La faillite des mots : quand Macron déserte face à la terreur

Deux soldats français sont morts. Tombés sous le feu, loin de chez eux, au nom d’une mission dont le sens échappe désormais à tout observateur lucide. Et que fait le président de la République, Emmanuel Macron ? Il s’enferme, une fois de plus, dans une contorsion sémantique qui en dit long sur l’effondrement de notre courage diplomatique.
Après la mort de ces militaires de la FINUL, le chef de l’État a cru bon de parler de « combattants du Hezbollah ». « Combattants ». Le mot est lâché, soigneusement choisi, étrangement doux. Comme s’il s’agissait d’un affrontement symétrique entre deux armées régulières, là où il n’y a, en réalité, que le crime organisé d’une milice islamiste.
La fiction de la branche politique
La France s’accroche à une distinction devenue grotesque : celle qui séparerait une « branche politique » fréquentable du Hezbollah d’une « branche armée » terroriste. Cette fiction, qui permet à la diplomatie française de conserver des canaux ouverts avec une organisation qui ne reconnaît ni l’État d’Israël, ni le droit international, est devenue une insulte à la mémoire de nos soldats.
Le Hezbollah n’est pas une entité schizophrène ; c’est une excroissance directe du pouvoir iranien. Qualifier ses membres de « combattants » lorsqu’ils assassinent des soldats français, c’est leur accorder un statut de belligérant qu’ils n’ont pas. Ce ne sont pas des soldats, ce sont des terroristes.
L’absurdité d’une présence sans mandat
Mais au-delà du langage, c’est la présence même de la FINUL qui interroge. Quelle est la mission réelle de nos soldats au Liban-Sud ? La résolution 1701 de l’ONU, censée garantir la stabilité et le désarmement de la zone, est devenue une coquille vide. Depuis des années, nous sommes les témoins passifs – et bientôt les victimes – du réarmement massif du Hezbollah sous le nez d’une force internationale impuissante.
Maintenir nos troupes sur ce terrain, c’est maintenir une fiction sécuritaire. La FINUL ne dissuade personne ; elle sert de décor. Pire, elle offre une protection passive aux activités terroristes du Hezbollah qui, se sachant surveillé par une force onusienne « neutre » et bridée, s'enracine encore plus profondément dans le tissu civil. C’est une absurdité stratégique : nous envoyons nos militaires dans un bourbier où ils n’ont ni l’ordre de combattre, ni les moyens de se protéger efficacement contre une milice qui ne respecte aucune règle de la guerre.
La mise en danger permanente
En persistant dans ce déploiement, Paris met délibérément en danger nos soldats. On les place dans une situation impossible : celle d’être des cibles désignées pour des fanatiques qui n’ont que faire du drapeau bleu de l’ONU. À quoi bon sacrifier la vie de militaires français pour une mission qui n'a plus d'objectif, plus de résultats et qui, de surcroît, est devenue une cible privilégiée pour les proxys de l'Iran ?
Le déclassement diplomatique de la France
Ce qui frappe, au-delà de ce cas tragique, c’est la perte de crédibilité chronique de la France sur la scène internationale sous la présidence d’Emmanuel Macron. À force de naviguer entre des volte-faces irréfléchies et des discours de « puissance d'équilibre » qui ne convainquent plus personne, Paris semble avoir perdu sa boussole.
La diplomatie française, autrefois respectée pour sa clarté et sa constance, est devenue illisible. En voulant ménager tout le monde, le Président finit par ne plus être écouté par personne. Que ce soit au Proche-Orient, où l’incohérence de nos positions est pointée du doigt jusque par nos propres diplomates, ou dans le reste du monde où l'influence française s'effiloche, l'image que nous renvoyons est celle d'un pays qui cherche sa place, mais qui ne trouve plus sa voix.
Une faillite morale
Il y a dans cette mollesse verbale, couplée à une obstination stratégique aveugle, quelque chose de profondément indigne. Lorsqu’on envoie des militaires en mission, on leur doit au moins la clarté de la définition et la cohérence de la stratégie.
Le courage, ce n’est pas seulement envoyer des troupes à l’étranger, c’est savoir dire quand une mission a échoué et quand nos soldats sont instrumentalisés. Si la France n’est plus capable de désigner les terroristes pour ce qu’ils sont, et si elle persiste à maintenir ses enfants dans un piège mortel au Liban, c’est qu’elle a déjà perdu la bataille. Cette faillite n’est pas qu’une maladresse, c’est une honte nationale. À force de vouloir ménager tout le monde, Emmanuel Macron finit par ne plus défendre personne, et certainement pas l’honneur et la vie de nos soldats.

