vendredi 23 octobre 2009 - par
Le piège des scandales
Trop de visibilité aveugle.
Je m’explique : il y a ce qu’on montre, et même si la représentation nous révolte, elle n’est souvent qu’un cache pour des manipulations beaucoup plus inavouables qui se trament en coulisse.
En parcourant le net et les blogs, ces derniers jours, je me disais : RIEN.
En parcourant le net et les blogs, ces derniers jours, je me disais : RIEN.
Les feux de la rampe s’éteignaient, tout rentrait dans le silence et l’obscurité. Etait-ce moi ? Les mots me boudaient-ils ? En tout cas, tout semblait figé, voire en panne. La France entrait de nouveau dans son automne pluvieux après l’exhibitionnisme sarkoziste et ses multiples affaires récentes.
Comme prévu, le soufflé était retombé : circulez, il n’y avait rien à voir ! Hortefeux puis Mitterrand avaient fait le spectacle et puis étaient retournés à leur niche.
Et les acteurs ne manquent pas, Besson, Amara, Yade, Kouchner, les bons et les méchants… The show goes on. Du spectacle, il y en aura encore demain. En Sarkozie, on ne s’ennuiera jamais !
Ou, plus précisément, on ne nous donnera que ce qui est à voir : du scandale, encore du scandale, de ce scandale qui alimente les gazettes et nous détourne de toute réflexion sur ce qui est beaucoup plus grave : un détricotage de ce qui est au cœur de la démocratie, le suffrage universel.
Il est toujours nécessaire de retrouver le sens des mots par le biais de l’étymologie.
SCANDALE : du latin « scandalum », piège, obstacle. Emprunté au grec « skandalon », calque de l’hébreu « mickôl » : obstacle, ce qui fait trébucher.
SCANDALE : du latin « scandalum », piège, obstacle. Emprunté au grec « skandalon », calque de l’hébreu « mickôl » : obstacle, ce qui fait trébucher.
Il s’avère qu’ainsi fonctionne le sarkozisme, par cette succession de scandales qui, même s’ils portent l’obscénité d’une vérité, nous détournent de ce que nous pourrions voir.
Alors, les provocations, les faux pas apparents continueront car, en nous offrant ce spectacle d’une forme de pornographie politique, ce sont des mesures attentatoires à la démocratie qui se mettent en place là où notre attention est distraite.
Dans la plus grande discrétion, on apprend ainsi que la moitié des élus locaux seront supprimés. Plus grave, ceux-ci seront élus à un seul tour. Ce qui signifie qu’il y aura un candidat de la majorité présidentielle et que s’il n’y a pas en face de lui UN SEUL candidat de l’opposition, celui-ci sera à coup sûr battu. Or, on se doute bien qu’il y aura plusieurs opposants, et s’il le faut, le pouvoir ira jusqu’à les fabriquer ! Le suffrage universel sera ainsi réduit à une farce. Car ensuite, ce système prévaudra pour toutes les élections !
On apprend aussi que l’Etat va investir 7 millions d’Euros dans Dailymotion : on peut être certains que le retour sur investissement sera surtout de l’ordre d’un contrôle sur le Net. Comme par hasard, Morano s’attaque de nouveau à internet comme menace pour les familles…
Internet et le suffrage universel sont aujourd’hui les deux remparts contre la dictature qui se met lentement mais sûrement en place. C’est le véritable enjeu du pouvoir.
Internet et le suffrage universel sont aujourd’hui les deux remparts contre la dictature qui se met lentement mais sûrement en place. C’est le véritable enjeu du pouvoir.
Les scandales ne doivent pas nous empêcher de voir le véritable danger qui nous guette. On peut craindre que l’affairisme, l’immoralisme, le népotisme, la confusion idéologique cachent en réalité une disparition programmée de la démocratie et de la République.

