lundi 4 février 2013 - par rosemar

La disparition de l’école maternelle ?

L'école maternelle va-t'elle disparaître ? Soyez rassuré : en fait, il ne s'agit pas de supprimer ces années essentielles de formation pour les jeunes enfants, enfin pas encore... mais la dénomination paraît à certains et certaines désuète et trop sexiste...

Voilà que la députée PS de Paris Sandrine Mazetier a eu une idée de génie : soucieuse de nouveautés, de modernisme, d'égalité des sexes elle veut débaptiser l'école maternelle, qui renvoie trop, selon elle, à l'image de la seule mère."C'est une école, pas un lieu de soins, de maternage, c'est un lieu d'apprentissage", a-t-elle affirmé. Elle propose de changer le nom en petite école ou première école afin de neutraliser la charge affective maternante du mot maternelle, car la maternelle n'est pas une simple garderie. 
 
Voilà, en effet, un problème essentiel propre à troubler les esprits : l'école maternelle ne doit pas materner mais éduquer....
 
La mode, depuis un certain nombre d'années est aux nouvelles dénominations : l'instituteur est devenu "professeur des écoles", pour autant sa fonction n'est pas plus respectée que celle de l'ancien instituteur, bien au contraire... Le chômeur, quant à lui est devenu"un demandeur d'emploi", une façon de lui donner un statut, une fonction alors que ses droits s'amenuisent....
 
Une personne handicapée est désignée par l'expression "personne à mobilité réduite", de plus en plus réduite, d'ailleurs car les accès aux lieux publics sont de plus en plus périlleux dans les villes modernes....
 
Il semble que le mot ait une vertu particulière, qu'il ait le pouvoir de changer le monde, de le rendre plus acceptable, plus conforme aux idées que l'on se fait...Mais le mot n'est qu'un mot et ce n'est pas en le transformant qu'on va faire réellement évoluer les situations ou les problèmes...
 
Le mot n'est qu'un gadget et l'on s'en sert pour masquer le manque d'évolution et les régressions de nos sociétés : le mot n'est qu'un bel habillage, un beau masque d'hypocrisie.
 
Un mot pour un autre ? Est-ce là l'essentiel ? Il faudrait, sans doute, plutôt se préoccuper des cas concrets et changer non pas les mots mais passer par les actes...
 
Les mots, toujours les mots ! C'est bien là le problème de la politique actuelle ! Il faut privilégier l'action, l'efficacité et arrêter de passer par des faux-semblants, des tournures élégantes qui ne correspondent à aucune réalité...
 
Se gargariser de mots, c'est aussi nier la nécessité de l'action... On attend forcément mieux d'un gouvernement que le plaisir des mots s'ils ne servent qu'à embellir une situation qui se dégrade...
 
La maternelle ? Quel mot merveilleux ! Il évoque si bien par ses sonorités le monde de l'enfance liée à la mère, un moment unique privilégié où l'on est protégé, n'enlevons pas aux enfants ce qui leur appartient !
 
La maternelle ? C'est si joli ! un mot plein d'amour et de tendresse ! Comment peut-on vouloir le supprimer ? 
 
La maternelle, c'est aussi une référence à la langue maternelle, celle de l'enfance : faudra-t-il aussi supprimer cette expression ?
 
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26 réactions


  • Orélien Péréol Aurélien Péréol 4 février 2013 13:04

    vous écrivez : « La maternelle ? C’est si joli ! un mot plein d’amour et de tendresse ! Comment peut-on vouloir le supprimer ? »


    Il y a des mères toxiques.

    Quant à la langue maternelle, c’est aussi la langue paternelle, d’un manière générale. On pourrait dire « langue natale » comme « pays natal »

    • rosemar rosemar 4 février 2013 19:51

      Bonsoir Aurélien


      on dit aussi langue natale...et la langue maternelle mais on dit également la patrie (même si ce mot est moins employé ) : c’est le pays du père....On ne s’en sort plus à vouloir changer les dénominations....

  • Orélien Péréol Aurélien Péréol 4 février 2013 13:30

    Vous écrivez : «  l’instituteur est devenu »professeur des écoles« , pour autant sa fonction n’est pas plus respectée que celle de l’ancien instituteur, bien au contraire... »

    Ce n’est pas pour une question de respect que l’appellation instituteur a été changé par la loi, c’est parce que le système éducatif national a été unifié et que les enfants, dès qu’ils entrent à l’école prennent le chemin du bac. Ils ont donc des professeurs dès leur jeune âge.
    Avant la loi de 1975, disons pour faire vite, il y avait deux filières déterminées dès l’entrée à l’école primaire : une filière courte, avec des instituteurs, qui pouvait se poursuivre par des classes de fin d’études, qui conduisaient au certificat. Il n’y avait aucune obligation de mener beaucoup d’élèves ou peu à ce certif. Le CM2 allait tout le monde.
    Les études secondaires commençaient au lycée, en 6ème, lequel lycée avait aussi des petits lycées ou les enfants entraient en 11ème... eux étaient sur le chemin du bac.
    L’appellation professeur des écoles donne ce privilège à tous. (on n’est pas obligés d’être pour, ça dépend de ses idées politiques).

    C’est aux enseignants de le porter. Ils voient dans tout changement une perte et sont toujours « pour la réforme mais pas celle-là. »

    • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 4 février 2013 18:48

      On a créé le corps de professeur des écoles pour pouvoir « revaloriser » le traitement des instits.

      Quand les instits préparaient au Certif’, ils envoyaient aussi certains de leurs meilleurs élèves au collège ou (plus rarement) au lycée.

      Je signale par ailleurs que la scolarité obligatoire s’arrête à 16 ans ; c’est rarement l’âge du bac !

      Par ailleurs je me demande ce que la politique a à voir avec l’appellation de « professeur ». 
      J’y vois plutôt un changement de fonction : l’instituteur était celui qui instituait l’homme dans l’enfant ; le professeur se contente de dire ce qu’il sait.


    • rosemar rosemar 4 février 2013 19:53

      Merci de ce rappel Aurélien mais il n’empêche que le professeur des écoles est moins considéré que l’instituteur d’autrefois...


    • rosemar rosemar 4 février 2013 20:12

      Bonsoir Jean 


      le professeur se contente de dire ce qu’il sait ?? c’est méconnaître le métier de prof... un enseignant est là pour amener les élèves vers une réflexion....et des connaissances...

  • La râleuse La râleuse 4 février 2013 13:52

    Bonjour rosemar,

    Si j’ai bien saisi le fond de votre pensée - à moins que ce ne soit parce que je me reconnais dans l’agacement que vous manifestez - c’est moins le cas du changement d’appellation pour l’école maternelle qui vous préoccupe que le fait de vouloir dissimuler et esquiver de vrais problèmes en ayant recours à un bête tour de passe-passe, le remplacement d’une appellation par une autre.

    Comme si les non-voyants avaient une meilleure vision que les aveugles, les mal-entendants une meilleure audition que les sourds. Comme si les techniciens de surface trimaient moins à nettoyer les sols, etc.
    Quand nous, banlieusards parisiens, sans cesse en butte aux aléas des transports ferroviaires, avons appris que la SNCF avait décidé d’appeler désormais le réseau de trains de banlieues le Francilien, nous avons tous éclaté de rire.

    Cordialement,


    • rosemar rosemar 4 février 2013 19:58

      Bonsoir La râleuse


      je pense, en effet, qu’on se gargarise de mots pour éviter d’affronter certains problèmes ...

      J’aime l’efficacité, et les mots ne doivent en aucun cas servir à masquer la réalité...les caissières deviennent des hôtesses d’accueil, leur métier n’en est pas moins éprouvant...


  • ricoxy ricoxy 4 février 2013 15:25

    Plus de maternelle, plus d’enfants, plus de mères. L’enseignement sera-t-il désormais dispensé par des robots ?

    Bienvenue à Gattaca.


  • bakerstreet bakerstreet 4 février 2013 16:00

    Rosemar

    Je trouvais au début ne m’en voulez pas, vos billets un peu simpliste et court. C’est bien à tort. L’art de faire surgir l’essentiel tout en coupant court aux arabesques superflues, et surtout de susciter débat, n’est pas une mince affaire !
    Votre article est intéressant, et recouvre la démagogie de notre époque, qui sous prétexte de changer les mots, croit faire acte de nouveauté, tout en brouillant nos repères, et mettant notre bon sens à l’épreuve.
    Qu’ai je dit en parlant de bon sens. Ne dit on pas qu’il faut aussi s’en méfier, comme de son ombre.
    D’ailleurs, évitez d’avoir vos propres certitudes. Elles sont fausses.

    Le net est plein de spécialistes, qui n’en finissent pas de nous étonner.

    Hier, j’ai appris ainsi qu’il ne fallait pas compter sur l’amour pour maigrir.
    Par contre, il semble que la bière, bue modérément, nous soulage de quelques kilos.
    On en finit pas de revoir nos clichés !

    On vit vraiment une époque formidable, aurait dit Vialatte !
    Ou du moins surprenante !

    Cette école ne serait donc plus maternelle.
    Il semble, sauf votre respect, que les femmes veulent prendre des couilles.
    C’est du moins ce que je traduis, en vertu de cette négation des qualités féminines.

    Notre époque a pourtant bien plus besoin de mamelles que de sexes bandés !
    Deux mille ans d’histoire au moins devrait les éclairer.
     Et si la femme est l’avenir de l’homme, il ne faut surtout pas qu’elle ambitionne de lui ressembler !

    Pour ma par tant pis, je continuerais à privilégier l’amour à la bière
    Tant pis pour les kilos.
    Quant à l’école maternelle, je serais assez enclin à la conserver telle quel, avec ses contenues, et pourquoi pas le même nom
    Pendant toutes les années de notre vie


    • rosemar rosemar 4 février 2013 20:03

      Bonsoir Bakerstreet


      merci pour ce message : j’aime bien la brièveté dans l’expression et je refuse justement les périphrases, les dénominations trompeuses : j’aime bien aller à l’essentiel...


  • Yohan Yohan 4 février 2013 16:50

    Quand certains réclament de pouvoir « déposer » leurs enfants dès l’âge de deux ans à l’école maternelle, c’est à se demander pourquoi les gens font des enfants. Moi, je préférerais de loin que leurs parents fasse leur boulot de parent et n’envoient leurs enfants à l’école qu’à partir de 4 ans. Nous avons bien compris le virage socialo vers la PMA et le GPA qui est dans le droit fil de la démarche de Mazetier.

    J’aime l« école maternelle » un terme que je préfère de loin à école de la fabrication de zombies la Ripoublique et du formatage des esprits qu’une certaine gauche cherche à nous imposer.

    • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 4 février 2013 19:03

      On peut ne pas envoyer son enfant à l’école maternelle et la confier à une « nourrice ». 

      Mais nombre de couples n’ont pas les moyens de se contenter d’un seul salaire et sont bien heureux de confier leur enfant à une école où des spécialistes lui donnent une part de l’éducation qu’ils ne peuvent pas lui donner.

    • rosemar rosemar 4 février 2013 20:26

      Bonsoir Yohan 


      la maternelle est aussi un lieu d’instruction qui permet aux enfants d’apprendre mais, bien sûr, cela ne dispense pas les parents de jouer leur rôle...

  • noodles 4 février 2013 17:08

    [...]des mots, des mots, des mots, des mots, des mots, des mots : voilà c’est ça la politique.

    Vous voulez des détails, des synonymes ? des maux, des maux, des maux, des maux...[...]
    Moi je ne peux pas vous dire mieux car je ne trouve pas ...les mots 
    bonne fin d’après-midi rosemar !
    noodles

  • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 4 février 2013 18:59

    Extrait d’un document de l’académie de Poitiers :

    « C’est vers la fin du XVIIIe siècle qu’apparaissent les premières structures de garde et d’instruction répondant aux besoins nés des transformations profondes de la société. D’abord corporatives, « les petites écoles à tricoter », puis sociales «  les salles d’asile ou salles d’hospitalité », elles sont les prémices de ce qui deviendra l’école maternelle.

    C’est la loi du 16 juin 1881, proposée et défendue par le Ministre de l’instruction publique Jules Ferry, qui définit « l’école maternelle publique » comme une école gratuite, laïque mais non obligatoire. »


    J’ajoute que dans certains pays on parle de « jardins d’enfants » et que dans les petites écoles rurales il y a eu longtemps des « classes (ou sections) enfantines ».

    Je pense que la volonté de qualifier ces classes de « maternelles » tenait à l’intention d’en faire un prolongement de la maison où la mère s’occupait pratiquement seule de l’éducation des jeunes enfants. Si aujourd’hui un certain nombre de pères prennent leur part dans cette tâche, c’est loin d’être généralisé !


    • rosemar rosemar 4 février 2013 20:28

      Les nouveaux pères sont plus présents qu’avant mais changer la dénomination n’a pas grand intérêt...


  • noodles 4 février 2013 19:25

    LA MATERNELLE, LE FILM 

     1948, dans le quartier populaire de Menilmontant. C’est la rentrée à l’école maternelle dirigée par Madeleine. Rose, la nouvelle femme de service, attire vite l’attention de la directrice par son intelligence et la gentillesse avec laquelle elle traite les enfants, souvent issus de milieux difficiles...

    Scénario : Alexis Daban, Marcelle Capron
    Musique : Jean Lenoir

     Durée : 105 minutes | 

    De : Henri Diamant-Berger

    Avec : Blanchette BrunoyLouise FouquetMarie Déa,Pierre LarqueyYves VincentDenise KernyElisabeth HardyMarcel MouloudjiMarcelle ServièresSuzanne GuémardCharlotte EcardJacqueline CarlierMaurice Flandre

    A voir en streaming et en téléchargement légal :



  • eric 4 février 2013 19:45

    Ainsi que je le signalai sur un autre article, et d’un point de vue progressiste, c’est surtout le mot école qui est choquant....
    Il y en a un qui proposait enfantine :

    Ce serait stigmatisant pour les moins de 6 ans, discriminatoire pour les plus de 6 ans on leur refuserait le terme d’enfant, dégradant pour l’école.
    Le mot école lui même est éminemment suspect et pour tout dire bourgeois.
    Il vient du latin schola, signifiant « loisir consacré à l’étude », lui-même provenant du grec scholè (« le loisir »), lequel constituait un idéal souvent exprimé par les philosophes et une catégorie socialement valorisée opposée à la sphère des tâches productives.
    Enfin, nous savons depuis Adam et Eve que nommer une chose ou une personne revient a tenter de se l’approprier. Or, l’école ne devrait appartenir a personne.

    En réalité seule une absence totale de dénomination serait vraiment progressiste.

    Je proposait « ce ( pour éviter un genre) dont on ne doit pas prononcer le nom ». http://fr.wikipedia.org/wiki/Voldemort

    Mais sur le NO, quelqu’un me disait qu’il ne fallait pas tous mélanger et que cette dame n’était pas le gouvernement...

    Qui ne voit que la « bravitude » a la « normalitude »en passant par le mariage « pour tous », les attaques contre notre langue et contre l’intelligence ont une seule et même source ?

    Moi aussi j’ai eu des grands parents instits. laïques anticléricaux et participant au front popu.

    Mais le passé est le passé. On ne peut choisir le camp de la bêtise au nom d’une nostalgie.


    • rosemar rosemar 4 février 2013 20:32

      Bonsoir eric


      il faut quand même nommer les choses : l’homme étant un être de communication : vive les mots ! ils ont une histoire, une origine, vous le rappelez vous même et donc ils sont riches de sens....

  • fatizo fatizo 4 février 2013 22:27

    Bonsoir Rosemar,

    Lorsqu’on n’a pas , ou plus, le courage de changer le fond , on s’attaque à la forme .
    Cette personne est totalement stupide, c’est le féminisme comme je le déteste, c’est plutôt du crétinisme .
    Excuse moi pour ce coup de colère , mais ces gens qui ne savent plus quoi inventer pour laisser leur nom , ça a le don de m’exaspérer au plus haut point .
    Ces gens sont indignes de nous représenter, indignes de la République , j’espère qu’elle sera battu aux prochaines élections, la France a besoin d’hommes et de femmes politiques d’un niveau un peu plus digne que cela .
    Belle soirée à toi .

  • antonio 5 février 2013 07:05

    « C’est une école, pas un lieu de soins, de maternage, un lieu d’apprentissage » a déclaré cette dame dont l’ignorance égale la stupidité à un degré rare........
    N’a sans doute pas vu des enfants de maternelle depuis longtemps....
    L’enfant qui pleure lors de la séparation avec ses parents, que fait-on ? On lui explique doctement et sèchement qu’il est là pour apprendre ? On s’interdit tout geste bienveillant , tout mot affectueux ?
    Allez, employons vite des robots pour enseigner en maternelle !


  • NOSMO NOSMO 5 février 2013 23:44
    « La maternelle ? C’est si joli ! un mot plein d’amour et de tendresse ! Comment peut-on vouloir le supprimer ? »
    Bien d’accord avec vous Rosemar.
    Mais à ce sujet, il est vrai, que des trois grands principes de la République, l’égalité, soit celui qui me semble être le plus difficile à comprendre, justement parce qu’il est au cœur de l’identité de la nation française (liberté, égalité, fraternité). En effet, on peut se demander si tous ces sujets récents portant sur l’égalité des sexes devant le mariage, l’emploi ou l’assurance... ne nous alerteraient pas plus encore sur un possible ébranlement de cette valeur égalitaire... 
    Il se pourrait malheureusement, que derrière cette égalité de façade, dont la maternelle n’est qu’un des derniers exemples, se cachent derrière cet arbre, une Réalité sociale plus profondément en crise allant vers plus d’inégalités et donc pour la France, moins républicaine voire démocratique...

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