Elodie demande son congé paternité
Après avoir imposé les 35 heures partout et pour tous, les socialistes ont eu une autre bonne idée pour réduire le « trou de la Sécu » : donner 11 jours de « congé paternité », payés par la Sécu, à tout papa ayant un nouveau bébé.

Karine et Elodie sont deux jeunes femmes qui sont tombées amoureuses l’une de l’autre, et ont décidé de vivre ensemble en 1999. Elle ont déjà eu un petit garçon, Basile, né de Karine il y a 19 mois. Et aujourd’hui, c’est Elodie qui va accoucher de la petite soeur de Basile le mois prochain.
Miracle de l’informatique : à la naissance de Basile, Elodie a reçu une lettre de la Caisse d’allocations familiales, adressée à « Monsieur Elodie L. », avec le livret de paternité, et commençant par ces mots : « Cher Monsieur : votre famille s’agrandit », c’est un « moment fort de votre couple ». Les deux femmes ont sauté sur l’occasion : « On nous envoyait un livret de paternité, pourquoi ne pas demander le congé de paternité, qui va avec ? »
Bien vu.
Donc, Elodie a demandé son congé de paternité payé par la Sécu. Et c’est normal, vu qu’elle paie ses cotisations comme les autres. Bien sûr, les fonctionnaires de la CPAM de Nantes ont refusé de lui payer son congé, au prétexte discutable que le papa était de sexe féminin. Les deux jeunes femmes ont donc porté plainte auprès du Tribunal des affaires de sécurité sociale de Nantes, qui rendra sa décision le 20 mars prochain.
Bravo, Elodie, on est avec toi ! Rien à dire. Y a pas de raison.
Pour en savoir plus :
1. Basile vient au monde, Elodie demande le congé paternité (Libération)
2. Congé paternité pour une lesbienne : réponse le 20 mars (Le Nouvel Obs)
Crédit photo : Franck Perry
12 réactions
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Que l’on reconnaisse a chacun le droit de mener sa vie avec l’être aimé, quel qu’il soit,est un progrès social et humain.
Mais ce que met en lumière cette affaire est l’aberration bureaucratique. Nul doute que l’ordinateur de la caisse sociale est à l’origine de cette erreur. La déclaration est arrivée et l’ordinateur a fait le reste.
La position finale de la caisse est - on peut le supposer - fondée sur le fait que le congé de paternité ne peut être revendiqué que par une personne de sexe masculin, en mesure d’accéder à la paternité.
Ce qui peut choquer, même les esprits les plus ouverts, est surtout qu’une personne ait osé demander un tel bénéfice. Goût de la provocation ?
Une telle démarche montre aussi à quel point la Sécu est devenue aux yeux de certains une pure et simple vache à lait que l’on peut traire sans scrupules.
Il sera effectivement intéressant de connaître la décision du TASS compétent et les attendus de celle-ci. Mais sachant que les assesseurs du président sont désignés par les partenaires sociaux, il serait amusant de connaître la position des syndicats patronaux et ouvriers sur un tel dossier.
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Courouve
25 janvier 2006 12:59
J’ai lu dans Le Figaro que le numéro de Sécu d’Elodie a été changé de 2 en 1 pour qu’elle puisse toucher des allocations. Lorsqu’elle va accoucher, son numéro sera sans doute remis en 2 pour que l’accouchement soit pris en charge.
On éviterait ces problèmes si la mention du sexe disparaissait des documents d’état-civil (point 9 ci-dessous), comme le demandent les associations LGBT, et surtout les transexuels :
Plateforme pour l’égalité des droits (25 mars 2004)
L’homophobie, la lesbophobie et la transphobie tuent : égalité des droits
1 La modification de l’article premier de la Constitution, assurant l’égalité des citoyen(ne)s sans distinction d’origine, de race ou de religion, pour y ajouter la notion d’égalité sans distinction de sexe, d’orientation sexuelle, d’identité de genre.
2 La condamnation des discriminations basées sur le sexe, l’orientation sexuelle ou l’identité de genre de la victime au même titre que le sont celles liées au racisme ou à l’antisémitise.
3 La pénalisation des propos discriminatoires (injures, diffamation, incitation à la haine) sexistes, homophobes, lesbophobes et transphobes, au même titre que le sont les propos racistes ou antisémites.
4 La mise en place d’une politique efficace de prévention de l’homophobie, de la lesbophobie, de la transphobie et du sexisme, notamment en milieu scolaire et dans les organismes accueillant du public (OFPRA, institution pénitentiaire, CNAM, Police Nationale...).
5 Le droit au mariage civil pour les couples de même sexe ; l’extension aux couples homosexuels de l’ensemble des avantages (sociaux, fiscaux, séjour...) dont bénéficient les couples hétérosexuels ; l’égalité des droits entre les différents statuts civils et fiscaux : PACS, mariage, concubinage et célibat.
6 L’accès à la procréation médicalement assistée et à l’adoption quelles que soient l’orientation sexuelle, l’identité de genre ou le statut marital du/de la ou des demandeur(e)s.
7 Que les trans ne soient plus classé(e)s comme malades mentaux par le système de soins français.
8 La simplification de la procédure de changement d’état civil pour les trans (transsexuel(le)s et transgenres) qu’elles ou ils soient opéré(e)s ou non, et l’accès à une prise en charge médicale choisie, rapide et efficace.
9 La suppression de toute mention relative au sexe sur les papiers d’identité et documents administratifs.
Ces exigences sont un pré-requis pour lutter contre les discriminations, dans la loi, dans les faits, dans les têtes. Nous invitons les structures associatives et politiques et les individu(e)s dont la lutte contre les discriminations fait partie du combat politique, à rejoindre le Collectif pour l’égalité des droits et à soutenir cette plate-forme de revendications.
Parmi les organisations signataires : Act Up-Paris, Act Up-Lyon, Alternative libertaire, DEGEL (Debout Étudiant-es Gais Et Lesbiennes), GLB (Gais et Lesbiennes Branchés), JCR (Jeunesses Communistes Révolutionnaires), LCR (Ligue Communiste Révolutionnaire), Les Verts, ProChoix, Ras l’front.
Parmi les personalités politiques signataires : Clémentine Autain (adjointe au maire de Paris), Olivier Besancenot (porte parole de la LCR), Patrick Bessac (conseiller régional PCF d’Ile-de-France).
Karine et Elodie demandent que le congé de paternité soit renommé « congé du deuxième parent ». Auparavant, Mamère avait demandé que dans le Code civil, père et mère soient remplacés par « parents », mari et femme par « époux ».
Reste à savoir si de telles modifications sont acceptables pour la majorité de la population. On pourrait objecter que la préférence homosexuelle n’ignore pas la différence des sexes, et que pour un homosexuel aussi, il est intéressant de savoir à qui l’on a affaire ...
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C’est un vide juridique de savoir si le congé paternité doit être alloué au ’procréateur’ ou à la personne devant assister la mère. Par définition stricto sensu, le père est le père biologique... Ce qui est idiot, quand une femme se fait inséminer, il apparaît beaucoup plus logique que ce soit son conjoint qui ait besoin d’un congé paternité et pas le donateur de sperme...
Peut-être devrait-on plutot repnser le ’congé paternité’ et développer à la place un ’congé d’assistance’ qui fait qu’une personne qui accouche devrait être assisté par la personne de son choix les premiers jours ? Ainsi cela éviterait ce cas précis et les difficultés des mères célibataires qui pourrait avoir besoin d’assistance d’un ou d’une proche les premiers jours...
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Elodie n’a qu’a avoir son propre enfant et le problème est réglé. N’importe quoi cette manie de vouloir absolument donner un statut particulier à l’homosexualité, je pensais que cela faisait partie de la sphère privée.
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Prosper
25 janvier 2006 15:42
Bien sur que cela fait partie de la vie privée. Ce qui m’étonne le plus est ce besoin syncrétique du « tout est dans tout » au sens propre et dans l’autre sens... ce besoin de tuer la différence justement ! il n’y a plus de père ni de mère mais « des parents » indifférenciés. Quelle tristesse, quel égoïsme. Le deuxième point est l’utilisation profiteuse d’une loi. Le législateur a toujours pensé jusqu’aujourd’hui que le mariage comme les droits parentaux étaient une alliance d’un homme et d’une femme. Le contraire ne leur est même pas venu à l’esprit. C’est la loi. On peut la changer si les représentants du peuple le veulent, mais il faut d’abord la respecter, dans sa lettre et dans son esprit.
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Sauf qu’il manque un point : le ’congé paternité’ est-il vraiment la reconnaissance de l’autorité paternelle ??? Ou juste un ’congé’ destiné à offrir du temps à une personne autre que la mère pour s’occupper de l’enfant (car c’est la spécificité de ce type de congés : dire qu’un enfant les premiers jours peut être pris en charge à deux) ??? Le congé paternité ne marche que si le parent s’occuppe de l’enfant en théorie. Si vous cherchez des abus, vous pouvez en trouver chez des pères qui prennent le congé paternité tout en laissant le soin de l’enfant à leur conjointe. En revanche, s’il s’agit d’un congé sur le principe de ’deux personnes valent mieux qu’une’ pour s’occupper du nourisson les premiers jours (ce qui est loin d’être stupide comme raisonnement), alors est-ce qu’on ne pourrait pas l’appliquer hors même de la notion de couple, dans le cas par exemple d’une mère célibataire qui souhaiterait être aidé par son amie, sa propre mère, etc... C’est là qu’est la question, hors du sujet de l’homoparentalité ou du mariage homosexuel pour une fois, pourquoi ce type de congé ne serait valable que pour le géniteur qui parfois ne vit pas avec la mère ???
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Courouve
25 janvier 2006 19:00
À quand Bertrand Delanöe ou Donnedieu de Vabres demandant un « congé de maternité » ??
Mais alors, défense de rire, si l’on ne veut pas s’attirer les ennuis de Vanneste condamné par la loi Halde.
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je suis favorable à ce que tous les individus aient les mêmes droits et les mêmes obligations dans le respect de leur identité et dans le respect des institutions dans la mesure où ces dernières sont républicaines c’est à dire votées par un parlement élu
dans la cas des minorités homosexuelles puisque l’exemple en cours s’y refere je trouve qu’il y a une sorte de forcing à vouloir faire évoluer la législation en dehors de toute discussion démocratique
l’exemple de Karine et de sa compagne est typique de cette attitude il me semble qu’il y a une sorte de quasi malhonnèteté à revendiquer un droit qui n’existe encore pas en se montrant enceinte et par là même en jouant sur la corde sensible du public
l’autre exemple du mariage homosexuel était un peu du même ordre c’est par une sorte de provocation que les couples ont espéré faire régulariser leur situation
moi je me pose la question suivante pourquoi ces gens qui ont demandé avec force que l’on reconnaisse leur identité et leur différence et qui ont obtenu par la loi que celles-ci soient reconnues, pourquoi soudain demandent-ils à être assimilés au plus grand nombre
à mon avis le terme de mariage doit être exclusivement réservé à l’union entre une femme et un homme ; et en ce qui concerne les unions homosexuelles le terme soit différent tout en donnant à cette union le même contenu juridique qu’au mariage
pour ce qui est des droits de paternité, ce droit doit être attribué exclusivement à un individu de sexe masculin ;tout autre droit éventuellement attribué au conjoint d’une femme enceinte doit être décrit précisément par le législateur et dédié à une personne répondant à des caractéristiques d’identité précises
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Je me permets de rajouter un correctif sémantique afin que la vérité des mots soit respectée. Il est écrit qu’ aujourd’hui, c’est Elodie qui va accoucher de la petite soeur de Basile...« . Ceci est partiellement inexact, cette petite fille sera la demi-soeur de Basile puisque si le donneur de sperme semble être le même, la mère est différente. De même que l’imbécilité informatique de dame CPAM a écrit des bourdes en qualifiant Elodie de »Monsieur", ne faisons pas de même en voulant normaliser et idéaliser cette famille atypique.
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La question est de savoir si la paternité tient au sexe biologique ou au fait de jouer un rôle paternel dans la mise eu monde et l’éducation d’un enfant.
En admettant que chaque rôle doit être joué par une personne différente pour le bon développement de l’enfant, ce qui se discute, rien n’interdit, sauf un critère discriminant injustifiable en droit égalitaire, que chaque rôle soit joué par une personne qu’elle que soit sa qualité biologique ou génétique. Ce qui est aujourd’hui considéré comme juste dans le domaine professionnel (une femme peut être chef d’une entreprise composée d’hommes et devenir général d’armée) rien ne permet, sauf machisme ordinaire injustifiable en droit, d’écarter qu’une femme joue le rôle de père et/ou change de rôle si besoin est.. Toute société est un théâtre pour ne pas dire une comédie humaine ! Il n’ y pas plus de société naturelle qu’il n’y a de culture plus naturelle qu’une autre ; si c’était le cas notre culture pourrait valoir comme la plus anti-naturelle dès lors qu’elle se veut historique ! Chaque société s’arrange avec la prétendue nature humaine, voire la fabrique à sa convenance comme elle l’entend. Et il n’ y a pas plus de raison de supposer, dans notre culture, que l’homosexualité soit plus contre-nature que l’hétérosexualité ou que l’homoparentalité soit plus anti-naturelle que l’hétéroparentalité et la monoparentalité. Du reste rien ne permet d’affirmer non plus que les soi-disant homosexuels soient moins hétérosexuels que les soi-disant hétérosexuels.
La différence masculin/féminin est aussi une question de jeu de rôle : dans toutes les sociétés, il y a toujours eu des femmes qui portent, comme on disait avec un mépris injustifié pour le partenaire, la culotte ; ce qu’elles font au propre et au figuré sans complexe aujourd’hui et il n’ y a pas lieu de revenir à l’hypocrisie phallocrate ou machiste ancienne ; sauf à refuser le principe de l’égalité des droits, en particulier dans l’exercice de l’autorité parentale..
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La perversion s’institutionalise...
Pour moi ces demandes et ceux qui les relayent se situent clairement dans le champ de la perversion. Au sens psychopathologique tout à fait classique du terme.
Ces attitudes narcissiques de déni de la loi sous toutes ses formes (nature, symbolique et juridique) n’apporte rien à personne et ne servent que la jouissance des adultes incriminés dans le plus profond mépris pour le réel avenir de ces enfants et de leurs enfants. Que dire du mépris ici exprimé pour les pères et les hommes ?!
Je trouve votre article indécent, réactionnaire et la démarche de soutenir ces lesbiennes parfaitement malsaine eu égard au sérieux nécéssité par les questions humaines fondamentale de la transmission, de la différence des sexes. Comme si le seul fait de vivre avec un enfant donnait des droits sur lui.
G.Bolendos Strasbourg
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Ce commentaire est une incitation purement et simplement à la haine des homo (et en particulier des lesbiennes).
Au XXIème siècle, de tels idées ne devraient plus exister.
En 2006, chaque homme et chaque femme a le droit de vivre et d’aimer qui ils veulent, comme ils veulent.
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