vendredi 24 avril - par Alex la Plume

La faillite des mots : quand Macron déserte face à la terreur

Deux soldats français sont morts. Tombés sous le feu, loin de chez eux, au nom d’une mission dont le sens échappe désormais à tout observateur lucide. Et que fait le président de la République, Emmanuel Macron ? Il s’enferme, une fois de plus, dans une contorsion sémantique qui en dit long sur l’effondrement de notre courage diplomatique.

Après la mort de ces militaires de la FINUL, le chef de l’État a cru bon de parler de « combattants du Hezbollah ». « Combattants ». Le mot est lâché, soigneusement choisi, étrangement doux. Comme s’il s’agissait d’un affrontement symétrique entre deux armées régulières, là où il n’y a, en réalité, que le crime organisé d’une milice islamiste.

La fiction de la branche politique

La France s’accroche à une distinction devenue grotesque : celle qui séparerait une « branche politique » fréquentable du Hezbollah d’une « branche armée » terroriste. Cette fiction, qui permet à la diplomatie française de conserver des canaux ouverts avec une organisation qui ne reconnaît ni l’État d’Israël, ni le droit international, est devenue une insulte à la mémoire de nos soldats.

Le Hezbollah n’est pas une entité schizophrène ; c’est une excroissance directe du pouvoir iranien. Qualifier ses membres de « combattants » lorsqu’ils assassinent des soldats français, c’est leur accorder un statut de belligérant qu’ils n’ont pas. Ce ne sont pas des soldats, ce sont des terroristes.

L’absurdité d’une présence sans mandat

Mais au-delà du langage, c’est la présence même de la FINUL qui interroge. Quelle est la mission réelle de nos soldats au Liban-Sud ? La résolution 1701 de l’ONU, censée garantir la stabilité et le désarmement de la zone, est devenue une coquille vide. Depuis des années, nous sommes les témoins passifs – et bientôt les victimes – du réarmement massif du Hezbollah sous le nez d’une force internationale impuissante.

Maintenir nos troupes sur ce terrain, c’est maintenir une fiction sécuritaire. La FINUL ne dissuade personne ; elle sert de décor. Pire, elle offre une protection passive aux activités terroristes du Hezbollah qui, se sachant surveillé par une force onusienne « neutre » et bridée, s'enracine encore plus profondément dans le tissu civil. C’est une absurdité stratégique : nous envoyons nos militaires dans un bourbier où ils n’ont ni l’ordre de combattre, ni les moyens de se protéger efficacement contre une milice qui ne respecte aucune règle de la guerre.

La mise en danger permanente

En persistant dans ce déploiement, Paris met délibérément en danger nos soldats. On les place dans une situation impossible : celle d’être des cibles désignées pour des fanatiques qui n’ont que faire du drapeau bleu de l’ONU. À quoi bon sacrifier la vie de militaires français pour une mission qui n'a plus d'objectif, plus de résultats et qui, de surcroît, est devenue une cible privilégiée pour les proxys de l'Iran ?

Le déclassement diplomatique de la France

Ce qui frappe, au-delà de ce cas tragique, c’est la perte de crédibilité chronique de la France sur la scène internationale sous la présidence d’Emmanuel Macron. À force de naviguer entre des volte-faces irréfléchies et des discours de « puissance d'équilibre » qui ne convainquent plus personne, Paris semble avoir perdu sa boussole.

La diplomatie française, autrefois respectée pour sa clarté et sa constance, est devenue illisible. En voulant ménager tout le monde, le Président finit par ne plus être écouté par personne. Que ce soit au Proche-Orient, où l’incohérence de nos positions est pointée du doigt jusque par nos propres diplomates, ou dans le reste du monde où l'influence française s'effiloche, l'image que nous renvoyons est celle d'un pays qui cherche sa place, mais qui ne trouve plus sa voix.

Une faillite morale

Il y a dans cette mollesse verbale, couplée à une obstination stratégique aveugle, quelque chose de profondément indigne. Lorsqu’on envoie des militaires en mission, on leur doit au moins la clarté de la définition et la cohérence de la stratégie.

Le courage, ce n’est pas seulement envoyer des troupes à l’étranger, c’est savoir dire quand une mission a échoué et quand nos soldats sont instrumentalisés. Si la France n’est plus capable de désigner les terroristes pour ce qu’ils sont, et si elle persiste à maintenir ses enfants dans un piège mortel au Liban, c’est qu’elle a déjà perdu la bataille. Cette faillite n’est pas qu’une maladresse, c’est une honte nationale. À force de vouloir ménager tout le monde, Emmanuel Macron finit par ne plus défendre personne, et certainement pas l’honneur et la vie de nos soldats.



10 réactions


  • Com une outre 24 avril 10:26

    Encore faudrait-il être sûr de la responsabilité du Hezbollah, l’enquête est en cours. Pour l’instant, les seuls à s’être attaqué à la Finul et aux français, ce sont les israéliens, et pas qu’une fois.


  • Durand Durand 24 avril 11:08

    CHRISTIANOPHOBIE ISRÉLIENNE, UN MAL PROFOND

    https://www.youtube.com/watch?v=7jVGBmAs8zU

    ..


  • L'apostilleur L’apostilleur 24 avril 18:29

    La France s’honore en participant à l’opération Daman avec la Finul au Liban. Qu’israel y soit opposé démontre que l’initiative française est judicieuse et courageuse. Les cow-boys israéliens qui ont menacé nos militaires devraient être prudents


  • L'apostilleur L’apostilleur 24 avril 18:32

    @ l’auteur

    Vous écrivez de tel aviv ou pour tel aviv ? Parce que votre drapeau français ne colle pas avec vos propos.


  • Sigurdhur Sigurdhur 24 avril 18:52

    La France s’enrichit a chaque fois qu’elle fait une mission pour les casques bleus. Les militaires sur le sol étranger ne touchent que 2 fois leurs salaires lorsque les militaires d’autres pays sont à 3 ou 4 fois leurs salaires. Officiellement, c’est une retenue pour l’entretien du matériel, ce qui est une grosse fumisterie car lorsque l’armée française quitte un terrain de mission, le matériel militaire est abandonné sur place, comme en Afghanistan ou au Mali. Une vraie gabegie financière !!!


  • Eric F Eric F 24 avril 19:27

    Ces soldats sont des casques bleus sous mandat de l’ONU, il ne se battent pas pour la France, mais pour tenter de faire tampon entre des forces rivales intervenant au Liban, milice locale (proxy de l’Iran) ou armée israélienne.


    • Alex la Plume Alex la Plume 25 avril 09:54

      @Eric F

      L’idée de “tampon” est justement inexacte. Le mandat de la FINUL n’est pas d’interposer des soldats entre des forces rivales, mais de surveiller, rapporter et appuyer l’armée libanaise dans la zone sud. Les casques bleus n’ont ni mission ni capacité d’interposition armée entre le Hezbollah et Israël.

      Parler de “tampon” laisse croire qu’ils seraient placés physiquement entre deux feux pour empêcher les combats, ce qui ne correspond pas du tout aux règles d’engagement de l’ONU au Liban.

      Les soldats français ne sont donc pas un “bouclier” entre milices et armée israélienne : ils exécutent une mission d’observation et de stabilisation, sous mandat international, mais sans rôle d’interposition.


    • Eric F Eric F 26 avril 19:50

      @Alex la Plume

      Ok pour ces précisions, mais ils ont parfois essuyés des tirs des uns ou des autres protagonistes qui considèrent la FINUL des gêneurs pour leurs opérations militaires. L’objectif est de concourir au rétablissement de la paix dans la région, sans que la France en tire avantage.


  • ETTORE ETTORE 24 avril 23:04

    Vous vous attendiez à quoi, comme « maux » de la part d’un type, qui ne connais de l’armée, que l’organisation au pas Ka-danser, du défilé du 14 Juillet, où, ses petits fantassins, assujétis à son titre, défilent au pas, pour que vibrent les pavés, et lui procurent un petit lever de poil, quand il imagine ces corps luisants, dans la fournaise d’une bataille , qui pour lui, à forcément lieu dans une alcove privée. Certains servent le drapeau.... D’autres, l’esprit ET L’HONNEUR immortel d’un pays.... Avec ce genre d’individu, vous pouvez toujours chercher, l’un et l’autre... Ce n’est qu’un manche, qui s’est même fait voler son mouchoir blanc de la rédition..


  • charlyposte charlyposte 25 avril 10:30

    Certains disent que LA FINUL c’est plutôt une fistule insupportable quand on ne bouge pas d’un pouce !


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