mardi 14 mai - par Paul ORIOL

Démocratie représentative en danger

 

Si la démocratie est le gouvernement du peuple par le peuple, il existe de multiples façons d'en faire un détournement en fonction de l’intérêt des dominants. Qui n'hésitent pas à changer démocratiquement les règles pour empêcher le peuple de gouverner. Pour s’assurer la permanence du pouvoir. Dernier exemple : la privatisation de Aéroport de Paris (ADP).

Hélas, ce détournement de la démocratie n’est pas une spécialité française. Elle se retrouve, sous des formes adaptées à chaque pays, dans tout les pays dits démocratiques. Rien d’étonnant que, partout, le premier parti soit celui des non-participants aux élections. Elles sont manifestement trop biaisées.

En France, les règles sont un mélange de régime présidentiel et de régime parlementaire qui permet à une minorité d’accaparer le pouvoir : le président a obtenu les suffrages de moins d'un cinquième des adultes du pays, il dispose d'une majorité écrasante et inconditionnelle à l’Assemblée nationale. Cela en fait le maître absolu de l’ordre du jour et de l’initiative législative.

Jacques Chirac a été élu, au second tour de la présidentielle, avec une majorité confortable de suffrages, non pour son programme mais pour faire barrage à Le Pen père. Élu, il a oublié qui l'avait fait président. Emmanuel Macron, champion d'un nouveau monde, a bien compris l’ancien. Élu, dans les mêmes conditions, face à Le Pen fille, il en profite pour satisfaire ses mandants réels au détriment de la majorité de ceux qui ont voté pour lui.

Finalement, une explosion jaune conduit tout le monde à reconnaître qu'il existe une petite anomalie : il faudrait remettre, un peu, en jeu les corps intermédiaires négligés, discuter, un peu, pour expliquer au peuple les mesures intelligentes qu'on va lui infliger pour son bien...

Après 6 mois de jaunisse, 3 mois de Grand débat national (1) – consciencieusement utilisé comme campagne électorale de mi-mandat et pour préparer les élections européennes - le président Macron a sorti du chapeau la double avancée démocratique qu’il y avait mise : face à la revendication du référendum d’initiative citoyenne (RIC), il propose une facilitation du RIP, référendum d’initiative partagée (2) - avec une réduction du nombre de signatures nécessaires - et un brin de proportionnelle lors des élections législatives .

L’avenir de ces propositions a, cependant, un avenir incertain.

Tout d’abord, il convient de souligner que l’initiative n’est pas partagée : ce sont les parlementaires seuls (députés et sénateurs) qui peuvent déclencher le processus. Ils doivent être 185 à faire la demande. Ils ont été 248 (PS, PC, LR, FI) sur le projet de privatisation d’Aéroport de Paris.
Cette initiative doit ensuite être reconnue conforme par le Conseil constitutionnel, assemblée bien connue d’antiparlementaires extrémistes, peut-être noyautée discrètement par les Gilets jaunes. Quoi qu’il en soit, ce deuxième stade est franchi.

Mais l’autorisation du Conseil constitutionnel ne veut pas dire que le référendum aura lieu. Il faut d’abord recueillir l’accord de plus de 10 % du corps électoral, soit plus de 4,7 millions de signatures dans les 9 mois. En cas de succès, pour bloquer l’éventuel référendum, il suffira alors que l’Assemblée nationale ou le Sénat s’emparent de la proposition. Ce que permettra la large majorité présidentielle à l’Assemblée nationale.

Au total, il ne s’agit pas d’un référendum mais de la possibilité de faire inscrire un sujet à l’ordre du jour du parlement. Il ne s’agit pas d’une initiative partagée mais d’une initiative parlementaire appuyée par une partie importante des citoyens. Qui ne semble pas mettre en question la démocratie parlementaire. Au contraire, cela donne une possibilité d’initiative aux parlementaires qui doivent recevoir l’appui de citoyens dans un cadre constitutionnel clairement défini..

Le lendemain de la décision du Conseil constitutionnel, le titre ADP chute en bourse de 9,73%. Les éditorialistes s’affolent. La Démocratie est en danger !

Pourtant la décision de privatiser à tout va est largement contestée. L’exemplarité de la privatisation passée des autoroutes est fortement mise en cause : certains parlent même du précédent calamiteux de la privatisation des sociétés d’autoroutes. L’intérêt économique et financier d’une telle privatisation est fortement discutée. Comme celle annoncée des barrages hydroélectriques.
Ces privatisations ne sont pas exigées par l’Union européenne. Elles visent simplement à soulager des contraintes budgétaires d’aujourd’hui au détriment de rentrées financières permanentes.

Pour le Gouvernement, si à chaque fois que la majorité vote une loi, 185 parlementaires peuvent retarder son application de plus de 9 mois, cela créerait une situation dangereuse pour la conduite de l’action publique
Mais tout le mode sait que le Conseil constitutionnel est là pour limiter, suivant la loi, la possibilité de RIP, à certains cas prévus par la Constitution : « organisation des pouvoirs publics ... réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale… « la ratification d’un traité ».

Ce risque même s’il est limité ne va pas conduire le président de la République à se précipiter pour instiller, comme annoncé, un peu de proportionnelle dans les élections législatives. Cela ne pourrait que renforcer le nombre d’opposants à l’Assemblée nationale susceptibles de mettre à nouveau en jeu un éventuel RIP.
Cela confortera plutôt le président dans sa volonté de diminuer le nombre et les moyens de députés et de sénateurs.

Après 6 mois de manifestations des GJ, soutenues, d’après les sondages, par la population malgré la forte répression et les imprécations radio-télévisées, malgré 3 mois de Grand débat, les réponses que proposait Emmanuel Macron pour répondre à la revendication du RIC semblent mal parties.

Il y a de fortes chances pour que le président de la République retrouve la sagesse et sacrifie ses velléités de faciliter le RIP et d’instaurer une dose significative de proportionnelle.

On le sait depuis longtemps. C’est le peuple qui gouverne à condition de vouloir ce que veulent les compétents. Sinon, il y a toujours une façon de contourner sa volonté. En force ou en douceur.

Le contournement des résultats du référendum de 2005, qui n’avait pas été demandé par un RIP, il n’existait pas à l’époque, l’a bien montré. Et le passage en force de la loi sur le travail. Et la brutale répression des gilets jaunes… Et demain ???

A défaut de rétablir l’ISF, à défaut de faciliter le RIP, à défaut de proportionnelle, le président supprimera peut-être l’ENA que personne n’a demandée. Il n’est pas sûr que cela satisfasse et les Gilets jaunes, et la population.

Qui fait courir un risque à la démocratie, représentative ou non, déjà malade ? Ceux qui veulent limiter ou supprimer une possibilité d’initiative parlementaire qui n’a encore jamais été utilisée depuis 2008 ? Ceux qui veulent diminuer le nombre de parlementaires et leurs moyens ? Ceux qui veulent passer en force pour imposer des mesures qui compromettent l’avenir et qui sont rejetées même par des soutiens des pouvoirs en place ?

Non, ce sont bien évidemment ceux qui manifestent, qu’ils soient syndicalistes ou Gilets jaunes pour défendre l’intérêt général contre la privatisation d’investissements nationaux amortis depuis longtemps et maintenant rentables ?

Est-ce la réponse aux Gilets jaunes ? Ou faudra-t-il l’irruption de Gilets rouges pour convaincre les oligarques ?

 

1 - Grand Débat, pour redonner la parole aux Français sur l'élaboration des politique publiques qui les concernent et porter, entre autres, sur démocratie et citoyenneté.…

2 - Loi constitutionnelle du 23 juillet 2008 de modernisation des institutions de la Ve République adoptée à la quasi unanimité des parlementaires de droite et du centre. Contestée lors de sa première tentative d’application : elle devient un grave problème de démocratie d’après l’entourage du Premier ministre.



41 réactions


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 14 mai 08:46

    Statuts de la Société Universelle des Communistes Révolutionnaires (Adam, J. Vidil, K. Marx, A. Willich, F. Engels, G. Harney – 1850_ éd. Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1994, t. IV - Politique I, p. 559) :

    Art. I. Le but de l’association est la déchéance de toutes les classes privilégiées, de soumettre ces classes à la dictature des prolétaires en maintenant la révolution en permanence jusqu’à la réalisation du communisme, qui doit être la dernière forme de constitution de la famille humaine.

     


  • Aristide Aristide 14 mai 09:00

    Dans le même article :

    le président a obtenu les suffrages de moins d’un cinquième des adultes du pays,

    Bon, d’accord il faut calculer sur le nombre d’inscrits ....

    Le contournement des résultats du référendum de 2005,

    Ah ben non, là il faut calculer sur les exprimés, pour ce référendum ou seulement un tiers des inscrits s’est prononcé contre le TCE ...

    Toujours assez bizarre de la jouer comme à LFI qui calcule sur les inscrits pour les résultats des autres mais jamais ne le fait pour juger des siens. Mettez vous d’accord avec vous même, sur les exprimés ou sur les inscrits, mais cette manipulation d’user de l’un ou l’autre pour raison de démonstration ...est plus que contestable.


    • Eric F Eric F 15 mai 09:31

      @Aristide
      OK, résonnons en inscrits, le calcul est simple, Macron a obtenu 20 millions de voix au second tour sur 47 millions d’inscrits, soit 43% des inscrits, (le chiffre de 20% répété en boucle est un fake basé sur une erreur de calcul)


  • kirios 14 mai 09:27

    Paul ORIOL

    « Démocratie représentative en danger »

    dès qu’elle est qualifiée la Démocratie perd sa majuscule pour devenir un mensonge .


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 15 mai 00:23

      @kirios

      « 
      dès qu’elle est qualifiée la Démocratie perd sa majuscule pour devenir un mensonge »

      OUI. Et parler d’une démocratie « représentative » est une contradiction évidente , puisqu’elle crée une inégalité irrémédiable entre « représentants » et "représentés,

      PJCA


    • Eric F Eric F 15 mai 09:36

      @Pierre JC Allard
      Mais une démocratie non-représentative dans un pays de plusieurs dizaines de millions d’habitants est une pure chimère, ils ne sont pas près à se réunir tous sur la place du village comme dans les micro cités-états de la Grèce antique. Du reste dès que ces cités se sont unies pour faire un état plus gros, c’est devenu un empire. Alors on peut certes instiller un peu de démocratie directe sur des thèmes précis (par le RIC), mais pas en faire un moyen de gestion politique du quotidien.
      L’« antiparlementarisme » a toujours fait le lit de la dictature.


    • kirios 15 mai 15:21

      @Eric F
      la DÉMOCRATIE, c’est le pouvoir du peuple .
      les électeurs choisissent des représentants pour exercer des missions bien définies à l’avance ; le mandat du représentant doit pouvoir être révoqué dès que les représentés le décident .
      Eric F , nous ne sommes plus à l’époque de la Grèce antique , les moyens actuels , à condition qu’on le veuille vraiment, peuvent permettre au peuple d’exercer son pouvoir et d’assumer ses responsabilités .
      croyez vous que les représentants défendent les intérêts du peuple ?
      Croyez vous que les Balkany soient une exception ?
      non seulement les représentants font leurs affaires mais ils votent aussi des lois qui les protègent .


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 16 mai 06:16

      @Eric F

      « ... une pure chimère »...

      Avec Internet, il est devenu au contraire FACILE de permettre a tous les citoyens de se prononcer sur toute question. 

      PJCA


    • Eric F Eric F 16 mai 10:24

      @Pierre JC Allard
      internet peut être effectivement un lieu de débat ..mais ce n’est pas un outil d’exercice d’un pouvoir démocratique institutionnel, c’est davantage un brouhaha d’opinions. On risquerait une sorte de gouvernance des sondages.
      Du reste on a vu ce à quoi a conduit le « grand débat », ce n’est pas tout d’« exprimer », encore faut-il une prise en compte et une mise en application.


    • Lucadeparis Lucadeparis 17 mai 13:01

      @Eric F
      Lorsque le nombre pose problème dans une démocratie, la technique économique est le tirage au sort de citoyens pour constituer des assemblées statistiquement représentatives.
      D’autre part, dans une démocratie réelle (qui n’aurait plus besoin de partis politiques), il serait possible et moins coûteux que les élections de faire des référendums trois fois par an.


    • Lucadeparis Lucadeparis 17 mai 13:04

      @Pierre JC Allard
      Le seul cas où « démocratie représentative » n’est pas une contradiction, c’est le cas où les citoyens décident de déléguer volontaire leur voix à certaines personnes (c’est ce que défend le Parti Pirate avec la « démocratie liquide »).
      Je suis d’ailleurs contre car elle va vers des décisions conformistes avec une soumission à l’autorité et à la réputation.


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 18 mai 06:24

      @Eric F

      L’internet, comme vous le dites, est pour débattre. Pour DECIDER, voici ce qu’il faut faire :

      https://nouvellesociete.wordpress.com/2015/09/20/nouvelle-gouvernance-en-direct/

      PJCA


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 18 mai 06:42

      Lucadeparis

      « déléguer volontaire leur voix à certaines personnes... »


      Comparer avec ce que j’écrivais en 2007....


      https://nouvellesociete.wordpress.com/2007/06/17/les-grands-electeurs-2/

      PJCA


  • Raymond75 14 mai 09:55

    Malheureusement, le comportement des ’gilets jaunes’, incapables de s’organiser, de structurer des revendications négociables, incapables de déléguer à des représentants, montre bien les limites en France de la démocratie directe.

    Il n’y a qu’un pays qui est exemplaire de ce point de vue : la Suisse. Cette culture de la démocratie réellement participative est fondamentale dans ce pays, qui a quatre langues officielles mais pas de guerre civile, ne connait pas le chômage des jeunes grâce à une formation professionnelle initiale et continue de très haut niveau, et surtout qui n’a pas connu de guerre depuis deux cent ans, et donc n’a pas eu à se reconstruire après destructions généralisées.

    N’est pas la Suisse qui veut !


    • Albert123 14 mai 10:46

      @Raymond75

      la seule chose que les GJ ont permis de souligner c’est que l’état républicain est non désireux d’organiser la société française en collaboration avec le peuple français.

      Et si on dépasse la « BFMisation » et qu’on lâche un tant soit peu sa soumission à la république, on comprend que le peuple français , sur les ronds points, est en train de faire société comme il ne le faisait plus depuis presque 50 ans.

      ce qui se met en place c’est le retour à terme d’un souverainisme local face à la centralisation totalitaire républicaine.

      et si cette tendance à l’horizontalité de la société française vous apparaît comme une barbarie, posez vous la question de ce qui caractérise la verticalité du système républicain et en quoi il mène à cette horizontalité alors que son pendant monarchique ne l’y conduisait pas. 

      Quand à la Suisse, le comparer à la France est risible, tant ces 2 pays n’ont rien à voir en terme de démographie, d’économie, d’organisation politique et de taille.

      la Suisse en plus c’est avant tout, par tradition, le coffre fort de beaucoup de fils de pute, donc ont y fait pas la guerre, par tradition également.

      Prendre la Suisse comme exemple, c’est aussi stupide que de vouloir se calquer sur l’Allemagne.

      « N’est pas la Suisse qui veut ! »

      Les suisses arrivent à être suisse, normal 

      les français échouent à être républicains, et c’est tout aussi logique

      car n’est pas français qui veut.

      On peut par contre proposer aux républicains d’aller fonder une « Républiquie » quelques part sur un territoire non occupé (comme la Lune ou Mars par exemple). et de lâcher la grappe à un peuple qui n’a jamais demandé de subir de pareils parasites d’autant plus quand ils deviennent nuisibles.


    • kirios 14 mai 10:53

      @Raymond75
      "Malheureusement, le comportement des ’gilets jaunes’, incapables de s’organiser, de structurer des revendications négociables, incapables de déléguer à des représentants, montre bien les limites en France de la démocratie directe.« 
      la Démocratie , c’est tout le peuple (gilets jaunes ou pas).
       » déléguer à des représentants" c’est déjà rejeter la Démocratie .


    • Raymond75 14 mai 16:20

      @Albert123

      La Suisse n’a pas eu d’invasion depuis deux siècles ; la France n’a connu que des défaites depuis 1814, des invasions et des destructions depuis cette époque. Guerres coloniales et ’empire’ perdu lors de deux guerres en Indochine et en Algérie, après des massacres coloniaux (massacres au Cameroun, Massacre à Setif le 8 mai 45 (jour de la ’victoire’), 45 000 morts à Madagascar vers 1947).

      La Suisse pays de montagnes enclavées a développé un système bancaire qui n’avait rien à envier aux autres, mais qui lui a permit de se développer et de répartir cette richesse auprès de sa population. Un réseau de voies ferrées qui fonctionne 24 h / 24 même sous la neige, et le transport routier longue distance interdit. Une formation professionnelle qui permet aux jeunes de s’insérer puis de progresser lors de leur vie adulte, et non de faire des études universitaires inutiles comme en France (mais il y a aussi de très bonnes universités). Des industries de pointe et des grands groupes internationaux. Plus haut niveau de vie du monde, alors que chez nous c’est la pauvreté qui progresse.

      Voyez vous, je préférerais être Suisse que Français, de ce pays où l’on joue en permanence à la révolution mais où l’on ne décide de rien. Mais je suis stupide en effet, et vous êtes un grand intellectuel révolutionnaire.


    • Raymond75 14 mai 16:22

      @Raymond75

      Et pour ce qui est des referendums, renseignez vous sur la démocratie suisse, très ancienne elle :

      http://www.slate.fr/story/62981/suisse-meilleure-democratie-europe

      Je confirme, la Suisse est LE pays qui devrait nous inspirer et nous servir d’exemple.


    • foufouille foufouille 14 mai 16:30

      @Raymond75

      les suisses ont aussi 33% de travailleurs frontaliers. etc .........


    • Attilax Attilax 15 mai 08:30

      @Raymond75

      La Suisse est effectivement une des rares républiques qui a quelques outils démocratique. Mais ça n’en fait pas une démocratie pour autant, ou alors partiellement.

      On peut aller beaucoup plus loin.


    • Eric F Eric F 15 mai 09:39

      @Raymond75
      Ceci dit, ce qui fait la richesse de la Suisse, c’est de l’argent sale dans des coffres astiqués.


    • Mooney 16 mai 06:23

      @Eric F

      Non, la richesse principale de la Suisse n’est pas le système bancaire, contrairement a l’image d’epinal, mais c’est son industrie, qui génère presque 2 fois plus de richesses que le système bancaire (même si celui-ci est important). Ce mensonge a souvent été utilisé pour justifier l’abandon de l’industrie française par nos gouvernants corrompus. Une industrie puissante est fondamentale pour avoir un pays riche.


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 18 mai 06:47

      @kirios

      « Déléguer à des représentants », c’est déjà rejeter la Démocratie"

      OUI. Mais il semble que beaucoup de Français peinent à le comprendre. Je suggère la lecture de Castoriadis.

      PJCA

       


  • lala rhetorique lala rhetorique 14 mai 10:26

    Comme disait Coluche « si le vote servait à quelque chose, il y a longtemps que ce serait interdit ». C’est le système entier qui est vérolé, et aucune mesure ne pourra rétablir le pouvoir du peuple. D’abord de quel peuple parle-t’on quand on assemble tant de pays soi-disant européens, très différents les uns des autres, chapotés par une sorte d’organisme non élu qui fricote avec les financiers et les lobbies ? La seule réponse possible à cette maffia bien organisée, c’est une révolte des peuples européens ! avec en visée première Bruxelles, car nos gouvernants nationaux ne servent absolument à rien, sauf à obéir aux directives.


  • maQiavel maQiavel 14 mai 12:08

    Démocratie représentative = oxymore 


  • Legestr glaz Legestr glaz 14 mai 13:31

    Curieusement l’auteur ne dit pas un mot sur la « supranationalité » à laquelle appartient la France dans l’Union européenne ?

    Nous ne sommes plus en démocratie, parce que les décisions françaises doivent céder le pas sur les décisions de Bruxelles et sur le contenu même des traités européens. Le Conseil constitutionnel a sanctionné maintes fois des mesures législatives contraires aux dispositions des traités. 

    Lorsque Juncker dit qu’il n’y a pas de choix démocratique face aux traités, il n’est pas en état d’ivresse, il dit la vérité. 

    Lorsque Viviane Reading dit devant les parlementaires français qu’il n’y a plus de politique nationale, ce n’est pas une parole en l’air, c’est la réalité !

    https://www.youtube.com/watch?v=EQZY05KA-bE

    Et dans l’Union européenne le pouvoir de l’initiative législative appartient « uniquement » et « exclusivement » à la Commission européenne. Le parlement européen n’est pas important ! 

    https://www.youtube.com/watch?v=lMVSUgHa1sY&feature=youtu.be&fbclid=IwAR1bgVd_Jt_0QQOYVf15GI_38bepEsD_00d3uTqSFMgu3PGGLSL-FwjZ2JE

    Il faut arrêter de regarder le bout de ses chaussures pour observer l’horizon !


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 15 mai 00:42

      @Legestr glaz

      Nous ne sommes plus en démocratie. Heureusement, car croire qu’etre plus nombreux signifie avoir raison est une sottise. Ce que nous appelons ’démocratie’ est lnéanmoins la ’meilleure’ forme de gouvernance... précisément parce qu’elle persuade le peuple que c’est lui qui décide... alors qu’en réalité il ne prend aucune décision significative si ce n’est d’accepter d"être responsable de celles qu’on dit prendre en son nom.

      P¨JCA


    • Legestr glaz Legestr glaz 15 mai 13:26

      @Pierre JC Allard

      Le pays dont la Constitution se rapproche le plus de la « démocratie » est la Suisse. En effet, ce Peuple peut, seul, faire et défaire sa Constitution. Les représentants du Peuple suisse ne sont pas autorisés à le faire.

      Par ailleurs, la Constitution suisse prévoit deux outils majeurs pour le Peuple :

      1°) l’Initiative populaire qui permet, après récolte d’un certain nombre de signatures authentifiées (nombre atteignable assez facilement), de proposer des lois. Ceci décliné au niveau fédéral, cantonal et même communal.

      2°) Le référendum facultatif qui permet, au Peuple suisse, après récolte de signatures, de défaire une loi écrite par ses représentants. Si les Suisses ne sont pas satisfaits d’une loi, ils peuvent la faire annuler ! C’est très simple comme processus, si la majorité est d’accord, bien entendu. Et ceci, également, décliné au niveau fédéral, cantonal et communal. 

      Ainsi, la Constitution suisse protège le Peuple suisse. C’est aussi la teneur de cette Constitution qui rend absolument impossible l’entrée de la Suisse dans l’Union européenne. En effet, il faudrait que ce pays réalise des transferts de souveraineté vers l’UE, qu’il accepte la supranationalité européenne et que le Peuple renonce à l’initiative populaire et au référendum facultatif. 

      Nous comprenons donc tous, parfaitement bien, ce qu’est une « démocratie semi-représentative », façon suisse, et ce qu’est une dictature technocratique, qui met les Peuples le plus loin possible des centres de décision. 


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 18 mai 06:52

      @Legestr glaz

      Merci pour votre commentaire qui rappelle ce que trop d’intervenants semblent ignorer.

      PJCA


  • QAmonBra QAmonBra 14 mai 13:57

    Merci @ l’auteur pour le partage.

    « Nihil novi sub sole », votre « démocratie représentative » n’est autre qu’une France devenue ce qu’un de ses illustres fils dénonçait déjà voila plus de deux siècles, soit quasiment à l’aube de sa République, dont certains n’ont eu de cesse de salir la mémoire depuis et c’est quand on prend connaissance qu’on comprend pourquoi :

    « La source de tous nos maux, c’est l’indépendance absolue où les représentants se sont mis eux-mêmes à l’écart de la nation sans l’avoir consultée.
    Ils ont reconnu la souveraineté de la nation, et ils l’ont anéantie.
    Ils n’étaient de leur aveu même que les mandataires du peuple, et ils se sont faits souverains, c’est-à-dire despotes, car le despotisme n’est autre chose que l’usurpation du pouvoir souverain.
    Quels que soient les noms des fonctionnaires publics et les formes extérieures du gouvernement, dans tout État où le souverain ne conserve aucun moyen de réprimer l’abus que ses délégués font de sa puissance et d’arrêter leurs attentats contre la constitution de l’État, la nation est esclave, puisqu’elle est abandonnée absolument à la merci de ceux qui exercent l’autorité.
    Et comme il est dans la nature des choses que les hommes préfèrent leur intérêt personnel à l’intérêt public lorsqu’ils peuvent le faire impunément, il s’ensuit que le peuple est opprimé toutes les fois que ses mandataires sont absolument indépendants de lui.
    Si la nation n’a point encore recueilli les fruits de la révolution, si des intrigants ont remplacé d’autres intrigants, si une tyrannie légale semble avoir succédé à l’ancien despotisme, n’en cherchez point ailleurs la cause que dans le privilège que se sont arrogés les mandataires du peuple de se jouer impunément des droits de ceux qu’ils ont caressés bassement pendant les élections. »

    Maximilien Marie-Isidore Derobespierre, le 29 juillet 1792.


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 15 mai 00:49

      @QAmonBra

      Je ne connaissais pas cette parole de Robespierre. Je n’en vois aucune qui me paraisse plus éclairée et j’avoue qu’elle me conforte dans l« idée que c’est lui qui a été le »grand homme" de la révolution.

      PJCA


    • Eric F Eric F 15 mai 09:42

      @Pierre JC Allard
      un grand homme avec de belles formules, mais un dictateur sanguinaire.


    • Legestr glaz Legestr glaz 15 mai 13:40

      @Pierre JC Allard

      A Robespierre on rajoute un peu d’abbé Sieyes, un soupçon de Voltaire et une bonne dose d’Etienne de la Boétie, et le tableau sera pratiquement complet.

      http://philippe.drenntel.over-blog.com/2017/01/c-etait-le-29-juillet-1792.html

      – Le pouvoir des tyrans ne repose que sur l’abandon du pouvoir du peuple.

      La thèse de la Boétie est la suivante : les régimes sont fondés sur la peur, laquelle sert à dissimuler l’absence de légitimité des gouvernants. Ainsi, le peuple s’auto-soumet aux pouvoirs en place, par simple habitude, par récurrence historique

      https://la-philosophie.com/discours-de-la-servitude-volontaire-analyse

      Vive le RIC, vive le RIP, vive le FREXIT et nous serons, peut être, un peu moins sous la coupe d’une oligarchie financière et industrielle. 


    • QAmonBra QAmonBra 15 mai 15:44

      @Pierre JC Allard

      Véritables profiteurs de la révolution, la grande bourgeoisie et ses larbins n’ont pas cessé de mentir afin de salir sa mémoire depuis des siècles, tellement son exemple leur fait peur.

      Ils le poursuivent encore de leur haine de nos jours et pour cause :

      « Le peuple ne demande que le nécessaire, il ne veut que justice et tranquillité, les riches prétendent à tout, ils veulent tout envahir et tout dominer. Les abus sont l’ouvrage et le domaine des riches, ils sont le fléau du peuple : l’intérêt du peuple est l’intérêt général, celui des riches est l’intérêt particulier ; et vous voulez rendre le peuple nul et les riches tout-puissants ! »

      Robespierre, Discours contre le marc d’argent (suffrage censitaire), avril 1791.

      Il est n’est pas le tyran sanguinaire qu’on veut nous faire croire, au contraire, il était opposé à la peine de mort, à son époque ! . . .


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 16 mai 06:01

      @Eric F
       
      Napoléon est responsable de la mort de 100, que dis-je, 1000 fois plus de morts que Robespierre ; conteste-t-on qu’il ait été un grand homme ?

      PJCA


    • Eric F Eric F 16 mai 10:17

      @Pierre JC Allard
      Napoléon n’est toutefois pas cité comme un modèle de démocratie directe...


  • ribouldingue ribouldingue 14 mai 23:13

    La démocratie pour les nuls. Tant que le peuple croira qu’en mettant un bout de papier représentant la tête à toto dans une boîte à idées, et qu’il sera persuadé que son toto est là pour se battre pour les mêmes idéaux que lui « l’argent ». Alors, l’oligarchie continuera à régner en maîtresse sur ce peuple soumis aux lois de l’argent. Mais, si pour le malheur de l’oligarchie, le peuple venait à découvrir cette supercherie, l’oligarchie fera usage sans vergogne, de son arme fatale « la peur » en utilisant tous les stratagèmes en son pouvoir. Car ce que craint le plus l’oligarchie, ce ne sont pas les autres partis politiques y compris l’extrême droite qui lui sert d’épouvantail et de chiffon rouge pour canaliser ce qui se mettent à gueuler trop fort, et qui en cas de coup dur, peut elle aussi, devenir une alliée de poids. En 1962, l’OAS commandite et manque de peu l’attentat du petit Clamart contre De Gaulle. En 1968, le groupe d’extrême droite « Occident » décide de rallier les gaullistes malmenés par le mouvement étudiants et organise une manifestation le 21 mai 1968 pour sauver le soldat De Gaulle. En clair, ce que craignent les détenteurs du pouvoir, c’est l’indomptable « anarchie ».


  • Yanpi 15 mai 07:09

    Bonjour, @l’auteur, merci de votre article.

    Rapport à “...l’initiative n’est pas partagée : ce sont les parlementaires seuls (députés et sénateurs) qui peuvent déclencher le processus.”

    L’initiative est belle et bien partagée, entre les députés d’un côté et les sénateurs de l’autre. Un bel abus de langage il en convient ;o)

    Bien à vous


  • Yanpi 15 mai 07:44

    @l’auteur, Re-bonjour,

    “Ces privatisations ne sont pas exigées par l’Union européenne.”

    Quid l’article 106 du TFUE ?

    Source : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX%3A12012E%2FTXT

    Bien à vous


  • zygzornifle zygzornifle 15 mai 08:59

    En France la dictature prend le pas sur la démocratie , chaque jour elle recule et Bruxelles y est pour quelque chose ....


  • tashrin 16 mai 15:52

    Autant la democratie representative telle qu’elle existe actuellement est une farce

    Autant la dictature des bas du front sous pretexte qu’ils sont plus nombreux, je suis pas sûr que ca fera avancer le schmilblick...

    Sans compter que 60 millions de selectionneurs, ca n’a jamais permis de monter une equipe de foot hein...


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