d’être dissident meme je ne suis pas assez dangereuse pour les oligarques, je préfère ne pas être embêtée...


  • Laconique Laconique 23 février 14:54

    Bonjour. Pouvez-vous m’indiquer le profit que je peux tirer de la lecture de cet article ? Merci.


  • Albert123 23 février 17:42

    « ami.e.s »

    moi j’aie des amis,

    mais bon, je ne suis pas prof et j’essaye au mieux de respecter la langue française sans succomber aux délires débilitants de l’empire. 



  • jjwaDal jjwaDal 23 février 18:18

    On éduque en général selon l’éthique, la morale, les croyances, les convictions qui sont les nôtres. Toute éducation est donc biaisée d’entrée. Je ne suis pas sûr que l’éducation nationale fasse un si mauvais travail que ça, quand on voit les gamins que la société lui demande d’éduquer. C’est un problème collectif qui s’arcboute sur ce que nous avons fait collectivement de ce monde et de nos sociétés. Les gamins baignent dans un environnement assez corrosif (publicité, réseaux sociaux, porno, etc) où toutes les valeurs semblent relatives et où la pression sociale à l’adaptation (ou la marginalisation) est extrêmement forte. Le temps passé à leur donner des compétences techniques pour leur futur vie professionnelle est déjà assez important pour empêcher tout développement significatif en dehors de ça.
    Ma conviction est que leur donner une éducation digne de ce nom en ferait des individus très inadaptés au monde schizophrène dans lequel nous baignons. J’ai perçu correctement ce monde à 15 ans et ai jugé presque immédiatement que ce monde ne méritait pas que je lui laisse un descendant.
    Donner les moyens d’être lucides à un grand nombre ferait voler en éclat notre société. Il suffit de voir les réactions hystériques quand quelqu’un décide qu’il n’y aura plus de bouts de cadavres au menu d’une cantine scolaire. S’attaquer à nos valeurs collectives est une entreprise de très longue haleine qui n’entre pas dans les missions de l’éducation nationale.


  • DantonQ DantonQ 23 février 20:59

    Ptdr, faut arrêter de regarder « Terminator » en boucle...ça embrume le cerveau ! smiley


  • velosolex velosolex 23 février 21:26

    Né dans la famille solex, j’en ai voulu un temps à mes parents de m’appeler Velo. Un nom propre à me faire stigmatiser quand j’étais à l’école. Mon seul ami s’appelait 103 Peugeot, et ce n’est pas un hasard si c’était le seul qui me comprenait.

    Dans cette école de la violence et de l’exclusion, dont je suis l’incarnation du gâchis qui précipite chaque année une bonne centaine de milliers de véritables Arthur Rimbaud ignorés, vers ce qu’on appelait jadis la vie active, à 16 ans, je ne puis que vous plussez ! En terme de stigmatisation, mot qu’on ignorait dans cette époque des soi disant trente glorieuses, il faut dire que les pédagogues ne pratiquaient pas l’euphémisme. Je vous cite quelques expressions et mots structurant de l’époque : « T’en veux une ? ; » ’C’est de la bouillie que t’as dans la tête ?«  »C’est pas un poil que t’as dans la main, c’est un balai !«  »Si je me déplace, tu pends mon pied au cul« . Ayant fréquenté l’école laïque et le pensionnat religieux, je peux attester d’une continuité pédagogique en la matière. 

    La seule chose qui m’a poussé comme racines au bout de mes mains tachés d’encre waterman, c’est la résilience, et l’humour. Celle qui fit remonter les fleuves impassibles à Rimbaud. Je lisais tout, et surtout tout ce qui n’était pas de mon âge. Je me souviens que la lecture de »libres enfants de summerhill« , me laissa dans la sidération. Un autre monde était il possible. Je fuguais et dis merde à Rousseau et à Voltaire. Mais j’étais tombé dans le caniveau. Bac moins trois sur l’échelle de Richter. Mais Reich me disait de prendre la tangente, si je ne voulais pas avoir un retour d’orgone, et un cancer à crédit. 

    Je travaillais à l’usine, puis devançais l’armée, et supportais mal l’ironie de Le Forestier chantant »Parachutiste". Était-ce de ma faute si j’était devenu fachiste en dépit de mon propre grés ? Que connaissait il de la vie, cet enfant gâté, qui avait pianoté la fugue à Elise sur le piano familial avec sa sœur ? A vingt ans je partis aux indes pendant un an, puis fait les saisons. Les huitres l’hiver, les melon l’été. J’aménageais dans une grotte du Lubéron. A 25 je connaissais bien trop de choses qui n’avaient pas été de mon âge, mais enfin ça y était. J’avais fait mes universités et je repris mes études, la rage apaisée. C’était l’itinéraire d’un enfant du siècle. Celui des seventies. L’époque était assez glauque au niveau pédagogique, mais enfin malgré sa rudesse elle permettait aux fugueurs de revenir, en ne leur imposant pas un CV impeccable comme maintenant, et un paramétrage et un contrôle du parallélisme digne de l’école des mines. 


  • quijote 24 février 10:40

    Bonjour à l’auteur, Roland Gérard, mon nouvel ami woke. Et dorénavant mon maître à penser. « Woke », ça veut dire « éveillé », pour les ignares de la langue de Shakespeare.

    L’article sous lequel j’écris, intitulé « Comment j’ai rencontré Sarah Connor », fait suite à un autre, intitulé lui « Faux et vrais combats pour l’éducation ». Je l’avais lu et, comme j’étais à l’époque, il y a deux jours, dans les ténèbres, j’avais répondu à ma façon, pas « woke » du tout et très légèrement musclée. Or, même très légèrement musclé, c’est pas « woke ». Car « woke », c’est gentil. Et tout ce qui n’est pas gentil n’est pas « woke ». Un « woke » ça veut vivre dans un monde gentil. Et ça fait ce qu’il faut pour. Cela s’appelle la « cancel culture ». La culture de l’effacement. Un commentaire te gêne ? Hop, tu l’effaces ! Bah ouais, tu vas quand même répondre sur le fond... T’es gentil, toi. Donc tu as raison. Pas besoin d’argumenter quand on est gentil. Citation du gentil woke Roland Gérard ( j’ai dit que c’était mon nouveau maître à penser ? ) dans une réponse à un autre post que les miens qu’il a gentiment effacés sans y répondre : "mon idéologie à moi c’est de faire de la joie de vivre des enfants qui nous entourent l’unique critère de civilisation... ça fait longtemps déjà... ça ne me lâche pas... et je crois bien que je suis bien loin d’être tout seul... J’ai tellement d’ami.e.s dans l’éducation qui souffre du ministère de la vérité pédagogique". Je répondais pas très gentiment sur les idéalistes. J’ai honte... Heureusement, le gentil Roland Gérard a tout effacé. Pour rester dans son monde gentil. Qui qui faisait ça en son temps ? Sur les photos ? C’est pas les gentils cocos ? Ouais, je crois que c’est ça. Dieu sait que nos amis les cocos, ils étaient gentils. Bon, ça s’est un peu mal terminé mais heureusement nos amis américains woke ont su perpétuer la culture gentille ( bon, avec quelques aménagements idéologiques, mais heureusement, toujours les mêmes méthodes gentilles ) pour qu’elle nous parvienne en France et nous amène gentiment à devenir gentils nous-mêmes. Car le monde sera gentil ou ne sera pas. C’est pourquoi je me devais de venir remercier mon nouvel ami woke, Roland Gérard. Désormais mon nouveau maître à penser. A penser gentiment. En effaçant les commentaires pas gentils.


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