samedi 24 janvier - par Visioclarus

L’affaire Adèle Haenel : mode d’emploi pour fabriquer un coupable automatique

Tout a commencé par une enquête du site d'investigation Mediapart, menée entre avril et octobre 2019. Cette enquête porte sur les accusations de l’actrice Adèle Haenel, qui affirmait avoir été victime à l'âge de 12 ans de « harcèlement sexuel » et « attouchements » sur le « torse » et les « cuisses » de la part du cinéaste Christophe Ruggia. Cette enquête, largement centrée sur les éléments à charge, est publiée début novembre 2019, et reprise par de très nombreux médias français, qui vont en extraire uniquement ces éléments, et en faire une retranscription si déformée qu'ils vont produire une déferlante de fausses informations, toutes défavorables au cinéaste.

C’est ce mécanisme de fabrication médiatique de la culpabilité, amorcé à l’automne 2019, qu'a entrepris de documenter avec précision un essai publié aux éditions L'Harmattan en novembre 2025 : L'affaire Adèle Haenel : Tribunal de l'opinion ou espoir d'un monde nouveau ? 

Notamment, de nombreux médias ont créé une fausse information magistrale, qui a eu pour effet de présenter la culpabilité de Christophe Ruggia comme un fait acquis, indiscutable.

 

 

Une très lourde fake news

L'essai L'affaire Adèle Haenel montre que les articles de presse et présentations télévisuelles de l'affaire ont présenté l'enquête de Mediapart de telle sorte que les auditeurs ont pu croire, à tort, que les accusations de l'actrice Adèle Haenel étaient corroborées par des dizaines de témoins.

 

Par exemple, le site de TF1 écrit au sujet d'Adèle Haenel le 4 novembre 2019 (ref) :

« Elle évoque notamment des attouchements sur les "cuisses" et "le torse", des "baisers forcés dans le cou", "un harcèlement sexuel permanent" de la part d’un réalisateur qui était âgé de 36 ans, et dont elle était sous l’emprise. Au cours d’une enquête qui a duré sept mois, Médiapart a rencontré une trentaine de témoins qui confortent la version de la comédienne qui ne souhaite pas porter l’affaire devant la justice qui, selon elle, "condamne si peu les agresseurs" et "un viol sur cent". »

Ainsi, TF1 laisse entendre que les accusations de harcèlement sexuel et d'attouchements auraient été validées par une trentaine de témoins.

Or, cela est totalement faux.

En effet, l'enquête de Mediapart ne dit absolument pas cela.

Aucun témoin cité dans cette enquête ne dit qu'il aurait vu des gestes à connotation sexuelle ou un harcèlement sexuel de la part de Christophe Ruggia envers Adèle Haenel (pour le vérifier, relire ici et ici l'enquête de Mediapart).

Lorsque la jeune actrice se rendait chez Christophe Ruggia chaque samedi entre ses 12 et 15 ans, elle venait rapporter des dvd empruntés de la riche dvdthèque du cinéaste et discutait avec ce dernier des films vus, du cinéma en général, des arts, des livres, ou tout type de sujet. C'est dans ces moments où elle était seule avec lui que le cinéaste se serait livré à un « harcèlement sexuel » et des « attouchements ». Étant donné qu'ils étaient seuls, il n'y a eu évidemment aucun témoin de ce qu'elle affirme.

Et, en dehors de l'appartement de Christophe Ruggia, personne n'a jamais vu aucun « harcèlement sexuel » ou « attouchements ». Personne n'a jamais surpris Ruggia et Haenel dans un moment compromettant pour le cinéaste.

Ce que l'enquête de Mediapart démontre est simplement la forte proximité affective entre Ruggia et Haenel.

 

Lorsque Christophe Ruggia tourne le film Les Diables en 2001, il se comporte en père affectueux avec les deux jeunes acteurs stars de son film, Adèle Haenel et Vincent Rottiers. Vincent Rottiers témoigne du comportement d'Adèle Haenel vis-à-vis de Christophe Ruggia de la façon suivante : « Adèle n’arrêtait pas de le coller, comme une première de la classe avec son prof » (Mediapart).

Vincent Rottiers avoue même qu'il était un peu « jaloux » d'Adèle Haenel, car elle recevait encore plus d'attention de la part de Christophe Ruggia : « Christophe prenait plus de temps avec elle », dit-il, en raison du rôle difficile de la jeune actrice, qui devait jouer une autiste.

L'essentiel de ce qu'ont trouvé quelques témoins à redire au comportement de Christophe Ruggia en 2019 serait qu'il aurait eu une « emprise » sur Adèle Haenel et Vincent Rottiers. Mais, comme le fait remarquer très justement l'essai, il est fort heureux que le cinéaste, qui s'occupait de diriger les acteurs, ait eu une forme d'« emprise » sur les gamins : c'est la moindre des choses pour un directeur d'acteurs — qui doit absolument respecter les délais de tournage pour ne pas empiéter sur le budget qui lui est alloué — d'être en capacité d'obtenir le jeu qu'il attend de ses comédiens.

Tous les cinéphiles connaissent des histoires, depuis des décennies, qui révèlent la difficulté que peut représenter une direction d'acteur avec des stars sensibles, ou même capricieuses. Et un cinéaste qui dirige lui-même le jeu de ses acteurs se doit d'avoir une certaine « emprise » sur la situation, afin que les acteurs jouent ce qui est attendu d'eux.

Par ailleurs, l'essai L'affaire Adèle Haenel démonte point par point l'enquête de Mediapart, de telle sorte que la seule chose qui puisse en être retenu, au final, est qu'aucun membre de l'équipe de tournage en 2001 n'a vu le moindre « geste à connotation sexuelle » (Mediapart). D'ailleurs, cette période du tournage en 2001 a été exclue des poursuites judiciaires (Le Monde). Et l'actrice Adèle Haenel elle-même indique bien que la relation avec le cinéaste aurait « glissé vers autre chose » seulement après le tournage.

Répétons-le car cela est vraiment important : la période du tournage du film Les Diables, seule période au cours de laquelle les personnes interrogées par Mediapart pouvaient être témoins de la proximité entre Christophe Ruggia et Adèle Haenel, a été exclue des poursuites judiciaires.

 

Cela indique bien qu'absolument aucun témoin n'a vu un présumé « harcèlement sexuel » et des « attouchements » de la part du cinéaste.

 

 

Une désinformation massive, aux conséquences majeures

L'essai L'affaire Adèle Haenel cite une vingtaine de médias, qui tous ont présenté l'enquête de Mediapart en affirmant que les accusations d'Adèle Haenel étaient corroborées par les témoins.

Nous n'en citerons ici que deux.

Le magazine L'Express affirme le 4 novembre 2019 au sujet de Christophe Ruggia :

« L'intéressé, qui était âgé de 36 à 39 ans à l'époque, a réfuté "catégoriquement avoir exercé un harcèlement quelconque ou toute espèce d'attouchement sur cette jeune fille alors mineure". Une trentaine de témoignages viennent pourtant corroborer la version de l’actrice doublement césarisée. »

On retrouve exactement le même type de formulation notamment pour le magazine Première, qui écrit :

« Selon les avocats de Christophe Ruggia, le cinéaste "réfute catégoriquement avoir exercé un harcèlement quelconque ou toute espèce d’attouchement sur cette jeune fille alors mineure." Néanmoins, Mediapart a collecté une trentaine de témoignages de différentes personnes, corroborant les dires d’Adèle Haenel. »

Là encore, inlassablement se retrouve le même problème : le lecteur du magazine peut croire avec ce type de formulation qu'il existe une trentaine de personnes qui peuvent témoigner que Christophe Ruggia aurait harcelé sexuellement et attouché la jeune actrice.

La fake news est énorme, puisqu'il n'existe en réalité aucun témoin.

Et elle ancre profondément l'idée que Ruggia est coupable, nécessairement coupable : si trente témoins peuvent corroborer les accusations de harcèlement sexuel et attouchements, alors sa culpabilité devient évidente.

Si l'on se remémore que les médias traditionnels se positionnent en permanence comme des remparts prétendument fiables face aux « fake news » des réseaux sociaux, on atteint ainsi un comble de tartufferie et une irresponsabilité totale. Il serait presque tentant d'espérer que Christophe Ruggia soit réellement coupable, car, sinon, le préjudice à son encontre est phénoménal.

 

 

Le journal « de référence » Le Monde également en faute

L'essai L'affaire Adèle Haenel a omis de passer au crible la couverture de l'affaire par le journal Le Monde, souvent considéré comme un journal de référence.

Nous allons maintenant voir, en exclusivité sur Agoravox, que le soit-disant journal de référence a fait comme tous les autres médias, c'est à dire tromper ses auditeurs.

 

Voilà ce qu'écrit le journal le 4 novembre 2019 :

L’article, fruit d’une enquête de sept mois, nourri par une trentaine de sources – toutes témoignant à visage découvert, ce qui est extrêmement rare dans ce type d’affaires –, décrit la domination progressive qu’aurait installée le réalisateur sur l’adolescente. De « l’emprise » importante du cinéaste lors du tournage du film Les Diables au « harcèlement sexuel permanent » et aux « attouchements » répétés, selon les mots de l’actrice. Ces faits auraient eu lieu dans l’appartement du réalisateur et lors de plusieurs festivals internationaux.

Le Monde parle d'une « domination progressive » — décrite par l'enquête de Mediapart, elle-même nourrie « par une trentaine de sources » — qui commencerait par une « emprise » pendant le tournage des Diables et se prolongerait en un « harcèlement sexuel » et des « attouchements ».

Nous retrouvons un problème classique : le journal omet de dire qu'aucune de cette trentaine de sources ne témoigne ni d'un « harcèlement sexuel » ni d'« attouchements ».

Personne n'a vu quoique ce soit de l'ordre du sexuel.

Le journal ne dit pas non plus que sur ces trente sources, seulement cinq peuvent être­ considérées comme critiques de Christophe Ruggia. Il s'agit de cinq membres du tournage Les Diables :

  • Un membre de la régie évoque des relations « pas à la bonne place », « trop affectives », « exclusives », « au-delà du purement professionnel ».

  • Un photographe estime que Christophe Ruggia prenait « un peu possession des gens » et qu'il « manipulait les enfants ».

  • La coach Hélène Seretti affirme que Ruggia « collait trop » Adèle Haenel : « Il était tactile, mettait ses bras sur ses épaules, lui faisait parfois des bisous. [...] Petit à petit, je me suis dit que ce n’était pas une relation qu’un adulte devrait avoir avec un enfant, je ne le sentais pas clair, ça me gênait. »

  • La scripte Edmée Doroszlai soutient avoir fait part d’un ressenti similaire à l’un de ses collègues : « Je lui ai dit : “Regarde, on dirait un couple, ce n’est pas normal.” »

  • Laëtitia, la régisseuse générale du film, déclare : « Les rapports qu’entretenait Christophe avec Adèle n’étaient pas normaux. On avait l’impression que c’était sa fiancée. On n’avait quasiment pas le droit de l’approcher ou de parler avec elle, parce qu’il voulait qu’elle reste dans son rôle en permanence. »

Voilà comment le journal Le Monde retranscrit ces témoignages :

Les témoignages recueillis par Mediapart dépeignent une ambiance étrange, alourdie par le comportement de Christophe Ruggia à l’égard de son actrice pré-adolescente. De nombreux techniciens et acteurs présents sur le plateau se souviennent de leur « malaise » face à cette relation qui ne leur semblait « pas normale » entre une enfant et un adulte qui la colle, qui la regarde d’une certaine manière, qui semble l’isoler des autres.

 

Ainsi, le journal n'indique pas que l'enquête ne rapporte que cinq témoignages négatifs, alors que l'équipe de tournage est composée d'une cinquantaine de personnes.

En outre, le journal prend pour argent comptant tout ce que disent les cinq témoins, alors qu'une enquête du journal Marianne — qui sera publiée en décembre 2019 et ne sera que très peu reprise par les autres médias — montre que plusieurs témoins à charge avaient des comptes à régler avec Christophe Ruggia. Par exemple, Laëtitia, régisseuse générale, n'a réussi à tenir que le tiers du film le rythme de travail voulu par Ruggia : elle a ensuite quitté le plateau prématurément, en burn-out.

Le journal ne s'est pas interrogé non plus sur la façon d'enquêter de Mediapart. L'essai L'affaire Adèle Haenel montre que la journaliste de Mediapart a enquêté de la pire des façons, notamment en suggérant aux témoins que Christophe Ruggia avait commis des violences sexuelles.

De plus, Le Monde ne rapporte pas le témoignage de Vincent Rottiers, qui indique que lui-même aurait bien aimé recevoir autant d'attention de Christophe Ruggia que celle reçue par Adèle Haenel, et qu'Adèle Haenel elle-même « collait » Christophe Ruggia.

Le Monde fait donc une lecture partielle de l'enquête de Mediapart, comme la plupart des médias d'ailleurs : aucun n'a rapporté les témoignages à décharge présents dans l'enquête.

Ainsi, Tina Baz, membre de l’équipe des Diables et amie du réalisateur, décrit durant l'enquête le réalisateur comme « respectueux », « d’une affection formidable », « avec un investissement absolu dans son travail », et entretenant avec Adèle Haenel une « relation paternelle sans ambiguïté ». Le producteur du film, Bertrand Faivre, affirme lui n’avoir « rien remarqué » qui le « choque », malgré sa présence régulière sur le tournage. Bertrand Faivre signale que Christophe Ruggia était « très proche d’Adèle et Vincent », mais ajoute : « Il y avait zéro ambiguïté ». (Mediapart)

Et puis il y a une majorité de témoins qui eux n'ont rien remarqué qui vaille la peine d'être rapporté : R.A.S.

Pourtant, tous les membres de l'équipe de tournage pouvaient voir que Christophe Ruggia entretenait une relation proche avec Adèle Haenel et Vincent Rottiers. Et le simple fait qu'ils n'y aient rien vu à redire devrait être signalé.

Mais tout cela n'intéresse visiblement aucun journaliste, que ce soit du Monde ou d'autres médias : visiblement, fournir un tableau complet qui permette d'éclairer leurs auditeurs ne fait pas partie de leur pratique professionnelle.

Par contre, faire un tableau qui ne reprend que les éléments à charge de l'enquête, voilà leur façon de concevoir le métier.

 

Les incohérences des récits d'Adèle Haenel jamais signalées

Evidemment, comme il fallait s'y attendre dans un contexte #MeToo, où la parole peut devenir sacrée, intouchable, la cohérence du témoignage de l'actrice n'a jamais été analysée par les médias.

Par exemple, le journal Le Monde relève qu'Adèle Haenel a décidé d'accuser publiquement Christophe Ruggia après avoir vu un documentaire concernant Michael Jackson : dans ce documentaire, deux adultes racontent ce qu'ils ont vécu avec la star lorsqu'ils étaient enfants, notamment les relations sexuelles avec lui. Adèle Haenel raconte avoir été frappée par ces témoignages. Et elle déclare ensuite au sujet de Christophe Ruggia, comme le rapporte Le Monde :

« J’avais adhéré à sa fable du “nous, ce n’est pas pareil, les autres ne pourraient pas comprendre” »

Ce que n'indique pas Le Monde est que Michael Jackson disait la même chose aux enfants avec lesquels il avait des relations sexuelles, mais que le contexte était totalement différent : les enfants étaient fous de la star, l'un deux déclarant notamment avoir été « amoureux » de Michael Jackson. D'ailleurs, les deux enfants n'avaient qu'un seul rêve : pouvoir rester pour toujours avec Michael Jackson. Que Michael Jackson leur dise que leur relation avec lui était quelque chose de magique, de spécial, que les autres ne pouvaient comprendre, faisait sens pour ces enfants.

Pour Adèle Haenel, « adhérer » a une telle idée n'avait aucun sens puisqu'elle affirme qu'elle n'aimait pas Ruggia et ne voulait pas se rendre chez lui : « Je n’avais pas envie d’y aller, je me sentais vraiment mal (source) […] Quand j’allais chez lui, je me sentais si sale que j’avais envie de mourir. Je le trouvais dégueulasse. Mais je me sentais redevable, car il faisait tellement pour moi.  » (source). De plus, elle affirme que pendant qu'elle était chez lui, elle a résisté en permanence à son « harcèlement sexuel » et à ses gestes, se recroquevillant sur elle-même, ne consentant à rien, se déplaçant dans l'appartement pour fuir le cinéaste. Bref, elle décrit un enfer, où elle était en rébellion marquée face à Ruggia. Et il faudrait pourtant croire qu'elle a pu dans le même temps « adhérer » à une « fable » ?

Peut-être existe-t-il une explication à cette incohérence apparente, mais le fait est que le journal Le Monde, là encore, ne rapporte rien qui puisse au moins indiquer à ses lecteurs que le récit d'Adèle Haenel comporte un point à éclaircir (parmi d'autres, voir par exemple mon article précédent).

 

 

Conclusion

Pour résumer, Adèle Haenel est, pour les médias, une « petite héroïne #MeToo », et Christophe Ruggia doit endosser le rôle obligatoire du « dégueulasse ».

Tout cela se fait au prix d'une accumulation médiatique d'informations trompeuses, imprécises ou fausses.

Rien de nouveau sous le soleil me direz-vous : sur Agoravox, nous avons l'habitude de constater l'incurie médiatique.

Mais là, l'incompétence journalistique a une victime instantanée : Christophe Ruggia, dont la culpabilité aura été quasi systématiquement présentée comme évidente, actée, automatique.

Et une quasi unanimité dans le traitement journalistique peut avoir des conséquences judiciaires importantes. En effet, les magistrats peuvent hésiter à aller contre l'opinion publique, et condamner alors par commodité, n'ayant que des critiques à recevoir au cas où ils acquitteraient.

Ainsi, les médias, qui forment véritablement un « tribunal médiatique », ont non seulement condamné Christophe Ruggia à une déchéance immédiate (il a tout perdu, tous ces contrats ont été annulés dès novembre 2019, et il s'est retrouvé au RSA), mais ils jouent un rôle d'influenceur dans le processus judiciaire.

Bref, en décrivant la culpabilité de Ruggia comme évidente, les médias ont créé un contexte propice à sa condamnation judiciaire.

Le procès en appel, qui a lieu en ce moment, pourrait être l'occasion d'un coup de tonnerre : si les magistrats relaxent Ruggia, ils iront contre le tribunal médiatique et répareront ainsi une faillite professionnelle collective du journalisme français.

Une enquête à thèse a été relayée en dépit du bon sens, présentant comme établies des accusations dépourvues de témoins directs, et taisant systématiquement les éléments à décharge. Les médias ont ainsi créé une vérité virtuelle et substitué au travail d’information un tribunal de l’opinion. Quelle que soit l’issue du procès en appel, cette mécanique pose une question essentielle : une presse qui renonce à ses exigences méthodologiques fondamentales peut-elle encore prétendre défendre l’État de droit, ou ne contribue-t-elle pas, au contraire, à l’affaiblir ?          

 



16 réactions


  • Les éco-terroristes français prennent la direction de la police de l’environnement.

    SCANDALEUX ..

    L’#OFB, agence d’État souvent présentée comme « la police de l’environnement », est aujourd’hui aux mains des pires militants bobos, adeptes d’une écologie punitive et décroissante.

    La récente nomination d’Anne Le Strat au poste de directrice déléguée à la mobilisation en est la preuve éclatante.

    Ancienne adjointe au maire de Paris, membre du bureau politique d’#EELV, proche de milieux radicaux comme les Soulèvements de la Terre : cette nomination est inacceptable.

    Quand nous arriverons au pouvoir, nous supprimerons purement et simplement l’OFB. Cette structure est devenue un nid de militants radicaux qui empoisonne la vie des agriculteurs et des chasseurs.


    • Com une outre 24 janvier 19:25

      @SPQR-audacieux complotiste-Monde de menteurs
      L’OFB n’est pas vraiment un nid de militants écolos mais un organe politique de propagande écolo sans rapport avec une vraie protection de la nature. Du pur « greenwashing ».


  • zoreol zoreol 24 janvier 10:23

    Merci Visioclarus pour cet article un peu long mais bien fouillé. Chapeau ! On pourrait analyser ainsi beaucoup de faits officiellement véridiques, ce qui est alors non conforme est systématiquement traité de « fake news ». Dommage, mais tout le monde n’a pas le temps de s’informer de façon plus complète.


  • pemile pemile 24 janvier 11:06

    L’argument du : on a pas pris en compte les témoins qui n’ont rien vu, faut oser !


    • Visioclarus 24 janvier 14:48

      @pemile
      J’ai mal dù rédiger mon texte : en fait, sur un plateau de tournage, tout le monde voit tout. Donc, les membres de l’équipe de tournage dont vous parlez ont tout vu (notamment les bisous sur la tête, comme ici : https://www.youtube.com/watch?v=NSGhTgrZfnc&t=1268s).
      Donc tout le monde sur le plateau était au courant de la relation d’affection entre Christophe Ruggia et ses deux jeunes acteurs.
      Mais pour eux, cela ne posait pas de problème : ils n’ont rien remarqué de spécial dans la relation.
      Autrement dit, on a quelques personnes qui disent avoir été mal à l’aise pendant le tournage à cause de la proximité entre Ruggia et Haenel, mais pour la très grande majorité des membres de l’équipe : R.A.S.


    • pemile pemile 24 janvier 15:55

      @Visioclarus

      Tous les violeurs/tueurs psychopathes étaient jugés comme des gens très sympathiques par leurs voisins, non ?


    • pemile pemile 24 janvier 16:00

      @Visioclarus

      Dès fois, un seul témoin (professionnel de la protection de l’enfance, ma femme par exemple) peut me suffire pour ignorer 100 autres témoins me certifiant qu’un type est très sympathique !


    • Visioclarus 24 janvier 19:06

      @pemile
      Là, en l’occurrence, il se trouve que les témoins à charge ne sont pas des professionnels de la protection de l’enfance, mais plutôt des membres de l’équipe de tournage qui ont eu des conflits avec Ruggia.
      Ceci dit, je ne suis pas comme vous : je ne ferai confiance à personne pour me dire qu’un bisou sur la tête d’un enfant est « sain » ou bien « malsain ». C’est trop subjectif.
      Là où je vous rejoins, par contre, est qu’il pourrait y avoir 100 personnes qui aujourd’hui me disent qu’une relation était malsaine, et cela ne me perturberait pas plus que cela. Je n’ai pas confiance dans les témoins sur des ressentis. Et vice-versa. 100 témoins qui jugent la relation parfaitement saine, cela ne veut rien dire non plus.
      Tout cela ne prouve rien, ni en ce qui concerne les témoignages positifs, ni en ce qui concerne les témoignages négatifs.
      C’est mon opinion... mais je conçois que vous puissiez faire confiance à votre femme, surtout si elle a vu juste dans de nombreux cas...


    • pemile pemile 24 janvier 20:34

      @Visioclarus «  Là, en l’occurrence, il se trouve que les témoins à charge ne sont pas des professionnels de la protection de l’enfance  »

      C’est justement ce qu’il faut connaître pour « peser » chacun des témoignages, certains peuvent très bien avoir plus de compétences que d’autres.

      " je ne ferai confiance à personne pour me dire qu’un bisou sur la tête d’un enfant est « sain » ou bien « malsain ». C’est trop subjectif. "

      Même dans une relation professionnelle, si c’est vraiment trop fréquent ?


  • La Bête du Gévaudan 24 janvier 12:22

    Sur le fond, je ne suis pas tellement surpris que les cinéastes marxistes soient des violeurs... Les donneurs de leçons de morale sont souvent les pires... récemment encore, Mélenchon soutenait son ami Quatennens condamné pour avoir violenté son épouse... ça donne une petite idée du niveau de complaisance qu’il existe dans les milieux marxistes à l’égard des violences.

    mais, au plan judiciaire, je serais curieux de connaître les bases matérielles sur lesquelles la justice s’appuie pour condamner un prévenu 20 ans après les faits. La presse serait bien inspirée de nous donner plus d’informations à ce sujet. 

    En effet, on a pour le moment le sentiment qu’une simple campagne de presse menée par le NKVD-médiapart a suffi à expédier au goulag un ancien dignitaire du parti marxiste-artistique français... Dans un pays civilisé comme la France, contrairement à un régime obscurantiste marxiste, il ne suffit pas de ragots pour condamner un homme si détestable soit-il par ailleurs. Je veux croire que la justice française s’appuie donc sur des éléments tangibles. Merci de nous informer à ce sujet.


    • Visioclarus 24 janvier 15:00

      @La Bête du Gévaudan
      A mon sens, il n’y a absolument aucun élément « tangible ».
      Simplement, les magistrats ont considéré que la version de l’histoire par Haenel était la plus crédible.
      Je vous donne un exemple.
      Notamment, l’actrice affirme avoir été sous « emprise » du réalisateur dès le tournage du film Les Diables en 2001.
      Neuf membres de l’équipe du tournage ont parlé effectivement d’une « emprise », ou d’un « ascendant », ou de « manipulation » (voir enquête Mediapart).
      Parmi ces neuf membres, les avis sont divisés : pour certains, il s’agit d’une « emprise » tout à fait normal dans un contexte professionnel où le réalisateur doit se débrouiller pour cadrer ses jeunes acteurs et obtenir le jeu de comédien nécessaire pour le film.
      Et comme vous le voyez dans mon article ci-dessus, il y a aussi quelques personnes qui disent qu’il y avait quelque chose d’anormal.
      Et bien les magistrats ont simplement retenu le témoignage de ceux qui pensent qu’il y avait quelque chose d’anormal.
      Les magistrats ont choisi de prendre dans le dossier que ce qui est à charge contre Ruggia, et finalement ils peuvent donc écrire dans le jugement qu’une emprise a démarré pendant le tournage en 2001.
      Ils n’ont aucune preuve particulière qu’il y ait une réelle emprise, au sens négatif du terme : ils font juste confiance à certains témoins, et pas à d’autres.
      Pour moi, il n’y a rien de tangible dans l’exemple que je vous donne.
      Mais comme je ne sais pas quelle est votre définition de « tangible », peut-être ne serez-vous pas d’accord avec moi...


  • sylvain sylvain 24 janvier 15:58

    Et il a dit quoi, Ruggia ? il a bien du etre condamne sur des faits, ce serait il pas lui meme qui les a admis ?


    • Visioclarus 24 janvier 19:12

      @sylvain
      Je ne sais pas si on peut dire qu’il y a des « faits ».
      Il y a les accusations d’Adèle Haenel.
      Il y a des observations contradictoires des membres de l’équipe de tournage des Diables en 2001.
      Il y a les personnes à qui Ruggia a parlé de sa relation avec Haenel, et les personnes à qui Haenel a parlé de sa relation avec Ruggia.
      Et il y a des lettres envoyées par Ruggia, où il parle de son affection à Haenel, et lui dit qu’il voulait tourner son film suivant avec elle, avant que son producteur s’y oppose.
      Ruggia a toujours démenti les accusations de harcèlement sexuel ou attouchements. Il n’a admis que des choses périphériques, notamment une erreur d’avoir tourné une scène devant une vraie prison avec de vrais prisonniers, ce qui a été très dur pour Haenel. Mais rien concernant des agressions sexuelles, qui n’existent que dans les accusations d’Haenel, et que personne n’a jamais vues.


  • ZenZoe ZenZoe 24 janvier 18:35

    Il y a eu tellement, mais tellement eu d’abus vérifiés sur des mineurs, dans tous les milieux que c’en est écoeurant. Profs de natation, de patinage, réalisateur, photographe... avec la bénédiction des parents en plus... tellement en fait que toutes ces histoires sont crédibles. Et juste pour dire, emprise ou pas, un adulte ne tripote pas une gamine, jamais, c’est tout !

    Seuls Ruggia et Haendel savent ce qu’il en est les concernant, les juges ont du statuer avec ce qu’ils avaient, et personne n’y avait accès, on ne peut donc rien affirmer. Juste, que cela serve de leçon à tous ces détraqués du zizi qui foutent la vie en l’air de pauvres gamines à l’aube de leur vie de femme. Et qu’on ne les laisse jamais seules avec un adulte, ce sera plus sûr !


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