lundi 12 août - par Martin de Wallon

Financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy : Deux nouveaux témoins vont être entendus par la justice

Deux hommes seront auditionnés par la justice concernant le document révélé par Médiapart et supposé mettre la lumière sur le financement libyen de la campagne de l’ancien chef d’Etat français Nicolas Sarkozy.

La tentaculaire affaire du financement libyen

 Alors que l’ancien ministre Brice Hortefeux, avait été convoqué par les juges d’instruction le jeudi 1er août et avait échappé à une mise en examen, voilà que la justice s’intéresse à de nouvelles pistes concernant le scandale.

A l’origine, c’est le site d’information en ligne Médiapart qui avait, le 12 mars et le 28 avril, déclenché un scandale en publiant deux documents qui attestaient du versement effectif de 50 millions d'euros. Ces documents étaient signés de Moussa Koussa, ex chef des services de renseignements extérieurs de la Libye et vivant en exil à Doha. Ils attestaient que le versement destiné au financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007, provenait de Mouammar Kadhafi, ancien guide Libyen.

Si ces « preuves » fournies par Médiapart sont accablantes, c’est qu’elles révèlent aussi un accord détaillé, préparé en 2005 et validé en 2006, sur le montant et les modes de versement. Les noms des différents signataires et des témoins de cet accord y figurent. Ce sont Brice Hortefeux, ministre délégué aux collectivités locales au moment des faits, l’homme d’affaires franco-libanais Ziad Takieddine, Béchir Salah l’incontournable du fonds d'investissement financier du régime libyen et ex-trésorier de Mouammar Kadhafi, Claude Guéant et Nicolas Sarkozy lui-même. 

Un procès contre Médiapart

Alors que Nicolas Sarkozy est en course pour un nouveau mandat présidentiel, il avait réagi quelques jours après la diffusion de ces documents en annonçant sa décision de porter plainte contre Médiapart : « Ce document est un faux grossier, les deux personnes en Libye qui étaient censées avoir envoyé ce document et le recevoir l'ont démenti. » avait-il formellement nié sur France 2 

 Une enquête préliminaire pour "faux et usage de faux", "recel de ce délit" et "publication de fausses nouvelles" avait été ouverte à la suite de sa plainte.

Le 12 novembre 2015, un expert authentifiait les documents. Le 30 janvier dernier, la Cour de cassation a rejeté le pourvoi de Nicolas Sarkozy contre l’ordonnance de non-lieu rendue en faveur de Mediapart. Elle confirmait ainsi la décision de la Cour d'appel qui jugeait que l'instruction menée n'avait attesté que la note publiée était fausse.

Toutefois, la déclaration ambiguë de Moussa Koussa rapportée par le Figaro, lors d'une audition comme témoin au Qatar en Aout 2014, laisse toujours planer un doute sur ce verdict : « Le contenu n'est pas faux mais la signature est fausse » disait-il.

De nouvelles révélations

L’ancien chef d’Etat français, Nicolas Sarkozy, et le site d’information Mediapart pourraient à nouveau s’expliquer devant les tribunaux. Les deux témoins qui vont être entendus par la justice, bouleversent et remettent en cause les déductions.

En effet, en 2016, Mediapart publiait à nouveau une vidéo et un article corroborant la véracité de ses documents publiés en 2012. Ziad Takieddine confirmait avoir convoyé entre novembre 2006 et début 2007 « un total de cinq millions d'euros » dans des valises lors de trois voyages entre Tripoli et Paris. Ces fonds, selon ses confidences, faisaient partie du transfert destiné à soutenir la campagne présidentielle du candidat Sarkozy.

Ce 14 juillet, le Journal du dimanche fait paraitre le témoignage d'El-Mahfoud Ladib. Cet homme qui dit avoir travaillé pendant huit mois au côté de Ziad Takieddine affirme être le témoin involontaire de la genèse de l'affaire Sarkozy-Kadhafi. Il raconte au JDD que son ex patron détenait, avant sa publication par Mediapart, la note mise en cause.

 M. Takieddine avait affirmé qu’il ne pas connaissait pas cet homme. Me Thierry Herzog, l'avocat de Nicolas Sarkozy, a alors demandé au procureur de la République de Paris, l'audition du nouveau témoin. Il a aussi requis celle d'Yves Omnes. Ce financier français est une nouvelle carte pour le conseil, dans la mesure où il dit pouvoir attester que l'homme d'affaires franco-libanais et son « ancien employé » El-Mahfoud Ladib se connaissent.

Selon une source judiciaire, confirmant les informations du JDD qui a énoncé « une théorie du complot contre M Sarkozy », le parquet de Paris a accepté cette demande. Les deux nouveaux témoins seront effectivement entendus.

 Si ces nouveaux éléments mènent vers une piste solide, le ministère public pourrait requérir la réouverture de l'information judiciaire engagée après la plainte de Nicolas Sarkozy contre le média en ligne.



11 réactions


  • MagicBuster 12 août 10:44

    Vu le temps que ça prend on pourrait commencer à parler du financement saoudien de Macron ? 


  • tinga 12 août 11:12

    Ce type vulgaire et inculte, fournisseur de coke pour carla, plébiscité par les français en dit long sur la l’état de décrépitude de ce pays.


  • Julot_Fr 12 août 13:26

    Comme dit soral, « sarko est le dernier mec de droite encore viable ».. notre justice a l’air de faire en sorte que cela ne dure plus trop longtemps


  • placide21 12 août 17:29

    Quand en aura-t-on terminé avec cette ordure ?


  • claire1549 claire1549 12 août 18:55

    « Ziad Takieddine confirmait avoir convoyé entre novembre 2006 et début 2007 « un total de cinq millions d’euros » dans des valises lors de trois voyages entre Tripoli et Paris. »

    Du moment que Takiedine confirme,pas besoin de vérifier ce qu’il a fait de ces cinq millions dont on ne retrouve aucune trace sur les comptes destinés au financement de la campagne de Sarkozy en 2007 !

    Bien sûr,si on retrouve une trace de cette somme sur un compte de Takiedine aux Bahamas ou dans un autre paradis fiscal,les fins limiers de Médiapart se garderont bien de le confirmer !

     https://www.lepoint.fr/justice/affaire-libyenne-l-accusateur-de-sarkozy-a-t-il-eu-un-traitement-de-faveur-11-08-2019-2329279_2386.php



    • quid damned quid damned 13 août 16:11

      @BA
      Même libre alors qu’il devrait être en taule, il ne se gêne pas pour autant de continuer à escroquer sans vergogne sous quelque forme que se soit.

      Libre comme l’air le rat.

      Pas étonnant qu’il fut ministre sous Sarko ... entre escrocs ...


  • ETTORE ETTORE 12 août 22:06

    Incroyable pour un si petit bonhomme à talonnettes d’avoir autant de batteries de cuisine accrochés à ses basques.

    Une véritable quincaillerie à lui tout seul, et de la belle, qui brille.

    Si c’est tout ce qu’il a trouvé pour qu’on puisse le voir dans la foule de ses

    con génères politiques.....

    Vous me direz....que ça fait la moyenne en décibels dans la famille....

    vu la voix étouffée de la chanteuse à deux cordes.....


  • lala rhetorique lala rhetorique 13 août 09:06

    L’intérêt actuel est de rapprocher sarko de macron pour que ce dernier puisse engranger des voies à droite. De fait, soudain, hop tralala, on sort un lapin du chapeau, qui semble dire que sarko est vierge, plus blanc que blanc, etc...


  • ETTORE ETTORE 13 août 10:15

    Le coup de bluff consiste à démolir les unes après les autres toutes les accusations portées contre ce « concierge hongrois ».

    Mais pour cela, pour que cette « virginité » soit actée.....faut faire ressurgir tous les portes flingues et les passer à l’eau de Javel....même si l’exposition « momentanée » de toutes ces verrues est très fugace, le dernier présenté ( le petit névrosé court sur pattes) feras figure de petit manipulé « que contre ma volonté propre, à mon insu, on m’avait pas dit que cela venait de là ».

    Voilà, une fois que ce gouvernement et ses séides auront fini de secouer les carpettes crottées, ce seras juste de la poussière aux yeux....pour nous autres passants.


  • the clone the clone 13 août 10:50
    Deux nouveaux témoins vont être entendus par la justice

    une dame pipi et un clochard qui faisait la manche a ce moment....


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