samedi 17 novembre 2012 - par rosemar

L’amour fou...

JPEGL'amour qui rend fou est bien un thème littéraire de tous les temps :ne dit-on pas : "être fou d'amour "ou "aimer à la folie" ? L'amour revient souvent sous la plume des plus grands poètes. Il donne lieu à des oeuvres touchantes, émouvantes que l'on n'oublie pas.

Victor Hugo, le plus prolixe de nos poètes nous a laissé un de ces poèmes d'amour qui reste à jamais gravé dans les esprits. Ce poème intitulé "Guitare" extrait du recueil "Les rayons et les ombres" ne vous rappelle peut-être rien mais c'est un des plus connus de Victor Hugo car il a été mis en musique et adapté par Georges Bassens sous le titre "Gastibelza".

Gastibelza ! Comment oublier un tel nom aux sonorités si flamboyantes ? Le héros de l'histoire, c'est bien lui, l'homme à la carabine, brigand peut-être mais brigand amoureux !

Hugo nous fait entendre la chanson de ce brigand énamouré, qui ne peut oublier celle qu'il nomme sa "sénora", celle qui éclipse la beauté d'une reine, une femme fatale dont il perçoit les dangers mais qu'il ne peut s'empêcher d'aimer...

Le texte est ponctué par ce refrain mélancolique : "Le vent qui vient à travers la montagne/ Me rendra fou. "

La belle s'appelle "Sabine", la perfide Sabine qui dans les derniers vers du poème finit par se vendre au plus offrant, c'est une femme vénale qui donne "Tout son amour/ Pour l’anneau d’or du Comte de Saldagne /Pour un bijou ". Dès lors, le brigand qui se confond avec le poète perd la raison : "Le vent qui vient à travers la montagne m'a rendu fou"écrit-il.

Le poème est plein d'harmonie notamment grâce à l'emploi de noms propres aux sonorités espagnoles et exotiques : le mont Falu, Antequarra,Tolède, Saldagne, Gastibelza, le nom même du héros malheureux de l'histoire...

On retrouve dans ce texte des lieux communs de la littérature :l'amour qui rend fou, la femme qui entraîne le malheur, la femme à la beauté idéale.... la belle qui suscite même l'amour du roi ...

La simplicité émouvante du texte sous forme de ballade avec son refrain nous touche... Le bonheur des villagois qui célèbrent l'arrivée de la nuit en chantant et dansant contraste avec la tristesse, le désarroi de l'homme amoureux trahi dans ses attentes et qui en perd la raison....

Victor Hugo alterne dans ce poème vers longs et vers courts créant ainsi un rythme régulier de chanson... Le titre prévu aurait été d'abord « Ce que m’a raconté une guitare ». La guitare symbolisait alors l’Espagne chère à V. Hugo auteur d'Hernani et Ruy Blas, l'Espagne qui est largement présente dans le poème grâce aux noms des personnages et aux lieux évoqués...

 

 



17 réactions


  • herbe herbe 17 novembre 2012 15:19

    ça m’a fait penser à ça :


    « Il apparaît même dans une étude britannique réalisée sur 1000 femmes que la moitié d’entre elles déclarent préférer s’acheter une nouvelle tenue que passer une nuit d’amour. Aussi une femme penserait au moins 210 fois par semaine à faire les boutiques, chaque fois pendant 2 minutes (soit 7 heures par semaine !ça paraît impensable mais certainement vrai) et ne penserait au sexe que 70 fois par semaine (source : aufeminin.com). Désillusion masculine ! »

  • noodles 17 novembre 2012 15:21

    C’est vrai que ce poème de Hugo semble avoir été fait pour être mis en musique...
    c’est magique...fait pour Georges Brassens à un siècle d’écart !

    mais...LE DESIR SERAIT-IL L’AMOUR ???
    Voici des paroles plus modernes, mais bien dans cette veine 
    d’une passion charnelle urgentissime, non pérenne à mon sens... ;-p

    Belle 
    C’est un mot qu’on dirait inventé pour elle 
    Quand elle danse et qu’elle met son corps à jour, tel 
    Un oiseau qui étend ses ailes pour s’envoler 
    Alors je sens l’enfer s’ouvrir sous mes pieds
    J’ai posé mes yeux sous sa robe de gitane 
    A quoi me sert encore de prier Notre-Dame 
    Quel 
    Est celui qui lui jettera la première pierre 
    Celui-là ne mérite pas d’être sur terre
    O Lucifer ! 
    Oh ! Laisse-moi rien qu’une fois 
    Glisser mes doigts dans les cheveux d’Esméralda

    ( Frollo )

    Belle 
    Est-ce le diable qui s’est incarné en elle 
    Pour détourner mes yeux du Dieu éternel 
    Qui a mis dans mon être ce désir charnel 
    Pour m’empêcher de regarder vers le Ciel
    Elle porte en elle le péché originel 
    La désirer fait-il de moi un criminel 
    Celle 
    Qu’on prenait pour une fille de joie une fille de rien 
    Semble soudain porter la croix du genre humain
    O Notre-Dame ! 
    Oh ! laisse-moi rien qu’une fois 
    Pousser la porte du jardin d’Esméralda

    ( Phoebus )

    Belle 
    Malgré ses grands yeux noirs qui vous ensorcellent 
    La demoiselle serait-elle encore pucelle ? 
    Quand ses mouvements me font voir monts et merveilles 
    Sous son jupon aux couleurs de l’arc-en-ciel
    Ma dulcinée laissez-moi vous être infidèle 
    Avant de vous avoir mené jusqu’à l’autel 
    Quel 
    Est l’homme qui détournerait son regard d’elle 
    Sous peine d’être changé en statue de sel
    O Fleur-de-Lys, 
    Je ne suis pas homme de foi 
    J’irai cueillir la fleur d’amour d’Esméralda

    ( Quasimodo, Frollo et Phoebus )

    J’ai posé mes yeux sous sa robe de gitane 
    A quoi me sert encore de prier Notre-Dame 
    Quel 
    Est celui qui lui jettera la première pierre 
    Celui-là ne mérite pas d’être sur terre
    O Lucifer ! 
    Oh ! laisse-moi rien qu’une fois 
    Glisser mes doigts dans les cheveux d’Esméralda
    Esméralda

    Notre Dame de Paris, comédie musicale inspirée du roman de Hugo,
    musique Richard Cocciante et les paroles ci-dessus sont de Luc Plamondon 
    Patrick Fiori a bien dit « rien qu’une fois »...et ça lui suffira ! 
    Et dans « Guitare », c’est quand même un thème bien proche ce coup de foudre...
    pas l’amour éternel...
    Alors, dans Tristan et Iseult, là on trouve du passionnel du même type « fast love » ( hihi) et de l’Amour Eternel...... 
    noodles


    • rosemar rosemar 17 novembre 2012 15:29

      Bonjour noodles


      L’amour éternel existe-t’il vraiment ???Vaste question !!
      Merci pour la chanson mais je préfère le texte de Hugo bien plus poétique avec tous ces termes espagnols...., sa simplicité...

  • noodles 17 novembre 2012 15:40

    Ah, mais moi aussi Rosemar, seuls les thèmes sont comparables mais pas l’art de Hugo ! 

    Je parie que ND de Paris version 1998 a eu cependant plus d’auditeurs que feu Hugo, mais ça...
    Bonne suite rosemar, bonne suite ! 
    n

  • Intelle Intelle 17 novembre 2012 18:47

    Quand je lis Victor Hugo ou que j’écoute Brassens, j’ai l’impression que dans notre société d’aujourd’hui nous ne savons plus ce qu’est l’Amour avec un grand A, comme si c’était démodé. On ne peut parler d’amour fou qu’avec des mots...fous. Victor Hugo a écrit de sublimes romans d’amour et Brassens a mis de magnifiques paroles en musique. Ces deux auteurs resteront toujours mes préférés.


    • rosemar rosemar 17 novembre 2012 18:52

      Bonsoir Intelle


      oui il faut sans doute distinguer la littérature et la réalité....Merci pour ce message ! Hugo est vraiment un des plus grands:je prépare d’autres articles sur cet auteur...à suivre....

    • Romain Desbois 17 novembre 2012 19:03

      Pour moi celui qui a parlé le mieux de l’amour est Brel dans sa chanson « quand on n’a que l’amour », qui est pour moi la plus belle chanson au monde.

      Parce que c’est l’amour altruiste, humaniste, le vrai.


    • rosemar rosemar 17 novembre 2012 19:08

      Bonsoir Romain


      Merci de ce rappel : effectivement une superbe chanson de Brel ....

  • noodles 17 novembre 2012 21:38
    GUéRI ! 
    Maintenant, quand je séduis, j’ai tendance à me
     méfier ! hihihihihihihihihihihihi (mais je n’ai rien 
    d’un patient célèbre) 
    L’AMOUR PEUT DEVENIR UNE DROGUE
    Les romantiques ont désormais la science
    pour le confirmer : l’amour peut devenir une
    drogue. « Il existe les mêmes mots, les mêmes
    symptômes, la même idylle des débuts,
    c’est-à-dire celle de la toute-puissance », précise
    le professeur Michel Reynaud*. Les suites aussi
    peuvent être les mêmes : « La même souffrance,
    la même déchéance, les mêmes combats 
    entre la raison et l’envie d’y retourner »°, reprend 
    le médecin. La mécanique du plaisir se fonde
    naturellement sur la fabrication de la dopamine,
    une hormone euphorisante. La Société américaine 
    de neurosciences a démontré l’année dernière 
    que cette substance « active plusieurs régions 
    du cerveau habituellement associées aux
    addictions ». En cas de manque, ici, de la personne
    aimée, les psychiatres expliquent que « la passion
    devient essentiellement destruction ». Ce manque
    peut entraîner des comportements « déviants »
    (harcèlement, consultations compulsives de sites
    pornographiques) qui mènent certains patients 
    à une hospitalisation. Aux Etats-Unis, des cliniques
    spécialisées ont même vu le jour pour soigner 
    les « addicts sexuels ». Elles ont accueilli 
    des patients célèbres, comme Michael Douglas 
    ou, plus récemment, David Duchovny.
    * auteur de L’amour est une drogue douce… 
    en général (éd. Robert Laffont)
    Info recueillie par
    noodles 
    °ah ! 

    • rosemar rosemar 17 novembre 2012 22:02

      C’est ce que l’on appelle l’amour maladie qui fait souffrir, qui déchire, torture...C’est ce thème que l’on trouve chez Racine ou Louise Labbé avec ce poème :

      Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie ;
      J’ai chaud extrême en endurant froidure :
      La vie m’est et trop molle et trop dure.
      J’ai grands ennuis entremêlés de joie.

      Tout à un coup je ris et je larmoie,
      Et en plaisir maint grief tourment j’endure ;
      Mon bien s’en va, et à jamais il dure ;
      Tout en un coup je sèche et je verdoie.

      Ainsi Amour inconstamment me mène ;
      Et, quand je pense avoir plus de douleur,
      Sans y penser je me trouve hors de peine.

      Puis, quand je crois ma joie être certaine,
      Et être au haut de mon désiré heur,
      Il me remet en mon premier malheur. 

      Louise Labé (1524-1566)

      Belle soirée à tous...

  • noodles 18 novembre 2012 23:17
    AH, LES HOMMES !
    Hugo prétend qu’il souffrirait mille morts pour cette belle dont il est fou 
    amoureux, mais...si 
    L’HOMME EST FAIT POUR L’AMOUR, SANS CONTESTE, 
    ( et certains donneront à cet amour une expression un peu vulgaire) 
    Louis Aragon évoque une pâmoison heureuse mais fatale...
    Jeunes amants vous dont c’est l’âge
    Entre la ronde et le voyage
    Fou s’épargnant qui se croit sage
    Criez à qui vous veut blâmer : 
    Heureux celui qui meurt d’aimer
    Heureux celui qui meurt d’aimer 

    Dans les récits épiques,LA FEMME N’EST SOUVENT Là QU’EN REPRESENTATION 

    Les grands héros meurent-ils d’amour ? J’en doute.
    La Femme n’est présente que dans leurs rêves : 
    Les femmes qui passent au cours du voyage d’Ulysse, la Dulcinée de Don Quichotte paraît bien falote dans , « le rêve étrange et pénétrant ...d’une femme qui ni tout à fait la même » de Paul Verlaine, les femmes croisées par le Hussard de Giono, le rêve du Desdichado de Nerval qui cherche non seulement qui aimer ? mais aussi qui il est ? Et, du même auteur , la Fantaisie qui met en scène une dame sous Louis XIII...quasiment un fantôme ! 
    «  une dame, à sa haute fenêtre,
    Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens,
    Que dans une autre existence peut-être,
    J’ai déjà vue... et dont je me souviens » ! 
    Comme les chevaliers du temps jadis, les hommes on besoin d’inspiratrices pour leurs exploits. Ils élisent une noble dame...à peine est-il nécessaire qu’elle ait une réalité.
    Avec vous rosemar je dirai :
    « ah, les hommes ! »

    noodles 


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