samedi 20 mars - par Rémi Mondine

Dépasser Marx ou la nouvelle classe dominante

Le problème avec nos illustres prédécesseurs est que parfois nous avons peur de nous en affranchir.

Ainsi Karl Marx nous a appris que la lutte des classes était consubstantielle à l’histoire.

Il nous a également appris que sa forme moderne était celle du capitaliste contre l’ouvrier. Nous avons certes compris que l’ouvrier disparaissant de nos société, merci la désindustrialisation, l’analyse marxiste avait vécu.

Mais nous n’osons pas aller plus loin. Pourtant Marx est mort depuis quelque temps et si il y a une chose à retenir de sa théorie c’est que la lutte des classes ne cesse pas, mais que les classes évoluent.

 

Donc essayons de dépasser Marx, le grand homme sera indulgent si la réflexion nous induit en erreur ou à dépasser les canons de la théorie marxiste. Mais il n’est plus là pour faire le travail à notre place.

Donc revenons au canon marxiste : il existe deux classes : l’une qui génère la valeur ajoutée et qui est ensuite prélevée par des mécanismes divers de cette valeur ajoutée pour nourrir la seconde classe.

Cette seconde classe est la classe dominante, infiniment moins nombreuse par nature, mais ayant le contrôle de la société et des moyens de production via les titres de propriété. Autrefois c’était la terre, puis ce fut le capital. Aujourd’hui encore les titres de propriété restent infiniment concentrés. Puisqu’une infime minorité possède plus de la moitié de la richesse mondiale.

Ceci étant posé, en quoi notre monde moderne a t’il tant changé ? Jusqu’ici tout ce que nous avons dit est compatible tant avec le canon marxiste qu’avec le monde moderne. Et c’est là ce qui nous induit en erreur.

 

Du temps de Marx, l’agriculture représentait l’essentiel de la valeur ajoutée. L’industrie venait ensuite et les coûts de distribution étaient par comparaison relativement négligeables. Mais il faut reconnaître que la classe capitaliste a bien travaillé. Les gains de productivité continus de la mécanisation ont contribué à réduire massivement les coûts. L’agriculture ne représente plus que quatre à cinq points de PIB, l’industrie une vingtaine de points et l’on peut faire l’hypothése que les coûts de distribution représentent probablement sensiblement autant que l’industrie au plan mondial.

Donc la valeur ajoutée est autant dans le fait d’amener le produit au bon endroit que de le produire. Si l’on y ajoute les coûts de marketing, la balance penche certainement sensiblement du côté du service. Le prolétariat industriel ne peut donc pas être la classe exploitée de notre temps. En fait le capitalisme a sûrement beaucoup simplifié les choses. La classe exploitée est probablement celle qui n’a pas de pouvoir de marché. Dans ce sens, les ouvriers, les employés facilement substituables, même les propriétaires de petites entreprises font partie des proies. De ceux qui reçoivent moins de valeur ajoutée que ce qu’ils créent.

En face vont ce trouver ceux qui ont un pouvoir de marché et qui peuvent fixer leurs prix. Nous ferons cependant l’hypothése que cette classe n’est pas homogène comme l’étaient les capitalistes de Marx, mais qu’au contraire elle est constituée de différentes couches ayant plus ou moins de pouvoir de marchés qui s’imbriquent ensemble, mais qui peuvent aussi basculer de la classe dominante au prolétariat surtout si la chute du taux de profit impose de sacrifier certaines parties de la classe dominante. Nous allons donc tenter une classification grossière :

  • La catégorie la plus basse est celle de ceux qui par une qualification plus ou moins rare peuvent imposer un surprix. Un soudeur capable de souder un pipeline peut espérer un salaire supérieur, un médecin… Le mécanisme est simple, mais le système capitaliste est voué à réduire ces qualifications en les rendant inutiles. La maîtres tisserands, les maîtres forgerons ont été remplacés par des machines, demain l’IA veut remplacer les médecins et nombre d’autres fonctions. La qualification est une course sans fin pour rester en dehors du domaine couvert par la machine. Globalement cela finira par basculer.

  • Plus sûr encore ceux qui s’appuient sur un privilège légal. Les huissiers, les notaires, évidemment là encore le capitalisme s’occupe de réduire, le capital n’est pas partageur. La commission Attali, pour ceux qui s’en souviennent, fut un bon exemple de ce genre de réduction.

  • Il existe alors une autre catégorie, ceux qui gagnent leur part par leur relation sociale. Comme disait Coluche, il y a deux types d’avocats, ceux qui connaissent la loi et ceux qui connaissent le juge. L’IA peut remplacer l’avocat qui connaît la loi, mais elle n’invitera pas le juge en vacance ou à jouer au bridge. Ceux qui ont suivi les vicissitudes du sieur Duhamel peuvent ainsi constater comment un petit prof d’université pouvait jouir d’un pouvoir d’influence sans commune mesure avec sa place dans les organigrammes officiels simplement en étant membre des bons réseaux.

  • Voilà pour les gagne-petit, après cela se trouvent ceux qui tirent leur argent de leur titre de propriété. C’est la rente ou la grande rente. Actions obligations. Le mécanisme est connu et, après l’euthanasie des rentiers entre les deux guerres et les Trentes Glorieuses, l’éloignement des guerres mondiales a été au cœur de la révolution néolibérale qui a rétabli leur privilèges. Là encore une classe contemporaine de Marx qui fait son retour. Et souvent nous nous arrêtons là dans ce monde gentillement familier. L’ennemi est le capitaliste qui du haut de ses titres exploite la sueur et vit sur le dos du pauvre.

  • Mais le monde a changé. Au XIXième siècle le capitaliste gérait souvent lui-même sa fabrique. Dans les grandes familles Noël Shoudler raconte, parlant de son père : « Le matin il était à la porte de la fabrique pour voir qui était en retard. » Déjà du temps de Noël Schoudler la fabrique n’est plus dirigée en personne par le vieux. Elle a un directeur et le vieux est entouré d’hommes qui gérent pour lui. Le principal étant Simon Lachaume, factotum qui assure le suivi des affaires et exécute les sales boulots. Mais aujourd’hui qu’en est-il ? Les entreprises sont plus vastes et les Simon Lachaume gérent les affaires au quotidien. Il sont CEO, CFO, COO, dans le privé. Dans la banque ils sont gestionnaires de fonds et gérent tant les fortunes des capitalistes que les retraites des retraités californiens. Car voilà une différence, avec l’avènement des classes moyennes, le bien des pauvres s’est tout de même un peu développé. Mais pourquoi leur assurerait-on un rendement correct ? Le systéme financier consolide leurs avoirs et utilise leur argent pour financer le monde des affaires et les défits publics. Dans le public cette classe de mandataires s’est aussi developpée et l’intégration entre le monde des affaires et l’État fait que la classe des mandataires privés et des mandataires publics a fusionné. On peut ainsi voir un jeune énarque passer de l’adminstration aux banques d’affaires, puis revenir dans l’adminsitration avant de renouveller le pacte d’esclavage avec la classe rentière et ainsi devenir président de la République. L’on a vu les affrontements entre Chiraquiens et Sarkozistes en arrière-plan dans les déchirements du groupe Lagardére.

Et telle est peut-être la conclusion à en tirer. Nous ne luttons plus contre le capitaliste, le patron de PME est aujourd’hui un gibier comme un autre, la gestion du COVID va d’ailleur en faire la récolte. Nous luttons contre un accord entre les rentiers du grand capital et la haute techostructure au sens de Galbraith qui essaie de devenir de plus en plus une classe s’autoreproduisant. Or cette classe qui partage une religion de la gestion plus qu’une capacité à apporter est de plus en plus vorace et destructrice de richesses.

L’ennemi a changé, il importe de le nommér pour l’affronter correctement.



21 réactions


  • jefresi 20 mars 21:50

    En un article très éphémère où Marx est passé à la poubelle de l’histoire, car dépassé pour certain ou à réformer pour d’autre, bref Marx n’aurait pas su voir le développement du capitalisme de son vivant. C’est simplement avouer ne pas l’avoir lu. Dire que la classe ouvrière à quasi disparue dans la quantité de salariés dans le monde est d’un aveuglement propre aux pays dit développés qui sombre progressivement dans l’ignorance de ce que recouvre la notion d’ouvrier. Jamais sur cette terre, il n’y a eu autant de salariés, c’est-à-dire d’humains dont la force de travail est exploité par les capitalistes. Si la fonction d’ouvrier en usines semblent avoir régressée, les besoins du capital se sont déplacés sur la rotation du capital, la rotation des marchandises, la rotation de la main d’œuvre. Pourquoi ? Pour vendre et réaliser le profit ! Sans ventes, pas bénef !

    A cette fin les capitalistes ont été obligés de mettre en place une immense infrastructure (routes, chemins de fer, ports), les transports (automobiles, camions, bateaux, avions), des entrepôts, d’énormes pôles de distribution et tout un ensemble de services nécessaire à leur fonctionnement, entretien, renouvellement, extension. Cette obligation impérative à nécessité la création d’une couche de plus en plus importante d’une main d’œuvre associés cette rotation. Il est vrai que cette couche d’exploités salariés dédié au service de la rotation du capital, le sont au même titre que ceux dans les usines pour des conditions d’exploitations similaires.

    Or au stade où l’expérience du capitalisme a dépassé son stade suprême de développement vers un déclin inéluctable, ne pas voir que lorsque la quasi-totalité de l’humanité est réduite à l’esclavage salarié que la fin de ce régime économique et politique est proche. Le capitalisme n’est pas un système, mais un modèle économique qui a été construit par les esclaves salariés. Et c’est l’autre aspect du travail de Marx qui a déduit qu’un jour cette quantité d’esclaves transformeront leurs conditions de vie sous la férule des capitalistes, pour de nouvelles conditions de vie qui leur conviendra. De nouvelles conditions de vie qui intégreront l’expérience du mode de production capitaliste et non un néocapitalisme socialiste ou communiste usurpant ces desseins.


  • CN46400 CN46400 21 mars 08:08

    « mais Marx est mort depuis longtemps. »

     1883 exactement, mais combien étaient déjà morts avant même de naître....

     Combien de tombes ont été ouvertes pour Marx, et toujours mal refermées. Newton a découvert la loi de la chute des corps, Marx celle de la lutte des classes. Le prolétariat, manuel et intellectuel, qui doit, pour vivre, vendre sa force de travail aux propriétaires des moyens de production, continue de proliférer.

     Sauf pour ceux qui croient à la multiplication surnaturelle des petits pains, le travail est éternel alors que la classe des accapareurs du travail d’autrui, qui coûte sans travailler va devoir dégager, ne serait-ce que pour continuer à faire baisser le prix du travail....

     Le covid est arrivé en février 20 à La Havane et à Paris. En février 21 un vaccin cubain, sur les quatres en chantier, arrive en phase3, et le vaccin français bourré de profits et de capital, il est où ?....


    • Rémi Mondine 22 mars 09:56

      @CN46400
      Cher CN, 
      Merci pour votre réaction.
      Avez-vous cependant lu l’article ? Il ne s’agit pas de dépasser Marx pour le jeter, mais de constater qu’un siécle plus tard, les formes de classes sociales ont changée. 
      Il est donc normal de faire un travail d’actualisation. Marx si il était vivant y procéderait certainement. 
      Faute d#actualisation vous tapez politiquement dans le vide car votre concept n’est plus opérant.


  • Docteur Faustroll Séraphin Lampion 21 mars 09:27

    Est-ce que ça aurait un sens de dire : « dépasser Platon » ?


    • Rémi Mondine 21 mars 11:19

      @Séraphin Lampion
      Oui si vous approfondissez sa pensée. Après Platon c’est plus dur car il a fait de la philosophie : Intemporel, alors que Marx est dans les sciences sociales, en naissant plus tard nous connaissont les évolution du monde que lui n’a pas vu.


    • JP94 21 mars 17:24

      @Séraphin Lampion
      Marrante, la réponse proclamant l’intemporalité du monde, une pensée qui nus ramène aux idéalistes du Moyen-âge, hors lutte des classes : un point de vue qui arrange bien le seigneur...mais le serf étant illettré, on n’a pas trace de sa philosophie ( sans doute elle-même dépassée, contrairement à celle du seigneur et de ses héritiers actuels...)


  • mursili mursili 21 mars 12:39

    nous connaissont les évolution du monde que lui n’a pas vu.

    Euh, il n’y a rien qui vous choque dans cette phrase ?

    Rémi Mondine va-t-il devoir se dépasser ?


    • JP94 21 mars 17:25

      @mursili

      Mais il se dépasse à chaque instant, sans pour autant atteindre sa cible, en bon disciple de Zénon !


    • Rémi Mondine 21 mars 17:40

      @mursili
      Cher Murisili,
      je mourais un jour et plus tard d’autres dépasserons. Je n’ai pas d’autre prétention que d’amener ma petite pierre.
      Pierre par Pierre il se fait une accumulation et le progrès humain se produit.


  • mursili mursili 21 mars 18:36

    Oui, Marx aussi a apporté sa pierre et la confrontation entre dominants et dominés est plus que jamais d’actualité. L’humanité ne progressera pas si elle ne résiste pas vigoureusement à l’aliénation qu’on lui impose. 


  • CN46400 CN46400 22 mars 09:25

    Dépasser Marx pourquoi ? Pour l’oublier ou pour l’approfondir ? Beaucoup, ceux de la bourgeoisie, sont pour les oubliettes, pourtant l’approfondissement est tellement plus riche et plus positif.

    Marx et Engels ont démonté le capitalisme, montré ses limites et désigné ceux, les prolos qui doivent travailler pour vivre, qui le remplaceront. Personne n’avait prévu que les premières fractures concerneraient des contrées où le capitalisme n’était qu’embryonnaire et n’avait donc pas eu le temps de réaliser complètement le rôle dévolu au capitalisme, à savoir le développement maximum des forces productives. A Kautsky qui demandait le retrait des bolcheviks, Lénine répondait que « la Révolution avait rompu la chaîne du capital au maillon le plus faible, pas là où les professeurs l’avaient annoncé... »

     Mais Lénine, moins de six mois après octobre proposait, non l’abolition du capitalisme, mais son assujettissement à l’état révolutionnaire, le « capitalisme d’état » précisément pour réaliser l’accumulation primitive du capital (NEP). C’est ainsi que Lénine, jusqu’en 24, dépassait Marx, tout en validant son analyse. Mais après lui, jusqu’à Deng (1979), le long tunnel du stalinisme et de ses variants, avec ses pénuries de produits manufacturés, rançon des retards, sauf militaires, des forces productives...

     Les anti-Marx n’ont rien appris. Ils critiquent la Chine comme ils critiquaient l’URSS. Ils n’ont pas remarqué que la « kalach » des chinois actuels est un smartphone....

     


    • Rémi Mondine 22 mars 10:44

      @CN46400
      Cher CN, 
      Merci pour votre réaction.
      Avez-vous cependant lu l’article ? Il ne s’agit pas de dépasser Marx pour le jeter, mais de constater qu’un siécle plus tard, les formes de classes sociales ont changée. 
      Il est donc normal de faire un travail d’actualisation. Marx si il était vivant y procéderait certainement. 
      Faute d#actualisation vous tapez politiquement dans le vide car votre concept n’est plus opérant.


    • CN46400 CN46400 22 mars 13:59

      @Rémi Mondine
      « les formes de classes sociales ont changée. »
      Oui, bien des choses ont changées, et on pourrait faire une longue liste des changements, mais aujourd’hui les prolos ne sont plus menacés par la silicose, mais par le stress et les TMS de variétés multiples.
       Reste que le prolo, même motorisé, doit, pour vivre, vendre sa force de travail à celui qui veut bien, à son prix, la lui acheter. Et là rien n’a bougé....
       Pas plus que le fait de ne plus jamais croiser dans les ateliers le(s) véritable(s) patron(s) de la boutique. Ce qui renforce encore le caractère parasitaire de ce capitalisme.


    • Rémi Mondine 22 mars 15:11

      @CN46400
      Cher CN nous sommes d’acord.
      Le but de cet article est d’actualiser la situation car si vous demandez de démonter un moteur diesel en donnant les plans d’une machine à vapeur le résultat risque d#être désastreux.
      Politiquement c’est pareil, si vous parlez de lutte des classes en ignorant le changement des formes, vous aurez peu de résonnace politique


  • Hervé Hum Hervé Hum 23 mars 12:05

    De mon point de vue, vous faites une excellente synthèse de l’évolution récente du système capitaliste.

    Deux remarques cependant ;

    il s’agit avant tout d’une évolution de forme, non de fond du système, qui repose toujours sur le principe de la capitalisation du travail d’autrui à son profit exclusif. Ici, peu importe que cet autrui soit humain ou machine, l’essentiel de comprendre étant que le profit se détermine en terme de temps de vie capitalisé. c’est là le point central qui a du mal à être intégré, autant du temps de Marx qu’aujourd’hui. Pourtant, Adam Smith (mais compris depuis déjà très longtemps !) avait déjà tout dit en écrivant que la nature offrant tout ce qu’elle produit gracieusement, seul coût son exploitation, donc, uniquement le temps de vie nécessaire, que ce soit un humain ou une machine. Et si l’économie est aujourd’hui totalement monétarisé, c’est bien en raison du fait que la monnaie est non pas la mesure de la valeur des marchandise, mais du temps de vie dédié.

    La seconde remarque est que Marx avait tout de même très bien appréhendé l’évolution actuelle, même s’il commet à mon sens quelques erreurs de dialectiques, entre autre, de croire que la valorisation du capital fixe est le but du capitaliste, alors que c’est généralement le profit et exceptionnellement le capital. Il a oublié simplement que pour nombre de secteurs, le profit à son époque était indexé sur le capital. A son époque, car aujourd’hui, ce n’est plus tout à fait le cas !

    Reste que le principe capitaliste ne peut pas être supprimé, ni la relation dominant/dominé, tout comme le principe de coopération, relation de solidarité et d’équité, mais peut parfaitement être maitrisé en inversant l’ordre directeur de l’économie, donc, faire passer la coopération devant la compétition entre les humains et ne conserver que la concurrence entre les projets.

    Maintenant, une fois la critique passé, il faut passer à la proposition du modèle de substitution et là, ben, c’est là que la sentence de Bossuet s’applique, c’est à dire, « Dieu se rit de ceux qui vénèrent les causes dont ils déplorent les conséquences ». Je n’écris pas cela pour vous, car à vous lire, cela ne vous concerne pas, mais la majorité des opposants, si.


    • Rémi Mondine 23 mars 12:20

      @Hervé Hum
      Cher Hervé, 

      Quelque soit mon envie d’écrire que l’exploitation a disparue, la vérité m’empéche de l’écrire. 
      Smith avit écrit que l’argent est du travail commandé et cela n’a pas changé, j’aime beaucoup votre maniére de le dire en temps de vie.
      Ceci dit, l’exploitation du temps de Marx reposait sur la maîtrise du capital et le point sur lequel j’espérait attirer l’attention est que cela a changé. 
      La Valeur ajouté peut-être prelevée par les GROS détenteurs de capital.
      Mais aussi par ceux qui occupent des positions hiérarchiques élevées dans la technostructure : PDG directeurs d’administrations.
      Les PETITS détenteurs de capital (Retraités, chef de PME/TPE) font désormais partie des exploités auxquels on va essayer d’extorquer leur capital.
      Avant de s’attaquer à une réforme, j’essaie d#en comprendre bien les causes. Sinon on ne peux rien faire.


    • Hervé Hum Hervé Hum 23 mars 23:18

      @Rémi Mondine

      Content de voir que la qualité d’analyse perçu par la lecture de votre article reste constante !

      Juste une petite correction pour exprimer mon point de vue. La différence que vous faites se fait par la plus-value obtenu par son activité salariale.

      En effet, si les petits détenteurs de capital font partie (en partie) des exploités, c’est en raison de la faiblesse de leur profit, qui repose toujours sur une activité salariale. Puisque par définition, le salaire représente un échange de travail contre de l’argent. Mais si on considère cette relation comme un principe, alors on peut l’étendre à toute relation d’échange entre un temps de vie active contre de l’argent. Qui ne s’applique pas aux rentiers, mais à l’ensemble des professions libérales et artisanales en sus de petits chefs de PME, y compris les petits agriculteurs.

      De fait, dès lors où le profit n’excède pas le taux de renouvellement et d’entretien du capital nécessaire à vivre de sa rente, la personne est en situation de salarié et non pas de rentier ou autrefois de maître, car il doit bien louer son temps de vie, même s’il est propriétaire de son outil de travail..

      Conséquence de cette logique, le salariat domine totalement l’économie mondiale,sauf que « ceux qui occupent des positions hiérarchiques élevées dans la technostructure », ces dernières capitalisant la plus grosse part de la production mondiale industrielle, comprenant le domaine du numérique, sont soigneusement et préventivement achetés via leurs salaires et bonus, par les gros détenteurs de capital, car ce sont bien eux qui définissent la rémunération des PDG.

      Bref, la boucle est bouclé !


Réagir