jeudi 13 février - par France Républicaine et Souverainiste

Des enseignants rendent hommage à leur collègue suicidée : une retenue sur salaire !

Hommage à Christine Renon

Il y a quelques temps, Christine Renon mettait fin à ses jours sur son lieu de travail, une école maternelle de Pantin (93), commune populaire de la banlieue-est parisienne, où votre narrateur a lui-même exercé il y a une quinzaine d'années. Un public défavorisé, des comportements difficiles à gérer, des moyens matériels limités, on était très loin d'Alice aux pays des merveilles quand on tentait d'apprendre à lire et à compter dans ce secteur.

Brisée par le stress et les journées à rallonge, écartelée entre l'administration, les parents, les collègues et sa mairie, la directrice s'est sacrifiée. Je n'ai guère été surpris, dans les années 2000 les dépressions nerveuses et les arrêts de travail étaient déjà monnaie courante dans la circonscription. On remarquera que les choses ne se sont pas arrangées, bien au contraire. Il n'y a toujours pas de médecine du travail dans l'éducation nationale. A Pantin, la réforme des rythmes scolaires a fait des ravages, imposant aux écoles des horaires lourds afin de garder les enfants le plus longtemps possible dans les enceintes scolaires. Le maire, Bertrand Kern, à qui j'avais serré la main à l'occasion d'une fête de fin d'année, est en conflit avec les enseignants jeunes et inexpérimentés, contractuels pour beaucoup, qui acceptent encore de travailler dans sa commune. 

Bref, un climat pesant, stressant, avec en surplus les problèmes extra-scolaires apparus dans les années 2000 : l'explosion du coût de la vie à Paris et l'impossibilité de se loger convenablement pour les profs. Dans ces conditions, on pourrait s'attendre, en toute logique, à un soutien sans faille des pouvoirs publics aux courageux enseignants qui s'usent la santé à petit feu en banlieue.

Hélas, le manque de bon sens et la froideur administrative, logiques "franchouillarde", sont présents plus que jamais. Pour répondre à la journée de mobilisation à la mémoire de Christine Renon, qui a rassemblé des dizaines d'enseignants, l'inspection académique de Bobigny a soutenu ses profs à sa manière, en leur retirant une journée de salaire pour service non fait. Toute la marque du mépris, de l'indifférence, du soucis de la comptabilité au détriment de l'humanisme, dignes d'une gestion de patron de fast-food.

Et pourtant, qu'elles sont belles les campagnes contre le harcèlement à l'école, pour le vivre-ensemble, le respect et les valeurs de solidarité. Hélas, nos pouvoirs publics ont des difficultés à inclure l'ensemble de la communauté éducative dans ces nobles et civiques projets. Comment appeler les enfants à se respecter quand l'employeur des enseignants utilise des méthodes de management dignes d'entreprises du CAC 40 pour gérer au lieu de comprendre et d'être à l'écoute ? 

C'est tout un système et une logique qui privilégient l'argent et la performance au détriment du soucis des autres qui est à revoir. Que restera-t-il de l'école républicaine dans un demi-siècle dans des conditions pareilles ? Christine Renon fut d'abord victime du mépris et de l'indifférence, d'une machine à exploiter les faiblesses des braves gens au lieu de chercher à comprendre. Une révolution culturelle sera nécessaire pour rendre à l'école ses valeurs humanistes...

Source de l'article : http://93.snuipp.fr/spip.php?article3890



24 réactions


  • MagicBuster 13 février 16:32

    Apprendre le français aux futurs terroristes c’est du suicide !!!


  • amiaplacidus amiaplacidus 13 février 16:48

    C’est dans la droite ligne du macronisme, celle qui refuse 12 jours de congé à des parents qui perdent un enfant.

    Et ils ont passés de l’ignoble à l’infâme en proposant maintenant 15 jours de congé (pour les besoins de la com, ils disent 3 semaines) pensant se refaire une beauté.

    Mais en fait, ils en ressortent encore plus vils : faire une opération de com pour tenter de faire oublier une ignominie.


  • Buzzcocks 13 février 16:58

    On laisse la situation pourrir, on dit alors que ça ne marche pas, que l’état n’est pas efficient, et on privatise.

    Pour l’école, c’est en cours de processus, sournoisement. Surtout en banlieue parisienne, beaucoup de parents paient pour que leurs gamins n’aillent pas côtoyer la plèbe. Et c’est encore plus flagrant en fac de médecine où prendre des cours particuliers permet de passer le concours de première année.

    Etant donné que l’objectif est de privatiser, pourquoi l’état irait dépenser des millions pour des gens dont on se fout totalement, et si y a quelques instits qui se pendent, on leur remettra les palmes académiques. Ca ne mange pas de pain.


    • Giordano Bruno 13 février 17:14

      @Buzzcocks
      Si une administration ne fonctionne pas correctement, le bon sens voudrait, non pas qu’elle soit privatisée, mais que ceux chargés de s’en occuper reconnaissent leur échec, démissionnent, ou soient congédiés s’il leur manque le minimum de probité nécessaire pour se retirer, afin de laisser la place à plus compétents qu’eux.


    • Buzzcocks 14 février 09:02

      @Giordano Bruno
      Pourquoi plus compétent ? Puisque c’est voulu, les gens qui s’occupent de ces administrations sont très contents du résultat, leurs enfants ne vont pas en classe à Bobigny, et donc pourquoi, ils dépenseraient de l’argent pour des endroits dont ils se moquent éperdument ?
      Pourquoi investir dans une administration puisque le but est de refiler le marché à des copains de promos, des parents ou des amis qui financent la cause ?


  • titi 13 février 17:05

    @L’auteur

    « quand l’employeur des enseignants utilise des méthodes de management dignes d’entreprises du CAC 40 pour gérer au lieu de »

    On voit que vous avez jamais mis les pieds dans une entreprise du CAC40 pour sortir une telle ânerie.

    « Bobigny a soutenu ses profs à sa manière, en leur retirant une journée de salaire pour service non fait. »

    Euh, ca me parait au contraire tout à fait normal.

    Deux agriculteurs se suicident chaque jour. Si les autres s’arrêtaient à chaque fois bah y’aurait plus grand chose qui pousse dans nos campagnes.


    • L'Astronome L’Astronome 13 février 17:21

       
      @titi
       
      Bravo, vous avez raison. C’est vrai, on n’en a rien à foutre des profs qui se suicident. De toute façon, on va bientôt enseigner par ordinateur.... alors, les profs, on s’en fiche.
       


    • titi 13 février 17:54

      @L’Astronome

      Caricaturez mes propos si bon vous chante.

      Les profs sont comme les autres citoyens.
      Et les autres citoyens quand ils se rendent pas au boulot il ne sont pas payés.

      Il y a des cas prévus dans le code de travail pour les jours de congés suite à un décès.
      « Collègue » n’est pas dedans.


    • Jelena Jelena 13 février 19:22

      @titi >> Deux agriculteurs se suicident chaque jour.

      Vu que cela fait près de 10 ans que je lis cette phrase, j’imagine qu’il ne doit plus en rester beaucoup.


    • Armelle Armelle 14 février 09:31

      @L’Astronome
      « C’est vrai, on n’en a rien à foutre des profs qui se suicident. De toute façon, on va bientôt enseigner par ordinateur.... alors, les profs, on s’en fiche »

      Décidément, La naïveté n’a plus de limite !!! Tenter faire croire aux lecteur que le problème serait d’ordre professionnel, c’est fabuleux !!!
      Elle s’est suicidée parce qu’elle avait une vie de merde , point à la ligne !!! On peut en effet admettre que son métier soit un facteur aggravant (pour elle) mais de là à tenter nous faire avaler qu’il est la raison principal, il faut avouer que c’est le pompon !!!
      Vous prenez les gens pour des cons, tout est bon décidément pour tenter se disculper d’une médiocrité crasse, d’un échec cuisant, même prendre en otage une femme collègue dont la triste vie l’aura poussée au pire

      A faire gerber de malhonnêteté intellectuelle, et de bêtise sans doute


  • HELIOS HELIOS 13 février 19:49

    ... Quand au « vivre ensemble » j’en profite pour vous dire que c’est de là que viennent les problèmes les plus graves... et j’en profite encore pour vous le dire car bientôt ce ne sera plus possible, on aura plus le droit de l’écrire à défaut d’interdire de le penser.


    • berry 13 février 23:58

      @HELIOS
      La liberté d’expression se réduit de jour en jour, en effet.
      Tapez « 11 septembre » sur Google, il n’y a plus que des médias officiels qui sortent : le figaro, l’ina, libération, l’express, france culture, elle, arte, rfi, times of israel, conspiracy watch, etc, etc... à n’en plus finir sur des pages et des pages.

      Il y a quelques années ce n’était pas le cas, une bonne moitié des résultats pointaient vers des médias alternatifs, dont Agoravox qui a fait de nombreux articles de qualité sur ce sujet.
      Aujourd’hui ces articles sont introuvables, ou alors ils se cachent à la page 100.


    • OMAR 14 février 22:35

      Omar9
      .
      @HELIOS
      .
      Ce n’est pas le « vivre ensemble » qui vous tracasse.
      .
      C’est sa définition et ..son contenu.
      .
      Vous aimeriez sincèrement vivre ensemble.
      .
      Mais seulement avec des énergumènes genre, @modératus, @cova, @popovitch, @cadoudal, @Ouam, @cloac....
      .

      Que des cavaliers au bal de Vienne :
      https://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/marine-le-pen-valse-a-vienne-avec-des-pangermanistes_1076264.html
      .
      Pensez plutôt à prendre des chrysanthèmes et non pas des roses, quand vous partez fleurir la tombe de M. Papon.
      https://npa2009.org/actualite/politique/17-octobre-1961-ici-noie-les-algeriens


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 14 février 22:48

      @OMAR

      Laura et Maurane , deux puces d’une vingtaine d’années remercient ta religion de paix et d’amour. Égorgées a Marseille.


    • OMAR 15 février 09:17

      Omar9
      .
      @Aita Pipi
      .
      Je suis sincèrement désolé pour ces 2 puces et n’en suis nullement responsable de leur malheur.
      .
      Et pendant que tu y es, plus de 60 millions de français remercient Zinedine Zidane un coreligionnaire, pour ce qu’il a offert à la France.
      Beaucoup même le souhaiter comme Président :
      https://www.franceculture.fr/emissions/politique/zidane-president


  • zygzornifle zygzornifle 14 février 09:11

    LaREM = La Racaille En Marche ....


  • Surya Surya 14 février 12:29

    Je ne comprends pas pourquoi cette femme ne s’est pas plutôt mise en arrêt maladie, pourquoi elle a cru que la seule porte de sortie qu’il lui restait, c’était le suicide. 

    .

    N’était-elle pas suivie psychologiquement par un professionnel de santé  ? Dans l’état où elle devait se trouver, je suis persuadée que n’importe quel médecin l’aurait immédiatement arrêtée. Elle devait sans doute culpabiliser à l’idée de se faire arrêter.

    .

    Il y avait aussi pour elle la possibilité de démissionner et de changer de métier. Il y a des centaines de métiers intéressants vers lesquels se tourner. Cela dit, c’est beaucoup plus facile à dire qu’à faire ! Les indemnités chômage ne s’appliquent pas aux travailleurs démissionnaires, et le nouveau dispositif mis en place par le gouvernement permettant aux salariés de toucher le chômage en cas de démission est paraît-il un véritable parcours du combattant, très peu voient leur dossier accepté, et je ne sais même pas si les fonctionnaires peuvent en bénéficier. 

    De plus, son estime d’elle-même était probablement démolie au point qu’elle pensait peut-être être incapable de faire quoi que ce soit d’autre de sa vie. Elle a dû se sentir coincée, alors qu’elle ne l’était peut-être même pas. 

    .

    Je dis « elle a dû », « probablement »... évidemment j’en sais rien, mais j’essaye de comprendre ce qui a pu la motiver pour faire cette chose épouvantable et irréversible, mais pour les raisons évoquées plus haut, j’ai moi aussi du mal à croire que ses soucis professionnels (« il faut faire ceci », « il faut faire cela », « on doit voir les parents », etc...) ont été le seul facteur déclenchant son passage à l’acte. 

    .

    C’est affreux, mais je me suis même demandé si elle n’avait pas choisi de se suicider dans l’unique but d’alerter l’opinion publique et les autorités sur l’état de l’enseignement en France et les conditions de travail désastreuses des enseignants. « Sacrifier » et d’ailleurs un mot employé par l’auteur de cet article. Personne n’est sur cette terre pour jouer les héros, on n’a qu’une seule vie, et il faut tout faire pour la réussir le mieux possible. 

    Bref, cette femme était au bout du rouleau, et elle aurait dû se faire arrêter, ou mieux, envisager de changer de métier.

    .

    On entend beaucoup les enseignants se plaindre qu’il est extrêmement difficile de quitter l’Education Nationale une fois qu’on a eu le malheur d’y mettre les pieds. Je pense en fait qu’ils se mettent des barrières eux-mêmes. Manque de confiance en eux, en leurs compétences et en leur capacité à s’adapter à un autre milieu, à une autre vie... alors que leur métier même n’est fait que d’adaptation, à différents établissements scolaires, différents niveaux, différentes matières à enseigner, différents élèves.

    C’est quand même triste de voir que les enseignants, qui ont tellement d’atouts, tellement de compétences diverses, ont finalement si peu de confiance en eux. Je pense que ce métier est en réalité mille fois plus difficile au niveau psychologique que « technique », si je peux dire. Il faut être extrêmement fort psychologiquement pour supporter d’être en permanence (mal) jugé, depuis l’élève lui même qui ne les respecte pas, jusqu’à la société toute entière qui les rend responsables de tout, en passant par les parents qui visiblement les critiquent du matin au soir, les inspecteurs qui les descendent à la première occasion... Non mais honnêtement, qui aurait envie de faire ce métier ?

    .

    D’un côté je les plains et c’est sincère, et de l’autre ça m’énerve de les voir se plaindre tout le temps et en même temps ne rien faire pour faire autre chose de leur vie, puisque c’est tellement dur, voire insupportable.

    .

    Il est temps que la société française mette en place de réelles passerelles permettant aux gens de se reconvertir facilement quand ils le souhaitent où quand le besoin s’en fait sentir.

    Quant aux enseignants, ils ont clairement besoin que leur « mammouth » mette en place pour eux une médecine du travail, et puis probablement un service de suivi psychologique.


    • Surya Surya 14 février 13:45

      @njama

      J’avais déjà lu sa lettre lorsque les faits se sont produits, et même mis un commentaire à son sujet sur un autre article :
      https://www.agoravox.fr/commentaire5573369
      (J’ai mis du temps à retrouver ce com, je suis loin d’être la pire sur ce site, mais quand je vois le nombre de coms que j’ai écrits depuis 2008 !!)

      J’y suis pas allée par quatre chemins avec ce com, c’est vrai, et j’y donne l’impression de ne pas comprendre, alors qu’en fait je pense que ce que je dis est également vrai. En le relisant je me rends compte aussi que j’ai exprimé aujourd’hui des idées que j’avais déjà développées en sept 19, comme l’idée du soutien psychologique.


  • velosolex velosolex 14 février 13:33

    Au moins les médias évoquent le cas des enseignants qui se font agressés. Hier, une infirmière a été blessée à mort par un patient, au sein d’un unité psychiatrique, et pas un mot sur France inter ce midi. 

    Révélateur du mépris du personnel soignant. 


    • velosolex velosolex 14 février 15:23

      @velosolex
      Ne parlons pas du barouf qui aurait éfé fait si un flic avait été tué !. La mort d’un fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions est toujours regrettable, et fait partie plus ou moins des risques de la vie où tout peut arriver. Mais sans doute davantage de celui des soldats et des policiers, pas du personnel éducatif ou soignant.
      Pourtant par une curieuse inversion de la cohérence, c’est la mort des soldats et des policiers qui rencontre le plus d’indignation, comme si la mort des civils, elle, était naturelle, et liée à leur fonction.
      Pour rappel : ( RTL)

      publié le 14/02/2020 à 08:13

      Une infirmière âgée de 30 ans a succombé à ses blessures ce jeudi 13 février après avoir été mortellement blessée à l’arme blanche par un patient d’une unité psychiatrique à Thouars (Deux-Sèvres). Devant l’établissement, l’émotion est encore très forte ce vendredi matin.

      Depuis le parking, on peut voir de la lumière à plusieurs étages mais l’accès aux visiteurs est interdit. Un téléphone est mis à disposition dans l’entrée pour joindre un service. Ce drame insupportable illustre le manque de moyens dans les hôpitaux selon Bruno, un des collègues de la victime. 

      « C’est invraisemblable mais c’est arrivé », explique-t-il. « C’est pas de la haine, c’est de la rage. On aurait voulu que ça n’arrive jamais ces choses là. On va essayer de gérer nos émotions et on verra après. Comme dans tous les hôpitaux, aujourd’hui il y a des manifestations dans toute la France. Maintenant c’est au ministre de la Santé et au président de la République de faire les choses » a-t-il ajouté.



    • Xenozoid Xenozoid 14 février 15:31

      @velosolex

      c’est la mort des soldats et des policiers qui rencontre le plus d’indignation, comme si la mort des civils, elle, était naturelle, et liée à leur fonction.

      la domestication du peuple qui n’existe que grace aux monuments au morts


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