samedi 31 mars 2012 - par Cedric Citharel

Le syndrome du feu rouge

Imaginez-vous au milieu de la nuit, en pleine campagne, sur une route déserte au volant de votre automobile. Soudain, vous arrivez à un feu rouge. Vous vous arrêtez et vous attendez. Après quelques minutes, comme le feu est toujours rouge, et que vous n’avez vu aucune voiture passer, vous regardez des deux côtés pour vous assurer que la voie est libre. Rien à l’horizon. Pas la moindre lumière à part celle de vos phares. Pas le moindre piéton. Le feu, quant à lui, reste obstinément bloqué sur le rouge. Combien de temps vous faudra-t-il pour passer outre l’interdiction d’avancer et franchir cet obstacle  ?

Parce qu’il faut bien nous rendre à l’évidence, la plupart des règles que nous respectons, nous les respectons pour de mauvaises raisons. Alors qu’à chaque fois que nous sommes sommés de les respecter, nous devrions nous poser la question du bien-fondé de ces lois qui régissent nos vies, nous y réagissons en termes de risques, de prix et de bénéfices. S’arrêter à un feu rouge, même lorsque nous sommes sûrs de ne pas provoquer d’accident au cas où nous passerions outre cette interdiction, ne se justifie que par la peur du gendarme : perdre quelques secondes vaut mieux que de risquer d’avoir à payer une amende. Et même, après ces quelques secondes d’hésitation, une fois sûrs qu’aucun agent ne se tient embusqué de l’autre côté du carrefour, beaucoup d’entre nous vont continuer d’attendre. Pourquoi  ? Parce que malgré toutes les raisons invoquées par notre conscience, le respect de cette norme n’est plus un moyen (d’éviter les accidents ou de réguler le trafic), mais une fin en soi.

Nous n’obéissons plus parce que cela nous permet de vivre dans un monde meilleur, nous obéissons parce que nous ne voulons pas désobéir.

Dans de nombreux pays, la délinquance est telle qu’il est dangereux de s’arrêter aux feux rouges en pleine nuit, en particulier sur une route de campagne. Il est alors facile de passer outre l’obligation imposée aux automobilistes et de poursuivre son chemin. Mais en France, pays où le car-jacking relève le plus souvent de la simple malchance, il faudra trouver une autre bonne raison pour passer outre.

Cette raison viendra toute seule puisque plus nous passerons de temps à attendre et plus il nous sera facile de nous convaincre que ce feu rouge est en panne. Nul n’étant censé se plier aux ordres d’une machine défaillante, il sera alors aisé de reprendre notre route sans souffrir du remord ni être tiraillés par notre mauvaise conscience.

Mais si nous pouvons aisément pointer les dysfonctionnements d’une machine, lutter contre ceux du système relève le plus souvent de l’exploit. Les institutions sont de farouches adversaires et elles se battent avec d’autant plus d’acharnement qu’elles savent qu’elles défendent une cause injuste. À titre d’exemple, l’administration fiscale est l’image même de l’intransigeance avec les petits, alors que l’impôt dégressif qu’elle impose à la population est l’exemple type du dysfonctionnement administratif. Récemment, le projet de fichage des contestataires de contraventions nous montre lui aussi à quel point le système ne tolérera pas que l’on pointe ses erreurs.

Ce qui aggrave la situation, c’est que depuis peu le système s’appuie sur des concepts reconnus et acceptés par tous pour imposer ses règles iniques. Personne ne veut qu’il y ait plus de morts sur les routes, mais est-ce une raison suffisante pour les truffer de radars  ? Tout le monde comprend que les artistes doivent pouvoir vivre du fruit de leur travail, mais est-ce une raison pour couper internet à des familles entières quand un adolescent a téléchargé une musique qui passe en boucle sur toutes les radios  ? Toutes ces mesures, prises à des fins purement électoralistes et aussi inefficaces qu’inutiles, donnent le sentiment d’évoluer dans un système qui ne fonctionne plus  ; et dans un tel système, l’obéissance s’apparente à la bêtise alors que la désobéissance devient la norme.

Puisque les politiciens utilisent maintenant des concepts admis par le peuple (principe de précaution, sécurité routière, propriété intellectuelle, droits d’auteurs…) pour satisfaire les intérêts de lobbies qui se soucient peu du bien commun (fabricants de vaccins, d’éthylotests, de films grand public, de variété…) les règles qu’ils nous imposent, à l’instar du feu bloqué au rouge, ont perdu leur légitimité.

Il est temps de désobéir, parce que si ce n’est pas l’absurde qui nous pousse à nous révolter aujourd’hui, ce sera la faim ou la peur qui nous y pousseront demain. Et dans une telle situation, nous ne pourrons plus nous contenter de contourner les lois, il nous faudra aussi nous attaquer au système qui les promulgue.



37 réactions


  • molotov molotov 31 mars 2012 10:32

    à .C.C.

    bravo !

    Enfin une personne qui pense comme moi !

    Même chez les militaires un ordre doit être fondé, sous peines de désobeissance.

    Alors attention à la télé,radio et presse qui nous lobotomises et nous endores debout au « syndrome du feu rouge ».


    • Cedric Citharel Cedric Citharel 31 mars 2012 11:00

      Content que ça vous ait plu :)


      Je corrige néanmoins : chez les militaires, tout ordre légal doit être exécuté, qu’il soit fondé ou non. Quant au devoir de désobéissance aux ordres illégaux, il n’est hélas que rarement mis en avant.

      Ajoutez à cela la solidarité qui règne au sein de chaque catégorie de personnel (mais qui divise ces catégories entre elles) et l’uniformisation des tenues comme des esprits (à laquelle on peut résister... pour la forme) et vous obtenez l’institution telle qu’elle est aujourd’hui, lourde et sclérosée.

      Bref, si j’apprécie de nombreux militaires et anciens camarades, j’ai encore beaucoup de ressentiments envers cette institution...

  • Tapioca RogeR 31 mars 2012 10:42

    Le feu reste obstinément bloqué sur le rouge. Combien de temps vous faudra-t-il pour passer outre l’interdiction d’avancer et franchir cet obstacle  ?
    Pour un individu ayant perdu tout sens critique, l’échine souple, il attendra longtemps.
    En ce qui me concerne, j’ai été confronté à ce genre de situation. Et il y avait hélas des gardiens de la « paix » dans une voiture. Je suis passé avec précaution bien sur, et j’ai récolté une prune immédiatement pour avoir grillé un feu rouge. Condamné au Tribunal d’instance, j’ai fait appel et la Cour m’a relaxé entièrement. Pourquoi ? Et bien tout simplement parce qu’il y a un règlement qui stipule la durée d’allumage du feu vert, du feu orange et du feu rouge. En cas de dysfonctionnement vous pouvez, en prenant des précautions, franchir le feu. Il n’y a pas d’infraction. Même les gardiens de la « paix » ne connaissaient pas la réglementation à fond.


    • Cedric Citharel Cedric Citharel 31 mars 2012 11:06

      En effet, face à ceux qui sont censés faire appliquer la loi et qui en ignorent les subtilités, la désobéissance s’impose. Ce n’est hélas pas le seul cas de figure...


    • Cedric Citharel Cedric Citharel 31 mars 2012 11:10

      En effet, face à ceux qui sont censés faire appliquer la loi et qui en ignorent les subtilités, la désobéissance s’impose. Ce n’est hélas pas le seul cas de figure...


  • herbe herbe 31 mars 2012 11:03

    Il existe une recette toute simple (usage constaté dans des villes du nord de l’Europe ou exceptionnellement en France sur des feux temporaires de chantier) :

    l’affichage du décompte du temps restant.
    Je peux vous dire que ça change du tout au tout l’attente....
    On en reprend une certaine maitrise qui vient naturellement avec le fait d’être informé.

    Je vous laisse l’analogie à faire avec ce qui manque cruellement dans notre société : être informé (pas désinformé à des fins de manipulation) et reprendre un peu de contrôle et donc de l’autonomie.

    La politique doit faire cette (r)évolution et un certain candidat qui semble redonner le manche au peuple semble rencontrer un grand succès en ce moment...

    • herbe herbe 31 mars 2012 11:04

      Ah zut, j’ai encore oublié :

      Bonjour....et à bientôt !

    • Cedric Citharel Cedric Citharel 31 mars 2012 11:15

      Tout à fait d’accord avec vous, les réformes doivent passer par des changements dans le système. Je veux dire par là qu’il ne faut pas avoir à compter sur un agent compréhensif ou sur un automobiliste responsable pour arranger les choses...


      Mais j’arrête, je ne veux pas empiéter sur un prochain article smiley

    • herbe herbe 31 mars 2012 16:00

      super !

      Au plaisir !

  • surferrosa 31 mars 2012 11:08

    Souvent, la nuit, les feux sont à l’orange clignotant. 

    De toute façon, à terme, il n’y aura plus que des rond-point aux intersections, du moins en campagne. En ville, il manque souvent la place...

    Quand à l’obéissance, une fois une norme intériorisée, elle le reste. 

    Les radars...nous sommes l’un des pays d’Europe où ils sont les moins présents (mal indiqués en Italie, Allemagne et Grande-Bretagne, Belgique...) Mais là n’est pas le débat.

  • HELIOS HELIOS 31 mars 2012 12:31

    ... la regle respectable est respectée !

    Tout citoyen, dans une republique doit respecter la regle, parce que c’est lui-même qui a crée cette règle (a travers ses representants), y compris le feu rouge en ras de campagne a 3 heures du mat’ !

    Helas, bon nombre de regles sont arrivées « comme ça » par une volonte antirepublicaine, electoraliste, clienteliste, ou de pure autorité par des « responsables » qui ont, a un instant donné, abusé de leur pouvoir.

    La coutume de passer outre les regles s’est alors installées car les regles elles mêmes n’etaient pas respectables ou bien leur expression tenait compte d’un ecart et d’une tolerance... qui peut disparaitre a tout moment et qui bien sur n’est pas la même pour tout le monde.

    Personnellement je n’aime pas les « feux rouges en rase campagne la nuit » parce que ce sont des outils de soumission des citoyens, des armes d’affaiblissement de la dignité des personnes et un entrainement a la deresponsabilisation.

    Associé a d’autres armes, de type TF1, et surtout au manque de rigueur d’une justice a plusieurs vitesses, les gouvernements, le notre bien sûr, mais pas seulement a un comportement dictatorial qui n’a rien a voir avec l’action qu’il doit mener a la tête d’une nation.
    Les groupuscules de pression (genre la ligue contre la violence routiere) et tous les lobbyistes sont la pour renforcer ces effets de dictatures et sont responsables bien au dela des themes qu’ils pensent defendre... ils sont responsables de ce qui arrive a nos pays (les pays europeens en general) en terme de declin et de citoyenneté. 


    • Cedric Citharel Cedric Citharel 31 mars 2012 13:24

      « surtout le manque de rigueur » ou comment caser ses idées en douce dans un commentaire plutôt que d’écrire un article sur le sujet. C’est digne de la chaîne que vous conspuez...


  • surferrosa 31 mars 2012 13:56

    « comportement dictatorial »... ? « groupuscule » ?

    Les arguments sont connus. On dirait Sartre qui critique Camus parce que ce dernier, justement, aime la tempérance.

    Je découvre votre site et je l’aime bien. Je pense que je vais y passer de bons moments.



    • Cedric Citharel Cedric Citharel 31 mars 2012 14:14

      D’autant plus que Sartre n’a pas toujours été aussi intransigeant...

      La tempérance est toujours plus sage, mais pour faire bouger les choses, il faut parfois franchir les limites.

      Entre Gandhi, Malcolm X et Mandela, le choix est difficile, et encore, ça c’est quand on a le choix.

  • Radix Radix 31 mars 2012 14:09

    Bonjour

    Votre feux obstinément rouge me rappelle une autre histoire.

    Un soir, me dirigeant vers ma voiture, je traverse à un passage piéton où le feux était rouge bien avant mon arrivée. Cela m’a semblé un peu bizarre car c’est un feux à commande « piéton », c’est alors que j’ai vu les deux préposés à la maréchaussée, campés au milieu de l’îlot, qui commandait le feux.
    Intrigué je me suis arrêté pour les observer et leur manoeuvre était simple, lorsque qu’un véhicule arrivait (vu l’heure tardive, ils étaient rares) ils commandaient le feux et une fois sur deux le véhicule, après avoir ralentit, ne voyant aucun piéton à l’horizon et encore moins mes deux gugusses, poursuivait sa route !

    Ils ont du faire une bonne soirée !

    Radix

    PS. Petite précision, ces faits se passaient bien avant l’arrivée de Sarko au pouvoir, sous Tonton. Comme quoi quand on encourage un terreau fertile on obtient des résultats dépassant toutes les espérances.


    • Cedric Citharel Cedric Citharel 31 mars 2012 14:20

      Et oui, que ce soit quand des citoyens luttent contre les institutions qui les oppressent ou quand ces mêmes institutions exploitent et oppriment les citoyens, la guerre civile peut prendre différents visages. Penser que ces agents étaient assermentés a quelque chose de profondément révoltant...


      Cela étant dit, j’espère que YouTube sert parfois à pointer du doigt ce type de dysfonctionnement. Après, ils s’étonnent de voir émerger des sites comme « CopWatch »...

  • easy easy 31 mars 2012 14:25

    Le coup du feu bloqué ou du stop en plein désert avec visibilité à 1000 m sur 360°, obéissance, certes, peur du gendarme certes. 

    Mais il s’y ajoute autre chose particulièrement valable sur la route : l’acquisition des réflexes de sécurité. 

    Parce qu’il nous arrive à tous de conduire en pensant à autre chose et à griller parfois un arrêt sans l’avoir remarqué, parce que c’est alors hyper dangereux, il nous faut acquérir des réflexes tels que nos arrêts deviennent machinaux. 
    Des milliers de fois nous nous arrêtons quand il le faut et sans y avoir pensé. Nous devons cet automatisme à une acquisition faite sur un principe de « STOP sans discussion » 

    Il est donc salvateur pour nous tous, qu’une fois arrêté automatiquement à un feu en rase campagne, nous mettions parfois jusqu’à 5 minutes pour réaliser qu’il est bloqué ou qu’il faut avancer jusqu’au feu pour y être détecté. Et pendant cette attente non consciente, nous pensions à toute autre chose. 

    Découvrir, après deux voire trois fois la durée normale, que le feu est bloqué, est très bon signe.

    Si nous commettons une seule fois l’erreur de réfléchir, de discuter, de constester in petto un arrêt, nous affaiblissons l’automatisation de notre tabou. 

    Bien entendu qu’après une durée trop longue, nous devons réagir en avançant tout de même, mais c’est alors très dommageable pour notre réflexe. 

    Et nous devons toujours nous féliciter d’avoir eu, en amont de tout, le réflexe de nous arrêter, comme de mettre la ceinture.

    Dans le genre, il existe un autre tabou à installer en nous. C’est celui de la sécurité que nous devons à nos passagers. Il nous faut acquérir le réflexe que si seul dans notre voiture nous pouvons parfois faire montre d’audace, ce doit être non non et non d’abord s’il y a d’autres voitures en vue et surtout s’il nous avons des passagers.
    Ne pas marquer un stop en pleine campagne avec visibilité totale quand on a des passagers, c’est leur manquer de respect.

     


    • Cedric Citharel Cedric Citharel 31 mars 2012 14:39

      En effet, il est dangereux de désobéir sans penser.

      C’est néanmoins un étrange paradoxe que vous mettez en avant en suggérant que la réflexion fait diminuer les réflexes...

      Je n’ai rien contre les tabous auxquels on peut décider de se soumettre. Tant qu’ils sont choisis et assumés par les individus qui s’y plient, ils s’apparentent à des valeurs. Quand ils sont imposés par un système inique et manipulateur, ils ressemblent plus à des contraintes et sont source de soumission et de frustration.

  • surferrosa 31 mars 2012 14:33

    Votre commentaire dénote une chose assez peu prise en compte par les campagnes de prévention : la présence de passagers dans NOTRE véhicule et la responsabilité que nous avons envers eux. 

    Rouler à 120 au lieu de 90 en pleine nuit sur route nationale déserte ne met en danger que soi si l’on est seul, et alors...Bref...Mais si on a des passagers...



  • surferrosa 31 mars 2012 14:34

    Et il est vrai que Camus n’a pas toujours été sage. 



    • Cedric Citharel Cedric Citharel 31 mars 2012 14:43

      Il est vrai aussi que dans cet article, la sécurité routière n’est qu’un prétexte.


      Généralement, tout le monde est « pour » la sécurité routière.

  • surferrosa 31 mars 2012 14:51

    La sécurité routière est un magnifique laboratoire pour tester des comportements de soumission, de désobéissance, de déviance, d’ultra-conformisme etc. 

    Seulement, elle est souvent choisie comme prétexte, comme vous le dites. Il serait bon de savoir pourquoi...

    • Cedric Citharel Cedric Citharel 31 mars 2012 15:58

      Parce qu’elle fournit des exemples clairs, des situations dans lesquelles il est facile de se projeter et des illustrations parlantes et facilement compréhensibles.


    • surferrosa 31 mars 2012 16:59

      Au fond, nos comportements sur la route sont pour la plupart des automatismes (bons ou mauvais d’ailleurs). Je ne sais pas si on peut étudier la désobéissance et la soumission en partant de ces comportements là. 

      Les accidentologues diront qu’il y a bien peu de corrélations entre les attitudes sur la routes et celles de nos vie quotidienne. En réalité, la route est le terrain de l’insoumission socialement permise (mais légalement proscrite). C’est peut-être l’un des derniers terrains où l’on peut se permettre d’enfreindre des règles sans risquer de faire attraper systématiquement.

       Et effectivement, le respect strict des règles en devient dès lors bizarre...



    • Cedric Citharel Cedric Citharel 31 mars 2012 17:24

      Sur la route comme ailleurs, le respect strict des règles n’est un comportement adéquat que pour ceux à qui elles profitent, que ce soit à titre individuel ou en tant que membre d’une collectivité.


      Après, on peut avoir du mal à définir la collectivité à laquelle on appartient, surtout quand le système divise les individus au lieu de les rassembler...

  • Patrick Samba Patrick Samba 31 mars 2012 15:22

    Bonjour,

    pour le plaisir et l’intérêt de découvrir les divers scénarii possibles, et qui intéresseront certainement l’auteur de polars pour qui à très juste titre "la réalité est souvent plus incroyable que la fiction", en restant donc très terre-à-terre (sans prolongement d’ordre éthique, philosophique et surtout politique dans un premier temps), que feriez-vous bloqué à un feu rouge en panne, sachant qu’il y a une caméra avec flash automatique (dont le nombre est en forte croissance) surveillant précisément le respect de ce feu ?


    • surferrosa 31 mars 2012 15:28

      espérer que le radar soit en panne aussi, comme un tiers de ceux installés en France...


    • Radix Radix 31 mars 2012 15:33

      Bonjour Patrick

      Dans le cas que vous évoquez je ferai une marche arrière (en toute illégalité, mais pas verbalisable en l’absence de « clampins ») et prendrai une autre route non bloquée par un feu récalcitrant.
      J’y perdrais moins de temps et d’argent plutôt qu’à me battre avec une administration autiste !

      Ce qui, vous l’avouerez, devient un paradoxe dans le cadre de la sécurité routière. Comme quoi l’excès de légifération peut allez rapidement à l’encontre des buts « officiellement » poursuivis.

      Radix


    • Cedric Citharel Cedric Citharel 31 mars 2012 15:53

      Scénario amusant :)


      Je crois que dans un tel cas, le sabotage de la caméra s’imposerait.

    • Radix Radix 31 mars 2012 16:02

      Bonjour Cédric

      Dans le cas du sabotage de la caméra vous entreriez dans la catégorie des voies de fait contre un « représentant de la loi » par délégation (cela n’existe pas encore mais je sens que cela va venir) et lourdement condamné pour votre incivisme.

      La stratégie de l’évitement fonctionne encore mais le jour où elle ne fonctionnera plus... Ce n’est pas la caméra qui sera « vandalisée » !

      Radix


    • BOBW BOBW 31 mars 2012 16:58

      Une autre solution en pleine campagne : prendre une minute pour barbouiller les plaques de boue ou de bouse de vache smiley


  • colza 31 mars 2012 18:03

    Vous êtes chez vous à 2h du matin, votre voisin se met à jouer du trombone à coulisse, vous tapez sur la cloison, rien n’y fait, vous allez l’engueuler, toujours rien n’y fait, si bien qu’au bout d’un temps raisonnable, vous allez le tuer.

    Ben oui, quoi, au bout d’un temps raisonnable, la loi ne joue plus, il faut bien passer outre...

  • Annie 31 mars 2012 21:24

    Je dois être un vrai mouton, mais j’attendrai longtemps avant de passer ce feu rouge, et dans certains cas, je ne crois pas que je le ferai . À moins d’être divin, ou d’avoir une vision latérale comme les lapins, il est parfois totalement impossible de savoir avec certitude qu’il n’y aura pas de voiture. Risqueriez-vous votre vie, et celles des autres dans ce cas.
    Je suis tout à fait en faveur de la désobéissance civile si je pense qu’une loi est injuste, et qu’elle devrait être changée, mais c’est un risque que je prends pour moi-même et que je ne fais courir à personne d’autre. Cela s’applique également aux limitations de vitesse. Quoique l’on pense des radars et de leurs emplacements, la vitesse, surtout en ville, et surtout pour les piétons est un élément déterminant qui fait la différence entre la vie et la mort, ou une vie brisée. Il suffit de consulter les statistiques à ce sujet, et à moins de croire que le monde entier est un grand complot, même si les radars sont juste là pour rapporter du fric, elles parlent d’elles-mêmes.


  • zelectron zelectron 31 mars 2012 23:27

    il faut faire un article sur le syndrome de la vitesse (castration ?)


  • jymb 1er avril 2012 00:29

    Votre post me rappelle un reportage de propagande mal ficelée lorsque l’on a commencé à installer des radars dits de feux rouge. Un maire d’un patelin se lamentait qu’un feu rouge en rase campagne était fréquemmment grillé en pleine nuit car les véhicules se retrouvaient plantés à attendre au milieu du néant. Un autre montrait un feu dont la durée au vert ne permettait que le passage de deux ou trois véhicules, et en exaspérait ainsi des dizaines.

    La réponse logique aurait été dans le premier cas de passer à un feu orange clignotant nocturne, dans le deuxième cas de réorganiser le carrefour.

    Que nenni : dans les deux cas : radars !

    L’énorme souci est que l’état d’esprit n’est plus à vouloir faciliter la vie d’autrui, mais à lui faire courber l’échine en trompettant agir pour son bien. Comme tout serait plus simple si beaucoup se réveillaient le matin avec ce désir, au lieu de s’apppliquer à s’essorer les neurones pour fabriquer (et vendre) les supers radars distribuant des contredanses sur 360° à la vitesse de la lumière...


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