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La VIe République, comme réalisation imaginaire d’un désir inconscient - AgoraVox le média citoyen
lundi 22 septembre 2014 - par Dwaabala

La VIe République, comme réalisation imaginaire d’un désir inconscient

Je lis quelque part : « Sarkozy revient ? VIe République, na ! » Ce qui reflète assez bien le niveau de réflexion proposé à une fraction de l'opinion.

La Ve République donne à J-L Mélenchon la possibilité de se faire élire avec 56% des suffrages comme la IVe la donna au Venezuela à H. Chávez.

Pour y arriver en 1998, le parti que Chávez fonda quelques années plus tôt sous la séculaire IVe s’appelait d’ailleurs « Mouvement pour la Ve République ».

Depuis cette position de Président, il réussit en 1999 à faire passer par référendum (92% de oui, mais 60% d’abstentions) la convocation d’une Constituante élue, qui fut constituée à 95% de chávistes.

La nouvelle Constitution, celle de la République bolivarienne du Venezuela, et non pas la Ve, dénomination abandonnée en chemin, fut soumise à référendum : 72% de oui, et H. Chávez fut réélu Président en 2000 avec 60% des voix.

Ce qui appelle au moins quatre observations.

D’abord sur l’état général de l’électorat d'un pays qui porta H. Chávez au pouvoir, et l’y maintint. Jusqu'à élire son successeur Nicolas Maduro.

Puis, sur la personnalité du Vénézuélien qui, militaire, non seulement ne participa jamais aux gouvernements de la défunte IVe République, ni ne nourrit aucune vénération pour aucun d'entre eux, mais eut même préalablement l'audace de tenter de prendre le pouvoir par un coup d'État, ce qui lui valut quelques années d'incarcération.

Ensuite, sur le caractère de la nouvelle constitution qui donna suffisamment de pouvoirs au Président pour qu'il garde en main l'initiative.

Enfin, ce qui est lié au point précédent, sur le rôle également déterminant des dirigeants d’une révolution, comme c’est encore le cas aujourd’hui avec N. Maduro pour les réformes qu’il engage. Après la création de Conseils des mouvements de femmes, des mouvements de jeunesse, des mouvements des organisations de travailleurs, des mouvements des peuples indigènes, des mouvements des coordinations de paysans et de pêcheurs, des mouvements des travailleurs de la culture… qui n'étaient pas tombés, ni n'étaient sortis spontanément du terreau populaire, la création en juillet dernier du Conseil présidence/commune : cette instance de gouvernement populaire, dotée du rang présidentiel, comptera 120 délégués (à raison de 5 délégués communaux par état régional). Elle siègera tous les deux mois, renouvelée par une rotation annuelle de ses membres.

Comme l'idée de VIe République est visiblement importée depuis ce qui se passe là-bas, et sans aucune originalité, puisque le « Mouvement pour la VIe République » emprunte même jusqu'à son nom à ce qui s'est passé ailleurs, qu’il me soit permis de dire que je ne vois aucun point commun entre le Venezuela et la France qui autorise à penser sérieusement que la convocation d’une Constituante, sans chefs, et de par la volonté hypothétique des citoyens, permettrait de passer à une VIe République.

Aucun point commun, ni sur la structure de l'économie, ni sur le caractère du peuplement, ni sur l'état politique. Sauf celui, constitutionnel, de l'élection du président au suffrage universel direct.

Non plus que cette volonté citoyenne puisse se traduire dans la situation politique actuelle ne serait-ce que par 50,01% en faveur de J-L Mélenchon à la présidence, au moins en ce moment.

On en est donc à vouloir une Constituante pour une République qui ne serait plus présidentielle, sous un régime actuellement présidentiel, sans passer par la case de l'élection d'un Président, pour mener des réformes qui exigeraient une volonté populaire au plus haut point problématique et une poigne de fer au sommet que l'on a d'abord étêté.

Pour aller jusqu'au bout de l'imitation, il ne manque plus que la tentative de coup d'État, par la force des choses non pas militaire mais d'initiative citoyenne.

Hegel fait quelque part cette remarque que tous les grands événements et personnages historiques se répètent pour ainsi dire deux fois. Il a oublié d'ajouter  : la première fois, là-bas, comme réalité, la seconde fois, ici, comme rêverie.

Cependant, chacun a le droit de rêver, et nul ne détient les clés de la réalité de l’avenir.

La question se pose, néanmoins : la crise actuelle, que chacun s'accorde à repérer, n'affecterait-elle pas aussi la gauche impuissante sous la forme d'un délire ?



8 réactions


  • bernard29 bernard29 22 septembre 2014 13:20

    Juste une correction ; 

    Il a oublié d’ajouter  : « la première fois, là-bas, comme réalité, la seconde fois, ici, comme une farce ».


    • Dwaabala Dwaabala 22 septembre 2014 13:27

      Plus exactement : ... la première fois comme une tragédie, et la seconde fois comme une farce.


    • bernard29 bernard29 22 septembre 2014 14:46

      Oui, c’est plutôt ça.


    • Dwaabala Dwaabala 22 septembre 2014 14:40

      Bonjour,
      Que les idées s’influencent, c’est un fait, mais la reproduction pure et simple d’une idée ne peut plus guère être qualifiée d’idée, sauf par ceux qui ignorent l’original.


  • Spartacus Lequidam Spartacus 22 septembre 2014 16:31

    Qu’ils sont marrants les cocos avec le Vénézuéla !

    Un bis répétita.....du déni permanent des gauchistes !.

    Nous savons tous que le Vénézuéla est un pays dictatorial ou les magasins sont vides, que le collectivisme est- un total échec et un pays en faillite...

    Hier ils savaient que Staline, Lenine, Mao, PolPot étaient des débiles mentaux, ils pouvaient lire et voir dans les médias les informations sur la réalité, mais ils niaient, niaient, niaient, niaient ......

    Aujourd’hui comme hier les gauchistes vivent dans un rêve a des années lumière de la réalité.

    Alors même avec les preuves, les témoignages, ils s’enferment dans leurs illusions....
    Aujourd’hui ils nient, nient, et voudraient vous faire croire le bonheur d’un paradisme sud Américains socialiste.....

    La vie dans un déni des réalités dans une bulle entre consanguins en dehors des réalités. 

    Le Vénézuéla est un pays ou l’information est contrôlée, les journaliste n’ont pas le droit d’écrire des articles contre-révolutionnaires.
    Le contrôle des prix a rendu des magasins archi-vides.
    L’utilisation débile de la planche à billet donne une inflation à 250%...
    L’économie est catastrophique.
    Des comités de quartier dénoncent les « contre-révolutionnaires » et les pères ont peur que leurs enfants les dénoncent. 
    La prise d’otage contre rançon est monnaie courante. Les gens de la capitale vivent dans la peur. 
    Les 2/3 des entreprises privées ont fermés. 
    Les entreprises étatisées ne produisent plus rien. 
    La Jungle a repris les espaces autrefois cultivés par le privé. Les coopératives étatistes sont des échecs cuisants....Même le café est importé, un comble dans un pays tropical.
    Les gens passent leurs journées à faire la queue toute la journée devant les magasins. 
    1.3 millions de personnes ont fuit le pays en Exil....
    Une pression sur la population est faite pour qu’ils vivent en quasi état de guerre et leur font croire que les USA vont les attaquer la semaine prochaine.
    Le contrôle des changes fait vivre les familles Chavez et Maduro, qui eux disposent de dérogations pour avoir des USD...
    Les gens passent leurs vies à chercher des devises étrangères pour s’acheter leur besoins primaires....


    Faut il être endoctriné et avoir une absence d’esprit critique pour nier ces vérités...et cautionner ces conneries.

    • Xenozoid 22 septembre 2014 16:53

      1.3 millions de personnes ont fuit le pays en Exil.., dit le Spartacus ?
      combien ? 1,3 millions ma bonne dame,, c’est y qu’il sont pas bons, on se demande d’ou les chiffres viennent ma bonne dame, 1.3 millions, c’est le nombre, les liberaux qui ne libere que le libre(pas l’esclave) , 1, 3 millions, ma pauvre dame, on se demande comment les peuple s’entrechocque 1. 3 millions a cause du PQ dans les files d’attente, ma pove dame, c’est y pas malheureu


    • Dwaabala Dwaabala 22 septembre 2014 16:59

      Hors sujet mais enrichissant comme perspective.


  • Antenor Antenor 22 septembre 2014 18:08

    On pourrait déjà commencer par achever la séparation des pouvoirs :

    -Impossibilité pour le Président de la République de dissoudre l’Assemblée Nationale

    -En contrepartie, les parlementaires n’auraient strictement aucun droit de regard sur la composition du gouvernement

    - Création d’une véritable cour constitutionnelle composée de juges à la place du conseil constitutionnel


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