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L’Arabie Saoudite persécute, torture et exécute ses opposants au prétexte de la lutte contre le terrorisme - AgoraVox le média citoyen
lundi 10 février 2020 - par Le Cri des Peuples

L’Arabie Saoudite persécute, torture et exécute ses opposants au prétexte de la lutte contre le terrorisme

Source : New York Times, 6 février 2020

Traduction : lecridespeuples.fr

« La présomption d’innocence ne fait pas partie du système judiciaire saoudien. » Taha al Hajji, avocat qui a représenté de nombreuses personnes poursuivies devant le Tribunal pénal spécial.

L’Arabie Saoudite a utilisé un tribunal secret établi pour juger les affaires de terrorisme comme « une arme de répression » pour emprisonner des critiques pacifiques, des militants, des journalistes, des religieux et des minorités chiites musulmanes, y compris certains qui ont été condamnés à mort et exécutés, a déclaré Amnesty International jeudi (lire le rapport complet ci-dessous).

L’organisation de défense des droits de l’homme basée à Londres a examiné des documents judiciaires et s’est entretenue avec des militants et des avocats pour son rapport de 53 pages, qui met en lumière les procédures secrètes de la Cour pénale spécialisée.

Le rapport a constaté que les procès devant le tribunal étaient « une parodie de justice », et a décrit les juges comme des « complices volontaires » de la répression de tous ceux qui osent s’exprimer ou protester.

Créée en 2008 pour juger les crimes liés au terrorisme, la Cour a commencé à juger les détracteurs du gouvernement en 2011 en vertu de lois antiterroristes très flexibles qui criminalisent des actes tels que l’injure au roi Salman et au prince héritier, Mohammed Bin Salman (MBS).

Amnesty a déclaré que certaines des accusations courantes dans les procédures incluaient « la désobéissance au dirigeant » de l’Arabie Saoudite, « la remise en cause de l’intégrité » de membres de la famille régnante ou responsables, « la tentative de perturber la sécurité et l’incitation au désordre en appelant à des manifestations » et « la diffusion de fausses informations à des groupes étrangers », tant de « crimes » qui peuvent s’appliquer au simple fait de parler à des groupes de défense des droits de l’homme ou à l’utilisation des réseaux sociaux.

« Nos enquêtes démentent la nouvelle image réformiste brillante que l’Arabie Saoudite essaie de cultiver », a déclaré Heba Morayef, directrice régionale d’Amnesty pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Elle a déclaré que le gouvernement saoudien avait utilisé le tribunal spécial « pour créer une fausse aura de légalité autour de son abus de la loi antiterroriste pour réprimer tous ses détracteurs. »

Amnesty a également déclaré que la rhétorique du gouvernement sur les réformes sous le prince héritier contraste fortement avec la réalité du royaume, où des militantes des droits des femmes et des dizaines de détracteurs présumés du jeune prince restent emprisonnés ou sont jugés pour de vagues accusations liées à la sécurité nationale. Certains, comme le religieux réformiste Salman al-Awda, risquent la peine de mort.

Le prince Mohammed a fait l’objet d’une remise en cause internationale après le meurtre du chroniqueur du Washington Post Jamal Khashoggi à l’intérieur du consulat saoudien à Istanbul en 2018. [Suite à l’indignation internationale et à des révélations glaçantes sur les circonstances macabres de l’assassinat], un tribunal pénal saoudien a condamné à mort cinq personnes pour le meurtre, mais n’a tenu aucun fonctionnaire de haut rang pour responsable.

Sous la direction de son père, le roi Salman, le prince héritier a consolidé les pouvoirs liés à la sécurité de l’État, accordant des pouvoirs étendus au ministère public et à la présidence de la sécurité de l’État nouvellement créés, organes qui ne rendent de compte qu’au roi, pour arrêter, enquêter, interroger et renvoyer les individus devant le tribunal antiterroriste.

Lors de sa création initiale, le tribunal spécial n’a jugé que des suspects d’al-Qaida, mais le changement est intervenu mi-2011, l’année où les manifestations du printemps arabe ont ébranlé la région et menacé de renverser le régime autocratique, lorsque 16 réformistes de la ville côtière de Jeddah ont été renvoyés devant le tribunal.

Amnesty a documenté les cas de 95 personnes jugées par le tribunal spécial entre 2011 et 2019. Parmi celles-ci, 68 sont des chiites qui ont été pour la plupart poursuivis pour leur participation à des manifestations antigouvernementales, tandis que 27 personnes ont été poursuivies pour leur activisme ou leur expression politique.

« Dans tous les cas (…) les procès ont été outrageusement injustes », a déclaré Amnesty.

Amnesty a contacté plusieurs agences officielles saoudiennes lors de son enquête. La Commission des droits de l’homme du gouvernement a été la seule à répondre, affirmant que le tribunal spécial suit les mêmes règles et procédures que les autres tribunaux pénaux saoudiens (sic), et que toutes les audiences dont il était saisi étaient publiques, avec les accusés, leurs avocats et leurs familles présents.

Cependant, Amnesty a déclaré avoir documenté de nombreux cas de procès tenus en secret. Toute tentative de faire appel des jugements du tribunal a été menée à huis clos, sans la présence ni la participation des accusés ou de leurs avocats.

Les juges n’examinent pas et n’interrogent pas rigoureusement les affirmations des procureurs, et acceptent régulièrement les aveux des accusés comme preuve de culpabilité, même dans les cas où les accusés ont déclaré au tribunal que leurs aveux avaient été extorqués sous la torture, a également déclaré Amnesty.

Au moins 20 Saoudiens chiites jugés par le tribunal ont été condamnés à mort « sur la base d’aveux extraits sous la torture », dont 17 ont déjà été exécutés, a ajouté le groupe.

« Au moment de la rédaction de ce rapport, les procès devant le Tribunal pénal spécial d’au moins 11 personnes détenues pour avoir exercé pacifiquement leur liberté d’expression et d’association étaient toujours en cours. Environ 52 autres purgeaient des peines de 5 à 30 ans de prison prononcées par cette juridiction. Plusieurs chiites saoudiens, notamment de jeunes hommes jugés pour des « crimes » commis alors qu’ils avaient moins de 18 ans, risquaient d’être exécutés d’un moment à l’autre à la suite de procès contraires aux normes d’équité les plus élémentaires devant le Tribunal pénal spécial. Ils avaient de bonnes raisons de craindre le pire : au moins 28 chiites saoudiens ont été exécutés depuis 2016. » Amnesty International

En vertu de la doctrine wahhabite en vigueur en Arabie Saoudite, les juges ont un large pouvoir discrétionnaire pour prononcer et prononcer des condamnations à mort pour des infractions ayant ou non causé la mort.

Comme d’autres groupes de défense des droits humains, Amnesty n’a pas été autorisée à effectuer des recherches à l’intérieur de l’Arabie saoudite.

Lire le rapport complet d’Amnesty en français.

Voir également sur l’exécution de Nimr al-Nimr :

Arabie Saoudite et Iran : conflits religieux ou politiques ?

Nasrallah : L’exécution de Nimr al-Nimr signe l’arrêt de mort des Saoud

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21 réactions


  • ETTORE ETTORE 10 février 2020 17:14

    Au vu de ce que nous avons en France,« pays civilisé », comme dictateur (CON)sanguin.....

    Pensez vous vraiment que ces attardés, et immoraux bédouins, éleveurs de chèvres, devenus opportunistes friqués, par les besoins de notre civilisation, puissent se « payer »une démocratie ?

    Alors que nous, qui en avions une, sombrons dans une pâle copie de gouvernance, à l’image de ces pourris de pognon ( et du trognon ) ?

    On devrait y envoyer notre micron, faire la traversée du désert, nu, sans chemise et sans pantalon !

    Quelque chose me dit qu’il trouveras abri et (Ré)confort sous une djellaba providentielle.

    Et bon débarras, quitte à changer de chameau.....


  • popov 10 février 2020 17:24

    Iran et Arabie Saoudite : les deux faces d’une même pièce qui s’appelle l’islam.


    • popov 11 février 2020 08:21

      @QAmonBra

      Qu’est-ce que vous feriez pour défléchir les attaques contre l’islam si vous n’aviez pas ce bouclier que vous appelez les $ionnards ? C’est bien pratique la Palestine.


    • AmonBra QAmonBra 11 février 2020 13:40

      @dhimi-trius (à $ion)

      Tssss tssss ! $aoudiens & $ionnards c’est kif kif bourricot et tu le sais bien mon $ionnard !

      Chacun son trip, je suis d’un naturel taquin, c’est plus fort que moi, j’adore taquiner les cons et, en plus, j’ai trouvé un sacré filon sur AV ! 

      Tsss tsss ! Tu devrais essayer de sucer ta queue, le chacal y arrive bien lui ! . . .


    • AmonBra QAmonBra 11 février 2020 13:50

      @popov

      Des faits rien que des faits et vous du « blabla » que du « blabla ». . .


    • popov 11 février 2020 16:58

      @QAmonBra

      L’autre jour, vous vous preniez pour Socrate tout en conseillant aux gens qui se prennent pour ce qu’ils sont d’aller consulter.


    • AmonBra QAmonBra 11 février 2020 21:37

      @popov

      Un alcoolique ne reconnaitra jamais qu’il l’est, kif kif bourricot pour les racistes, il leur faut donc, si ils veulent en guérir, une aide extérieure sous forme de thérapie et je ne suis pas médecin.
      J’essaye seulement, autant que faire se peut, de leur faire prendre conscience de la connerie qui les ronge. . . 


    • popov 12 février 2020 05:50

      @QAmonBra

      Vous feriez mieux de regarder le mal qui vous ronge. Sur l’article de Daniel MARTIN, je suis le seul à avoir essayé de donner une réponse documentée à sa question.
      Pendant que vous nous faisiez la dance du ventre avec vos siouniss pour faire diversion.


    • Jonas 12 février 2020 08:26

      @QAmonBra

       Saddam Hussein, Kadhafi , Bachar Al-Assad et Omar Al-Bachir sont la quintessence des dictateurs arabo-musulmans. Omar Al-Béchir ( 300 000 morts au Darfour) soit le double des morts de toutes les guerres Israélo/Arabes en 100 ans , sera peut-être livré a la CPI , selon le pouvoir soudanais.

      Tant qu’il était au pouvoir les pays Arabo-musulmans , passaient outre la décision de la CPI.
      Le dictateur était reçu , avec tapis rouge , à Alger , Tunis, Le Caire , Baghdad , Damas etc , avec les honneurs dus aux chefs d’Etat. Ces pays arabo-musulmans considéraient ce dictateur sanguinaire de la même lignée que Saddam Hussein Kadhafi , Bachar Al-Assad, etc comme innocent et victime des sionistes pour être  disaient-ils un « bon musulman ». Sans donner la définition de ce qu’est un bon musulman ? Est -ce par rapport au nombre de victimes ?

       Dans ce cas, la hiérarchie des dictateurs, pour le nombre de morts dans cette région, c’est pour l’instant  Saddam Hussein qui tient la corde , peut-être sera-t-il dépassé par Bachar Al-Assad a la fin du conflit syrien ? 

      Aujourd’hui , le dictateur Omar Al-Béchir est à terre , les pays arabo-musulmans oublient qu’il a été victime du sionisme et ne disent plus rien sur la CPI. 
      Comme toujours , les arabo-musulmans , prennent les trains en retard, ou des trains qui ne passent plus. 


  • caillou14 rita 11 février 2020 08:46

    MBS est un grand ami de Trump !

    scie scie !


  • zygzornifle zygzornifle 11 février 2020 10:54

    Vite il faut l’intégrer dans l’UE ....


  • cassandre4 cassandre4 11 février 2020 11:04

    C’est comme chez nous, quoi !..


  • zygzornifle zygzornifle 11 février 2020 12:26

    ça ne dérange pas nos chefs d’état d’aller la bas pour leur lécher le croupion ....


  • cariole 11 février 2020 13:04

    @zygzornifle

    C’est pas comme ça qu’il faut le voir.On m’a toujours dit « le client à toujours raison » et ce sont de bons clients 


  • Initiativedharman Initiativedharman 11 février 2020 16:12

    Ils sont chouettes nos amis les saoudiens, ils sont hautement fréquentables et dignes de respect. Continuons donc à converser, échanger, communiquer avec ces barbares d’un autre Temps. Pitoyable.


  • eric 11 février 2020 16:58

    Vous avez un regard capitaliste sur l’Arabie. Une volonté impérialiste d’imposer votre culture à la diversité d’une religion de paix et d’amour.

    Au début du Manifeste du parti communiste, Marx affirmait : « Un spectre hante l’Europe : le spectre du communisme. » En le parodiant, on pourrait avancer qu’aujourd’hui un spectre hante la planète, celui d’une mondialisation de type libéral. Ce renversement de situation surprendrait assurément l’auteur du Capital, mais il le conforterait aussi dans son jugement sur un capitalisme foncièrement entreprenant, dynamique, balayant sur son passage les structures anciennes, déracinant les hommes et les peuples de leurs cultures et de leurs traditions, apparemment emporté dans une dynamique sans principe ni logique repérables.


    C’est pas gentil, voir raciste, pour ne pas dire islamophobe. Bref, vous êtes réac quoi...


  • Jonas 11 février 2020 18:20

    « Le Cri des peuples » le porte-parole du régime criminel des mollahs de réveille, l’Arabie saoudite existe depuis, septembre 1932, et depuis cette date , le wahhabisme a été fidèle a lui-même en appliquant la chari’a , avec ses horreurs. 

    L’Arabie saoudite , comme le régime criminel des mollahs sont deux oeufs pourris avec de simples nuances de colorations.

    Le régime criminel des mollahs est pris de panique a la proche des élections législatives du 21 février 2020. 

    Après les 92 candidats invalidés , qui s’ajoutent aux 9500 , que le Conseil des gardiens de la révolution a empêché de concourir. 5000 seulement ont reçu l’autorisation du guide suprême. Celui-ci lance un cri d’alarme ;

    << Je demande a tous les iraniens de participer massivement aux élections. Votre présence aux urnes est une assurance pour la sécurité du pays. La forte participation aux élections est un signe de soutien au régime. Car il s’agit de la sécurité du pays et de l’honneur du régime. Le peuple doit participer aux élections .>> 

    La sécurité et l"honneur du régime des mollahs dépendent de simples élections législatives. 


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