mardi 23 novembre - par Daniel MARTIN

L’hôpital public doit cesser d’être géré comme une entreprise

 

Les urgences d’hôpitaux publics ferment dans le pays. Que ce soit pour quelques heures, des nuits, chaque jour ou pendant plusieurs semaines, ces services doivent fermer leurs portes faute de personnels soignants. Cela illustre la gestion selon le modèle de « l'hôpital entreprise » avec l'obsession de la performance et de la rentabilité en cours depuis des décennies.

Réduction des coûts et augmentation des activités de l’hôpital public

Au cours de ces 10 dernières années l'hôpital a réduit de plus de 8 milliards d'euros ses coûts tout en augmentant d'au moins 14 % ses activités. Le modèle de « l'hôpital entreprise » avec l'obsession de la performance et de la rentabilité, au détriment d'une approche respectueuse de la personne malade dans ses choix et ses droits, s'est aujourd’hui imposé comme un dogme. Au point de ne plus distinguer certaines pratiques du service public.

A l’évidence, c’est désormais la primauté de la rentabilité et l'évaluation des filières et des dispositifs selon des critères de management, comparable au secteur privé.

Pour autant l'hôpital public assume encore sans discriminations des missions d'excellence dans les domaines biomédicaux les plus innovants, parfois les plus coûteux et les moins rentables. Mais pour autant, parfois des considérations financières déterminent la sélection et les conditions de leur offre, dans le but de parvenir à un profit assuré.

Il faut aussi considérer que ces dernières années, nos hôpitaux publics se sont appauvris du départ de nombre de professionnels préférant à un combat épuisant, injuste et incertain les faveurs du secteur privé.

Il y a moins de 20 ans, la France avait le meilleur système de santé parmi les pays de l’UE. Aujourd’hui elle n’est même pas dans les dix premières places de ce classement.

Depuis plusieurs semaines, des annonces de fermetures de services d’urgences dans différents lieux du pays

- Le service des urgences de l’hôpital de Givors dans le Rhône ferme temporairement la nuit jusqu’au 30 novembre prochain”

- Les urgences de l’hôpital de Laval fermaient quatre nuits la première semaine de novembre

- Le service de soins non programmés de la polyclinique Maynard de Bastia était fermé du lundi 1er au mardi 9 novembre 2021”

- Jusqu’au 31 décembre, les urgences de l’hôpital du Gier à St. Chamond (Loire) seront ouvertes uniquement de 9h à 19h”

- Ou encore : “Le Pôle Santé Sarthe et Loir (PSSL) avait fermé ses urgences le 8 Novembre de 20h30 à 8h30.

Actuellement, environ 20 % des des lits sont fermés dans l’hôpital public et la situation est tout aussi préoccupante pour les urgences pédiatriques. Une situation gravissime qui oblige parfois certain(e)s patient(e)s à être transférés vers d’autres hôpitaux, quitte à mettre leur vie en danger. Ce n'est pas soutenable !

Il est urgent d’entendre enfin la souffrance des personnels de l'hôpital public

L'exemplarité de l’engagement du personnel médical, avec la conviction de s'opposer à la dissolution de nos valeurs démocratiques et à l'abandon des plus vulnérables, nous est indispensable. Ils nous l'ont démontré depuis le début de la pandémie.

Il n’est pas acceptable que tant de préconisations, de plans, d'encadrements et de procédures gestionnaires cumulées se soient avérées, à l'épreuve des faits, plus néfastes qu'efficaces. Les contraintes de toute nature entre suppression des postes, fermetures des lits, régulations strictement administratives et comptables des décisions stratégiques et organisationnelles, y compris d'ordre médical, ont abouti à des circonstances aujourd'hui considérées comme insupportables, incompatibles avec un devoir de reconnaissance de ce que l'esprit soignant signifie dans un service public.

L'inattention, voire parfois le dédain de la part des directions hospitalières à l’égard du personnel médical de terrain qui incarne un sens exigeant du bien commun, auquel est confiée la mission de soigner et de réparer notre bien commun, c’est à dire la santé, ne peuvent que ressentir un sentiment d'abandon, voire de mépris. Alors qu’ils puisent en eux et dans la vocation du service public leur capacité à intervenir, mais très souvent souvent avec le sentiment de résister seuls… Ce n'est plus acceptable.

En 2020, les salaires des infirmier(e)s et des aides soignant(e)s étaient parmi les plus bas de l’Union Européenne

En 2020, La pandémie du Covid-19 a mis en exergue le fait que le personnel soignant en France n’était pas rémunéré à sa juste valeur. Le personnel infirmier hospitalier gagnait ainsi 6 % de moins que la moyenne française. Le gouvernement avait alors promis une revalorisation « significative », pour atteindre « la moyenne européenne ».

En annonçant le lancement du Ségur de la Santé à partir du 25 mai 2020, le ministre de la Santé Olivier Véran avait jugé à propos des infirmières que la nation allait devoir faire un effort important pour reconnaître leur rôle. Le ministre souhaitait rapidement atteindre un niveau de rémunération correspondant au moins au niveau de la moyenne Européenne.

Le personnel infirmier hospitalier est en effet souvent considéré comme mal payé en France, par rapport aux pays voisins. Qu’en est-il exactement ? Et quelle augmentation serait nécessaire pour atteindre au moins la moyenne européenne ?

Le Ségur de la santé a-t-il porté ses fruits ?

Après sept semaines de discussions, le ministre de la Santé Olivier Véran et les syndicats sont parvenus à un projet d'accord sur la répartition de plus de 7,5 milliards d'euros promis aux salariés des hôpitaux, en première ligne face au Covid-19. Trois syndicats ont décidé après discussion interne de valider le document : Force ouvrière (deuxième syndicat de la fonction publique hospitalière avec 24,7% des voix), la CFDT (24,1%) et l'Unsa (5,6%), permettant de franchir le seuil des 50% de représentativité.

Le document prévoyait 20 mesures, dont une hausse de salaire de 183 euros net mensuels pour l'ensemble des personnels des établissements hospitaliers et des EHPAD, à l'exception des médecins, qui font l'objet de négociations séparées. Cette augmentation de salaire dite " socle" a été votée en fin d'année 2020 dans le budget de la Sécu et est intervenue en deux temps : une première revalorisation de 90 euros « avec un effet rétroactif » au 1er septembre et une autre de 93 euros au 1er mars 2021. 

Plus de 500 000 agents publics sont par ailleurs concernés par la revalorisation de leurs grilles salariales. Mais le compte y est-il ?

Cet effort a semblé malgré tout insuffisant : ces annonces n’ont toutefois pas stoppé les départs des hôpitaux. Dans le public comme le privé, puisque la fédération de l’hospitalisation déplore également de « pénuries alarmantes de professionnels de santé, notamment paramédicaux ». Inquiétant, alors que La France risque probablement d’affronter une nouvelle vague de Covid-19 pendant la période hivernale de 2021. il ne faudrait pas également oublier que le personnel soignant a aussi besoin de vacances…

Comparaison des salaires des infirmier(e)s et aides soignant(e)s avec d’autres pays

Israël = 1,6 fois le salaire moyen

C’est donc en Israël que les infirmier(e)s sont proportionnellement au niveau de vie le mieux payés. Plus d’une fois et demi le salaire moyen qui s’établit autour de 2200 euros. Les infirmier(e)s gagnent donc un peu plus de 3000 euros mensuels.

Le Luxembourg = 1,4 fois le salaire moyen

Sachant qu’au Luxembourg le salaire moyen est le plus élevé d’Europe et s’établit à 3500 euros, soit le salaire des infirmier(e)s à 4900 euros mensuel.

La Grèce = 1,2 fois le salaire moyen

Comme l’Espagne, la Grèce, durement touchée par la crise, a essayé de maintenir un niveau de salaire correct pour ses fonctionnaires. Les infirmiers en Grèce gagnent donc un peu plus que la moyenne des salaires qui est de 1500 euros, soit environ 1800 euros.

L'Australie = 1,2 fois le salaire moyen

Salaire moyen 3500 euros par mois en moyenne. Les infirmier(e)s gagnent un peu plus, autour de 4200 euros.

L'Allemagne = 1,2 fois le salaire moyen

Le salaire moyen en Allemagne s’établit autour de 3200 euros. Mais les disparités régionales sont importantes et donc ce salaire indicatif est difficile à comparer aux autres pays dans la mesure où la fiscalité peut être tout à fait différente d’un lander à l’autre. Toutefois les infirmier(e)s gagnent en moyenne un peu plus qu’en France, mais qu’avancer un chiffre ne servirait à rien.

Le Japon = 1,1 fois le salaire moyen

Avec un salaire moyen à 2630 euros par mois, le Japon est bien évidemment l’un des pays les plus riches du monde. Et trouve quand même le moyen de payer pas mal ses infirmier(e)s, autour de 2900 euros.

Toutes ces informations sont recueillies sur le site :https://www.topito.com/top-pays-payent-le-mieux-infirmiers

Il faut cependant rappeler que les comparaisons des rémunérations entre pays sont toujours délicates et sujettes à caution, quelle que soit la profession. Les impôts et charges, le nombre d’heures travaillées, les avantages et primes varient d’un pays à l’autre, et on ne peut pas aligner simplement les salaires bruts pour les comparer.

Pour conclure

Il est urgent de refonder l'hôpital public, sortir de gestion du modèle de « l'hôpital entreprise » pour enfin avoir l'ambition de reconnaître comme une des priorités de notre République les valeurs d'hospitalité, l'exigence de solidarité, de compétence et de bienveillance du personnel médical. Cette ambition doit être affirmée dans les engagements proposés à la nation par les candidats à l'élection présidentielle, car nos « forçats » de la santé méritent mieux !

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18 réactions


  • eddofr eddofr 23 novembre 10:33

    Je suis un peu déçus par le contenu de l’article, qui ne traite finalement que du salaire des infirmiers.

    Même si celui-ci est important, j’aurais aimé voir abordé le problème du nombre de lit réellement disponibles, la capacité du système de santé à « absorber » les crises épisodiques ou exceptionnelles, la recherche médicale « non lucrative », les temps de repos des soignants, l’accueil, l’accompagnement et le traitement des patients, la déontologie, le libre consentement, ...


    • Schrek Emmet Brickowski 23 novembre 11:07

      @eddofr

      Oui, moi aussi, alors j’ai hâte de lire votre article !


    • eddofr eddofr 23 novembre 11:10

      @Emmet Brickowski

      Je n’écris que quand j’estime avoir quelque chose d’utile à « dire ».

      Je crains, sur le domaine de l’hôpital et de sa gestion, de n’avoir que des généralité et des « bonnes intentions » à partager.

      Je n’écrirai donc pas d’article sur ce sujet :)


    • Schrek Emmet Brickowski 23 novembre 11:32

      Vos scrupules vous honorent, mais si les tribunes n’étaient occupées que par des textes qui ont « quelque chose d’utile à dire », les fournisseurs d’accès feraient faillite et les boulimiques de l’agitation verbale sombreraient dans une dépression préjudiciable à la bonne santé de la société toute entière. Le bavardage est aussi utile à la communication que les cafés du commerce à l’économie (et vice-versa).


  • Olivier Perriet Olivier Perriet 23 novembre 11:55

    Est-ce que si l’Hôpital est géré comme une entreprise, c’est parce que ce serait un gouffre financier sinon, avec des dépenses en hausse chaque année, et des mandarins qui décideraient eux-mêmes de leurs dépenses.

    Médecins ou personnels hospitaliers qui par ailleurs, et selon les moments et leurs intérêts réthoriques  :

    1. critiquent le nombre trop élevé d’administratifs à l’Hôpital
    2. estiment qu’ils font trop d’administratif.

    Il y a moins de 20 ans, la France avait le meilleur système de santé parmi les pays de l’UE.

    Là on se marre : il y a 20 ans c’était la canicule de 2003.

    L’hopital public ne résume pas le système de santé et heureusement.


  • zygzornifle zygzornifle 23 novembre 12:00

    La France est gouvernée par un banquier trader comment voulez vous que l’hôpital soit traité autrement ....


  • wagos wagos 23 novembre 14:06

    La Cour des Comptes examine et tait des rapports sur la gestion de la santé publique, 

    Même si c’est une administration , elle est tenue de la bonne gestion des hôpitaux quant à l’équilibre des comptes de fonctionnement....au même titre que tous les services d’état ! 

    Or il y a des dépenses souvent injustifiées...


  • wagos wagos 23 novembre 14:10

    Et fait des rapports...pardon 


  • tashrin 23 novembre 16:45

    ... Comme tous les services publics...


  • Albert123 23 novembre 17:41

    15.000 professionnels de la santé mis sur la touche par le passeport vaccinal, projet hautement soutenu par les totalitaristes de la gauche (écologistes néo malthusiens ou non). 

    l’auteur nous fait juste une « Ruffin »


  • LeMerou 23 novembre 17:46

    @L’Auteur.

    Non, l’hôpital public doit être géré comme une Entreprise, il faut quand même à un moment arrêter les gabegies de dépenses d’argent public, le votre, le mien aussi. Mettre un peu d’ordre dans un système féodal, ou la notion de « juste dépense » n’existe pas. Le confort du malade à bon dos.

    Les Urgences n’en peuvent plus ! La question bonne question est pourquoi ?

    Et la réponse toute prête « A cause du manque d’effectif » n’est absolument pas viable, je suis désolé.

    Les urgences sont là, pour panser, réparer, ce qui ne peut être fait par la médecine de ville.

    Hors la démission de la médecine de ville dans sa mission d’intérêt public est à la base du problème, hier, enfin il y a quelques temps, le gamin qui fait une poussée de fièvre se traduisait par un appel au médecin de garde, aujourd’hui cela se traduit par un tel chemin de croix que la résultante est : Ont va aux urgences ! pour y recevoir quoi ?

    Des soins que tout bon médecin de ville aurait prodigué.Mais ont préfère attendre jusqu’à quatre heures, en râlant fort devant un personnel qui forcément se retrouve en sous-effectif.

    Regardez la complexité administrative qui gère les horaires de travail du personnel hospitalier, c’est une hérésie de complexité qu’il serait souhaitable de réformer complètement pour faire simple. Ensuite que la rémunération de ces personnels ne soit pas suffisante est possible.

    L’hôpital public à besoin d’être réformé c’est indispensable, tout le monde le veux, le souhaite, le désire y compris son personnel, mais cela doit se faire dans la continuité, sans rien bouger. Comme dans toutes les administrations publiques finalement.

    Se servir de la pandémie actuelle comme vecteur de propagande d’un mal être n’est pas raisonnable, toute structure hospitalière parfaitement organisée, ne peut faire face à un afflux soudain, massif de patients atteints de la même affection. Tant sur plan des effectifs que du matériel.

    Doit on alors prévoir, la probabilité d’une autre épidémie, en dopant les effectifs, les matériels ? Pourquoi pas, mais qui va payer ? L’Etat, donc nous.

    Les structures hospitalières devraient aussi implantées différemment, certes 80 % de la population Française vis dans des villes et quid du restant, amené à parcourir parfois plus de 100 km aller et retour ?

    Entre faire un AVC en ville et un AVC en campagne, les chances de survies ne sont pas les mêmes. 

    Qu’il existe un mal-être est certainement vrai, et probablement à cause de réformes du système totalement inadaptées. L’histoire nous a appris que toutes les réformes menées par l’état sur ses corps administratifs échouent lamentablement dans un fatras de complexité, voulant trop préserver tel ou telle.

    La réforme des Régions censée diminuer la complexité de fonctionnement, en améliorer sa « vitesse » de fonctionnement par une rationalisation (terme banni du corps administratif) est un échec, pire même. Cette réforme à fini par gérer de l’emploi...........................


  • Bertrand Loubard 23 novembre 20:13

    Merci pour l’article. Qui pourra me dire ce qu’il en est de la réquisition des cliniques privées ? De la mise en place d’hôpitaux militaires de campagne ???? Bien à vous.


  • Fanny 23 novembre 22:23

    Il faut cependant rappeler que les comparaisons des rémunérations entre pays sont toujours délicates et sujettes à caution, quelle que soit la profession. Les impôts et charges, le nombre d’heures travaillées, les avantages et primes varient d’un pays à l’autre, et on ne peut pas aligner simplement les salaires bruts pour les comparer.

    Sans oublier la retraite, qui a un coût pour l’Etat. Ainsi l’EducNat est réputée très mal payer ses agents en comparaison de l’Allemagne. Quand on inclut la retraite et que l’on compare le coût global des enseignants pour l’Etat, l’écart diminue fortement pour s’inverser pour certains.

    Je tiens à préciser que j’ai bénéficié récemment d’une prestation royale dans un hôpital public de la banlieue parisienne où j’ai subi une lourde opération. Il ya des services techniquement à la pointe et très bien organisés au plan administratif. Ma seule remarque : je n’ai absolument rien payé, j’auarais néanmoins voulu connaître le coût de mon séjour, qui devait se chiffrer en dizaines de milliers d’euros. Je n’ai pas eu l’information.


  • Oh Là ! Et on ne confine pas les fumeurs ? Faudrait peut être faire un recours

    https://twitter.com/DIVIZIO1/status/1463280495354167300


  • Je vous parlerai de la guerre que je veux mener contre la radicalisation du discours à l’égard des personnes prudentes. Honnêtement je pense vraiment qu’avec un peu de patience on peut réussir à faire de cette merde une opportunité ! Demain soir 21 h 15 4/4

    De la bienveillance et des idées. Nous avons investi du temps et de l’argent pour aider les personnes en situation de détresse et contribuerons le faire ! Nous n’y gagnons rien d’autre que le fait de pouvoir dormir en nous disant que nous avons pris soin de nos Frères 3/4

    Je suis venu ici aussi pour ça : réfléchir à comment permettre à des personnes jetées comme des mal propres de transformer ce drame en opportunité ! Nous avons des pistes sérieuses et concrètes dont je parlerai ! Pas de miracle pas de baguette magique mais de l’intelligence 2/4

  • https://twitter.com/AnonymeCitoyen/status/1463239210878578699

    Pendant ce temps au Ministère des Outre-mer. #OutreMer
    Les policiers se sont déployés à Arnhem hier soir aux Pays-Bas suite à la circulation d’appel à l’ém*ute sur les réseaux sociaux. Ces derniers jours des émeut*s ont eu lieu à Rotterdam, La Haye, Leeuwarden, Groningen et Enschede.

    Barrages incendiés et affrontem*nts cette nuit en #Martinique notamment à Fort-de-France alors que la grève générale contre le pass sanitaire, l’obligation vaccinale et la vie chère dure depuis deux jours. #OutreMer #Guadeloupe


  • zygzornifle zygzornifle 24 novembre 08:39

    On va mettre en chantier un autre porte couillons, il faut bien racler ailleurs dans les budgets .... 


  • Quand l’éveillé montre les 11300 milliards d’évasion fiscale , l’imbécile fustige le RSA de son voisin .

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