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La comédie gauloise - AgoraVox le média citoyen
lundi 10 novembre 2014 - par Emile Mourey

La comédie gauloise

France 2, je cite : "Dans un numéro inédit et exceptionnel de "Secrets d’Histoire", Stéphane Bern nous emmène sur les lieux mêmes où s’est déroulée la grande épopée de César... Le mardi 25 novembre 2014 en première partie de soirée sur France 2, nous plongerons dans les fastes et les intrigues de la Rome antique, nous assisterons à des banquets et à des combats de gladiateurs, nous irons à BIBRACTE, en Bourgogne, à la rencontre des Gaulois d’avant la conquête...." fin de citation.

Problème...

Bibracte n'est pas le mont Beuvray. Le mont Beuvray n'est que le site de Gorgobina cité par César (DBG VII, 9). Oppidum maître de la Loire, tenu primitivement par les Arvernes face aux Éduens de la Saône qui cherchaient à s'étendre, occupé ensuite par les Germains appelés en renfort, Arioviste y vainquit une coalition gauloise éduenne venue pour le déloger (1). Si l'on traduit correctement ses Commentaires sur la guerre des Gaules, c'est ici, au mont Beuvray, que César installa les Boïens après la victoire qu'il remporta contre eux et les Helvètes. Véritable oeil de Moscou au profit du conquérant, ainsi s'expliquent les nombreux vestiges d'amphores retrouvés sur le site que César a fait venir d'Italie pour ravitailler son nouvel allié. http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/bibracte-une-erreur-de-138162. Ainsi s'explique l'étendue de la position retranchée où ont dû s'installer dans l'urgence les quelques 40 000 Boïens vaincus, probablement moins. S'explique également la relative abondance des offrandes de monnaies, le mont Beuvray, site mystique, étant déjà à cette époque, vénéré comme une demeure des dieux (2).

Messieurs les archéologues, j'en appelle à votre raison ! Pour les plus favorisés d'entre vous, vous devez vos postes et votre carrière à vos anciens notables mais ouvrez les yeux, que diable !

Ancien professeur au Collège de France, Christian Goudineau, votre maître à penser, s'est fort habilement ménagé une position de repli en se défaussant sur le marchand de vin Bulliot, premier fouilleur du site, tout en écrivant : Dès lors, les historiens doivent se poser la question suivante : à 27 km de quelle ville éduenne peut-on trouver un champ de bataille correspondant à la description de César ? (3).

Il se déchaîne dans ses ouvrages et articles contre les historiens qui ne sont pas de métier, mais quand un journaliste lui demande d"exposer ses arguments, il se défile. Je cite : « Il les écarte (mes arguments) avec le bouclier de la science et l’armure de l’institution, sans se donner la peine de les réfuter. ». Jean-Philippe Mestre, Le Progrès de Lyon du 18/04/1999.
 
"Du désir à la réalité, il y a un fossé. Ou plutôt... des fossés, relevés par les archéologues. Aux savantes interprétations (qui sont, bien évidemment les miennes), ces derniers opposent mille faits objectifs : plans, armes..." (extrait du catalogue 2002 de l’exposition de Bibracte "sur les traces de César" sous l'autorité de Vincent Guichard, directeur du Centre archéologique européen du mont Beuvray). 

 À la fin de mon interview diffusée par FR3 Bourgogne le 14 avril 1999, refusant le débat, ce fidèle de M. Goudineau se retranche derrière la communauté scientifique en déclarant que ... dans la communauté scientifique, ça fait belle lurette que plus personne ne doute. Ça fait au moins 130 ans que plus personne ne doute de la localisation de Bibracte http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/on-ne-va-pas-recommencer-une-103035

Puis, apparemment saisi par le doute, rédacteur anonyme probable de la réponse de la ministre de la Culture à une question écrite, il s'exprime ainsi en 2013 : La stricte identification de Bibracte au site du Mont Beuvray s'avère d'un intérêt accessoire http://questions.assemblee-nationale.fr/q14/14-21322QE.htm

Se ménageant, lui aussi, une position de repli, il avait écrit dès 1998 dans le numéro 55 de la revue Gallia : ... Si le développement d'une ville à cet endroit (mont Beuvray) s'explique assez bien par une situation privilégiée au point de rencontre des bassins de la Loire et de la Seine et de l'axe Saône-Rhône, l'installation sur cette montagne défie apparament toute logique à l'échelle de la microrégion si l'on se réfère aux conditions topographiques et climatiques : pluie, froid, brouillard, pentes, qui ne sont pas des conditions idéales pour une agglomération qui se veut urbaine.

Bref, le responsable de l'identification erronée du site de Bibracte au mont Beuvray, c'est Bulliot, un marchand de vin qui vivait au Second Empire.

Après ce premier scandale d'une erreur de localisation qu'on ne veut pas reconnaître, le second scandale est d'extrapoler, à partir des fouilles du mont Beuvray, cette idée absolument absurde que les Gaulois ne construisaient qu'en bois.

C'est ainsi que les trois hautes tours, évidemment en pierres, dont les traces ont été retrouvées à Bourges - la plus belle ville de la Gaule selon César - sont attribuées aux Romains alors qu'elles sont évoquées dans une médaille gauloise http://www.dumez-numismatique.com/article.asp?langue=fr&article=8560, et alors que César écrit avoir dressé contre elles une rampe d'assaut de près 23 mètres de haut (DBG VII, 24).

C'est ainsi que lors des journées du patrimoine, les visiteurs ne peuvent me croire quand je leur affirme que la tour de Taisey proche de Chalon, toujours existante, en pierres, date de plusieurs siècles avant J.C..

En expliquant l'origine de notre histoire gauloise à partir de la cité chalonnaise citée par Strabon, la vision est en effet toute autre : http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/bibracte-cabillodunum-aveuglement-158704

Alors que Rome n'était encore construite qu'en bois au temps de Néron, ce qui favorisa son embrasement, les maisons de Bibracte que je situe à Mont-Saint-Vincent et celles de Cabillodunum que je situe à Taisey, proche de l'actuel Chalon, étaient en pierres cimentées de chaux. Elles possédaient même des cheminées intérieures pour se chauffer.

Au IVème siècle, bien en avance sur l'Italie, pratiquement toutes les cités gauloises avaient déjà leur basilique - c'est ce qu'indique la carte de Peutinger - et cela nous oblige à une réinterprétation absolument révolutionnaire de notre fabuleux patrimoine dit roman.

Turpitudes et belles carrières pèsent plus que la recherche de la vérité historique.

Par lettre DP/B2/PCM/CG du 3/3/93, Mme WANDA DIEBOLT, sous-directeur de l'archéologie, me remercie pour l'envoi de mon "Histoire de Bibracte, le bouclier éduen". Il entrera à la bibliothèque de ce service. Elle ne l'a probablement pas lu. Tragique conséquence : c'est sous son ministère que sera effacé le messie guerrier en armes qui figurait dans la fresque de Gourdon, fresque judaïque que je date du Ier siècle avant J.C.. Mme Diebolt a continué tranquillement sa carrière ; elle est aujourd'hui présidente de l'EPCC Bibracte.

Marie-Christine LABOURDETTE a été directrice des affaires culturelles de la région Bourgogne de 2003 à 2007. Elle est au courant de ma contestation et de mes ouvrages mais en bon élève de l'ENA, elle a fait le choix du consensus. Elle est actuellement directrice adjointe chargée des musées à la direction générale des patrimoines et soutient activement le musée du mont Beuvray.

Mme Isabelle BALSAMO a été en charge de la sous-direction de l'archéologie de 2003 à 2011. J'ai entretenu avec elle un courrier amical mais sans résultat, c'était à prévoir. Elle est actuellement cheffe de l'inspection du patrimoine.

L'actuelle Directrice Régionale des Affaires Culturelles de Bourgogne est actuellement Mme Creff. Elle ne répond ni à mes invitations ni à mes courriers.

Je ne suis qu'un honnête citoyen, latiniste, qui s'intéresse à l'Histoire.

Le 30/10/81, invité avec des représentants de la Culture et d'autres officiers, à une réunion sur le site d'Alise-Saint-Reine, j'ai apporté mon soutien au professeur Le Gall, en tant que latiniste et militaire, mais tout en faisant des réserves sur son explication de la bataille ; je cite le journal Le Monde du 11/11/81 : ces propos ont été approuvés par au moins l'un des invités : le lieutenant-colonel Mourey. Au cours du déjeuner qui a suivi, j'ai mis en doute la localisation du site de Bibracte, malheureusement sans succès. De là date ma décision d'écrire.

Le 23/12/1992, j'ai fait paraître un article à mes frais pour annoncer la parution de mon premier ouvrage dans lequel je dénonce, arguments à l'appui, l'erreur de localisation de Bibracte. A ma grande surprise, le journal de Saône-et-Loire m'a devancé en publiant un article le 22/12, soit un jour avant, tout en me présentant comme un original. Depuis cette date, ce journal me refuse tout débat.

Même réserve de la part de la Société éduenne d'Autun qui a refusé de m'entendre (JSL du 3/3/1994).

Même réserve de la part de la Société d'Histoire et d'Archéologie de Chalon-sur-Saône qui, par lettre en date du 10/11/1995, s'est désolidarisée de ma démarche.

Autorité officiellement reconnue et directeur du centre archéologique européen, M. Vincent Guichard a clairement fait savoir dans une interview accordée à France culture le 11/02/95 qu'il ne fallait pas recommencer une polémique comme celle qui a eu lieu pour Alésia... ce qui explique tout.

Je ne me plains pas, je déplore la déliquescence du service public.

Et la comédie continue avec la thèse absurde d'une Alésia en Franche-Comté

Je connais Mme Porte, l'invitée d'honneur de l'alésia franc-comtoise, présentée comme une éminente latiniste. J'ai échangé avec elle une courte correspondance. Elle connaît mes travaux. Elle est parfaitement au courant que je considère sa traduction du texte de César comme débile, fausse et honteusement orientée mais elle s'en fiche http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/alesia-le-serpent-de-mer-est-de-152891. Elle sait que sur le plateau, elle n'aura, face à elle, aucun latiniste sérieux pour la contredire, que les quelques archéologues qui seront là se sont déjà déconsidérés par leurs critiques du texte césarien et qu'elle aura beau jeu de lever haut et fort l'emblème gaulois de Vercingétorix tout en fustigeant les dépenses somptuaires du musée d'Alise. Et tout ce cinéma sous l'oeil bienveillant d'un Stéphane Bern acquis à sa cause.

Je déplore, une fois de plus, cette situation qu'accompagne le silence assoudissant de la puissance publique. Madame Creff, représentante de la ministre, directrice de la DRAC, est issue de l'école des chartes. Elle connaît le latin et se trouve donc tout à fait habilitée pour trancher entre les bonnes et mauvaises traductions du texte césarien. J'ai du mal à croire que lors de la récente visite de Madame Fleur Pellerin, on n'ait parlé que de la restauration de l'hôtel particulier où loge le service.

Madame Creff, qu'avez-vous à nous dire ?

Emile Mourey, le 8 novembre 2014, auteur de 282 articles sur Agoravox, de sept livres publiés, site internet www.bibracte.com.

 

Renvois

(1) Cicéron et César évoquent cette bataille sous le nom de Magetobriga et Admagetobriga (Cicéron, ad Att.,1,19,2, César DBG I, 31). Il s'agit du site de Mesvres aux nombreux vestiges dont certains encore existants que les chartes les plus anciennes nomment Magobrium, mot bien évidemment abrégé de Magobrigum. On y a retrouvé, au signal de Notre-Dame-de-la-Certenue, la trace d'un camp antique qui ne peut être que celui de la coalition gauloise.

(2) Le nom de la montagne a survécu, au-dessus d'Autun, sous le nom de Montjeu, mont Jovis, la montagne de Jupiter.

(3) Bibracte et les Eduens, à la découverte d’un peuple gaulois, page 4.

Hommage au merveilleux écrivain que fut Jules César



27 réactions


  • Diogène diogène 10 novembre 2014 10:33

    Bon, OK, pour Bibracte, on a compris, vous nous avez déjà servi plusierus articles.


    Mais pourquoi présenter Stéphane Bern comme un historien ?
    C’est un saltimbanque royaliste et opportuniste fasciné par les dorures de l’ancien régime et affligé d’une maladie incurable : le syndrome du larbin, un trouble du comportement assez répandu et curieusement contagieux.

    Vous n’allez quand même pas argumenter « scientifiquement » sur des émissions de variétés !

    • cathy30 cathy30 10 novembre 2014 10:44

      M. Mourey ne présente pas Stéphane Bern comme un historien. Vous avez des lunettes noires pour lire les articles. Ou bien dés que vous voyez le nom qu’il ne faut pas, votre esprit se brouille, j’opte pour la deuxième hypothèse.


  • cathy30 cathy30 10 novembre 2014 10:34

    M. Mourey

    Vos travaux confirment la diaspora des dix tribus d’Israël chassés par Nabuchodonosor, roi de Babylone. La plupart des tribus se sont dispersées en Europe, vous avez retrouvé cette culture ici-même. Les chaldéens (celtes) sont issus de la même région babylonienne, ils étaient de grands bâtisseurs. Vous êtes entrain de refaire l’histoire officiel et même de confirmer les écrits biblique. Vous ne pensez tout de même pas M. Mourey que cela va passer ? 

    • Diogène diogène 10 novembre 2014 11:53

      Avec des gens comme vous, le créationnisme (intelligent design) a de beaux jours devant lui !

      C’est affligeant !
      Ève a été créée par dieu à partir d’une côte prélevée sur Adam sans anesthésie, et l’ange Gabriel a fait un petit coucou à la vierge Marie qui du coup s’est retrouvée enceinte....
      Vous voulez d’autres contes de féees ou vous dormez déjà ?

    • cathy30 cathy30 10 novembre 2014 12:18

      Diogène

      il est vrai que si vous lisez la bible comme vous lisez l’article de M. Mourey, alors je comprends pourquoi vous passez à côté des paroles du Dieu vivant, que vous venez de déformer totalement.

  • Enabomber Enabomber 10 novembre 2014 10:37

    L’archéologie n’est plus qu’un mélange de propagande et de spectacle mené par des mandarins. Tout comme en paléoanthropologie, la société française du spectacle a créé pour Coppens le trône usurpé d’inventeur de Lucy.


  • Emile Mourey Emile Mourey 10 novembre 2014 10:37

    Tous les chemins mènent à Rome.


    • Diogène diogène 10 novembre 2014 12:24

      Oui, mais de chez nous, je vous conseille la via Aurelia : les paysages sont magnifiques !


    • Piotrek Piotrek 10 novembre 2014 17:09

      Tous les chemins mènent à Rome.

      Sauf si on se gourre de direction ou si l’on est déjà à Rome.

      Je sais : je suis chiant.


  • alberto alberto 10 novembre 2014 13:17

    Salut Mourey,

    J’ai un peu le sentiment que Joël Le Gall t’a mis sur liste rouge !

    Quoiqu’il en soit, le mandarinat étant de plus en plus en vogue il devient dangereux sous peine de bannissement pour celui qui ramène sa science ne collant pas avec la doxa médiatique...

    Demande voir ce qui est arrivé ( dans un autre domaine) à « notre » pourtant Nobel, le Pr. Montagnier qui a eu le culot d’avancer des théories « prohibées » : ?

    A la trappe !!!


  • Piere CHALORY Piere Chalory 10 novembre 2014 13:34

    Bonjour Emile,


    Je suis suffisamment ignorant des choses de l’histoire ancienne pour vous faire confiance, au vu de votre travail conséquent sur ce sujet particulier.


    Mais, il est vrai que les ’numéros inédits et exceptionnels’ de ’secrets d’histoire’, orchestrés par le comique involontaire S. Bern sont bien une sous-soupe ’prime-time & semi-éducative & indigeste & pourraient être, en terme de vérité historique ce que la pertinence des écrits de Botulevy sont à la Philosophie, ou, dans un autre domaine, ce que l’élégance verbale de Patrick Sébastien serait à celle de Jacques Brel. 


    Ou encore, ce que le ’groove’ dégagé par Eddy Mitchell & les Chaussettes Noires est à celui de Vince Taylor ou Fats Domino, ou bien ce que la virilité de Jack Lang est à celle de Robert de Niro, Marcel Cerdan, Hulk.


    Oui, après le ’Journal de 20 heures’, ce terrifiant story-telling frelaté, il faut désormais s’attendre à tout sur ’France télévision’, comme par exemple à ces pseudos ’révélations-historiques noyées dans un décor kitsch genre hall de gare starck-désigné.


    Oui, ce Tv Brouet est bien trop délayé par le vide intersidéral emplissant, telle une matière noire invisible l’espace vacant de la boîte crânienne de ce présentateur ahuri.


    Nous sommes en France, du moins ce qu’il en reste, après 50 ans de lessivage hertzien, d’aplanissement neuronal par Tv gavage continu de têtes trop perméables à l’insane.


    Faites comme moi, n’ouvrez jamais la télé aux heures critiques ; 13 heures, 20 heures, 21 heures. Si vous avez une ’box, utilisez le replay pour pouvoir extraire le (très) peu d’émissions regardables.


    Cordialement


    P. Chalory





  • Antenor Antenor 10 novembre 2014 17:28

    Le Mont-Beuvray n’était sans doute qu’une capitale politico-religieuse de pagus ou de cité, comme Corent, Chateloy, Antoune, Joeuvres et tous les oppidums de grande superficie du même type.

    Ces sites ont été abandonnés soit peu après la conquête des Gaules soit vers 300 lors des réformes de Dioclétien.

    On peut supposer qu’au début les capitales politico-religieuses se trouvaient dans les citadelles. Ensuite, par manque de place, on les a déplacés sur des sites plus vastes à proximité. C’est particulièrement flagrant dans le cas de Joeuvres/Saint-Jean-le-Puy et de Chateloy/Hérisson. Enfin, après la conquête romaine, les capitales politiques ont été fusionnées avec les capitales économiques (Clermont, Chalon, Autun etc...)

    Le Mont-Beuvray devait être la capitale politique d’un pagus dont la citadelle était la Rochemillay. 

    En tous cas, il est risible de situer Bibracte dans le Morvan.

    Pourquoi pas Gergovie dans le Cantal ?


    • Emile Mourey Emile Mourey 10 novembre 2014 18:30

      @Antenor

      Le paradoxe de cette histoire, c’est que l’histoire archéologique du mont Beuvray colle tout à fait avec mon interprétation militaire et la logique. Les datations que donnent les archéologues des vestiges, l’origine des amphores qui viennent d’Italie, une occupation importante mais qui décroit rapidement etc. Aussitôt après leur défaite, les Boïens ont été regroupés au mont Beuvray. S’il s’y trouvaient encore des Germains et des Arvernes, ils n’en ont fait qu’une bouchée. Puis, sans perdre de temps, ils ont essaimé dans le Morvan en s’installant chez l’habitant ou en prenant leur place. Comme je l’ai écrit dans mes ouvrages, c’est très certainement à Luzy qu’ils ont installé leur capitale, peut-être aussi à Château-Chinon tout en conservant une garnison au mont Beuvray. À Luzy, le pilori rappelle qu’il s’y tenait justice, comme le montre la place du carcan à Cabillodunum/Taisey. Nous sommes bien là dans un phénomène d’expansion coloniale vers l’ouest d’une civilisation par fondation de colonies.

    • Emile Mourey Emile Mourey 10 novembre 2014 18:53

      d’un type de société organisée avec ses règles et qui les fait respecter.


    • Antenor Antenor 10 novembre 2014 19:01

      @ Emile

      Il est fort possible qu’après l’abandon du Mont-Beuvray Luzy ait récupéré ses fonctions de chef-lieu politique. Par contre, je demeure sceptique sur le caractère militaire du Mont-Beuvray étant donné qu’on n’y trouve aucune forteresse médiévale.


    • Emile Mourey Emile Mourey 11 novembre 2014 06:46

      Qui a fondé Luzy ? Le mont Beuvray. Qui a fondé, construit, l’oppidum du mont Beuvray dont les traces caractéristiques celtes/chaldéennes ont été relevées par Garenne ? D’après les archéologues, le mont Beuvray témoigne par ses vestiges d’une occupation très ancienne. Donc, les Boïens ont succédé à une occupation ancienne, au mont Beuvray, oui, à Luzy, je ne sais pas. Dans l’itinéraire d’Antonin, Luzy s’appelle Alisincum, Saint-Honoré les Bains sont les eaux d’Alisincum dans la carte de Peutinger. Donc le mont Beuvray s’appelait Alisincum avant que les Boïens s’y installent (?). Mais César lui donne le nom de Gorgobina - la petite Gergovie - normal, puisque les Arvernes y sont à ce moment-là installés, seuls d’abord, puis ensuite avec les Germains qu’ils ont appelés en renfort. Alésia, Alisum, Alisincum, quelle est l’étymologie du mot ? Il y a un Alison en Germanie. Les Boïens sont-ils une population celte/chaldéenne en migration. Le mot Alésia ou Alisum ne se retrouve pas, semble-t-il en pays arverne. 


    • Antenor Antenor 11 novembre 2014 13:21

      « Qui a fondé Luzy ? Le mont Beuvray. Qui a fondé, construit, l’oppidum du mont Beuvray dont les traces caractéristiques celtes/chaldéennes ont été relevées par Garenne ? D’après les archéologues, le mont Beuvray témoigne par ses vestiges d’une occupation très ancienne. »

      On trouve des traces remontant au Néolithique au Mont-Beuvray mais la fondation de l’agglomération et de ses « remparts » est beaucoup plus récente, aux environ de -120.

      A la question : D’où venaient les fondateurs de l’agglomération du Mont-Beuvray ? Je réponds : de la citadelle de Larochemillay. De même que les fondateurs de l’agglomération de Corent venaient de la citadelle du Crest. Idem dans le pagus de Roanne avec l’oppidum de Joeuvres et la citadelle de Saint-Jean-Saint-Maurice.

      Ce qui n’empêche pas que les Arvernes ou leurs alliés aient pu s’en emparer.

      Si comme vous le pensez les Boïens se sont implantés dans le secteur du Beuvray, (j’y placerais plutôt les Ambivarètes) c’est à mon avis Larochemillay qui a été assiègée par Vercingétorix.


  • Emile Mourey Emile Mourey 10 novembre 2014 22:11

    Il s’y trouvait un oppidum à la base ovale, en forme d’oeuf ouvert sur le ciel, comme à Mont-Saint-Vincent, comme à Alise-Sainte-Reine, donc fortification militaire. Garenne qui est le premier fouilleur du site en a donné un croquis tellement précis dans son ouvrage qu’il n’est pas possible qu’il l’ait inventé. Il est curieux que Bulliot ne le mentionne pas. Est-ce une question de rivalité ? C’est possible car Bulliot voulait voir à cet endroit un camp rectangulaire romain, celui de Marc-Antoine, ce qui est, aujourd’hui, reconnu comme le produit de son imagination. Cet oppidum du mont Beuvray était plus grand que celui de Mont-Saint-Vincent, ce qui est logique puisque Mt-St-Vincent est premier. Mais cela signifie aussi qu’il appartenait à l’origine aux Eduens, disons plutôt aux Celtes de Bibracte/Mt-St-Vincent, mais qu’il était tombé aux mains des Arvernes suite aux défaites militaires éduennes quand César arrive en Gaule.


  • Emile Mourey Emile Mourey 13 novembre 2014 13:05
     @ Antenor

    Je ne suis pas contre la datation, vers - 121, des retranchements du mont Beuvray. Le fait qu’il y ait deux enceintes peut s’expliquer. Si on remonte le temps dans mon interprétation, nous avons une implantation boïenne importante d’une certaine durée qui a nécessité surtout au début, en 58 avant J.C., un important ravitaillement en amphores, puis un peu avant, une occupation germaine d’un effectif indéterminé mais cependant conséquent puisque ces Germains ont battu une coalition gauloise en la surprenant dans son camp de toiles à Magetobriga/Mesvres. Dans ce cas, le ravitaillement a dû se faire sur le dos des habitants, suivant l’habitude des conquérants barbares. Normal qu’on trouve, à cette époque, les retranchements les plus étendus.

    Qu’y avait-il avant ? Il n’y avait que l’oppidum ovale dont Garenne a relevé le tracé et dont Bulliot a fait disparaître la trace. Une trace qui n’a pas été datée archéologiquement et qui ne le sera jamais. Cet oppidum est la première fortification construite sur le site et elle se suffit à elle-même pour assurer la sécurité d’une simple garnison dans un milieu aux habitations primitives clairsemées et non organisées. C’est un poste avancé de Mont-Saint-Vincent dans sa « conquête vers l’ouest ». Le fait de reprendre le tracé d’un ovale semblable à celui de Bibracte/Mt-St-Vincent, comme l’a fait d’ailleurs Alise-Sainte-Reine, nous rapproche de la date de la fondation de cet oppidum, date pour laquelle nous avons des pistes, notamment l’errance d’Héraklès, son union avec Galatée et sa fondation d’Alésia, alias Bibracte. Cela nous fait remonter à la colonisation chaldéenne/cananéenne/phénicienne. Diodore nous dit qu’après Héraklès les barbares avaient repris le pouvoir. Cela correspond peut-être à la deuxième époque de l’expansion celte en Europe laquelle a succédé à celle des grands princes celtes.

    Le mont Beuvray est appelé Gorgobina par César ; les manuscrits varient dans l’orthographe mais on devine qu’il faut comprendre « petite ou fille de la Gorgone », Gorgona, Gergovia. Normal, puisqu’à ce moment-là, le site est aux mains des Arvernes.

    Quel était son nom, avant, quand la garnison dépendait de Bibracte/Mt-St-Vincent ? Alisincum ? Si on interprète correctement l’itinéraire d’Antonin, Luzy porte le nom d’Alisincum (ce qui a donné Luzy). Mais Saint Honoré les Bains sont aussi les eaux d’Alisincum - aquis Nisincii, othographe déformée - Les deux sites ont donc bien reçu le nom primitif du mont Beuvray, lequel s’appelait Alisincum.

    Luzy étant manifestement occupé par les Boïens après que César leur ait donné la région, seraient-ce eux qui seraient à l’origine du nom. Je ne le pense pas. Je pense plutôt qu’en se plaçant sous l’autorité des Éduens, ils avaient à coeur de reprendre les noms primitifs. Exit Gorgobina, rétablissement d’Alisincum. (Extraits de mon Histoire de Bibracte, l’épée flamboyante).

  • Emile Mourey Emile Mourey 13 novembre 2014 19:45

    @ Antenor


    Je ne dis pas que Larochemillay n’ait pas été occupé au mont Touleur par un oppidum, mais rien de comparable avec les possibilités de vues qu’offre le mont Beuvray, lequel pouvait par ailleurs être considéré par les Anciens comme le sommet réel et mystique du Morvan, bien qu’en réalité, le sommet culminant soit le Haut Folin (901m). Mont Beuvray (821m), Mont Thouleur (582m !!!) ;

    L’oppidum ovale du mont Beuvray n’est pas petit mais plus étendu que celui de Mt-St-Vincent. Il est sur le point haut. En ne signalant dans son ouvrage sur le pays éduen que les trois oppidum de Mt-St-Vincent, du mont Beuvray et d’Alise-Sainte-Reine, Garenne n’y voit pas de simples petits sanctuaires mais des citadelles. En réalité, ce sont ce que César appelle des oppidum.

    Si les premiers occupants de Bibracte ont construit leur oppidum avec cette forme ovale en forme d’oeuf ouvert vers le ciel, c’est parce que c’était la mandorle plus ou moins visible qui entourait, dans le ciel, la petite ourse, alias petit chariot, alias oppidum de Dieu (oeuf originel cosmique d’où l’univers est sorti, du latin ovidum). Je veux dire par là, qu’en s’installant au mont Beuvray, ils ne pouvaient faire autrement que construire ainsi leur fortification/refuge. Une fois la porte fermée, la garnison était en sécurité et il n’était même pas nécessaire de mettre des sentinelles au rempart.

    Et puis, les vestiges archéologiques sont là pour prouver que le mont Beuvray a été occupé depuis une haute antiquité, peut-être même avant que l’oppidum ovale soit construit. Le sommet dégarni, à fleur de rocher, ne permet pas aux arbres d’y pousser. il permet une vue largement dégagé sur la plaine, position unique, avec, en plus une source sur son flanc.

    Dans le Morvan, vous ne trouverez pas mieux.

    • Antenor Antenor 13 novembre 2014 23:15

      @ Emile

      J’en reviens toujours au même problème : si le Mont-Beuvray était la capitale militaire du secteur, on devrait y trouver une citadelle médiévale comme au Crest ou au Mont-Saint-Vincent ; or on n’en a à ma connaissance pas la moindre trace, ni dans les textes, ni dans le sol (Garenne l’aurait signalé)

      Le Mont-Beuvray pouvait servir de poste de guet pour Larochemillay comme le Puy de Dôme pour le Crest sans pour autant qu’on y situe la forteresse principale. L’altitude n’est sans doute pas le seul critère à entrer en ligne de compte. L’accès aux routes principales est aussi primordial. Or le Mont-Beuvray est ceinturé d’un réseau de petites vallées qui constituent autant de pièges pour une armée qui voudrait en descendre.


    • Antenor Antenor 13 novembre 2014 23:41

      Dans le même ordre d’idée la bataille d’Admagetobriga/Mesvres a sans doute eu pour objet principal la prise de la forteresse de La Perrière :

      https://sites.google.com/site/montbeuvray/%C3%A9tang-sur-arroux(sa%C3%B4ne-et-loire)


  • Antenor Antenor 15 novembre 2014 16:14

    @ Emile

    Si l’ovale découvert au Mont-Beuvray par Garennes correspond à une citadelle ayant perduré au Moyen-Age, il faudrait arriver à en trouver la trace dans les textes médiévaux. Toute la question étant de savoir sous quel nom. Peut-être que la forteresse dite de Larochemillay se trouvait en réalité au Mont-Beuvray et non au Mont-Touleur ???

    http://rae.revues.org/5544

    A l’appui de cette hypothèse, je pense enfin avoir percé le mystère du Crest au Moyen-Age. Le Crest portait sans doute aussi le nom de Château de Langeac, conservé sous la forme « Chalangeac » dans un hameau en contrebas. Le Crest appartenait aux seigneurs de Langeac qui comptaient parmi les plus puissants d’Auvergne et qui ont notamment fourni un nombre conséquents de connétables. Preuve que le Crest était bien la capitale militaire de la Limagne.

    http://langeac.centerblog.net/6545966-de-langeac

    Peut-être le lien entre la salamandre de François Ier et celle de la Montagne de la Serre :

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_de_Langeac


    • Antenor Antenor 15 novembre 2014 16:17

      La question sur la citadelle de la Terrasse au Mont-Beuvray vaut aussi pour l’ovale d’Alise-Sainte-Reine.


    • Antenor Antenor 15 novembre 2014 16:24

      Correction à mon 1er commentaire du jour : remplacer « connétables » par « sénéchaux »


    • Emile Mourey Emile Mourey 15 novembre 2014 21:05

      @Antenor


      Le souvenir du mont Beuvray ne s’est pas perdu au Moyen âge, puisqu’il a été visité par saint Martin, qu’il est resté un lieu de réunion, notamment pour les foires, les feux de la saint-Jean et qu’un prieuré y a été construit.

      Le Crest, possession des seigneurs de Langéac, un des plus puissants de la région : tout à fait logique.

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