jeudi 5 février - par politzer

Larmes amères

Larmes amères

"Je vois le bien, je fais le mal" (Saint Augustin) 

Le Conflit Psychique dans la Délinquance Juvénile  :

Du Ça au Surmoi, le Rôle de l'Idéologie et du Mimétisme Social

En 2026, la délinquance juvénile – rixes, agressions à l'arme blanche, actes impulsifs commis par des mineurs – continue de poser question à la société française. Un phénomène récurrent intrigue : pourquoi un "gamin" qui commet un acte violent éclate-t-il souvent en larmes juste après ?

Cette réaction n'est pas anodine ; elle révèle un drame intérieur, analysable à travers la psychanalyse freudienne. Le jeune a été agité par une force pulsionnelle qui l'a conduit au crime, force qui s'épuise une fois l'acte accompli, laissant place au remords.

Le Surmoi, instance morale intériorisée, reprend alors le dessus, imposant une répression morale contre les envahissements du Ça.

Mais cette dynamique ne se joue pas dans le vide : l'idéologie transmise par les parents et l'environnement social l'accompagne ou lui barre la route, tandis que le mimétisme social et l'affection parentale agissent comme forces intégratives – ou destructrices – dans l'ordre social.

 

Le Cas du Gamin qui Pleure  : Un Acte Impulsif Suivi de Remords

Imaginez un adolescent impliqué dans une rixe mortelle : il frappe, puis s'effondre en larmes, submergé par la culpabilité. Ce scénario, observé dans de nombreuses affaires judiciaires (comme les émeutes de 2023 ou des rixes urbaines récentes), illustre un conflit psychique classique.

Selon Sigmund Freud, dans sa seconde topique (Le Moi et le Ça, 1923), le psychisme est divisé en instances : le Ça représente les pulsions primitives, inconscientes et amoral, héritées de l'enfance, qui cherchent une satisfaction immédiate sans égard pour les conséquences.

Cette "force qui l'a conduit au crime" est le Ça en action : une énergie libidinale ou destructrice qui submerge le sujet, le rendant temporairement aveugle à la morale ou à la réalité.

Une fois l'acte accompli – le coup de couteau donné, la violence libérée – cette énergie se dissipe, laissant un vide épuisant.

Les pleurs surgissent alors comme un signal de détresse : le Surmoi, le juge intérieur formé par les normes parentales et sociales, reprend le dessus.

Affectif et intégratif, ce Surmoi impose sa force morale répressive, condamnant l'envahissement du Ça et réintégrant le jeune dans un cadre judicatif mimétique – un mimétisme social qui l'aligne sur les attentes collectives.

Ce mécanisme n'est pas isolé.

Des études psychanalytiques contemporaines, inspirées d'Anna Freud ou de Melanie Klein, montrent que chez les mineurs délinquants, le Surmoi est souvent précoce mais fragile : il tolère l'acte sous l'emprise pulsionnelle, mais explose en remords post-acte, menant à des crises de conscience intenses.

Les larmes ne sont pas une simple émotion ; elles marquent la victoire temporaire du Surmoi sur le Ça, mais trop tard pour prévenir le crime.

L'Idéologie Incarnée  :

Accompagnatrice du Crime ou Barrière Morale

L'idéologie – ensemble de valeurs, croyances et normes transmises par la famille, la culture ou la religion – s'incarne dans ce conflit psychique.

Elle n'empêche pas toujours le crime, mais elle peut l'accompagner en le rationalisant ou lui barrer la route en imposant une morale répressive.

Chez l'enfant ou l'adolescent, l'idéologie est d'abord parentale :

si les parents transmettent des valeurs victimaires ("le monde est contre nous"), communautaristes ou violentes (vengeance comme justice), elle justifie l'envahissement du Ça, rendant le crime "légitime" dans l'instant.

 

Par exemple, dans des contextes d'immigration mal intégrée, une idéologie clanique ou religieuse rigide peut accompagner l'acte en le présentant comme une "défense d'honneur", affaiblissant le Surmoi républicain.

 

À l'inverse, une idéologie intégrative – alignée sur les mœurs françaises (laïcité, égalité, respect des lois) – barre la route au crime en renforçant le Surmoi comme instance judicative.

Elle impose une répression morale immédiate, transformant les pulsions du Ça en comportements socialement acceptables.

Freud notait que l'idéologie sociale, intériorisée via l'éducation, agit comme un "surmoi culturel" : elle accompagne le développement psychique en canalisant les forces instinctuelles vers l'ordre collectif. Mais quand elle est conflictuelle, elle n'empêche pas le crime ; elle l'accompagne en le masquant sous un vernis justificateur, ne barrant la route qu'après coup, via les remords.

Mimétisme Social et Affection Parentale  :

Forces Intégratives dans l'Ordre Social

Le mimétisme social joue un rôle clé dans cette dynamique. Inspiré de René Girard (théorie du désir mimétique) ou de Freud lui-même, il désigne l'imitation par l'enfant des modèles environnants pour former son Surmoi.

Ce mimétisme est "affectif et intégratif" quand soutenu par une affection parentale stable  :

les parents, par leur amour et leurs limites, modélisent un ordre social où le Ça est canalisé vers des fins positives (travail, respect, intégration).

L'affection parentale agit comme un pont :

elle tempère les pulsions primitives, renforce le Surmoi et favorise un mimétisme qui aligne l'enfant sur les normes collectives – un processus judicatif où l'individu s'intègre via l'imitation morale.Sans cette affection, le mimétisme devient destructeur  :

l'enfant imite des pairs violents (bandes, réseaux sociaux), des figures radicales en ligne ou des normes familiales étrangères aux mœurs françaises, menant à des actes criminels.

L'idéologie transmise alors n'empêche pas le crime ; elle l'accompagne en le normalisant au sein d'un groupe mimétique (par exemple, des idéologies victimistes ou islamistes radicales observées dans certaines banlieues).

 

Une fois l'acte accompli, le Surmoi culturel – affectif et répressif – reprend le dessus, imposant les remords comme tentative d'intégration ratée dans l'ordre social.

 

En France contemporaine, des rapports comme celui du Défenseur des droits (2025) sur la violence juvénile soulignent ce lien : les mineurs délinquants issus de familles déstructurées ou de contextes culturels conflictuels montrent souvent ce pattern – acte pulsionnel suivi de pleurs – révélant un Surmoi formé dans un mimétisme social défaillant, où l'affection parentale n'a pas su intégrer l'enfant dans les normes républicaines.

Conclusion  : Vers une Compréhension Psychique pour Prévenir le Chaos

Le cas du gamin qui pleure après son acte illustre un drame universel : le crime comme victoire éphémère du Ça, les remords comme revanche du Surmoi. L'idéologie, via le mimétisme social et l'affection parentale, détermine si ce conflit reste destructeur ou intégratif. Dans une société fracturée par la violence juvénile, cette perspective freudienne plaide pour une éducation renforcée : parents et institutions doivent barrer la route au crime en amont, en transmettant une idéologie qui intègre plutôt qu'elle n'accompagne les pulsions. Sans cela, les forces du Ça continueront d'envahir, laissant les jeunes seuls face à une morale répressive trop tardive – et la société face à un cycle de chaos.

 



9 réactions


  • SilentArrow 6 février 01:53

    @politzer

    Et si ces larmes n’étaient que des larmes de crocodile destinées à attirer la clémence de ceux qui vont juger le criminel ?


  • jakem jakem 6 février 14:40

    L’article est intéressant car il décrit bien le processus psychologique qui permet de doter l’enfant d’un Surmoi par l’éducation, la socialisation, la morale, les tabous, le Bien opposé au Mal, les us et les coutumes ....

    En revanche la fin, « la morale de cette histoire » est un blabla de type gauchiste utilisé depuis ... au moins 40 ans, et dont les principes, tout à fait honorables en théorie, ne contiennent absolument pas le déchainement de violences.
    L’échec est incontestable par sa récurrence et spectaculaire par les moyens employés et les victimes visées.

    Tout récemment Théo a été agressé par une bande jeunes mineurs déjà remis en liberté !

    Pour que la perversité de cette décision soit bien perçue, il faudrait que le juge et les élus et tous ceux qui soutiennent la Loi, soient agressés de la même manière ... Qu’on les bourre de coups de pied, qu’on saute sur leurs têtes à pieds joints, qu’on leur écrabouille les couilles .... Ce serait du vécu ! une expérience sensible ( comparable au morceau de cire de je ne sais plus quel philosophe ) directement en lien avec la réalité.

    Ces jeunes salopards ne se sont pas contentés de voler son smartphone, ils l’ont traité comme le faisait autrefois ( et encore de nos jours ) les barbares envers leurs ennemis.

    Moi, je ne les vois pas dans un cabinet de psy, mais en taule pour très longtemps.
    Et ce dès leur arrestation.
    Qu’il-y-ait des entretiens avec des psys pendant la détention, c’est normal ; on peut et on doit essayer de les reformater.

    Mais d’abord, il faut punir !


  • jakem jakem 6 février 18:41

    1 Je profite de mon passage pour corriger une faute : ... comme le faisaiENT autrefois ... et protester contre le manque de vigilance et donc la PARESSE et le laisser-aller des gauchistes de ce site qui ne me décorent que de deux étoiles de 1e catégorie !

    2 https://www.breizh-info.com/2023/07/29/222957/eve-vaguerlant-lecole-fabrique-des-masses-de-jeunes-violents-et-incultes/


  • jakem jakem 6 février 21:31

    Un mois avant l’agression de Théo, la même bande de jeunes salopards s’en était pris à un autre étudiant ...

    https://www.lefigaro.fr/lyon/ils-l-ont-tabasse-et-ont-voulu-le-jeter-dans-le-rhone-avant-theo-un-autre-jeune-victime-de-la-meme-bande-de-mineurs-a-lyon-20260206


  • jakem jakem 6 février 21:41

    <<  La multiplication des attaques au couteau dans les écoles, à l’image de l’enseignante poignardée par un de ses élèves à Sanary-sur-Mer, est intimement liée au délitement du cadre d’autorité et à l’explosion des violences intrafamiliales, analyse la psychologue Marie-Estelle Dupont.

    LE FIGARO. - L’élève de 3e, âgé de 14 ans, qui a poignardé sa professeure en classe mardi dans un collège de Sanary-sur-Mer (Var), a été mis en examen pour tentative d’assassinat et écroué jeudi 5 février. Ce type de gestes est de moins en moins isolé. En février 2025, le gouvernement avait noté que les signalements d’armes blanches dans les établissements scolaires avaient bondi de 15 % sur un an. Comment expliquez-vous cette multiplication des attaques au couteau dans les écoles ? Faut-il y voir autant de cas particuliers ou le symptôme d’un malaise très profond dans la jeunesse ?

    Marie-Estelle DUPONT. - C’est la conséquence tragique mais somme toute peu surprenante des choix politiques qui ont été faits depuis 40 ans. En détruisant tous les cadres et toutes les figures d’autorité présentées comme persécutantes, nous avons remis finalement la loi du plus fort et de la domination au centre de la vie collective. Lorsque le père est facultatif, que la mère est incitée à quitter le plus vite possible son enfant, que le professeur devient un animateur, qu’il est interdit d’interdire, et que dans le même temps, le divertissement de masse puis les réseaux prennent la place des grandes symbolisations, de la culture, du niveau de l’instruction, mais aussi des figures identificatoires saines pour les jeunes, on comprend bien que le psychisme ne va pas se développer autour d’un surmoi et d’une assise saine qui permet de ne pas confondre impulsion et décision. Par ailleurs, l’illusion selon laquelle toutes les cultures sont interchangeables et que l’individualisme forcené d’un côté, des fonctionnements très communautaires et claniques de l’autre vont dialoguer et avoir envie d’un bien commun nous a empêchés de préserver ce qui aurait pu maintenir une cohésion entre les générations, entre les cultures et entre les groupes.>> .....

    https://www.lefigaro.fr/vox/societe/marie-estelle-dupont-en-detruisant-tous-les-cadres-educatifs-nous-avons-remis-la-loi-du-plus-fort-au-centre-de-la-vie-civile-20260206


  • jakem jakem 7 février 07:04

    Le manque de sanctions engendre et encourage la récidive ... des jeunes et des adultes .... en particulier à senestre ...

    On peut constater clairement, de façon incontestable, la différence de traitement judiciaire selon l’appartenance politique ... 
    D’une façon générale, les magistrats sont bien plus LFIstes que des fonctionnaires républicains français impartiaux ...

    https://www.bvoltaire.fr/rima-hassan-des-mefaits-des-plaintes-et-le-silence-des-juges/


  • Jean Keim Jean Keim 7 février 07:52

    La psymachinchose est l’analyse de la psyché, pour cela elle dispose d’un riche vocabulaire particulièrement abscons, elle fait des dégâts dans les modes de penser, elle est devenue une idéologie.

    https://psychaanalyse.com/pdf/LEXIQUE%20DE%20PSYCHANALYSE%20LAPLANCHE%20ET%20PONTALIS%2025%20Pages%20307%20Ko.pdf


Réagir



https://middlepassage.dei.uc.pt/https://privacycolab.dei.uc.pt/https://cmd.dei.uc.pt/https://henrique.dei.uc.pt/
https://merdekakreasi.co.id/buku/pkvgames/https://merdekakreasi.co.id/buku/bandarqq/https://merdekakreasi.co.id/buku/dominoqq/https://merdekakreasi.co.id/tentang-kami/
https://simseam.ft.uns.ac.id/https://sipil.ft.uns.ac.id/slot gacorhttps://aku.ac.id/https://jpl.staiku.ac.id/https://jist.publikasiindonesia.id/slot gacorhttps://akperstg.ac.id/https://fisip.uisu.ac.id/https://web.pn-sidrap.go.id/
https://hormon-osteoporosezentrum.de/judi bolahttps://saopaulodeolivenca.am.gov.br/slot gacor