La Valse des Vautours...
Transformée depuis quelques jours en une véritable foire d’empoigne digne du plus médiocre des mélodrames, l’Union pour un Mouvement Populaire est encore loin d’être passée de vie à trépas et voilà que les piteux et éternels vautours planent dans le ciel, déjà bien nauséabond, de la politique française. Ils croassent à qui mieux-mieux autour d’une proie qu’ils croient devenue facile depuis qu’elle agonise sous les coups fourrés de deux de ses anciens laudateurs, devenus de fieffés coquins.
Le premier à arriver sur les lieux du drame, bec crochu fendu d’un large sourire mielleux et griffes rentrées dans un soi-disant souci d’apaisement, aura été le nouveau champion du clan radical valoisien, c'est-à-dire le parti des serviles qui s’unissent toujours à ceux qui pourraient avoir le vent en poupe et qui s’est affublé de l’enseigne UDI, ou si vous voulez l’Union (encore une) des Démocrates Indépendants (indépendant de qui …de quoi…va savoir ?).
Voilà que le chef de cette mouvance qui n’a jamais cessé de louvoyer entre les obstacles politiques afin d’exister, Jean Louis Borloo en personne, tend une main qu’il veut « généreuse » à ses anciens compagnons de route sous l’ère Sarkozy Premier. Il préconise de prendre sous son aile protectrice (qui a certainement des envies d’Elysée dans cinq ans) les décombres du parti du Président (l’ancien, cela va de soi). Encore une Union en quelque sorte. Et il n’ya va pas de main morte le lascar.
« L'UDI va tout faire pour prendre le leadership de cette coalition, tout en respectant ses partenaires, nous avons un corps de doctrine, des équipes, un groupe à l'Assemblée nationale, au Sénat, nous avons une ligne politique claire qui a été votée et un président élu à l'unanimité" a-t-il dit dans une gazette dominicale avant de terminer son petit discours par un tonitruant "Nous, nous sommes en ordre de marche. L'avenir, c'est le centre droit", puis une belle fanfaronnade en affirmant que « … que de nombreux militants de l'UMP rejoignent déjà l’UDI »
Le chef des « Indépendants » a été rejoint pas plus tard que lundi matin par l’égérie blonde de la droite dite « décomplexée » qui fut si chère voilà des semaines à Jean-François Copé le fossoyeur de l’UMP qui rêvait tant d’Elysée. Marine Le Pen a péroré sur les antennes de France 2 dans une émission qui porte bien mal son nom « Les Quatre Vérités » (comme si en politique telle était la règle !) Elle aussi prétend que l’UMP est défunte. Elle aussi ajoute qu’une multitude de militants de ce parti en décomposition viennent d’adhérer au Front, le National pas l’autre. Enfin elle aussi affirme que désormais la véritable opposition est représentée par sa troupe d’inconditionnels recrutés tant à droite qu’à gauche de l’échiquier foutoir de la Nation. Et de s’en frotter dores et déjà les mains.
Il y a également un troisième vautour. Plus discret, lui. A l’ombre d’un nuage en quelque sorte, en recevant à déjeuner celui qui fut son plus fidèle « collaborateur » et qui est un énième candidat à la Présidence future. Il s’agit d’un oiseau de grande envergure (par l’action et non par la taille) qui a vécu déjà tous les chemins tortueux de la politique et du pouvoir et qui n’a pas du tout envie de les abandonner contrairement à ce qu’il n’a cessé d’affirmer. Je vous fiche mon billet que lui aussi a bien envie de retrouver, dans cinq ans, les ors et les honneurs du Palais.
Si les juges lui foutent la paix.

