Le Sort du Régime des Mollahs sous les Sanctions américaines
Quelques mois après que le gouvernement Trump s’est retiré de l'accord nucléaire iranien de 2015, le deuxième train de mesures plus sévère sur les exportations de pétrole iranien est entré en vigueur cette semaine. Les États, les sociétés étrangères et les entités qui continuent à acheter du pétrole ou à faire affaire avec des banques iraniennes seraient bannis des marchés américains.
Cette décision suffirait à étrangler toute économie ou asservir toute entreprise liée aux secteurs pétroliers ou bancaire iraniens, en la privant de toute possibilité réelle de participer à l'économie mondiale.
Malgré la volonté de l'UE de maintenir l'accord sur le nucléaire iranien, les entreprises européennes auront du mal à rester en contact avec l'Iran car les lois de protection en vigueur ne suffisent pas à préserver leurs intérêts. Ils sont bien conscients que la perte des marchés transatlantiques pourrait entraîner leur effondrement.
Exclus des sanctions car "ils ont démontré des réductions significatives de leur pétrole brut", huit pays pourront temporairement continuer à importer du pétrole iranien. Deux d’entre eux ont promis de couper les importations de pétrole iranien à l’avenir, tandis que d’autres comme la Turquie ont "coopéré sur de nombreux autres fronts" avec les États-Unis.
La liste des pays exclus pourrait inclure des pays que les États-Unis devaient exclure des "sanctions les plus sévères de l'histoire", afin de ne pas gêner les relations avec eux ; de toute façon, ils ne resteraient pas attachés aux sanctions.
La décision des États-Unis devrait avoir des effets très douloureux sur l’économie iranienne. Par anticipation, Téhéran a récemment procédé à un remaniement proactif du Cabinet, impliquant principalement un changement au niveau du ministère de l'Economie. Il va sans dire que les paiements facilités aux exportations iraniennes par les Européens, qui entreront en vigueur en même temps que les sanctions, ne feront pas grand chose pour protéger son économie.
Les sanctions sévères qui ont survenues après le Plan d'Action global commun vont faire pression sur les mollahs, qui souffrent déjà de l'indignation croissante du public face à la hausse des prix, l'inflation et le chômage. Il va également mettre fin au financement des entités terroristes soutenues par l'Iran en Syrie, au Liban et au Yémen.
Le but des sanctions est de contraindre le régime, d’encourager les manifestations internes et de forcer les mollahs à se mettre à la table des négociations, à l’instar du scénario nord-coréen. La question est cependant de savoir si les sanctions peuvent avoir les mêmes conséquences dans la situation iranienne. Un exemple typique est que les sanctions historiques n'ont pas réussi à faire dialoguer les régimes.
Connaissant le régime iranien, pour que les sanctions soient efficaces, le régime lui-même doit être en jeu. En d'autres termes, la possibilité de son effondrement sous un tollé général constituera une motivation forte pour amener les mollahs à la table des négociations. Mais si les sanctions n'aboutissaient qu'aux souffrances du peuple iranien, le régime survivrait, de même que ses projets expansionnistes au Moyen-Orient.
Les sanctions imposées par les États-Unis influeront sur le sort du régime, car elles le privent de la majeure partie des revenus pétroliers, qui sont non seulement le nerf de l'économie iranienne, mais également la source du financement des projets interventionnistes du régime dans la région arabe. Après l'entrée en vigueur des sanctions américaines dans quelques mois, le régime autoritaire risque d'être étranglé.

