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Consommation et Surconsommation - AgoraVox le média citoyen
mercredi 14 novembre 2012 - par Robert GIL

Consommation et Surconsommation

L’accès à la consommation nous est présenté comme la source du bonheur, alors que paradoxalement, être consommateur rend vaine toute tentative d’accéder au bonheur. La publicité est là pour nous rappeler à l’ordre, pour créer l’insatisfaction, le manque et une dépendance par rapport à des produits qui jusque-là n’étaient pas indispensables à l’épanouissement, et qui s’ajoutent à nos besoins. Il serait plus sage de ne pas tenter d’avoir tout ce que l’on nous propose, mais de savoir apprécier ce que l’on a. Il faudrait d’ailleurs faire en sorte de se libérer de la surabondance (également surabondance de pollution, d’uniformisation, de stress … etc !) plutôt que de convoiter avec obsession ce qui nous fait défaut (le pouvoir d’achat, l’emploi, l’innovation, les parts de marché, la croissance, etc), pour plus de simplicité et moins d’illusionnisme. Posséder le dernier « iphone » est-il indispensable à la vie ?

Comment les hommes faisaient-ils avant toutes ces technologies hightech qui se régénèrent indéfiniment ? Comment vivaient-ils, étaient-ils épanouis, étaient-ils en manque ? En manque de quoi, de bien matériel ? Mais combien de ces choses sont vraiment utiles à notre épanouissement ? Ne servent-elles pas plutôt à cacher notre frustration devant ce monde que nous avons de plus en plus de mal à comprendre et à appréhender ?

L’expansion du développement transforme sur son passage l’autarcie des peuples en misère, et partout sur terre, goûter à « l’économie de marché » devient une addiction qui se substitue à tout mode de vie alternatif (gratuit) et indépendant (libre). Ce système économique arrivera à son apogée quand la mondialisation aura transformé toutes les cultures et toutes les ressources naturelles en marchandises identiques.

Aujourd’hui l’argent ne représente plus rien de concret et se répand plus vite que les réalités du monde qui nous entoure, l’économie s’est emballée comme un taureau fou. En se déconnectant de la réalité, elle est devenue nocive. Cette pseudo science économique régit les décisions politiques de tout bord, mais dans ses savants calculs, elle oublie un facteur essentiel et déterminant : les limites de la planète. En revanche elle est la source de gains faramineux pour une petite oligarchie constituée de financiers qui ont su endetté des pays en voie de développement comme le Brésil, aujourd’hui contraint à rembourser sa dette en puisant dans les poumons de la planète : la forêt Amazonienne.

En renouvelant obsessionnellement le marché pour amasser des gains, le progrès technologique a rendu la surproduction et la surconsommation responsable de la plus part des problèmes écologiques. Croire en l’émergence d’une nouvelle technologie pour régler ces déséquilibres serait alors un nouveau piège du progrès. Il est impératif de réduire notre impact sur la planète, nous ne sommes pas des consommateurs nés. Cette surconsommation nous est imposée malgré nous par le modèle de développement capitaliste. Aujourd’hui cette doctrine consumériste est une foi quasi-religieuse et fondamentaliste. Nous sommes pris en otage par le culte et le conditionnement de la consommation. Dans cet empire économique tout n’est pourtant pas régi par le matérialisme, et il existe quantité d’alternatives pour contribuer à son bien-être.

S’il est parfaitement humain d’avoir des désirs autres que nos besoins fondamentaux, passé un certain seuil ces désirs exacerbés deviennent déraisonnables et finissent par être une source de problèmes pour soi et les autres. De plus l’ironie veut qu’une fois l’objet de son désir obtenu, on est toujours insatisfait. Ces deux constats permettent d’établir que le bonheur ne s’achète pas, le bonheur s’apprend en s’ouvrant au monde et en établissant une éthique personnelle, et non en suivant des modèles préétablis.

Geoffrey PIOTROWSKI sur Conscience Citoyenne Responsable

http://2ccr.unblog.fr/2012/11/13/consommation-et-surconsommation/

A lire également : DE QUOI AVONS-NOUS BESOIN ?



32 réactions


  • walden walden 14 novembre 2012 09:12

    en tout cas, l’existence de la consommation, de la publicité prouve une bonne fois pour toute que le problème de l’économie, ce n’est pas de produire, c’est de trouver des débouchés. faites passer à tous les amateurs de modération salariale, de tva sociale, de baisse du coût du travail...
    par contre, outre la crise cyclique depuis 1970, nous faisons aussi face à une crise de sens : la consommation de masse n’aboutit à rien et elle détruit (depuis ce moment-là d’ailleurs) plus de valeur d’usage qu’elle ne crée de valeur d’échange. cette consommation augmente le pib tout en dégradant l’espace de vie.
    la question de l’absurdité de la consommation ne fait pas l’impasse sur la nécessaire répartition des ressources


  • Francis JL 14 novembre 2012 09:13

    J’aimerai ajouter quelques réflexions qui vont bien

    « Trois ingrédients sont nécessaire pour que la société de consommation puisse poursuivre sa ronde diabolique : la publicité, qui crée le désir de consommer, le crédit, qui en donne les moyens, et l’obsolescence accélérée et programmée des produits qui en renouvelle la nécessité. Ces trois ressorts de la société de croissance sont de véritables pousse-au-crime ».(Petit traité de la décroissance sereine " (Serge Latouche).

    « Tout homme qui a au-delà de ses besoins ne peut plus user, il ne peut qu’abuser. » (Joseph Fouché, dans une « Instruction » datant de 1793, cité par Zweig)


  • picpic 14 novembre 2012 09:32

    Pourquoi la publicité ? C’est fou de toujours insisté sur la partie émergée de l’iceberg...
    Ce qui modifie les comportements c’est bien les films et mieux les séries.
    Dans les séries, on s’identifie beaucoup plus aux personnages...Elles ont un potentiel de manipulation bien supérieur.
    C’est d’ailleurs pour ça que les séries sont autant exploitées aujourd’hui.
    Bien souvent, les séries vous présentent des familles ayant tous les comportements qu’on aimerait que vous adoptiez.
    Pour exemple, on verra des femmes se réunir entre elle pour parler, une bière à la main...et ce le plus souvent possible. Les femmes buvant des bières, c’est le rêve des fabricants de bière, conquérir les femmes.
    Souvent dans ces séries, l’alcool et la cigarette y sont banalisés au maximum.
    Ces séries modifient bien plus activement les comportements que la publicité.


  • nico31 14 novembre 2012 09:37
    « Et le désir s’accroît quand l’effet se recule »

  • Le péripate Le péripate 14 novembre 2012 10:55

    Et comme l’égalitarisme mène à la pauvreté, autant s’y préparer mentalement.




    • Francis JL 14 novembre 2012 11:32

      L’égalitarisme, c’est le fait de réclamer l’égalité quand elle nous est plus favorable que l’équité.

      Il y a ainsi un égalitarisme libéral, un égalitarisme de droite et un égalitarisme de gauche.

      L’égalitarisme libéral, c’est réclamer le mariage homosexuel et la PMA pour tous. Cet égalitarisme là mène au marasme.

      L’égalitarisme de droite, c’est réclamer la disparition de l’impôt progressif au profit d’une flat-tax : cet égalitarisme là accroit les inégalités.

      L’égalitarisme de gauche, n’est qu’un concept de droite pour désigner les revendications de plus de justice sociale et de réduction des inégalités, puisque qu’on ne saurait réclamer l’égalité alors que l’on n’a même pas l’équité pour soi. Cet égalitarisme-là est un contre pouvoir à cette loi en économie qui fait que l’argent va à l’argent : la meilleure forme qu’il peut prendre, c’est l’impôt progressif.

      Quoi qu’il en soit, si les riches continuent de s’enrichir, ça va forcément péter quelque part.

      « Et si vous êtes pris au filet inextricable du malheur, ce ne sera pas par un coup brusque et secret, mais par votre sottise » (Eschyle)


    • Francis JL 14 novembre 2012 11:38

      Quant çà l’idée que l’égalitarisme mène à la pauvreté, ce n’est qu’un dogme de nati et d’idiots utiles aux nantis.

      Je prône justement l’inverse : à l’image de la courbe de Laffer qui édicte un optimum pour l’impôt, je crois qu’il existe un optimum d’inégalités, en deçà et au delà duquel, la société n’est pas équitable. Si trop d’égalité - ça je l’ai jamais vu - mène en effet vers la pauvreté, trop d’inégalité mène aux victoires à la Pyrrhus : les profits tuent les salaires, et par conséquent, tout le tissus socio-économique.

      Rien n’est parfait, seul l’excès en tout est détestable. Nous vivons une époque caractérisée par l’excès des profits.


    • Le péripate Le péripate 14 novembre 2012 12:33

      Réjouissez-vous, les inégalités mondiales ont diminués, mesuré par le coef de Gini.


      C’est vrai par contre qu’il a augmenté dans les pays développés. Mais bien plus parce que ces pays (enfin certains d’entre eux) ont effectués une transition vers une économie du savoir, où les salaires sont plus hauts.
      Ensuite il y a les inégalités d’une autre sorte, telle celle qui sépare nos millions de chômeurs, quasiment tous issus du « privé » alors que d’autres ont un emploi à vie, un meilleur salaire, etc...

      Mais ce genre d’inégalités sont votre miel, n’est-ce pas ?

    • foufouille foufouille 14 novembre 2012 12:34

      L’égalitarisme libéral ca existes pas


    • Francis JL 14 novembre 2012 13:17

      Deux choses :

      1 - « Le coefficient de Gini est une mesure du degré d’inégalité de la distribution des revenus dans une société donnée » Par conséquent, dire comme vous le faites, que les inégalités mondiales ont diminués, mesuré par le coef de Gini n’a pas de sens.

      2 - L’indice de Gini ne fait pas de différence entre une inégalité dans les bas revenus et une inégalité dans les hauts revenus. L’indice d’Atkinson permet de tenir compte de ces différences et de considérer l’importance que la société attribue à l’inégalité des revenus.

      Les riches des pays pauvres comme ceux des pays riches se sont enrichis. Les classes moyennes et supérieures des pays riches se sont appauvries. Les pauvres des pays pauvres, globalement ne se sont pas enrichis.


    • Le péripate Le péripate 14 novembre 2012 13:39

      Ce sont vos affirmations qui n’ont aucun sens. L’indice Gini est la mesure de l’inégalité par conséquent il permet d’évaluer et de comparer.

      Point.

    • foufouille foufouille 14 novembre 2012 13:42

      « Les pauvres des pays pauvres, globalement ne se sont pas enrichis. »

      si, un peu
      ils ont un telephone portable et on leur vends un panneau solaire, en inde


    • walden walden 14 novembre 2012 17:06

      dire que l’égalité est facteur de sous développement économique, c’est faire preuve de conviction, bravo, le péripate, mais cette affirmation ne résiste pas aux faits : plus l’économie est égalitariste, plus elle est efficace (je pense au pays du nord de l’europe). Je pense que vous croyez que l’urss était redistributive, ce qui n’est que très partiellement vrai : il y avait une classe cleptocrate et une clique militaire à entretenir dans ce qu’il faudrait bien appeler un rapport de classe.
      je pense aussi aux USA dont le taux de croissance était très élevé dans les années soixante et soixante-dix alors que cette économie était fort redistributive alors que, depuis reagan et ses inégalités croissantes, le taux de croissance us est anémique.
      vous ne voyez pas le moindre rapport ?


    • Le péripate Le péripate 14 novembre 2012 17:15

      Bien au contraire les pays émergents améliorent leur coefficient de gini alors même qu’ils se développent, je ne dis donc pas que l’égalité est cause de misère... vous avez encore mal compris. 

      Ce qui est cause de misère c’est l’égalité imposée. Vous voyez la nuance ? J’en doute, sinon vous ne feriez pas d’aussi affreux contre-sens.

    • foufouille foufouille 14 novembre 2012 18:11

      « Ce qui est cause de misère c’est l’égalité imposée. »

      genre, tu choisis tes 5€/h et tu es riche ...........
      sissi


    • moebius 14 novembre 2012 22:13

      l’egalitarisme mene a la richesse de tous


    • walden walden 14 novembre 2012 22:59

      vous posez que le développement mène à la redistribution, je pose que la redistribution mène au développement,
      vous attribuez la hausse du coefficient de gini au développement, j’attribue le développement à la hausse du coefficient de gini,
      tant qu’on est d’accord sur la corrélation, on peut s’entendre sur le fait que la compression de la masse salariale et l’augmentation des profits sont des voies sans issue


    • walden walden 14 novembre 2012 23:09

      lire amélioration du coefficient de gini - donc baisse


  • joletaxi 14 novembre 2012 11:01

    vous avez dit une secte ?


    • walden walden 14 novembre 2012 17:09

      vous ne pouvez imaginer que le « paradis consumériste » et l’enfer collectiviste ? vous n’imaginez absolument rien d’autre ? c’est incroyable, ouvrez un livre d’histoire, regardez l’infinité de fonctionnement, d’idéologie, de répartition de la richesse en économie. vous serez sidéré.
      par ailleurs, dans votre dichotomie, le général de gaulle serait un collectiviste infernal, si j’ai bien compris, ce qui est tout de même un peu gros, non ?


    • walden walden 14 novembre 2012 23:01

      de gaulle, c’était un chasseur papoux ?
      je ne comprends rien décidément, peut-être un peu fatigué


  • ZenZoe ZenZoe 14 novembre 2012 15:47

    Consommer devient une addiction, avec des effets qui durent de moins en moins longtemps et des doses de plus en plus fortes. C’est là pour combler un manque. Et un petit shoot de bonheur factice par ci, et un rail de sérénité par là.
    De nos jours, de nombreux bobos aisés sont déjà arrivés au bout de l’impasse de la consommation (= impasse sur la spiritualité), et, en désespoir de cause, depuis quelques années en viennent à consommer des vacances au fin fond de nulle part dans une frugalité complète savourant leur bol de riz et leur couche en fibres de coco payés à prix d’or.
    C’est ça le comble, le bout du bout, l’apothéose finale de notre monde : la consommation de dépouillement !!!


    • bonnes idées 14 novembre 2012 19:01

      Moi quand j’adore je moinsse c’est ma petite ruse personnel. (cybion smiley) Magnifique paragraphe. Se payer à prix d’or ce que nous avions autrefois pour rien. Excellent !


  • magma magma 14 novembre 2012 16:55

    il serait salutaire d’apprendre a l’école a lutter contre la publicité, de les éduquer qu’arborer un tee shirt avec écrit NAF NAF en énorme n’est pas beau mais juste une auto publicité qu’on paye très cher.

    On inventende de faux nouveaux produits et les gogo se ruent dessus. tout cela parce qu’on n’a pas chercher a les protéger, a réfléchir, bien au contraire.

    Semaine dernière dans le tgv, un type 35/40 ans, sortait surr la table une tablette X ou Y l’allumait l’éteignait, en fait il n’en faisait rien, pas d« écouteur donc pas de musique. A coté il avait un Iphuck sur la même table même combat. Toutes cette gadgetologie ne sert a rien.

    le sumum de la pub, a chaque fois »vous pouvez allez sur internet« .. ah ouaip super.. comme l’appareil d’avant. »Aller sur les réseaux sociaux"(qui sont par ailleurs l’anti thèse du social) ah bon parce que si on a déjà internet, on ne pourrait pas aller sur les réseaux sociaux...

    réflichissons et n’achetons pas l’inutile, c’est tout

     


  • Jimmy le Toucan 14 novembre 2012 17:07

    Si on arrêtait de surconsommer, il n’y aurait pas de crise


  • walden walden 14 novembre 2012 17:13

    il faudrait arrêter la rareté artificielle ce qui diminuerait l’angoisse, ce qui augmenterait la qualité de vie, la quantité et la qualité du temps disponible, il faudrait retrouver la seule valeur qui compte, celle des gens, celle du temps partagé.
    des gens moins angoissés, dont la vie sociale serait plus riche auraient certainement moins de besoin de consommation et, pour peu qu’on distribue le travail, la diminution de la quantité de travail serait une excellente nouvelle pour tout le monde sauf pour les créatifs qui ne seraient en rien touchés par ce genre de réduction.


  • spartacus spartacus 14 novembre 2012 20:15

    On est surpris que l’auteur n’a pas encore pris son billet sans retour vers la Corée du Nord. Loin de ce monde de consommation bassement matérialiste.





    • walden walden 14 novembre 2012 23:03

      la corée du nord est un régime consumériste, c’est un autre type de consommation, c’est tout.
      par ailleurs, à force d’agiter des épouvantails dès que des idées sont évoquées, vous risquez de restreindre votre horizon intellectuel


    • Robert GIL ROBERT GIL 15 novembre 2012 08:10

      ça doit etre le casque, de plus on ne sait pas trop a quoi il sert, parce que si c’est pour proteger le cerveau...il peut s’en passer !


  • moebius 14 novembre 2012 22:01

    plus on bouffe plus on chie et plus on chie plus on est heureux. Le bonheur est dans l’etron


  • moebius 14 novembre 2012 22:09

    et l’etron est mou...


  • youssefsky 16 janvier 2013 16:21

    bjr
    je n’ai pas entendu parler de surconsommation pendant cette campagne électorale. C’est pourtant un thème central qui conditionne notre vie et celle de nos enfants :
    1)l’emploi (on délocalise pour produire des produits pas chers qui innondent notre société)
    2)le pouvoir d’achat (on dépense sans compter parce que ce n’est pas cher)
    3)l’écologie (ces produits de mauvaise qualité de durée de vie courte remplissent nos poubelles avec tous les emballages qui vont avec et les prospectus de publicité, on paye des chômeurs pour remplir nos poubelles de papiers !).
    Je n’ai entendu malheureusement que Sarkozi proposer de taxer ces produits d’importation et de reverser cette taxe dans un fond social. Pourquoi personne à gauche ne développe cette idée ? Merci de faire passer le message.


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