jeudi 30 mai 2024 - par beo111

Espéranto langue commune

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Emmanuel Macron a récemment déclaré que l'Union Européenne (UE) pourrait bientôt disparaître. En même temps, tout ce qu'il dit peut très bien être faux, vu qu'il parle pour nous faire peur. Et il se pourrait très bien, qu'au contraire, l'UE soit encore là dans 100 ans.

Si tel est le cas, il faut penser aux dépenses récurrentes. Et les dépenses pour l'apprentissage des langues sont non négligeables. En temps et en argent. En argent ce sont quelques milliards d'euro, que les pays membres dépensent pour que les élèves apprennent l'anglais.

En terme de temps, une bonne maîtrise de l'anglais demande 10 000 heures d'apprentissage, ce qui équivaut à plus de 6 ans de travail. Alors que pour l'espéranto, un niveau équivalent demande 1 000 heures d'apprentissage, moins d'un an de travail.

Cela fait quand même 5 ans de différence, si vous savez compter. Et cinq ans d'une vie de travail, ce n'est pas rien. D'où l'idée d'introduire progressivement l'enseignement de l'espéranto dans les écoles, où il complémentera dans un premier temps l'anglais, puis le remplacera.

Cela est, car l'espéranto est très facile à apprendre. Cela s'explique notamment par sa grammaire simplifiée, qui ne souffre d'aucune exception. En espéranto, tous les substantifs, les noms communs se terminent par o.

Mano, une main. Orelo une oreille. Okulo un œil. Ensuite, pour former le pluriel d'un mot, il faut toujours ajouter la même lettre "j", qui se prononce toujours de la même manière, comme la série "ill" dans le mot "feuille". Manoj des mains, oreloj des oreilles, okuloj des yeux.

Ensuite, pour former un adjectif, comme un adjectif n'est pas un mot commun, ça ne se termine pas par o, mais par a. Mana manuel, orela sans traduction directe en français, on va dire "de l'oreille". Okula oculaire.

Si on veut le pluriel, on rajoute j, comme d'habitude. Manaj, orelaj, okulaj, vous comprenez déjà ce que cela veut dire, même si ce que cela veut dire ne s'exprime pas directement en français, en tous cas au moyen des mots connus de tous.

Concentrons-nous sur la main : elle peut être de différentes couleurs. Nigra mano une main noire, verda mano une main verte, blanka mano une main blanche. Nigraj manoj des mains noires, verdaj manoj des mains vertes, blankaj manoj des mains blanches.

Passons aux verbes maintenant. Évidemment ils sont tous réguliers. Mais encore plus réguliers que dans les autres langues, puisqu'ils se conjuguent toujours de la même manière, et ce à toutes les personnes. Au présent, ça se terminera toujours par as.

Mi parolas je parle, vi parolas tu parles, li, ŝi, ĝi parolas, il, elle, ça parle. Ni parolas nous parlons, vi parolas vous parlez, ili parolas ils parlent. À l'imparfait c'est is. Mi parolis je parlais, vi parolis tu parlais, li ŝi ĝi parolis il elle ça parlait, ni parolis nous parlions, vi parolis vous parliez, ili parolis ils parlaient.

Je dois préciser ici que la terminaison -IS fonctionne aussi pour le passé simple. C'est le contexte de la phrase ou du texte qui indique si l'action est dans la durée ou si elle est brève. Au futur c'est os. Mi parolos je parlerai.

Je parlerai de l'ordre des mots et après je me tairai. L'ordre des mots très libre en espéranto. On peut également écrire Esperanto estas facila lingvo, facila lingvo estas Esperanto, estas Esperanto facila lingvo, estas facila lingvo Esperanto, Esperanto facila lingvo estas.

Tout cela pour exprimer que l'espéranto est une langue facile. Mais il y a un mais. Vous comprenez bien que la liberté de placer les groupes de mots où l'on veut a de gros avantages, mais cela a aussi un inconvénient.

Car en français, si je dis que le chat mange une souris, ce n'est pas la même chose que si je disais qu'une souris mange le chat. Donc si on s'en tient à ce que je vous ai expliqué jusqu'à présent, cela va poser un problème en espéranto.

Ce problème est résolu avec l'ajout du suffixe -N à la fin du mot complément d'objet direct. La kato manĝas muson, la kato muson manĝas, manĝas la kato muson, manĝas muson la kato, muson la kato manĝas.

On peut rajouter des couleurs, la blanka kato manĝas grizajn musojn, vous comprenez tout de suite ce que cela veut dire. Et j'aurais mis les mots dans un autre autre ordre, grizajn musojn manĝas la kato, cela ne changeait rien à l'affaire.

En fait l'espéranto est tellement simple qui s'apprend en autodidacte sur internet, une liste de cours étant présentée sur une page du site de l'association Espéranto-France :

https://esperanto-france.org/apprendre-l-esperanto-par-internet

 



20 réactions


  • Sirius Sirius 30 mai 2024 16:11

    vous inquiétez pas

    le globish a déjà réglé la question en imposant à l’UE la langue d’un pays qui en est sorti comme « langue d’échanges »

    mais ça va plus loin que ça

    hier, j’ai regardé un DVD chinois intitulé « je ne suis pas Madame Bovary », d’ailleurs impressionnant par a sa qualité esthétique, mais le sujet n’est pas là

    dans ce film, on voit que la signaléttique chinoise, panneaux, pancartes, enseignes est la plupart du temps affichée en idéogrammes mandarins et en alphabet latin reproduisant phonétiquement le mot concerné ou le traduisant en anglais

    l’espéranto n’a aucun avenir

    le globish, c’est commee latin, la langue du maitre qui efface progressivement les substrats pour ne laisser que des reliques


    • Fergus Fergus 30 mai 2024 17:18

      Bonjour, Sirius

      100 % d’accord avec vous : pourquoi s’encombrer l’esprit de l’apprentissage d’une langue artificielle (et peu élégante à mon avis) alors qu’il existe déjà une langue qui s’est imposée sur la planète comme trait d’union entre des peuples très différents ?

      Le « globish » a cela de pratique qu’il permet d’échanger partout.
      Ajoutons à cela qu’avec les traducteurs simultanés de l’ IA, on pourra même avoir des échanges approfondis sur les sujets les plus divers !


    • Krokodilo Krokodilo 30 mai 2024 19:00

      @Sirius Pour l’avenir, je ne sais pas, mais il est déjà remarquable que l’espéranto soit la seule langue construite qui ait survécu depuis plus d’un siècle, ce qui suppose sa reconnaissance (populaire et institutionnelle, même si marginale et snobé par nos culturels) et sa transmission au fil des générations. Outre son développement actuel grâce et sur Internet, un peu comme la disponibilité des conseils et des exercices et des robots a modifié et développé les échecs et rajeuni les joueurs (reportage récent)


    • Hervé Hum Hervé Hum 30 mai 2024 19:01

      @Fergus

      fondamentalement, peu importe que ce soit l’espéranto ou le « globish », car le but de l’espéranto pour son auteur est de donner à l’humanité une langue commune et accessible à la plus grande majorité de la population.

      Si le globish ou même le globich consiste à appliquer la même logique de facilité que l’espéranto, le résultat dans le but recherché est identique.

      Quant aux traducteurs simultanés de l’IA, c"’est sûr que cela n’incite pas, même à apprendre le globish !


    • Panoramix Panoramix 30 mai 2024 19:16

      @Sirius
      Le globish est en effet la langue universelle de fait, dans les forums et réunions, même lorsqu’il n’y a aucun locuteur anglo-saxons, c’est par défaut celle employée. Du reste on comprend tous les orateurs ...sauf justement les anglo-saxons avec leur foutu accent, où seul le ’’h’’ expiré ressort du bourdonnement.


    • pingveno 31 mai 2024 17:39

      @Hervé Hum

      Si le globish ou même le globich consiste à appliquer la même logique de facilité que l’espéranto, le résultat dans le but recherché est identique.

      Qui a dit que c’était le cas ?
      Le globiche, ça consiste à faire croire aux gens qu’ils parlent correctement l’anglais en faisant semblant de ne pas entendre les fautes histoire de ne pas les décourager.
      Parce que pour un anglophone natif c’est toujours moins d’effort que d’essayer de comprendre quand même un étranger qui essaie de parler sa langue plutôt que d’essayer d’en apprendre une autre.
      Le souci c’est que s’il comprend mal, ce sera toujours la faute de l’étranger, jamais du vrai anglophone.
      Même si l’étranger a fait l’effort de prendre des cours pendant dix ans, de regarder plein de films en VO, si malgré tout ça il fait des erreurs c’est de sa faute, y avait qu’à prendre des cours pendant vingt ans plutôt que dix et même si on n’en a que quinze.
      Quant aux traducteurs simultanés de l’IA,
      C’est vrai qu’elles ont plutôt progressé et honnêtement je préfère essayer avec une traduction automatique dans la langue de mon interlocuteur que d’essayer de croire qu’il est parfaitement anglophone.
      Du moins pour des phrases simples, où l’IA fonctionne bien simplement parce que plein de gens lui demandent de traduire la même chose.
      De là à traduire un discours complexe, sauf à créer un moteur d’IA par branche professionnelle on en est encore loin
      (et vu que c’est mon domaine de travail je sais de quoi je parle...)


    • Hervé Hum Hervé Hum 1er juin 2024 11:14

      @pingveno

      Qui a dit que c’était le cas ?

      Certainement pas moi !!!

      J’écris seulement que le but de l’espéranto étant d’être une langue qui s’apprenne le plus facilement possible pour être apprise par le plus grand nombre indépendamment de sa langue maternelle, le principe est d’éviter tout irrégularité, tant dans le parler que l’écriture.

      Ainsi, le lien donné par Saladin montre bien que cela fonctionne avec l’espéranto, qui apprise en seconde langue dès le primaire, permettrait d’avoir une langue mondiale, ce que les élites ne veulent surtout pas.


  • sylvain sylvain 30 mai 2024 18:37

    j’ai trouve l’idee de l’esperanto excellente, dommage que ca ne prenne pas. A la place on se tape l’anglais en langue mondiale...


    • Sirius Sirius 31 mai 2024 08:05

      @sylvain

      les phalanstères aussi étaiebt une excellent idée


    • Fergus Fergus 31 mai 2024 09:36

      Bonjour, Sirius

      Si cela vous intéresse, j’ai rédigé en 2022 un article sur un projet breton qui a débouché sur une surprenante situation familiale :
      Keremma, ou l’étonnante histoire d’un projet de « phalanstère » breton.


    • skirlet 31 mai 2024 17:21

      @sylvain L’espéranto est interdit en France dans le cadre scolaire. On le refuse même comme option au bac... « En même temps », l’anglais est imposé dès la maternelle. Pour savoir si l’espéranto « prend » ou non, il faut au moins le proposer dans les écoles au même titre que l’anglais (j’ai bien dit « proposer », non « imposer »).


    • Fergus Fergus 31 mai 2024 19:50

      Bonsoir, skirlet

      L’esperanto n’est plus interdit en France depuis Jean Zay dans les années 20 !
      Et il est enseigné dans certaines écoles publiques et privées.


    • skirlet 31 mai 2024 21:34

      @Fergus
      Il est autorisé dans le cadre périscolaire depuis Jean Zay. Pas dans le cadre scolaire.


    • Thierry SALADIN Thierry SALADIN 1er juin 2024 10:56

      @skirlet
      Il est autorisé dans le cadre périscolaire depuis Jean Zay.
      Absolument.
      Et pas « dans les années 20 » comme le dit Fergus, mais dans les années 1936 et suivantes (cf : le gouvernement du Front populaire)
      Une circulaire, qui d’ailleurs n’a jamais été remise en cause, tous gouvernements confondus. Ni remise en cause, ni reconsidérée d’ailleurs dans le but d’une éventuelle réactualisation...
      Bien à vous.

      Thierry Saladin


  • zygzornifle zygzornifle 31 mai 2024 14:34

    Macrospéranto la taxe commune ....


  • Eric F Eric F 31 mai 2024 18:50

    ’’li, ŝi, ĝi parolas : il, elle, ça parle’’

    Il y a donc trois genres .on ne fera donc pas l’économie de l’écriture inclusive !


    • Fergus Fergus 31 mai 2024 19:54

      Bonsoir, Eric F

      Ce ne sera pas imputable à l’esperanto : cette langue artificielle était, est, et restera confidentielle.


    • skirlet 31 mai 2024 21:35

      @Eric F
      Sauf si on traite un humain de « ĝi », c’est une insulte... smiley


    • Eric F Eric F 1er juin 2024 09:13

      @Fergus
      on est d’accord que l’écriture inclusive n’est pas imputable à une langue donnée, mais une langue ’’non genrée’’ marquerait un point.

      On peut à cet égard relever qu’en anglais, l’écriture inclusive est considérablement plus restreinte dans ses effetss qu’en français : ils ne se posent pas la question ’’un.e conducteur.trice’’, c’est ’’a driver’’ ; il n’y a pas ’’celles et ceux’’ mais ’’those’’. Donc à part « s.he », ils ne sont pas trop encombrés. Bref, c’est un point marqué par le globish sur le français (l’esperanto doit être similaire à l’anglais sur ce point).


    • Francis Francis, agnotologue 1er juin 2024 09:46

      @Eric F
       
       C’est effectivement un avantage considérable de l’anglais sur le français, l’allemand et quelques autres : les objets n’y sont pas genrés.
      À ce sujet, on aura noté par exemple, que tous les bateaux de sa majesté qui s’appelaient ’’her majesty’s ship quelque chose’’ sont devenus ’’his majesty’s ship quelque chose’’ quand la reine Elisabeth a passé la main : ’’HMS quelque chose’’.


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