lundi 11 octobre 2010 - par Rodolphe

Imaginez un métier

Oui essayons d’imaginer un métier où vous devez satisfaire environ 160 clients par semaine. Toutes les deux semaines, l’examen du dossier de chaque client, vous prend dix minutes. Vous êtes contraints d’effectuer ce travail chez vous car vous ne disposez pas de bureau sur votre lieu de travail. Imaginons également que la famille proche de ces clients doit aussi être satisfaite du service rendu. Précision : vous ne choisissez pas votre clientèle, et vous ne pouvez en changer en cours de route. Celle-ci peut être courtoise, parfois vulgaire et injurieuse, ou même violente physiquement. En cas de difficulté, vous n’avez pas accès à la médecine du travail.

On pourrait même envisager que ce métier exige que vous retraciez chaque soir sur le net le compte-rendu de vos entretiens avec vos clients. Ce job serait ainsi le premier à être parfaitement transparent, un peu à l’image du panoptique de Foucault. Mettons également l’hypothèse que chaque année l’employé devra établir son parcours annuel prévisionnel. Mais quel peut bien être ce métier mystère où le travailleur est à ce point infantilisé ?

Prêtons nous à rêver en fantasmant que ce métier est aussi évalué au quotidien par deux personnes, qui ont la haute main sur vos horaires de travail et leur aménagement. La progression salariale serait également lente et soumise à un autre évaluateur, qui vous connaît très mal. Celui-ci viendrait à intervalles irréguliers mais toujours très espacés. Avant de vérifier la qualité de votre travail, il papoterait quelques instants à votre sujet, dans votre dos évidemment, avec l’un des deux chefs déjà évoqués.

Ah, je risquais d’oublier quelques menus détails : vous avez une probabilité toujours plus grande d’exercer sur plusieurs lieux de travail, sans être remboursé de vos frais de déplacement et sans disposer de tickets restaurants. On pourrait aussi corser le tout en disant que l’employeur est seul maître de vos jours de congés. Et comme décidément ils n’en valent pas la peine, on leur supprimerait toute formation initiale. Quant à la formation continue, elle se raréfie et devient quasi inaccessible. On leur proposera donc de se former sur leur temps de vacances.

L’exercice de ce métier vous rapporterait la bagatelle de 16 KEuros annuels, soit un salaire mensuel d’environ 1350 euros, assorti d’aucune prime ni de treizième mois. Imaginons aussi qu’il faille être détenteur d’un master soit un bac plus 5 pour prétendre à l’exercice de ce métier. Cela donne envie ?

Oui ? Alors continuons : Imaginons que ces employés soient livrés en permanence à la vindicte populaire, qu’on les accuse d’être des nantis paresseux, qui coûtent trop cher. Imaginons qu’on en vienne à les noter professionnellement en fonction de la réussite dans la vie de leurs clients. Imaginons que le président de leur pays dise d’eux qu’ils ne pourront jamais égaler le curé…

C’est le métier dont rêvent tous les libéraux du monde entier qui se dépeint progressivement sous vos yeux. C’est pourquoi, sans doute, on dit de lui que c’est le plus beau métier du monde.



6 réactions


  • jluc 11 octobre 2010 11:12

    Rodolphe, je devine que la façon dont vous exercez votre métier dépasse tous vos rêves et toutes vos espérances d’étudiant qui voulait faire « le plus beau du monde » !


  • Alain-Goethe 11 octobre 2010 16:13

    Technico-commercial ??

    chauffeur - Livreur ???


  • jluc 11 octobre 2010 16:57

     smiley  smiley ou sage-femme ? Il faut que la famille proche soit satisfaite (les parent)  smiley
    un petit indice « le plus beau métier du monde », le film


  • LOKERINO LOKERINO 12 octobre 2010 06:58

    n’est ce pas ce métier qui impose en moyenne 20 heures de présence par semaine ?

    n’est pas ce métier qui dispose des vacances les plus étendu qui plus est la plupart du temps en même temps que ses enfants ?

    deux choses «  clochent » , c’est que je ne sais pas ce que vient faire le rêve des libéraux là dedans
    et surtout le salaire moyen net pour un prof certifié debute à 1500€, 2000€ en milieu de carriere pour finir juste sous la bare des 3000€ net

    Et puis il y a des quantités d’autre métiers où :

    «  »«  »où vous devez satisfaire des centaines de clients par semaine. Toutes les jours, l’examen du dossier de chaque client, vous prend un temps pas possible . Vous êtes contraints d’effectuer ce travail chez vous car vous ne disposez pas de bureau sur votre lieu de travail. Imaginons également que tous doit aussi être satisfait du service rendu. Précision : vous ne choisissez pas votre clientèle, et vous ne pouvez en changer en cours de route. Celle-ci peut être courtoise, parfois vulgaire et injurieuse, ou même violente physiquement. En cas de difficulté, vous n’avez pas accès à la médecine du travail e vous pouvez être seul dans la « nature ».

    On pourrait même envisager que ce métier exige que vous retraciez chaque soir sur le net le compte-rendu de vos entretiens avec vos clients. Ce job ne serait pas le dernier à être parfaitement transparent, un peu à l’image du panoptique de Foucault. Mettons également l’hypothèse que chaque mois ou semaine voir jour, l’employé devra établir son parcours prévisionnel. Mais quel peut bien être ce métier mystère où le travailleur est à ce point infantilisé ?

    . La progression salariale serait également lente, aléatoire voir inexistante. Celui-ci viendrait à intervalles irréguliers mais toujours très espacé...voir même jamais

    Ah, je risquais d’oublier quelques menus détails : vous avez une probabilité toujours plus grande d’exercer sur plusieurs lieux de travail, sans être remboursé de vos frais de déplacement et sans disposer de tickets restaurants. On pourrait aussi corser le tout en disant que l’employeur est seul maître de vos jours de congés. Et comme décidément ils n’en valent pas la peine, on leur supprimerait toute formation initiale. Quant à la formation continue, elle se raréfie et devient quasi inaccessible. On leur proposera donc de se former sur leur temps de vacances.

    L’exercice de ce métier vous rapporterait la bagatelle de 16 KEuros annuels, soit un salaire mensuel d’environ 1350 euros, assorti d’aucune prime ni de treizième mois. Voir même quelque fois moins . Imaginons aussi que certains son diplômés et doivent se contenter de ce métier. Cela donne envie ?

    oui mais a la différence de la devinette de l’auteur , c’est 40 à 50 heures par semaine, 5 semaines de congés au mieux, pas de garantie d’emploi pas de reconnaissance sociale

    alors quel métier ? il y en a des centaines ....


    • Rodolphe 12 octobre 2010 07:57

      Et un bac +5 aussi ? Un concours de recrutement ?
      Un prof certifié débutant touche 1350 euros. Sauf depuis cette année et pour cause, il n’a plus de formation.
      Quant au rêve des libéraux : flexibilité, adaptabilité, gouvernance...


  • zadig 12 octobre 2010 10:35

    A l’auteur,

    Merci pour cet article.
    Je pense avoir deviné le métier, c’est celui que mon amie exerce.
    (je précise elle exerce dans une zone sensible)
    Je suis effaré par ce quelle me raconte :
    .La mesquinerie incroyable de l’administration.
    .Les parents abusifs (trés) insultes cabales.impolitesses,....
    .Le stress permanent (incursion dans l’école, vols,dégradation,...... )

    Recevez toute ma sympathie.

    Cordialement
    .


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