vendredi 1er septembre - par Gérard Faure-Kapper

Est-il encore intéressant d’émigrer vers l’Angleterre du Brexit ?

Par Gérard Faure-Kapper

De nombreux Français s’interrogent sur l’opportunité de s’installer en Angleterre pour y travailler.

Certains ont encore le fantasme du riche voulant mettre sa fortune à l’abri. Cet article ne s’adresse pas à eux, ils sont bien conseillés dans les banques françaises pour échapper à l’impôt et n’ont pas besoin de moi. De plus, la livre ayant perdu 27% de sa valeur, l’intérêt est plus que limité.

Le profil type est plutôt l’entrepreneur solitaire, n’ayant ni personnel, ni immobilisations en France et travaillant avec internet.

 

1°) le lieu de résidence et de travail.

Londres, on y pense tout de suite. Mais Londres est grand comme l’Ile de France. Si vous voulez un loyer abordable, il faut vous éloigner du centre. Oui vous habitez Londres, mais en distance, c’est comme si vous êtes à Sevran, Chaville ou Montigny le Bretonneux.

Pour un Français, un bon choix, c’est Ashford, dans le Kent. Vous avez une gare internationale qui vous met à moins de deux heures de Paris et moins d’une demi-heure du centre de Londres. Et en voiture, le tunnel est à environ 25 kilomètres.

L’immobilier n’est pas excessif. Comptez 800€ pour le location d’un 3 pièces dans une maison.

 

2°) La scolarité des enfants.

Il y a des écoles françaises, comme le collège CDG à Londres, mais c’est très cher. Il vaut mieux choisir une école à proximité, et il n’en manque pas.

L’école publique est préférable. L’uniforme est de rigueur, la discipline omni présente, l’autorité se fait sentir. Bref, tout est réuni pour que l’enfant apprenne.

C’est évidemment en Anglais. Il peut être envisageable de lui faire redoubler une classe pour qu’il se mette à niveau. Il apprendra vite au contact des autres enfants. Certes, au début vous vous demanderez pourquoi il parle de phoque à tout bout de champ, mais vous comprendrez plus tard.

Globalement, l’éducation est différente de la France. Bien que cultivant l’élitisme, les professeurs s’attarderont le temps nécessaire pour aider ceux qui sont à la traîne. Ceci nécessite aussi de la volonté et du travail, mais les résultats seront au rendez-vous.

 

3°) L’entreprise.

Vous ouvrez une Limited. L’équivalent d’une SARL. C’est très simple et très rapide. Adressez-vous à un comptable. Un point important, vous n’avez pas à donner l’objet de votre entreprise. Aujourd’hui vous vendez des sites, demain des pizzas et après demain vous réparez des voitures, vous ne changez rien.

Cette disposition est très intéressante dans un monde de plus en plus instable et où il faut être mobile, intellectuellement et géographiquement.

Vous êtes dispensés de TVA jusqu’à environ 100.000€ de chiffre d’affaire (contre 38.000€ de mémoire en France)

L’impôt sur les bénéfices est de 20%.

Si vous vous salariez, les charges sont progressives. 600£, pas de charge, 1.200£ environ 60£, 1.800£, environ 270£.

Le héressi, l’urssaf, les taxes diverses sont inconnus. Pour votre couverture maladie et votre retraite, les assurances privées ont de bons produits qui coûtent beaucoup moins chers qu’en France et couvrent mieux.

 

4°) Si vos clients sont en France.

C’est souvent un problème. Les clients ne sont pas toujours disposés à envoyer de l’argent en Angleterre, il y a les questions de fluctuation des cours et les délais très importants d’encaissement des chèques (souvent plus de 3 semaines).

De plus, si vous payez vos fournisseurs et vos sous-traitants en France, vous ferez des aller retour de change qui s’avèreront très onéreux à la longue.

Une solution.

Vous créez une SASU en France. Vous êtes actionnaire et directeur non résident et non rémunéré.

Ainsi, vous avez une entreprise en France qui encaissera vos clients et paiera vos fournisseurs.

Comme vous réaliserez le travail en Angleterre, c’est la Limited qui facturera la SASU. Ainsi, votre bénéfice sera fiscalisé en Grande Bretagne, et vous pourrez choisir les meilleurs moments pour effectuer les transferts de fonds en ayant toujours un œil sur le cours des devises.

 

5°) Les conséquences du Brexit sur les résidents français.

D’après la tendance qui se dessine, les français pourront vivre en Angleterre sans formalité jusqu’au 30 mars 2019. Ensuite, ils auront deux ans pour demander une carte de résident permanent ou la nationalité.

Pour la nationalité, il faut être dans le pays depuis plus de 5 ans. Vous êtes considérés comme résident si vous y vivez plus de 6 mois par ans.

 

6°) La voiture.

Vous pouvez rouler avec votre permis européen, mais vaut mieux demander le document britannique.

Un scoop : on roule à gauche. Ceci est une question d’adaptation, mais au bout d’une centaine de kilomètre, l’habitude est prise. Par contre, si vous avez une voiture avec le volant à gauche, ce n’est pas pratique.

Si vous prenez une voiture anglaise, volant à droite, il y a une certaine adaptation à la conduite et au levier de vitesse à main gauche.

 

7°) Autres raisons idéologiques

Au-delà des questions matérielles, le choix de l’Angleterre peut aussi être fait pour des raisons idéologiques.

C’est dans ce pays qu’a été rédigé la « Grande Charte » en 1215. D’évolution en évolution, tous les principes des Droits de l’Homme ont été édictés, jusqu’en 1354.

La révolution de 1688 a donné les assises d’une vraie démocratie parlementaire.

Toutes ces dispositions ont servi de modèles aux démocraties, notamment la constitution des Etats Unis de 1776.

Et puis, lorsque le peuple dit non lors d’un référendum, c’est non.

 

 

Pour d’autres renseignements, consultez internet qui propose de nombreux sites et forums sur le sujet.

 



18 réactions


  • Doume65 1er septembre 13:26

    « De plus, la livre ayant perdu 27% de sa valeur  »

    Par rapport à quoi, sur quelle période ? D’où sort ce chiffre ?

    J’ai beau vérifier sur les graphiques dispos sur le web, je ne vois pas de telle chute. depuis avril 2016 (le vote pour le brexit date de juin 2016), la Livre a été au plus haut à 1.57 $. Elle est aujourd’hui à 1.3 $. Cela correspond à une chute de 18%.


    • Gérard Faure-Kapper Gérard Faure-Kapper 1er septembre 13:39

      @Doume65


      Votre chiffre est par rapport au dollar. Je parle par rapport à l’euro. On est passé en 2 ans de 1,5 à 1.08. soit environ 28%.

      De plus, le vote du Brexit a eu lieu non en avril 2016 mais le 23 juin.

      Et je prends les chiffres à l’achat, différents de ceux à la vente ou du cours médian.

    • Doume65 2 septembre 15:08

      @Gérard Faure-Kapper
      « Je parle par rapport à l’euro »

      Ce choix est discutable (bien que soutenable, les échanges en € étant proches des 50%) et tu ne l’as pas dit.

      « De plus, le vote du Brexit a eu lieu non en avril 2016 mais le 23 juin. »

      Et alors ? Je t’ai donné le pic et si tu regardes la courbe, tu verra que ça ne change rien.


  • Doume65 1er septembre 13:34

    « Est-il encore intéressant d’émigrer vers l’Angleterre du Brexit ? »

    L’article ne répond en rien à la question qu’il pose. Il nous confirme qu’on y roule à gauche et que c’est un pays démocratique. Rien à voir avec les enjeux du brexit !

    Les seules infos nouvelles sont :

    « D’après la tendance qui se dessine, les français pourront vivre en Angleterre sans formalité jusqu’au 30 mars 2019. Ensuite, ils auront deux ans pour demander une carte de résident permanent ou la nationalité. Pour la nationalité, il faut être dans le pays depuis plus de 5 ans. Vous êtes considérés comme résident si vous y vivez plus de 6 mois par ans. »

    Et en quoi ça change l’intérêt d’émigrer en Angleterre ?


    • Gérard Faure-Kapper Gérard Faure-Kapper 1er septembre 13:45

      @Doume65


      Je précise que cet article n’est pas incitatif pour émigrer en Angleterre. Ce sont des informations mises à jour.

      Ce qui change par rapport à la France, c’est pour une entreprise. et j’explique les montages les plus intéressants et adéquats.

      Par contre, émigrer est une décision très lourde. Ca ne se décide pas sur un coup de tête, comme par exemple au moment où l’on reçoit la facture du rsi.

      Toutefois, je confirme qu’on roule bien à gauche.

  • foufouille foufouille 1er septembre 14:22

    « 

    L’immobilier n’est pas excessif. Comptez 800€ pour le location d’un 3 pièces dans une maison. »

    je trouve que c’est cher.

    sinon pour 270€, tu as zéro retraite comprise.

    tu travailles aussi, ou tu cherches obligatoirement, avec une insuffisance respiratoire grave et sous oxygène. je ne pense pas que l’assurance privée couvre beaucoup mieux en cas de problèmes.

     


    • Gérard Faure-Kapper Gérard Faure-Kapper 1er septembre 14:29

      @foufouille


      D’où l’importance de tout prendre en considération.

      Il faut avoir la bonne intelligence de placer les économies que l’on réalise vers des placements retraite.

      Pour le loyer, c’est à Londres. Ailleurs c’est moins cher bien sûr.

    • foufouille foufouille 1er septembre 14:41

      @Gérard Faure-Kapper
      "Pour un Français, un bon choix, c’est Ashford, dans le Kent. Vous avez une gare internationale qui vous met à moins de deux heures de Paris et moins d’une demi-heure du centre de Londres. Et en voiture, le tunnel est à environ 25 kilomètres."
      pour londres, il me semblait que c’était beaucoup plus cher que 800€ ou c’est par semaine.


    • Gérard Faure-Kapper Gérard Faure-Kapper 1er septembre 14:46

      @foufouille


      Londres est grand comme l’Ile de France. 800£ ça correspond à la banlieue de Paris. Pour le centre de Londres, mieux vaut oublier. 
      Pour se faire une idée, c’est le « se loger.com » anglais. http://www.rightmove.co.uk/

    • francois 1er septembre 17:11

      @foufouille
      la france est une terre d’acceuil médicale pour les britons


    • Gérard Faure-Kapper Gérard Faure-Kapper 1er septembre 17:15

      @francois


      C’est pas faux. Encore que pour certains soins comme les dents, les soins sont meilleurs et beaucoup moins cher en Angleterre. De plus, contrairement à Paris, le dentiste ne prend pas un air affolé en vous assurant que vous allez perdre toutes vos dents et que des soins longue durée sont nécessaire. Pour les couronnes, j’avais un devis à 1.600 en France et 350 ici, pour les mêmes soins. 

    • foufouille foufouille 1er septembre 17:28

      @francois
      ça dépend pour quoi. j’ai un scooter pour PMR payé 615€ en GB, FDP inclus, pas de TVA pour certaines maladies. en france, le même modèle revient à plus de 1200€.


  • ZXSpect ZXSpect 1er septembre 18:44

    «  »« Cet article ne s’adresse pas à eux, ils sont bien conseillés dans les banques françaises pour échapper à l’impôt et n’ont pas besoin de moi. »«  »

    Certes, les banques anglaises et les paradis fiscaux de la couronne sont bien vertueux.

    Mais ne reprochons pas à GFK de nous épargner aujourd’hui l’APLOMB piloté d’outre-Manche... ce sera pour demain !


  • Surya Surya 1er septembre 19:05

    Une ou deux petites erreurs :« Ensuite, ils auront deux ans pour demander une carte de résident permanent ou la nationalité. 


    Pour la nationalité, il faut être dans le pays depuis plus de 5 ans »Pour ce qui est de la carte de résident permanent, vous l’obtenez après seulement 5 années de résidence. Je ne pense pas que cela va changer et qu’elle sera donnée à des personnes arrivées depuis moins de 5 ans sur le territoire britannique. 

    Donc, les personnes depuis moins de cinq ans en GB au moment du Brexit ne devraient pas, logiquement, obtenir cette carte, du moins si les lois actuellement en vigueur ne sont pas modifiées.

    Pour l’instant, on parle de créer un statut spécial, appelé « settled » pour les résidents européens qui sont déjà sur le sol britannique. 

    De plus, ce délai de deux ans, ce statut spécial... si j’ai bien compris, ce sont les premières propositions de Theresa May. Je crois avoir compris que l’UE a rejeté ce premier jet car il ne l’a pas trouvé suffisamment généreux. Il est donc possible que cette disposition soit modifiée à l’avenir.


    Non, vous vous trompez, il faut être dans le pays depuis plus de 6 ans et non 5 pour avoir la nationalité. Vous êtes resté sur l’ancienne loi, la nouvelle datant, je crois, de 2012.
    Sous l’ancienne loi, vous pouviez en effet obtenir la nationalité directement au bout de cinq ans, sans passer par la case « résident permanent ». 
    La nouvelle loi stipule que vous devez tout d’abord obtenir la carte de résident permanent, donc au bout de cinq ans, puis attendre ensuite une année supplémentaire pour la nationalité. Sauf erreur de ma part, mais je ne crois pas me tromper, si vous n’avez pas la carte en poche, pas de nationalité, même si vous êtes dans le pays depuis des lustres.

    Exemple : si vous êtes dans le pays depuis, disons, dix ans, vous pouvez par conséquent demander la carte et immédiatement après la nationalité. 


    Pour ce qui est de créer des entreprises en GB, je vous rejoins sur le fait que c’est hyper facile et très souple, sans bureaucratie pesante. 
    Vous pouvez en effet faire ce que vous voulez avec votre Limited Company, plusieurs activités différentes avec la même Limited, en ajouter d’autres à l’avenir...

    Pour ce qui est du statut de « sole trader » (l’équivallent de l’indépendant, je sais pas, l’auto entrepreneur par exemple), c’est encore plus simple puisque vous n’avez quasi rien à faire, juste vous connecter sur le site des impôts et dire « coucou, je suis sole trader et voilà ce que je fais », et c’est tout.

    Quand on lit ce qu’il faut faire pour être auto entrepreneur en France, les statuts à choisir etc... je me demande quel dirigeant aura le courage de réformer ça sans se soucier de ceux qui vont méchamment lui reprocher de rendre le fait de bosser un peu plus facile en France. 

    Parce que visiblement, c’est une tradition en France de décourager les gens de bosser et se lancer dans une activité. Mais je crois que ça s’est tout de même amélioré, il ne faut pas non plus être injuste.


    Pour résumer la situation, il ne sert strictement à rien de parler du brexit puisque personne, à l’heure actuelle, ne sait comment cela va se passer. Donc, pour l’instant, tout le monde dans les média parle un peu dans le vide. Les choses peuvent changer, ou alors cela peut prendre des mois... Il faut attendre.

    • Gérard Faure-Kapper Gérard Faure-Kapper 1er septembre 19:53

      @Surya


      Merci pour ce message. Effectivement, j’ai dû mal m’expliquer.

      Jusqu’au 30 mars 2019, on peut résider sans formalités particulières.

      A partir du 30 mars 2019, on a 2 ans pour régulariser sa situation.

      Soit demander une carte de résident permanent.

      Soit demander la nationalité. Pour ceci, il faut, au moment de la demande, avoir 5 ans d’ancienneté dans le pays.

      Par contre, je suis d’accord sur le fait que tout n’est pas bouclé sur le brexit. Wait and see.



    • Surya Surya 2 septembre 00:05

      @Gérard Faure-Kapper

      Excusez moi d’insister, mais il semblerait que vous pensez vraiment qu’il ne faille que 5 ans d’ancienneté dans le pays pour obtenir la nationalité. 


      C’est une erreur. Lisez ceci :

      Les premières lignes du texte annoncent que vous devez en effet avoir au moins 5 ans de résidence, mais si vous lisez la suite, vous verrez que vous devez pouvoir justifier du statut de résident permanent depuis au moins 12 mois pour pouvoir demander la nationalité :

      « had permanent residence status for the last 12 months if you’re a citizen of an EEA country - you need to provide a permanent residence document

      Or, le statut de résident permanent, qui vous donne ce »permanent residence document" qu’il vous faut fournir, autrement dit la carte de résident permanent, n’est accordé qu’au bout de cinq ans. Donc 5 ans + 12 mois = 6 ans.

      Les règles sont un peu différentes si vous êtes marié(e) à un(e) citoyen(ne) britannique, mais je parle en règle général.

    • Gérard Faure-Kapper Gérard Faure-Kapper 2 septembre 08:57

      @Surya


      Effectivement, cette clause des 1 an n’est pas mentionné dans le document que j’avais

  • Abou Antoun Abou Antoun 1er septembre 23:11

    Enfin si les raisons de l’exil sont économiques (création d’entreprise) on peut s’exiler en restant à Paname. Il suffit de créer une entreprise au Delaware, sans jamais y foutre les pieds via les services d’un cabinet d’avocats spécialisés. Some of them are perfectly fluent in French, Spanish, etc...
    Voilà la doc.
    Pour les affaires en France SASU etc. comme il est dit ici.


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