mercredi 18 mai 2016 - par ddacoudre

La morale en pilule

Je ne sais plus quand a commencé ce qu'il est convenu d'appeler la "Morale". Certainement le jour où modifiant les comportements instinctifs pour les adapter aux diverses situations auxquelles l'homme en migration a dû faire face, il a dû définir un apprentissage adapté aux régions dans desquelles il a retiré son nécessaire pour survivre. Aujourd'hui rappeler que l'humain a pu passer de l'Afrique à "l'EuroAsie", de celle-ci dans les Amériques et l’Australie d’aujourd’hui, nous parait donner des informations dont l'on a que faire, et qui de surplus n’intéressent que les scientifiques contemporains ou ceux qui veulent suivre des filières d'anthropologie, d'archéologie et toute la suite des "Ologis" qui décortiquent notre monde.

Il est juste de dire que pour vivre il n'est pas utile de savoir que l'on pouvait aller d'EuroAsie en Amérique et en Australie à pied, pas plus que connaitre l'histoire de la colonisation de toutes les peuplades qui se sont organisées en sociétés structurées ne nous fera gagner à la loterie.

Or c'est dans le mixage de tous ces hommes qui ont circulé lentement durant des siècles, dans ce que sont nos continents d'aujourd’hui, que s'est forgée la morale, c'est à dire les meilleurs comportements pour vivre en bonne harmonie et intelligence avec les autres. Nous devinons donc que condamner autrui à la peine de mort peut être aussi moral que de faire traverser un passage clouté à un aveugle. C’est donc par elle que les hommes ont établi des us et coutumes et légiférés au nom d'Un tout puissant ou d'un collectif. Nos morcellements territoriaux en sont la résultante et nos" identités" justifient de l’histoire de nos enfermements. L'histoire qui raconte l'épopée humaine est une suite de massacres incessants toujours fondés moralement.

Aujourd'hui où les hommes s'essayaient à la mondialisation, nous observons que les massacres se font toujours au nom d'une morale qu'invoquent les protagonistes pour se placer dans la posture d'acteurs, "d’agressés", justifiant ainsi son droit de guerroyer, en appliquant ou pas les règles déontologiques qu'ont établie, par accord ceux de Genève ou les déclarations de l'ONU, des gens qui se connaissent pour envoyer s'entre tuer des gens qui ne se connaissent pas.

Face à ces situations la MORALE se perd dans un imbroglio de déclarations de faux culs assis sur leurs préjugés historicistes « civilisationnels », sur leurs identités "ethnicites" du fond des âges qu'ils trainent depuis la nuit des temps pour ne pas perdre leurs racines, mais qui débouchent sur de vrais morts, comme toujours.

Ainsi l'Homme dispose d'une morale générée par un comportement instinctif afin de réagir aux sollicitations de son environnement dans lequel il doit assurer sa survie, se nourrir, se protéger, s'accoupler et renouveler son espèce face à la mortalité.

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En ce XXIe siècle se pose des problématiques éthiques urgentes sur la capacité de notre espèce de concourir à sa propre disparition, réchauffement climatique, armes nucléaires et bactériologiques, sans oublier la pollution chimique, tout cela, afin en toute bonne morale d’assurer sa survie. Tel est le paradoxe dans lequel se déploie la Morale aujourd'hui, car hier si elle n'était pas meilleure, elle ne comportait pas les risques majeurs que nous traversons.

Tout l'arsenal destructeur connu de tous sera effectivement statistiquement utilisé un jour, par accident ou en finalité d'un cheminement psychologique émotionnel basé sur le pouvoir supposé du libre arbitre.

C’est la première fois que les hommes se trouvent face à ce dilemme qui est la résultante de l'évolution cérébrale de l'homo sapiens devenu l'homme moderne d'aujourd'hui, pour lequel comme pour celui d'hier, son passé n'est qu'une donnée culturelle qui n'est pas nécessaire à son existence en tant qu'espèce biologique.

Des philosophes, comme Théodore Monod ou Edgard Morin caricaturaient l’homme en disant qu'il disposait d'une incroyable capacité créatrice technologique avec un cerveau encore "débile".

Le psychologue Joshua Greene à la suite de son étude de personnes, soumises à des choix moraux sous contrôle d'IRM fonctionnel, distingue un mode instinctif (automatique) agissant par des réglages automatiques qui conviennent aux situations pour lesquelles ils ont été programmés, (inné "culturalisé" par l'apprentissage). Ce qui les rend efficaces, mais pas très souple, (disons à la nouveauté). Puis il distingue un mode manuel (nous pouvons dire le libre arbitre en réorganisant le mode instinctif face aux incertitudes en innovant). C'est un mode souple mais pas très efficace, car les réglages prennent du temps. Ce sont les évolutions culturelles sur des millénaires, ex l'IVG.

Il conclut en disant le mode instinctif est efficace pour résoudre les problèmes de la vie quotidienne, mais n'est pas adapté pour résoudre des problématiques éthiques planétaires comme ceux évoqués.

De tous les temps des "scientifiques" ont existé (des gens qui détenaient à tort ou à raison des savoirs empiriques) influençant la morale de leur époque. Ceux d'aujourd'hui, mieux définis font de même avec de meilleurs moyens. Alors qu'ils soient philosophes, psychologues, religieux ou "neuroscientifiques" etc. ils ont avancé dans la compréhension des mécanismes qui sous tendent notre pensée et notre comportement éthique, par la Morale pour déterminer ce qui est bien et ce qui est mal.

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Dans le même temps ils révèlent les limites du processus par lequel nous avons contribué à déterminer ce qui est bien ou mal, puisque subsiste l'usage possible d'un armement et une évolution climatique que chacun reconnait être le mal suprême de notre temps.

Comment le résultat du cumul d'actions individuelles capables d’entrainer une destruction collective se conjugue-t-il avec l’accès à la recherche d'un monde hédoniste.

1/ Se demander ce que nous devons faire, qui repose sur un mode instinctif que nous savons inefficace puisqu’il repose sur un mécanisme individuel instinctif inadapté pour répondre aux questions planétaires, qui impose de développer une pensée collective adaptative.

2/ Comment améliorer la morale de populations entières en utilisant des techniques biomédicales agissant sur les neurotransmetteurs, en ajoutant des médicaments dans l'eau d’approvisionnement. En quelque sorte la Morale en pilules, c'est l'axe de recherche qu'explorent certains scientifiques. S'il ne fait aucun doute que la psychiatrie dispose d'un arsenal médicamenteux pour réguler les humeurs des comportements individuels, il y a des limites à ne pas franchir pour rester dans le domaine médical.

Reste un problème majeur, comment diriger l’intérêt individuel vers une pensée collective adaptative par la Morale, alors que comme je l’ai rappelé (et nous le vivons par l’actualité dramatique) elle fluctue au rythme des cultures et de leurs mœurs.

Chacun peut comprendre les limites de ce genre d'usage médicamenteux, mais il existe. Or nous ignorons quels sont les critères de l'auto régulation dynamique de notre espèce. Des études dynamiques d'auto régulation de population animale réalisées par robert May débouchent sur des relations entre la complexité et la stabilité dans leurs espaces environnementaux. Ses travaux jouent un rôle clé dans le développement de l'écologie théorique entre 1970 et 1980. Notre espace disponible étant la planète et l'univers, nous pouvons convenir que le nôtre dépend de l'usage des moyens d'une pensée collective, complétée et non dirigée par l'usage de machine intelligente qui calculent plus vite que nous pour aller dans un univers où ne sommes que des tortues.

Pourtant ce n'est pas cet univers qui décidera si nous aurons un jour le courage de faire dire à la Morale que la guerre est un crime contre l'humanité, ou espérerons-nous que ce soit une pilule qui nous y pousse.



11 réactions


  • Le p’tit Charles 18 mai 2016 14:08

    La morale sert de prétexte aux dirigeants pour cacher leurs turpitudes..La Généalogie de la morale pose la question des origines et de la valeur des valeurs issues du judéo-christianisme qui sont au fondement de la morale occidentale contemporaine (Wikipedia)


    • ddacoudre ddacoudre 18 mai 2016 22:03

      @Le p’tit Charles

      bonjour petit Charles. certes celles occidentale est rapidement présenté comme de source judéo-chrétienne, et il est clair qu’elle c’est étendu avec la colonisation autour du monde, mais elle descend de ceux qui ont précédé le monothéisme. au fil des siècles suivant les source anthropologique l’on voit distinctement la reconnaissance par les humains, d’avoir un destin qui ne dépend d’eux et dont ils implorent les bienfaits sous une variété de préconisations et de représentations qui leur dicte leur morale, puis un glissement qui régule les comportements émotionnels comme la prise en compte de l’autre comme soi même.
      Nous en sommes là. Et l’étude démontre que développer une pensée qui englobe l’universalité ne peut pas reposer sur le mode dit instinctif ou l’individualisme pour utiliser un mot plus courant utilisé en se sens.En clair développer un idéal , une utopie, un projet sociétal ou autre demande un enseignement qui n’est pas seulement la réponse aux préoccupations du quotidien.
      l’absence d’utopie aujourd’hui débouche sur des comportements issus de sources archaïques qui est appelé comme sauvegarde d’un passé culturel qui ne peut plus coller à l’accélération de l’esprit créatif humain. c’est la fracture intellectuelle d"’aujourd’hui. contrairement à ce que l’on pourrait penser idéologiser le Capitalisme, c’est revenir vers la notion de servitude qui se vit au quotidien et ne débouche sur aucune utopie innovatrice. Vouloir du travail comme finalité c’est un retour vers l’aliénation de la servitude, que la culture judéo chrétienne n’a pas supprimé, et que la pensée collective vers un projet universel dans l’idéal communiste a conduit à un échec.
      nous en sommes au niveau zéro car c’est la stratégie de l’émotion qui tient lieu d’idéal.http://ddacoudre.over-blog.com/d-une-grenouille-a-l-autre.html.
      cordialement.


  • Jo.Di Jo.Di 18 mai 2016 16:40


    La morale c’ est l’instinct dans le troupeau, disait Nietzsche, qui n’aimait pas les hordes ...
     
    Et les Seigneurs Capitalistes ont exhaussé son vœux ; les troupeaux ont été atomisés, multi-ethniqués, dans un « mondial troupeau » qui évidement n’est plus qu’un ramassis d’animaux bobo isolés, solidaires abstraitement avec la terre entière.
     
    L’abstraction universelle n’est qu’au mieux, flatterie d’ego, et non intérêt rationnel social, et au pire, pour l’oligarchie, alibi de destruction des anciennes communautés réelles.
     
    « Par la morale, l’individu est instruit à être fonction du troupeau et à ne s’attribuer de la valeur qu’en tant que fonction. Les conditions pour le maintien d’une communauté ayant été très différentes d’une communauté à l’autre, il s’ensuivit des morales très différentes.[…] La moralité, c’est l’instinct du troupeau dans l’individu. » Nietzsche


    • ddacoudre ddacoudre 18 mai 2016 22:27

      @Jo.Di

      bonjour .l’on ne peut pas dissocier la morale de la concentration humaine sur des espaces.
      la morale en soit n’existe que dans le fait dont parle Nieztche, mais la où il se trompe c’est que c’est un processus adaptatif qui ne se développe pas, si l’utilité n’est pas induite par l’environnement qui conduit les groupes dans des « organicités » nécessaire à leur survie et a leur conscience de soi.Sans troupeau il n’y a pas de société, et la morale nourri la transgression qui transformera le mode de vie du troupeau. D’une autre manière dans une fratrie le junior maintient ses acquis que lui conteste le cadet. ce sont donc les cadets qui forgent l’innovation en voulant sortir du troupeau. mais sous réserve qu’ils puissent développer une pensée qui concerne la communauté humaine et non prendre la place du roi.
      ce n’est pas pour rien que notre information vide les cerveaux et que les citoyens ne veulent plus de ceux qui se succèdent dans le fauteuil du roi. mais les nuits debout démontrent comment il est compliqué de sortir d’une morale dans laquelle l’on a été nourri.
      deux minutes d’expression citoyenne pour dire ce que l’on pense de son quotidien et du monde n’a pas lieu d’inquiéter les roitelets qui nous gouverne, ni faire démentir Nieztche.
      cordialement.ddacoudre.over-blog.com.


    • Jo.Di Jo.Di 18 mai 2016 23:37

      @ddacoudre
       
      un processus adaptatif qui ne se développe pas, si l’utilité n’est pas induite par l’environnement qui conduit les groupes
       
      L’entraide est un instinct de survie de l’espèce donc évolutif (y a des expérience marrantes à ce sujet avec un rat en cage et de la bouffe en cage, et un autre rat va sauver son coreligionnaire avant de vouloir bouffer ...) c’est bien ce que dit Nietzsche. Laborit dit aussi « S’il n’y avait que de la compétition on serait tous des surdoués ... »
       
      les citoyens ne veulent plus de ceux qui se succèdent dans le fauteuil du roi
       
      Non, les citoyens ne veulent RIEN, si ce n’est plus de pâtée dans l’auge. Et pour continuer dans Nietzsche : « La démocratie sera la forme historique de la décadence de l’État » qui veut dire fin de la vision politique et de la volonté dans la dissolution égalitariste de la démocratie d’opinion, qui ramène à l’homme de nature, de l’auge. L’organicité veut dire que chacun trouve un sens d’ « organe » existentiel dans une Cité « corps commun », mais ce corps société n’est plus rien pour les organes individus, qui tous « le valent bien ». Il n’est qu’assurance d’alimentation.
       
      Les nuits avachis critiquent le réel qui n’est pas le paradis idéel promis par « liberté égalité fraternité mondiale » mais juste le réel libéral du capitalisme sans frontière. Mais ils prônent dans le même temps le sans-frontièrisme, espérant une « gouvernace mondiale populaire universelle », un oxymore. Ils veulent une Cité utopiste sans Cité. Une morale utopiste sans but, c.a.d sans politique, sauf de la pâtée pour toutes les auges ... à quoi le Capital répond : « les auges m’appartiennent, c’est moi qui sait gérer les auges »
       
      Les nuits avachis et tous les bobos ne comprennent pas qu’un abîme sépare la politique et l’auge. ça peut être la liberté, qui n’a rien à voir avec celle de se goinfrer, la puissance, la communauté, la société sans classe etc... mais la modernité a ramené toute la politique au partage des richesses économiques, et par là l’a évacuée, et l’État avec.
       
       


    • Jo.Di Jo.Di 18 mai 2016 23:52

      @ddacoudre
       
      sous réserve qu’ils puissent développer une pensée qui concerne la communauté humaine
       
      « Qui dit Humanité ment »
       Proudhon
       
      La rationalité doit ce limiter à la Cité, à la politique, si elle veut aller au delà elle est foi individuelle, donc apolitisme, donc individualisme, donc libéralisme ; La finalité de l’État est la vitalité « réactive adaptative » de l’éthique et son application, qui ne peut se faire que dans une communauté politique, unie de plus sur sa vision ... pas multi-akulti dans un supermarché.
       
      « Le principe des États modernes a cette puissance et cette profondeur extrême de laisser le principe de la subjectivité [sujet de Socrate où du Christ] s’accomplir jusqu’à l’extrémité de la particularité personnelle autonome et en même temps de le ramener à l’unité substantielle [des normes et des mœurs, similaire à l’infrastructure historique c.a.d le holisme ancien] et ainsi de maintenir cette unité dans le principe lui-même [l’État] » 
       
      ‘Principes de la Philosophie du Droit’ Hegel


  • L'enfoiré L’enfoiré 18 mai 2016 17:34

    Salut dd,


    « ce qu’il est convenu d’appeler la »Morale"
    La morale, une invention humaine.
    C’est à dire, quelque chose qui n’existe pas à priori.
    La morale qui n’est jamais la même mais qui dépend de l’environnement dans lequel on vit.
    Une philosophie humaniste tout à fait artificielle puisqu’elle n’existe pas chez les autres êtres vivants.
    Dépendant d’une éthique, d’un droit et qui dit droit, dit devoir.
    Puis, il y a la religion qui s’y insère par la porte ouverte pour imposer une manière de vivre avec ses péchés originels qui ne voient que le bout de lorgnette, que l’orée du bois..
    Parler de morale, c’est parler d’un melting pot de bonnes et de mauvaises intentions...

    • L'enfoiré L’enfoiré 18 mai 2016 17:38

      ... En pilules ?


      là, je dirais qu’on aura plus vite fait de l’introduire dans les plaquettes de mémoires des humanoïdes.
      En circuits intégrés, en couches minces sur fil....
      Cela peut se concevoir.
      Chez l’homme, cela n’aurait aucun effet.
      Pour le calmer, lui, il a des anti-dépresseurs.

    • ddacoudre ddacoudre 18 mai 2016 22:35

      @L’enfoiré

      bonjour sur que c’est un melting pot avec lequel chacun s’arrange, sauf quand pour toute innovation l’on retourne vers les péchés originels de part et d’autres l’on voit que le mode manuel est en panne puisque depuis les années 90 nous sommes en mode instinctif et l’idéal mobilisateur est la stratégie de l’émotion.que chacun. http://ddacoudre.over-blog.com/d-une-grenouille-a-l-autre.html
      cordialement.


  • Crab2 19 mai 2016 11:16

    Coran : "celui qui a tué un croyant ne sentira pas les effluves du Paradis" – donc, sans problème, on peut homicider un athée

    Suites :

    http://laicite-moderne.blogspot.fr/2016/05/the-time-to-tweet-saison-4.html


  • Crab2 19 mai 2016 11:17

    Coran : "celui qui a tué un croyant ne sentira pas les effluves du Paradis" – donc, sans problème, on peut homicider un athée

    Suites :

    http://laicite-moderne.blogspot.fr/2016/05/the-time-to-tweet-saison-4.html


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