https://middlepassage.dei.uc.pt/https://privacycolab.dei.uc.pt/https://cmd.dei.uc.pt/https://henrique.dei.uc.pt/https://hormon-osteoporosezentrum.de/
https://merdekakreasi.co.id/buku/pkvgames/https://merdekakreasi.co.id/buku/bandarqq/https://merdekakreasi.co.id/buku/dominoqq/https://merdekakreasi.co.id/tentang-kami/
https://aku.ac.id/https://jpl.staiku.ac.id/https://jist.publikasiindonesia.id/https://akperstg.ac.id/
zonawin777zonawin777
La verrue alpine : comment le plan secret d’Adolf Hitler faillit rayer la Suisse de la carte - AgoraVox le média citoyen
vendredi 3 juillet - par Giuseppe di Bella di Santa Sofia

La verrue alpine : comment le plan secret d’Adolf Hitler faillit rayer la Suisse de la carte

En cet été 1940, la démocratie helvétique n’est plus qu’une île assiégée au milieu d’un océan de croix gammées. Alors que les blindés de la Wehrmacht campent aux frontières du Jura, les stratèges du Troisième Reich affinent dans le secret le plus absolu l’opération Tannenbaum : un plan d'invasion conçu pour briser l'obstination suisse en moins de cinq jours. Entre le mépris viscéral d'un Führer obsédé par le sang et la terre, les réseaux d'espionnage croisés et le bluff héroïque du général Guisan, plongée au cœur du plus grand cataclysme auquel la Suisse a échappé.

JPEG

 

“Cette verrue sur le visage de l'Europe”

Le bruit mat des bottes de la Wehrmacht résonne contre les parois de la chancellerie du Reich, en ce mois de juin 1940. Autour des grandes cartes d’état-major, l’ambiance est à l’ivresse militaire. La France vient de s'effondrer, l'Angleterre a fui à Dunkerque. À Berlin, au milieu des rires des généraux, une ombre obscurcit pourtant le regard d’Adolf Hitler. Fixant du doigt la petite tache blanche restée intacte au centre de la carte de l’Europe, le dictateur écume de rage devant son ministre de la Propagande, Joseph Goebbels. Les notes personnelles de ce dernier, consignées dans son journal intime, restituent la violence des mots du Führer : “La Suisse possède le peuple et le système politique les plus répugnants. Ces gens sont les ennemis mortels du nouveau Reich. Cette verrue sur le visage de l’Europe doit disparaître.” Pour le maître de Berlin, la neutralité helvétique n'est qu'un affront intolérable à sa vision d'une Europe totalement soumise au dogme aryen.

 

Suing to Profit From a Nazi's Diaries - WSJ

 

Derrière l'idéologie, le pragmatisme nazi s'impatiente. La Suisse détient les coffres-forts de l’Europe, des industries de haute précision indispensables à la machine de guerre allemande, et surtout, les tunnels du Saint-Gothard et du Simplon. Sans ces voies ferrées alpines, l’axe Berlin-Rome est coupé en deux, obligeant les convois de charbon et de troupes à de longs détours par l’Autriche. Le 25 juin 1940, le jour même où les armes se taisent officiellement en France, l’ordre tombe sur le bureau du capitaine Otto-Wilhelm von Menges à l’état-major : il faut planifier l’invasion de la Confédération helvétique. Dans les bureaux feutrés de la Bendlerstrasse, les plumes des cartographes allemands se mettent à gratter le papier, dessinant les axes de pénétration d'une offensive éclair baptisée du nom de code hypocrite d'opération Tannenbaum (le “Sapin”).

 

 

La Blitzkrieg des cimes : onze divisions prêtes à mordre

Dans la moiteur du mois d'août 1940, le plan d'attaque s'affine pour devenir une mécanique de destruction implacable. Les officiers de la 12e armée allemande alignent des chiffres vertigineux sur leurs rapports secrets : onze divisions allemandes, dont deux blindées, doivent être mobilisées pour l'assaut principal. Le plan prévoit une invasion simultanée depuis la France occupée et la frontière badoise. L'objectif est de saturer les défenses suisses par la vitesse et la terreur, une méthode éprouvée dans les plaines de Pologne. Au même moment, de l'autre côté des Alpes, le préfet italien du Tessin s'active. Benito Mussolini, jaloux des succès de son homologue allemand, exige sa part du gâteau helvétique. “La Suisse est un anachronisme qui doit être résolu”, confie le Duce à son gendre, le comte Galeazzo Ciano. Les troupes fascistes se massent au sud, prêtes à envahir le Tessin et le Valais pour prendre le pays en tenaille.

 

 

Le scénario de l'opération Tannenbaum ne laisse aucune place au hasard. Les chars allemands doivent enfoncer les lignes de défense du Jura, contourner les fortifications frontalières par le Plateau et foncer directement sur Zurich, Bâle et Berne. Pour paralyser l'État, des commandos de parachutistes, les célèbres Fallschirmjäger, doivent être largués à l'aube sur les principaux aérodromes militaires suisses afin d'annihiler l'aviation au sol. Le plan insiste particulièrement sur un point crucial : empêcher par tous les moyens l'armée suisse de se replier vers les montagnes. Les stratèges allemands redoutent une guérilla usante dans les rochers où leurs précieux Panzer perdraient tout avantage. Dans les rapports de la Wehrmacht déclassifiés après la guerre, on peut lire cette évaluation glaciale : “Si l'effet de surprise est total, l'armée suisse sera coupée de ses bases arrières et contrainte à la reddition en moins de cent vingt heures.”

 

r/MapPorn - Operation Tannenbaum Switzerland +

 

Le serment du Grütli : le bluff du général Guisan

À Berne, l'atmosphère est lourde de panique contenue. Les services de renseignement suisses, notamment le réseau d’espionnage “Viking”, captent les mouvements de troupes suspects le long des frontières. Le pays sait qu'il est sursis. C’est dans ce climat de fin du monde qu’un homme va changer le cours de l’histoire. Le 25 juillet 1940, le général Henri Guisan, commandant en chef de l’armée suisse, convoque l’intégralité des commandants de troupes sur la prairie historique du Grütli, là même où la Confédération fut fondée en 1291. Face à ses officiers graves et silencieux, Guisan prononce un discours d’une fermeté absolue : “Ici, nous sommes sur la terre de nos ancêtres. Le sort de la patrie se joue maintenant. Nous ne capitulerons jamais. Si nous sommes attaqués, chaque soldat combattra là où il se trouve, sans attendre d’ordre de repli.”

 

 

Pour donner corps à ce serment, Guisan impose une doctrine militaire révolutionnaire et sacrificielle : le Réduit national. Conscient que ses hommes se feraient massacrer sur le Plateau face à la puissance de feu allemande, il prend la décision déchirante d'abandonner les plaines, les villes et la majorité de la population à l'envahisseur en cas d'attaque. Le gros des forces suisses doit immédiatement se replier et se terrer dans un immense réseau de forteresses souterraines creusées au cœur des Alpes, autour des massifs du Saint-Gothard, de Saint-Maurice et de Sargans. L'ensemble des ponts, des viaducs et surtout les précieux tunnels ferroviaires transalpins sont piégés avec des tonnes de dynamite. Le caporal Jean-Louis Duboux, mobilisé dans un fort du Gothard, témoignera plus tard de cette ambiance électrique : “Nous vivions dans la roche, entourés de munitions. Les ingénieurs avaient les doigts sur les détonateurs. L'ordre était clair : si un seul char allemand franchissait la frontière, nous faisions sauter les tunnels, quitte à mourir enterrés vivants.”

 

Le prix de la liberté et le cynisme de l'or

L’été passe, les feuilles roussissent, mais l’ordre d’allumer la mèche de l’opération Tannenbaum ne vient pas. Hitler hésite, pèse les risques et finit par ranger le plan secret dans les tiroirs de la chancellerie. Le bluff de Guisan a fonctionné : la certitude de voir la Suisse saboter instantanément ses tunnels alpins en cas d'invasion fait reculer le dictateur. Détruire la Suisse aurait brisé la liaison ferroviaire vitale avec l’Italie, un coût logistique exorbitant que l'état-major allemand ne pouvait pas se permettre au moment où se dessinait une ambition bien plus vaste. Dès l’automne 1940, les yeux d’Hitler se détournent des montagnes suisses pour se fixer sur les plaines de l’Est. La préparation de l’invasion de l’Union soviétique exiga le transfert de toutes les divisions disponibles vers la frontière russe, condamnant le projet Tannenbaum à l'oubli.

La Suisse a sauvé sa peau, mais sa survie aura un prix éthique douloureux. Devenue une enclave économique au milieu de l’Europe nazie, la Confédération se voit contrainte de pactiser avec le diable pour éviter l'asphyxie. Les usines helvétiques tournent à plein régime pour fournir des armes de précision, des obus et des roulements à billes à la Wehrmacht. Plus sombre encore, les banques suisses acceptent de blanchir l’or volé par le Reich aux banques centrales des pays occupés et aux victimes des camps de concentration, convertissant le métal sanglant en précieuses devises suisses indispensables à l’effort de guerre nazi. L’historien Werner Rings résumera ce pacte faustien par une formule cinglante : “La Suisse a résisté avec ses soldats dans le Réduit, mais elle a collaboré avec ses banquiers sur le Plateau. C'était le prix de l'indépendance.” Le plan Tannenbaum restera le symbole d'une époque de terreur où la liberté d'un peuple ne tint qu'à la solidité de ses montagnes et au cynisme de ses coffres-forts.

 

WW2 German Nazi GOLD BRICK BAR with Third Reich eagle AU 950 and numbered  *** REPLIKA ***

 

Bibliographie & références

  • Bonjour, E., Histoire de la neutralité suisse pendant la Seconde Guerre mondiale, Éditions de la Baconnière, 1970.
  • Fink, J., Die Schweiz im Visier Hitler : Pläne für eine Invasion, Thurgauer Tagblatt, 1997.
  • Guisan, H., *Rapport du Général Guisan à l'Assemblée fédérale sur le service de l'armée de 1939 à 1945*, Berne, 1946.
  • Rings, W., La Suisse et la guerre 1933-1945 : La neutralité touchée au vif, Éditions Ex Libris, 1975.


2 réactions


  • juluch juluch 3 juillet 12:09

    Hitler aurait eu du mal avec la Suisse et ses nombreuses montagnes....une perte de temps, d’argents, de matériel et d’hommes.

    Son vrais objectif est la Russie ou ses troupes ont été décimées...

    Pour la Suisse grace à sa neutralité et ses banques elle a pu échapper à un conflit.


    • Bonjour @juluch,

      C’est toujours un plaisir de vous lire, et votre analyse tape en plein dans le mille.

      Vous avez parfaitement résumé le dilemme des stratèges allemands. Une guerre dans le relief alpin aurait été un véritable bourbier militaire, un gouffre en hommes et en matériel que le IIIe Reich ne pouvait pas se permettre. Et comme vous le soulignez très bien, les yeux d’Hitler étaient de toute façon rivés vers l’Est : l’Union soviétique était son obsession absolue et c’est là-bas que s’est joué le tournant de la guerre au prix de pertes colossales pour la Wehrmacht.

      Quant à la Suisse, sa survie a effectivement tenu à ce double jeu subtil et pragmatique : une forte dissuasion militaire dans ses montagnes d’un côté, et de l’autre, une neutralité économique très accommodante via ses banques et ses usines, qui rendait le pays finalement plus utile intact qu’envahi.


Réagir



https://middlepassage.dei.uc.pt/https://privacycolab.dei.uc.pt/https://cmd.dei.uc.pt/https://henrique.dei.uc.pt/
https://merdekakreasi.co.id/buku/pkvgames/https://merdekakreasi.co.id/buku/bandarqq/https://merdekakreasi.co.id/buku/dominoqq/https://merdekakreasi.co.id/tentang-kami/
https://simseam.ft.uns.ac.id/https://sipil.ft.uns.ac.id/slot gacorhttps://aku.ac.id/https://jpl.staiku.ac.id/https://jist.publikasiindonesia.id/slot gacorhttps://akperstg.ac.id/https://fisip.uisu.ac.id/https://web.pn-sidrap.go.id/
https://hormon-osteoporosezentrum.de/judi bolahttps://saopaulodeolivenca.am.gov.br/slot gacor