vendredi 26 février 2016 - par Elliot

Encore un p’tit effort, M’sieurs, M’dames !

De la métamorphose des cloportes à la métempsychose des âmes...

On fait beaucoup de cas ces derniers temps d'une tribune cosignée par Martine Aubry, mégère griffue, sortant de sa tanière lilloise et envoyant à l'équipage apostat en charge du bateau France la facture de ses renoncements…

Les réquisitoires circonstanciés déclinés dans cette bafouille ne souffrent aucune contestation, ils ont d'ailleurs déjà comme un parfum d'au-delà.

On veut bien croire à la sincérité des auteurs quand ils constatent avec effroi la submersion qui s'annonce de cette Gauche institutionnelle qui a pendant si longtemps bénéficié de leurs contributions zélées sans qu'ils se rendissent compte ( ou en fussent du moins autrement affectés ) qu'ils tissaient le garrot qui allait servir à les étrangler.

Car, c'est fou, par gros temps, ce que les regards se dessillent au PS. Et ailleurs, comme Daniel Cohn-Bendit pareil au phare d'Ouessant pour sauver de la noyade la social-démocratie en capilotade.

Las ! Ils sont maintenant comme ces spectateurs involontaires qui assistent, hébétés, figés, tout à leurs déplorations, à l'arrivée du tsunami qui va les engloutir ou du cyclone qui va les emporter.

Ils psalmodient leurs incantations en s'en remettant - tout comme les objets de leur ressentiments - à la Providence qui persiste à se dérober à tous ceux qui font appel à elle depuis la fin des trente Glorieuses.

La lucidité dans l'analyse de la catastrophe annoncée les glacent et comme le pélican de Baudelaire, leurs ailes de géant les empêchent de voler vers la recherche de nouvelles routes.

En effet, c'est toujours la même timidité à se libérer de la gangue du conformisme, c'est toujours la même pusillanimité à dégager les chemins d'un renouveau qui ne consiste pas dans le retour aux règles débridées qui ont favorisé la naissance, l'épanouissement et la domination du capitalisme et qui paradoxalement font figure aujourd'hui de nouveautés : le retour vers le passé d'arbitraires dont les luttes ouvrières avaient atténué les effets délétères. 

L'antésocialisme comme solution à la crise du socialisme ! La régression est bien dans l'air du temps, elle devient l'air du temps !

La loi ( par définition un ensemble de règles obligatoires ) El Khomry consiste à détricoter la loi et à l'affranchir peu ou prou des règles.

L'évolution vers une société libertarienne peut évidemment se concevoir mais qui ne voit l'abus de langage si on la situe dans un cadre idéologique socialiste.

On félicitera donc Martine Aubry et quelques autres d'avoir théorisé en Une du Monde ce que n'importe quel quidam ressent intuitivement en promenant son regard sur son environnement où il faut avoir une sacrée dose d'optimisme ou de relativisme pour ne pas être agressé par la misère.

Jusqu'à preuve du contraire l'initiative est plus politicienne voire tacticienne que politique quoi qu'en donnent à penser les feuilles de chou - appelées grands médias- qui ont pour métier de taire les grandes informations mais aiment à se gargariser de mots pour grossir démesurément les petites, c'est si bon pour la gorge de ceux qui se rengorgent !

Il est à craindre qu'elle ne se limite à ça, qu'elle consiste en fait à organiser consciemment ou inconsciemment ( cela dépend de la malice de chacun des cosignataires ) une course contre la montre, un coupe-feu pour empêcher tout le système de s'embraser.

On peut penser que pour eux la solution soit moins dans la guérison de la France crevant du chômage, de la désespérance sociale, du retour de la mythologie du sacrifice du bouc émissaire à la fureur des Dieux que dans l'administration de soins palliatifs pour permettre au malade de passer de la révolte inaboutie à l'indolence résignée.

On ne voit pas l'ébauche d'un projet sinon la fidélité à celui caduque que Hollande et Valls ont été contraints d'abandonner, enfin contraints, on se comprend !

 

En tout cas, les frondeurs pensent toujours s'épargner la douleur d'une intervention chirurgicale en usant de la pharmacopée traditionnelle réformiste et essaient de nous persuader de l'intérêt de changements cosmétiques pour préserver leur image en direction de cette Gauche populaire qui les a abandonnés et qu'ils s'obstinent à vouloir représenter sans vouloir la rejoindre dans sa dissidence.

 

Pourtant inévitablement les cartes seront distribuées mais quand et à la suite de quelle catastrophe ? La coexistence dans une même formation politique écartelée sur les valeurs, sur les voies et moyens et sur la finalité même des engagements n'est plus tenable et tout ce beau monde concentré sur son dilemme de résolution de la quadrature du cercle risque d'être renvoyé à ses chères études par les citoyens excédés.

 

Il n'est pas illégitime de penser que l'avenir de la France passe par le social-libéralisme qui est une euphémisation assez grossière du libéralisme tout court, cette opinion est respectable tout autant qu'une autre et ce courant n'est pas si novateur que ça .

Elle fait partie du grand bouillonnement intellectuel qui règne dans le champ doctrinaire de la Droite depuis la IIIe république, quand sont en fait apparues les diverses formes de la gouvernance bourgeoise, orléaniste, bonapartiste et libérale avec les différentes nuances qui les distinguaient et les passerelles qui les reliaient, le gaullisme étant en fait une parenthèse incongrue auquel les successeurs du général n'eurent de cesse de faire un sort.

 

Et question passerelle aujourd'hui entre une partie importante des LR et une autre ( qui ne l'est peut-être pas moins ) du PS, c'est un boulevard qui les relie.



21 réactions


  • Le p’tit Charles 26 février 2016 09:06

    Elle enfume comme à son habitude..aux ordres de l’élysée...Un travail d’équipe pour masquer la réalité de la situation de la France....Tout ce qui vient du PS sent la merde.. !


  • J.MAY MAIBORODA 26 février 2016 09:16

    - Je n’ai guère d’indulgence pour celle qui par une sombre nuit solférinienne fit un vol au-dessus d’une urne bien bourrée afin d’en déloger une rivale mieux lotie.

    - Je n’ai aucune admiration pour celle qui par crainte d’une déculottée annoncée abandonna à l’un de ses lieutenants le soin ou plutôt le risque d’affronter la Gorgone Méduse qui lui disputait un territoire nordique.

    - Je n’ai pas grande estime pour celle qui depuis des décennies navigue dans les méandres d’une social-démocratie plus palinodique et théâtrale que concrètement mise en œuvre.

    Pour autant, il ne me viendrait pas l’idée saugrenue de témoigner quelque adhésion aux thèses des deux libéraux-démocrates dont elle décide fort tardivement mais spectaculairement de dénoncer les reniements et les turpitudes.


    • izarn izarn 26 février 2016 18:26

      @MAIBORODA
      Bon un jour elle a dit de Hollande « C’est l’homme du Système »
      Hé oui, elle est pas conne la garce...
      Elle avait raison...Meme Mélanchon n’y a pas cru....
      Ce n’est pas la pire...


  • Captain Marlo Fifi Brind_acier 26 février 2016 09:21

    Bonjour,
    Vous oubliez quelques petits détails, d’un ballet désormais bien huilé, pensez à la Grèce, vous comprendrez.


    ** Le modèle social français, qui se défait sous nos yeux, issu du CNR, était le résultat des Communistes et des Gaullistes. C’est ce modèle qui a organisé la solidarité nationale, en redistribuant 50% de la richesse nationale, sous forme de services publics, de Sécurité sociale, de retraites par répartition etc. Les Français y sont très attachés.

    Évidemment, cela ne faisait pas l’ affaire du MEDEF, qui rêve de s’en débarrasser depuis 1945.


    ** Les réformes en cours sont imposées par le FMI, car la France est endettée, grâce aux Traités européens qui lui interdisent de se financer à taux 0% auprès de la Banque de France. 

    La dette publique permet de soumettre les peuples aux exigences du FMI, comme en Grèce. Ce que Martine Aubry passe soigneusement sous silence.
    «  La dette est faite pour soumettre les peuples » entretien avec John Perkins.


    ** Depuis 2012, le FMI est entré dans la danse, et a demandé à la France de faire des réformes structurelles, dont le marché du travail.

    ** La Commission européenne a donc imposé à Hollande les réformes du FMI, dont la réforme du marché du travail.

    Si Hollande n’arrive pas à faire ces réformes, Juppé les fera.
    La question pour Aubry, c’est sans doute les élections perdues.
    Pour les électeurs de Gauche, c’est de savoir jusqu’à quand elle va rester soumise à la Troïka et à l’ Europe des banksters ?

    • izarn izarn 26 février 2016 18:46

      @Fifi Brind_acier
      Oui mais si la dette est en droit français ?
      Ca veut dire que nos dirigeants sont des traitres qui n’utilisent pas ce droit. De fait de sortir de l’euro...
      Donc la soumission est VOLONTAIRE !
      Dur à admettre hein ?
      Pourtant Asselineau dit bien assez que nos « élites » sont formées aux USA. Young leaders, Bilderberg et Cie....Non pas « illuminati » : C’est la connerie sur mesure pour cacher la réalité.
      Ensuite nous avons les armes necessaires pour empecher toute intrusion d’huissier ou autre.
      Qu’ils viennent ?
      Nous avons plusieurs centaine de mégatonnes de bombe H à leur leur disposition :
      On les attends !
      On appuie sur le bouton ? Hummm ?


    • Captain Marlo Fifi Brind_acier 26 février 2016 21:11

      @izarn
      Bien sûr qu’ils sont volontairement soumis, vous découvrez cela maintenant ?


  • Captain Marlo Fifi Brind_acier 26 février 2016 09:26

    La France n’est pas seule destinataire des « réformes structurelles » , tous les pays européens reçoivent leur feuille de route, normal, ils sont tous endettés.
    Tableau des « recommandations » pour chacun des 28 pays.


  • Captain Marlo Fifi Brind_acier 26 février 2016 09:38

    Je n’ai pas bien compris où Aubry veut en venir...
    Elle trouve sans doute que Valls /Macron sont trop brutaux et qu’il faut niquer les Français avec plus de subtilité... ?? Elle en connaît un rayon dans ce domaine...


    Le PS depuis 1983, a dérégulé la finance, signé tous les Traités européens et plus privatisé que la Droite, mais discrètement, en racontant moult salades « sur l’ Europe sociale », pendant 35 ans, pour endormir les gogos. 

    Ce qui, électoralement, était beaucoup moins dangereux pour les Mamamouchis du PS, que les coups de menton de Valls.

    • J.MAY MAIBORODA 26 février 2016 09:50

      @Fifi Brind_acier


      Je vous accorde une étoile d’excellence malgré votre référence au groupe NTM.

    • izarn izarn 26 février 2016 20:05

      @Fifi Brind_acier
      Oui, les banques « généralistes » c’est son père....
      On va faire le procès sur ça comme on fait le procès de Marine avec Jean-Marie...
      Notons que la titrisation des dettes c’est Rocard et Beregovoy....
      Pas mieux, hein ?
      L’Otan c’est Chirac et Sarkosy....
      La privatisation d’Aerospatiale c’est Jospin...
      Bon il a refusé le Tafta de l’époque, on l’a flingué éléctoralement...Qui ? devinez ? smiley
      Le probléme c’est la connerie du français moyen...Et LA BETISE DE NOS MERDIAS.
      Mort aux cons : Vaste programme !


    • Captain Marlo Fifi Brind_acier 26 février 2016 21:18

      @izarn
      Les Français comprennent très bien quand on leur explique. Mais je ne crois pas que les médias et les politiques aient donné à chaque étape, les explications qu’il fallait pour que les Français comprennent...


      Vous voulez relire ce qu’ils nous racontaient pour qu’on vote OUI au Traité de Maastricht ? Avec le recul, on en rirait, si ce n’était tragique.

  • Legestr glaz Ar zen 26 février 2016 13:28

    C’est quand même bien dommage de limiter cette si merveilleuse analyse au cadre franco-français ! Jusqu’à preuve du contraire la France appartient toujours à l’UE ! Ce qui veut tout simplement dire que la politique économique et sociale de la France est décidée à Bruxelles. C’est toujours une curiosité pour moi de prendre connaissance d’analyses qui limitent leur périmètre de réflexion à la France. L’Union européenne existe savez-vous ? et la France en est membre. A ce titre elle est soumise aux dispositions des traités. Le gouvernement Valls applique les réglements de l’UE, les directives, les recommandations et le TSCG ! Ça c’est une réalité sur laquelle glisse d’une façon bienveillante certains esprits critiques. Je me permets, par conséquent, de reproduire ici l’article 121 du TFUE afin que d’aucuns puissent l’apprécier comme il conviendrait qu’il le soit.

    " Article 121

    (ex-article 99 TCE)

    1. Les États membres considèrent leurs politiques économiques comme une question d’intérêt commun et les coordonnent au sein du Conseil, conformément à l’article 120.

    2. Le Conseil, sur recommandation de la Commission, élabore un projet pour les grandes orientations des politiques économiques des États membres et de l’Union et en fait rapport au Conseil européen.

    Le Conseil européen, sur la base du rapport du Conseil, débat d’une conclusion sur les grandes orientations des politiques économiques des États membres et de l’Union.

    Sur la base de cette conclusion, le Conseil adopte une recommandation fixant ces grandes orientations. Le Conseil informe le Parlement européen de sa recommandation.

    3. Afin d’assurer une coordination plus étroite des politiques économiques et une convergence soutenue des performances économiques des États membres, le Conseil, sur la base de rapports présentés par la Commission, surveille l’évolution économique dans chacun des États membres et dans l’Union, ainsi que la conformité des politiques économiques avec les grandes orientations visées au paragraphe 2, et procède régulièrement à une évaluation d’ensemble.

    Pour les besoins de cette surveillance multilatérale, les États membres transmettent à la Commission des informations sur les mesures importantes qu’ils ont prises dans le domaine de leur politique économique et toute autre information qu’ils jugent nécessaire".

    Les lecteurs patentés d’Agoravox comprendront facilement la portée d’un tel article pour la France. Et ce n’est qu’un article parmi des centaines d’autres !

    En prime, je vous livre, mais certains connaissent déjà, les GOPE 2014-2015 et 2015-2016 pour la France. Ces orientations ressemblent furieusement au contenu de la loi Macron et de la loi El Khromri. Etonnant non ?

    http://ec.europa.eu/europe2020/pdf/csr2014/csr2014_france_fr.pdf

    http://ec.europa.eu/europe2020/pdf/csr2015/csr2015_council_france_fr.pdf

    Tant que les autorités de ce monde pensaient géocentrisme, rien n’a été possible. Dès l’instant où l’héliocentrisme est entré en scène, un bon en avant magnifique a eu lieu dans l’univers des hommes. Il ne faut donc pas se tromper de cadre de réflexion. Nos hommes et femmes politiques en France ne décident plus de grand chose puisque 90% des lois et réglements en France viennent de l’application dans le droit national de mesures édictées par Bruxelles. Ces mesures ne sont même plus proposées à la délibération de l’assemblée et font l’objet de validations par ordonnances. Quel que soit le gouvernement, les dispositions des traités continueront à s’appliquer tant que la France sera membre de l’UE. Les traités contiennent des dispositions économiques et sociales qui ont été retirées à la délibération normale. C’est une chose simple à comprendre et je m’étonne que l’on en revienne sans cesse au domaine franco-français, faisant abstraction que la France a opéré des transferts massifs de sa souveraineté vers l’UE, par le biais de 18 lois constitutionnelles votées en catimini par le « congrès », de 1992 à 2008. Nous savons, par conséquent, à quoi nous attendre, très exactement, en matière économique, sociale et même de politique étrangère puisque les pays de l’UE sont liés à la politique de l’OTAN par l’article 42 du TUE (à découvrir de toute urgence) et donc à celle des USA, commandant en chef de cette organisation.

    DISPOSITIONS CONCERNANT LA POLITIQUE DE SÉCURITÉ ET DE DÉFENSE COMMUNE

    Article 42

    (ex-article 17 TUE)

    1. La politique de sécurité et de défense commune fait partie intégrante de la politique étrangère et de sécurité commune. Elle assure à l’Union une capacité opérationnelle s’appuyant sur des moyens civils et militaires. L’Union peut y avoir recours dans des missions en dehors de l’Union afin d’assurer le maintien de la paix, la prévention des conflits et le renforcement de la sécurité internationale conformément aux principes de la charte des Nations unies. L’exécution de ces tâches repose sur les capacités fournies par les États membres.

    2. La politique de sécurité et de défense commune inclut la définition progressive d’une politique de défense commune de l’Union. Elle conduira à une défense commune, dès lors que le Conseil européen, statuant à l’unanimité, en aura décidé ainsi. Il recommande, dans ce cas, aux États membres d’adopter une décision dans ce sens conformément à leurs règles constitutionnelles respectives.

    La politique de l’Union au sens de la présente section n’affecte pas le caractère spécifique de la politique de sécurité et de défense de certains États membres, elle respecte les obligations découlant du traité de l’Atlantique Nord pour certains États membres qui considèrent que leur défense commune est réalisée dans le cadre de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et elle est compatible avec la politique commune de sécurité et de défense arrêtée dans ce cadre.

    3. Les États membres mettent à la disposition de l’Union, pour la mise en œuvre de la politique de sécurité et de défense commune, des capacités civiles et militaires pour contribuer aux objectifs définis par le Conseil. Les États membres qui constituent entre eux des forces multinationales peuvent aussi les mettre à la disposition de la politique de sécurité et de défense commune.

    Les États membres s’engagent à améliorer progressivement leurs capacités militaires. L’Agence dans le domaine du développement des capacités de défense, de la recherche, des acquisitions et de l’armement (ci-après dénommée « Agence européenne de défense ») identifie les besoins opérationnels, promeut des mesures pour les satisfaire, contribue à identifier et, le cas échéant, mettre en œuvre toute mesure utile pour renforcer la base industrielle et technologique du secteur de la défense, participe à la définition d’une politique européenne des capacités et de l’armement, et assiste le Conseil dans l’évaluation de l’amélioration des capacités militaires.

    4. Les décisions relatives à la politique de sécurité et de défense commune, y compris celles portant sur le lancement d’une mission visée au présent article, sont adoptées par le Conseil statuant à l’unanimité, sur proposition du haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité ou sur initiative d’un État membre. Le haut représentant peut proposer de recourir aux moyens nationaux ainsi qu’aux instruments de l’Union, le cas échéant conjointement avec la Commission.

    5. Le Conseil peut confier la réalisation d’une mission, dans le cadre de l’Union, à un groupe d’États membres afin de préserver les valeurs de l’Union et de servir ses intérêts. La réalisation d’une telle mission est régie par l’article 44.

    6. Les États membres qui remplissent des critères plus élevés de capacités militaires et qui ont souscrit des engagements plus contraignants en la matière en vue des missions les plus exigeantes, établissent une coopération structurée permanente dans le cadre de l’Union. Cette coopération est régie par l’article 46. Elle n’affecte pas les dispositions de l’article 43.

    7. Au cas où un État membre serait l’objet d’une agression armée sur son territoire, les autres États membres lui doivent aide et assistance par tous les moyens en leur pouvoir, conformément à l’article 51 de la charte des Nations unies. Cela n’affecte pas le caractère spécifique de la politique de sécurité et de défense de certains États membres.

    Les engagements et la coopération dans ce domaine demeurent conformes aux engagements souscrits au sein de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord, qui reste, pour les États qui en sont membres, le fondement de leur défense collective et l’instance de sa mise en œuvre.


    • Elliot Elliot 26 février 2016 15:36

      @Ar zen

      Vous avez raison sur le fond : la France est engagée dans un processus – au demeurant enrayé – d’intégration européenne ( et mondiale via TAFTA ) mais les règles auxquelles elle est soumise comme les autres pays, elle les a acceptées.

      Elle est obligée de jongler plus en moins entre les clous de critères fixés, personne ne sait trop comment ni sur la base de quelle réalité objective.Tout ce que je peux dire, l’ayant entendu de la bouche de bien plus compétents que moi, c’est que ça n’a pas de sens.

      Par exemple, le niveau d’endettement a été fixé arbitrairement et c’est lui qui empêche la France, comme les autres pays, de profiter des taux d’intérêt quasi nuls pour engager par l’emprunt de grandes politiques de développements, de gigantesques chantiers d’infrastructure.

      Car il n’a a pas de prise en compte de la nature du déficit budgétaire acceptable qui se situe à 3 % ( ?) du PIB mais l’idée en soi n’est pas extravagante si l’on veut limiter la capacité d’un état à faire face à l’accroissement de ses dépenses de fonctionnement ; sauf qu’on se pourrait se croire revenu au temps où le roi distribuait des charges à ses favoris.
      Mais chacun sait aussi que, s’il y a les dépenses courantes, incompressibles au-delà d’un certain niveau, il y a également une foultitude d’autres dépenses exceptionnelles qui ont trait à des imprévus mais aussi tout simplement la diminution des recettes escomptées – qu’elles soient le fait d’une conjoncture maussade ou de libéralités de toute nature censées dynamiser des politiques économiques.

      Pour prendre un domaine que je connais bien, jamais le sous-investissement par étranglement budgétaire dans les transports d’avenir, le rail ou la voie d’eau, n’a été aussi manifeste lors même que les professions de foi écologistes prônent de faire porter toute la force financière de l’état dans ces domaines ( entre autres ).

      Alors que les trois-quarts ( ces chiffres datent un peu mais ce sont des ordres de grandeur ) des marchandises pourraient sur certains axes éviter d’encombrer nos routes, si l’on portait les voies navigables à gabarit ( 1000 T ) par une politique volontariste de grands travaux ( la dépense est immédiate mais la rente court sur plusieurs générations) ou si l’on rendait à la SNCF les moyens de redynamiser son réseau.
      Malheureusement le fluide manque aujourd’hui comme la volonté politique.

      Et ce genre de politique n’est ni de gauche ni de droite mais de bon sens. Napoléon III – qui fut souvent injustement moqué - n’était certes pas de gauche lui qui se laissa persuader de mettre tout le poids de l’état dans le développement du Chemin de fer.

      Des règles communautaires nous brident que pratiquement plus aucun pays ne respecte : elles servent d’alibi au désengagement de l’état.

      Mais vous avez raison, je vois bien les chaînes et moins bien de qui pourrait nous en débarrasser, j’essaie de faire confiance aux peuples pour ne pas en choisir de plus lourdes encore.


    • Legestr glaz Ar zen 26 février 2016 18:30

      @Elliot

      Malheureusement les dispositions des traités nous ligotent et ligotent la France. Vous écrivez sur les moyens de transport pour décharger la route. Vous parlez des voies fluviales. C’est magnifique, j’adhère. Seulement, il y a l’article 106 du TFUE, vous connaissez ? Voici, il est court mais explicite, bien qu’en langue technocratique.

      Article 106

      (ex-article 86 TCE)

      1. Les États membres, en ce qui concerne les entreprises publiques et les entreprises auxquelles ils accordent des droits spéciaux ou exclusifs, n’édictent ni ne maintiennent aucune mesure contraire aux règles des traités, notamment à celles prévues aux articles 18 et 101 à 109 inclus.

      2. Les entreprises chargées de la gestion de services d’intérêt économique général ou présentant le caractère d’un monopole fiscal sont soumises aux règles des traités, notamment aux règles de concurrence, dans les limites où l’application de ces règles ne fait pas échec à l’accomplissement en droit ou en fait de la mission particulière qui leur a été impartie. Le développement des échanges ne doit pas être affecté dans une mesure contraire à l’intérêt de l’Union.

      3. La Commission veille à l’application des dispositions du présent article et adresse, en tant que de besoin, les directives ou décisions appropriées aux États membres.

      SECTION 2

      LES AIDES ACCORDÉES PAR LES ÉTATS

      Article 107

      (ex-article 87 TCE)

      1. Sauf dérogations prévues par les traités, sont incompatibles avec le marché intérieur, dans la mesure où elles affectent les échanges entre États membres, les aides accordées par les États ou au moyen de ressources d’État sous quelque forme que ce soit qui faussent ou qui menacent de fausser la concurrence en favorisant certaines entreprises ou certaines productions.

      Ce que l’on appelle les EPiC (établissement public industriel et commercial) qui constituaient en général des services publics en France (SNCF, SNCM, RATP, La Poste, etc) sont condamnés à être totalement privatisés. Un lien, qui date un peu, mais qui explique bien le processus. Notre appartenance à l’UE détruit nos services publics pour mettre en place la concurrence libre et non faussée ! Il ne peut y avoir en France d’autre politique économique que celle définit par les dispositions des traités et que Bruxelles intime à la France de mettre en place, année après année. Figurez vous que la « comédie française » est un EPIC. Bientôt privatisée ?

      http://www.august-debouzy.com/fr/flash/00686-epic-chronique-dune-mort-annonc-e.html


    • Elliot Elliot 26 février 2016 19:00

      @Ar zen




      Vous imaginez bien, que la langue technocratique me reste sur l’estomac mais davantage encore le fond.
      Donc nous sommes d’accord ; en fait, il faut s’affranchir de l’Europe ( enfin géographiquement ce sera difficile) pour retrouver la souveraineté et le droit de choisir où porter l’effort de la nation. 
      Mais s’affranchir de l’Europe ne signifie pas adhérer aux simplismes du Front National et encore moins à son détournement des valeurs...

    • Legestr glaz Ar zen 26 février 2016 19:38

      @Elliot

      Rendons aux mots leur signification. L’Union Européenne est une association économique de 28 pays sur le continent européen. Ce n’est pas l’Europe.

      Je suis d’accord avec vous pour ne pas adhérer « aux simplismes » du Front Natinal.... D’ailleurs ce parti ne souhaite pas sortir de l’UE, mais « renégocier les traités avec »ses partenaires européens". Ni même sortir de l’Euro puisque le FN propose la double existence de l’euro et du franc ?

      Petit florilège du programme présidentiel du FN (en 2012).

      Sur l’autorité de l’Etat, Etat fort, il est dit : « Ces éléments feront l’objet d’une discussion avec nos partenaires européens dans le cadre de la renégociation nécessaire des traités européens ». Il est question ici de « renégocier les traités » mais non de quitter l’U.E.

      ​Sur les services public, il est dit : « Une renégociation des traités européens sur la question des services publics mettra fin au dogme de… ». Il est encore question de « renégocier les traités » et non de quitter l’U.E.

      ​Sur la politique étrangère, l’Europe, il est dit : « Dans le cadre de l’article 50 du traité de l’Union Européenne, il convient d’initier une renégociation des traités afin de rompre avec la construction européenne dogmatique en total échec ». Il est à nouveau question de « renégocier les traités » et toujours pas de quitter l’U.E. Par ailleurs, l’article 50 du TUE, ne porte pas sur une éventuelle renégociation des traités mais bien sur la possibilité de sortir unilatéralement de l’U.E. C’est un exercice de droit basique. Pourtant les stratèges juridiques du FN extrapolent le domaine cerné par cet article 50. Ils le mettent en avant dans l’optique de « renégocier les traités ». C’est un non-sens juridique.

      ​Sur la politique étrangère, notre politique étrangère, il est dit : « 1) l’avènement d’une Europe des Nations, une sortie du commandement intégré de l’OTAN… ». Il n’est toujours pas question de sortir de l’UE. Par ailleurs, la proposition de quitter le commandement intégré de l’OTAN n’est pas identique à celle qui consisterait à sortir vraiment de l’OTAN !

      ​Sur le redressement économique et social, agriculture, il est dit : « Pour cela la France adoptera cette politique agricole nationale ambitieuse financée par la réduction de sa contribution globale au budget européen, dans le cadre de la renégociation des traités européens qui sera entreprise dès 2012. » Il est question de réduire la contribution de la France au budget européen. Serait-ce sortir de l’UE ? Une fois encore il s’agit de renégocier les traités.

      ​Redressement économique et social, agriculture, il est dit : « La création d’un conservatoire du patrimoine viticole et le refus des plans d’arrachage de vignes demandés par l’Union Européenne. » S’agit-il de quitter l’UE ?

      ​Redressement économique et social, euro, il est dit : « Afin d’accompagner la sortie de l’Euro, un ministère chargé des Souverainetés devra prendre en charge techniquement et juridiquement la renégociation des traités européens et la restauration de notre souveraineté nationale dans l’ensemble des domaines où elle a disparu, notamment monétaire. » Toujours pas question de quitter l’UE.

      ​Annexe, chiffrage du projet présidentiel, il est dit : « L’union européenne sera un autre poste important d’économie. Progressivement, la France ramènera à zéro sa contribution nette au budget de l’Union Européenne. » C’est le dernier point, et le programme présidentiel du FN n’envisage toujours pas de sortir de l’UE !

      Il faut donc savoir que l’article 48 du TUE impose l’unanimité des 28 membres de l’UE pour modifier une seule disposition d’un traité, unanimité qui, à 28, est impossible. Par ailleurs, une fois une disposition modifiée, celle ci s’appliquerait à l’ensemble des 28 pays. Par conséquent il faudrait pour que le programme du FN s’applique dans l’UE que tous les autres pays acceptent d’appliquer ce programme en modifiant les dispositions des traités dans le sens du FN. C’est totalement loufoque et irréaliste ! le FN se moque ouvertement de ses électeurs.


    • Captain Marlo Fifi Brind_acier 26 février 2016 21:21

      @Elliot
      Le désengagement de l’ Etat, c’est bien la politique européenne.
      La baisse des dépenses publiques, c’est ce que demandent le FMI et la Commission européenne.
      En attendant la privatisation des services publics, la SNCF entre autres.


  • izarn izarn 26 février 2016 18:22

    « L’évolution vers une société libertarienne peut évidemment se concevoir »
    Si vous arrivez à concevoir la barbarie, expliquez nous...
    Ca c’est de cela qu’il s’agit....
    Non pas tous pour tous, mais tous contre tous :
    La main invisible :  smiley  smiley
    Arretez vos conneries !


    • Elliot Elliot 26 février 2016 18:52

      @izarn


      Ce n’est pas parce que, moi, je suis opposé à ce type de doctrine qu’elle n’existe pas. 
      Elle fait d’ailleurs un tabac aux USA avec Trump et sa nouvelle groupie Sarah Palin.
      C’est désolant mais c’est comme ça...
      Pour conjurer une menace, il ne suffit pas de tuer le porteur de mauvaises nouvelles.
      Vous m’aviez habitué à plus de discernement mais peut-être me suis-je laissé abuser.

  • atmos atmos 27 février 2016 01:28

    À chaque fois que j’entends « Martine Aubry, la maire de Lille », je ne peux m’empêcher de penser que le « Lille » final est tout à fait superflu.


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