samedi 17 janvier - par Jehan

Deux procureurs : plongée dans l’enfer stalinien

Voilà un excellent film qui restera dans les annales. L'URSS des "grandes purges", de l'élimination des opposants et des indésidérables qui font de l'ombre au Tsar rouge Staline. Ce récit est un conte politique qui nous invite à réfléchir au totalitarisme et ses mécanismes de décervelage.

Nominé au festival de Cannes, cette coproduction internationale réalisée par Sergueï Loznitsa et interprêtée par des acteurs très convaincants ne laissera pas personne indifférent. Le synopsis ? Un jeune et naïf procureur formé et acquis à l'idéal socialiste reçoit une lettre clandestine d'un prisonnier politique qui pense être enfermé à tort. Il se déplace et enquête.

Nous visitons une prison plus vraie que nature, glauque, sombre, aux couloirs, escaliers et portes grillagées interminables. Les gardiens sont inexpressifs, presque des clônes. Notre homme de loi finit par rencontrer le dissident qui lui explique et lui montre les tortures encaissées, rappelant que les dictatures de gauche ont toujours été les plus sanglantes et les plus perverses. Pensant à un complot de contre-révolutionnaires, le procureur rentre avertir sa hiérarchie à Moscou. Il se heurte à une bureaucratie rigide avant de finir devant le procureur-général Vychinsky qui semble l'écouter en se retenant d'éclater de rire.

Car notre jeune diplômé Candide n'a pas le recul pour comprendre ce qui se passe et la nature paranoïaque du socialisme. Le NKVD est maitre des lieux et agit en garde rapprochée du comité central. Il pense à un complot alors qu'il s'agit d'un système d'état : réprimer, harceler, éliminer pour mieux contrôler la population. Pensant rentrer poursuivre son enquête, il finit embarquer par deux policiers politiques et se retrouve à son point de départ, la prison de Briansk, mais cette fois comme prisonnier.

Un univers à la Kafka, froid et radical, bien reconstitué ; une URSS de 1937 au moins aussi rude que sa cousine nationale-socialliste allemande de la même époque.

Seul accroc, notre réflexion doit nous amener à considérer Poutine comme héritier de Staline (!). Etonnant. On ignorait que les goulags et les pénuries alimentaires étaient de retour en Russie. Les gens qui y voyagent nous décrivent au contraire un Moscou bien plus agréable que Paris, tant pour sa liberté de se promener, sa sécurité que ses restaurants et le charme des dames. Est-ce de l'intox à grande échelle ? Nos amis qui nous relatent cela seraient des espions russes ? Ce pays est décidemment bien mystérieux depuis la révolution de 1917.

A une époque qui voit le retour en force du radicalisme de gauche (En France, LFI et les antifas par exemple) il est toujours utile de rappeler ce qu'est un système socialiste : contrôle des esprits, formatage idéologique, répression des opposants. Ne jamais l'oublier pour ne pas élire et mettre au pouvoir des gens se réclamant du stalinisme qui transformeraient la France en univers concentrationnaire.

Bande-annonce sur Youtube :



6 réactions


  • confiture 17 janvier 18:50

    article sous-marin je pense.


  • sylvain sylvain 17 janvier 19:18

    Ah ? on « voit le retour en force du radicalisme de gauche en france » ?

    Moi j’ai aucun mal a voir le retour du radicalisme de droite, il est a peu pres partout, mais le radicalisme de gauche franchement je vois pas. 

    La mesure la plus radicalement « rouge » de LFI a ete de proposer une taxe a 2% sur les tres grande fortune. Meme le PS etait plus radical quand il existait encore


  • sylvain sylvain 17 janvier 19:20

    Et il est etonnant que la poutinophobie du film, conjugue au mantra « la gauche c’est le totalitarisme » ne l’eclaire pas un peu plus sur la base ideologique qui semble en etre le fil


  • Octave Lebel Octave Lebel 17 janvier 19:24

    Cette fois-ci c’est sûr. La chasse à l’électeur a commencé.

    Ici des dinosaures un peu fatigués.

    N’osant pas dire à leurs concitoyens ce qu’ils défendent et proposent de crainte de les voir détaler, ces dinosaures pas très courageux répètent ce que d’autres qui leur ressemblent ont dit avant eux en partageant le même espoir. Que nous serions ignorants et un peu sots et incapables d’identifier les intérêts qu’ils défendent avec cette finesse et intelligence qui les caractérisent. Nous pensions que ces gens avaient fait des progrès dans la connaissance de leur gibier et concitoyens et de notre pays. Ce n’est toujours pas le cas.

    « A une époque qui voit le retour en force du radicalisme de gauche (En France, LFI et les antifas par exemple) il est toujours utile de rappeler ce qu’est un système socialiste : contrôle des esprits, formatage idéologique, répression des opposants. Ne jamais l’oublier pour ne pas élire et mettre au pouvoir des gens se réclamant du stalinisme qui transformeraient la France en univers concentrationnaire. »

     


  • Octave Lebel Octave Lebel 17 janvier 20:30

     Sinon un peu moins taquin et plus développé.

     En gros l’auteur nous envoie un bonjour des années cinquante et nous souhaitons pour lui que cela le garde jeune et en pleine forme. C’est déjà ça. Ce monde a bien changé. Et contrairement à ce que nous croyions, au regard des progrès de la science et des technologies, de la réflexion sur les Droits de l’homme, de la création de l’ONU suite au génocide perpétré par les dirigeants d’une des nations les plus avancées du monde, d’une diffusion importante de l’instruction et de l’éducation, d’un progrès jamais vu des sciences et des technologies, bien des choses ne se sont pas arrangées et se passent encore alors que nous les espérions impossibles. Rassurons-nous, des perspectives existent. Un mouvement est en cours en vue d’organiser une coopération internationale fondé sur la coopération économique la plus équitable possible et le respect du droit international afin de sortir des rapports de force et de l’engrenage du cycle des guerres.Qui ont porté jusqu’ici les nations les plus puissantes avec une course aux armements dangereuse et dispendieuse, sources de bien des malheurs qui auraient pu être évités. Après l’impasse des totalitarismes collectivistes issus des guerres dans des pays ayant un retard de développement important, sans expérience de pratiques démocratiques, très peu alphabétisés, confrontés à l’impérialisme agressif et spoliateur de nations puissantes prises dans le cycle des guerres au point de se mettre sous la tutelle d’un empire se voulant mondial, un mouvement, déjà au cœur de notre Révolution Française et bien avant si on a lu attentivement les philosophes, s’est affirmé à travers le monde en contrariant bien sûr la minorité des nantis et dominants qui ne veulent pas changer comme on peut s’en douter. Il est vrai que pour certains il y a des forces qu’il ne faut surtout pas libérer et organiser. Il s’agit de la dynamique de l’intelligence collective qui nous porte tous, associée à la démocratie. La notion de république citoyenne nous parle d’autant plus que nous ne voyons pas les bonnes raisons qui pourraient nous en priver. Il appartient donc dorénavant à chaque peuple dans une solidarité et une responsabilité intergénérationnelle de s’émanciper en se donnant les moyens de faire vivre sa démocratie afin que le monde soit plus sûr, plus paisible, plus fort pour résoudre les problèmes et les difficultés présentes et à venir.

    Démocratie, justice sociale et responsabilité écologique.Tout cela est un tout inséparable et non négociable et le plus grand nombre l’a compris et le veut .Pas possible non plus en dehors d’institutions nous donnant les moyens de nous faire représenter et respecter en tant que citoyens. En étant bien entendu correctement informés, impliqués aussi dans les grands choix économiques et sociétaux. Sans oublier la nécessité incontournable de mettre en place sans délai un système de formation initiale et de formation tout au long de la vie digne d’une démocratie. Sinon elle ne vivrait pas bien longtemps et aurait du mal à fonctionner. Avec des responsables politiques donc désormais sans carte blanche ni immunité électorale magique dès lors qu’ils agissent à rebours des engagements les ayant portés aux responsabilités.

    Une révolution concrète donc, tranquille, exigeante. Par les urnes, dès que possible, avec l’inconvénient et le danger pour ceux intéressés à la caricaturer d’être pensée ici chez nous de longue date, pragmatique et responsable. Fondées sur des analyses claires et des propositions cohérentes qui ne varient pas au gré des sondages, du tapage médiatique, des intimidations ni des campagnes de calomnies qui s’effondrent toutes sur elles-mêmes en salissant ceux qui en sont à l’ origine et ceux qui se sont crus malins de les relayer. Des élus, qui, incroyable, respectent, même dans des vents médiatiques de force 10, leurs engagements envers leurs électeurs et concitoyens et à qui la réalité finit par donner raison.C’est radical c’est vrai parce que les choses ne sont pas cachées mais prises à la racine pour que chacun puissent comprendre et s’y retrouver.

     


  • Gérard Luçon Gérard Luçon 18 janvier 09:07

    En France , de nos jours, c’est nettement mieux ; voir l’article de Cassandre a/s de Anna Novikova (qui n’a pas le droit de recevoir de l’argent) et l’épopée de Sarkoléon qui lui avait ce droit !


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