mardi 14 février 2012 - par CHALOT

Les GRETA menacés

LES GRETA SONT MENACES

Comme d'autres, notre association locale « Familles laïques » de Vaux le Pénil met en vie un projet de cours de français en direction des personnes qui arrivent en France ou qui, installés depuis peu ne maîtrisent pas notre langue.

L'action « Français-langue étrangère- alphabétisation » est assurée totalement par des bénévoles.

Pour répondre à la demande et ne pas bricoler, des séances de formation sont organisées pour les bénévoles...C'est ainsi que notre association s'est tournée vers la FOCEL puis cette année, elle s'est adressée aux GRETA .

Nous sommes très satisfaits des « prestations » proposées par ces deux entités.

Aujourd'hui les GRETA sont menacés....Le gouvernement prévoit une réforme qui assez vite peut dénaturer ces regroupements en les coupant de l'Education nationale avec trois conséquences prévisibles :

  • un affaiblissement du niveau du service rendu....Les enseignants et formateurs de haut niveau pourront être remplacés par des vacataires et autres CDD dans le cadre de la logique du moindre coût ;

  • une augmentation des tarifs pratiqués...Alors que les formations sont abordables, elles risquent de coûter plus cher aux associations demandeuses

  • un moindre maillage territorial avec la fin de la formation de proximité.

Le réseau des GRETA est le dispositif de Formation tout au long de la vie de l'Education Nationale. Le réseau des GRETA (GRoupements d'ETAblissements publics) fondé en 1973 est devenu le premier organisme de formation d'adultes en France. Les 290 GRETA, répartis sur le territoire national, assurent une mission de service public au bénéfice des demandeurs d'emploi (actions financées par les pouvoirs publics). Ils accompagnent aussi les PME -PMI et les grandes entreprises dans la formation de leurs salariés .

Ils aident les personnes désireuses de se former " tout au long de la vie " à réaliser leur projet en apportant conseils et accompagnements.

Aujourd'hui, comme l'indique l'extrait du communiqué syndical suivant, il s'agit pour le gouvernement de balayer ce système au service d'une autre logique, principalement financière :
« Au prétexte d'une indispensable réforme qui devait avoir pour objectif l'amélioration du fonctionnement des structures et de la gestion des personnels, l’État se désengage en remplaçant l'actuelle structure juridique des GRETA rattachés à un établissement public local d'enseignement (EPLE) par un Groupement d'Intérêt Public (GIP) autonome. Le ministère place ainsi la formation continue des adultes en marge de l’Éducation nationale. Il veut faire supporter aux GIP-GRETA des charges financières nouvelles. Les personnels ne seront plus des agents de l’Éducation nationale. Ce projet pose de nombreuses difficultés techniques, juridiques et financières ignorées par le ministère. Il remet en cause la viabilité des GRETA et donc de la formation continue des adultes dans l'Éducation nationale
Le ministère s’obstine et travaille en catimini sur cette réforme sans dialogue social et sans négociation, alors que ce projet a été rejeté unanimement par les organisations syndicales. Tous les acteurs -administratifs, formateurs, coordinateurs, conseillers en formation continue, services formation continue des rectorats, agents comptables, chefs d'établissement...- qui sont opposés à cette réforme dénoncent le mépris envers les personnels qui font vivre, grâce à leur engagement et leur implication, un réseau des GRETA efficace et puissant dans un environnement concurrentiel, alors qu'ils exercent aussi des activités de service public d'utilité sociale.
Les organisations syndicales signataires (CGT Éduc'action, Sgen-CFDT, SNCL-FAEN, Snes-FSU,
Snuep-FSU, UNSA-Éducation,SUD ) réaffirment leur opposition à la structure juridique du GIP pour les GRETA et demandent l'ouverture d'une véritable négociation pour définir une réforme porteuse de progrès pour l'ensemble du réseau et des personnels qui :
- garantisse la viabilité des GRETA, préserve la cohérence du réseau et son appartenance au
service public d'éducation par une structure juridique autre que celle correspondant au GIP ;
- reconnaisse enfin l’engagement et l’implication des personnels des GRETA depuis de nombreuses années ;
- maintienne un maillage des territoires qui préserve une offre de formation continue de proximité ;
- revienne sur les décisions de désengagement de l'État concernant notamment les postes de conseillers en formation continue. »

Jean-François Chalot



13 réactions


  • gordon71 gordon71 14 février 2012 09:15

    et les indemnités des proviseurs qui vont avec ?

    maxi 11000 euros par an merd, comment on va payer les sports d’hiver, et le chambolle musigny pour les copains socialistes

    pas tout à fait SDF, quand même les proviseurs


  • eric 14 février 2012 09:22

    Pourquoi faut il que toutes vos interventions aient l’allure de tracts un peu primaires autour du balancement « constate, proteste, s’indigne,exige » ?

    J’ai bossé pour les Greta il y a longtemps. Le meilleur cohabitait avec le pire. Il y avait une certaine ironie, parfois, à leur voir confier la formation de jeunes sans emploi parce que sans diplôme et sans diplôme parce que l’EN n’avait pas très bien sut quoi faire d’eux. Mais il y avait des Greta vraiment impressionnant d’imagination et de qualité. Au total, le meilleur des résultat, était sans doute d’avoir fait rentrer la vie dans les école. J’ai vu des profs heureux, sachant ce qu’est une entreprise, voyant leurs pratiques éducatives rénovées par le contact avec le monde extérieur etc...

    A l’époque, les problèmes majeurs était l’absence de gestion et de management, qui sont des caractéristiques largement partagées à l’EN ; Souvent, le Greta dépendait d’une personne charismatique. Un Proviseur motivé, un animateur du Greta d’envergure. Accessoirement, des problèmes comptables. On ne savait pas si les greta avait de l’argent ou non...

    A travers votre article, on devine la recherche de solutions à des questions qui se posaient déjà à l’époque. On pressent des réaction syndicales moins fondées sur les nécessités de la vie des Greta que sur des présupposés idéologiques, mais on en ressort avec le sentiment qu’on nous demande d’adhérer à une position politique sans avoir les données du problème.

    Pour l’anecdote, je me souviens d’une académie qui a refusé de mettre en place des formations de poseurs de brique, malgré une forte demande, parce qu’il n’avaient pas pu trouvé de formateur au niveau au moins bac plus 2 qui était la norme poursuivie par l’académie.....Si cela se trouve, c’est ce dont vous parlez avec le coup des vacataires et des CDD. Avec en arrière plan, est ce que le Greta a vocation a former les gens et a s’en donner les moyens, ou a fournir des revenus complémentaires aux profs titulaires ?

    Comme d’hab. je trouve dommage qu’avec votre connaissance du terrain et votre sincère préoccupation sociale, vous embrayez a peu prêt systématiquement sur des logiques d’abord idéologiques.


  • CHALOT CHALOT 14 février 2012 09:36

    Je suis un militant, j’ai mes indignations et mes combats. Voici pour votre remarque : il m’arrive d’écrire des textes moins « politique » mais avec toutes les attaques subies, il n’y a pas le choix.
    Ma logique n’est pas idéologique. C’est parce que j’ai travaillé avec le GRETA et que j’ai vu comment il fonctionnait que je m’exprime sur cette question.


  • gordon71 gordon71 14 février 2012 09:46

    Je suis un militant, j’ai mes indignations et mes combats. 

    vous pourrieez rajouter je tape au kilomètre et cela m’est déjà ’déjà assez difficile de trouver des sujets bâteau qui indignent les « vrais démocrates »
     si en plus il faut réfléchir et produire des arguments....

    déjà parti Chalot, déjà ailleurs,

    combien d’articles en chantier Chalot ?


  • CHALOT CHALOT 14 février 2012 09:51

    Ah ces anonymes, donneurs de leçons qui ne produisent même pas la moindre argumentation.
    Quand il y a un sujet que je ne connais pas ou que je ne maîtrise pas, je ne m’exprime pas... C’est pourquoi vous ne me trouvez pas pas beaucoup sur les autres fils.


  • gordon71 gordon71 14 février 2012 10:13

     sauf que Monsieur Chalot vous ne prenez pas le temps de lire les arguments, (vous n’avez peut être pas le temps)
    je vous dis que pour les finances des GRETA, ces officines qui cumulent intelligemment avantages du public sans les contraintes du privé
     peut être y a t il à regarder du côté des indemnités que se servent les « gestionnaires du système »

    http://60gp.ovh.net/ intendan/spip.php?article177

    c’est vrai qu" à force de taper dans la caisse il se trouve qu’un jour çà coince


  • CHALOT CHALOT 14 février 2012 10:20

    Je me préoccupe des arguments et j’y réponds le premier et le deuxième jour...Evidemment quand des « forumeurs » reprennent des textes qui sont parus il y a plusieurs jours, je ne reste pas « rivé » à l’écran

    Les indemnités indues, les malhonnêtetés, on en rencontre aussi ça et là et je le regrette...
    Je suis l’un des premiers à m’en offusquer et à dénoncer...


  • eric 14 février 2012 10:39

    Ah oui ! Je me souviens, la haine de ceux qui n’émargeaient pas au Greta. La fureur syndicale quand un animateur s’est payé une voiture de fonction.... Ils ne comprenaient pas que pour ce Greta aux établissement très dispersés, cela revenait moins cher que des indemnités kilométriques...Il faut dire que dans certaines académie, il a fallu trois ans pour que les gens de la Dafco comprennent la différence entre un prix et un coût...
    Les fantasmes quand en mettant à jour la compta, on a découvert que le Greta avait des réserves financières d’un million, ce dont personne ne se doutait...
    Si les choses n’ont pas évoluées, je dirai que la grande question était la finalité prioritaire : si on met l’accent sur le projet formation continue, une certaine autonomie des greta est utile. Si on considère qu’ils sont un facteur de respiration et d’évolution de l’Éducation nationale, préserver le lien, même au risque d’obérer l’efficacité peut être un objectif en soi.
    Ce qu’il m’avait semblé aussi, c’est que tous cela concernait surtout l’enseignement technique, mal considéré à l’EN et dans les instances syndicales ( c’est surtout l’école du « peuple » avec tous ce que cela peut avoir de péjoratif pour un apparachik) et que c’est aussi pour cela que cela les intéressait moins et que donc une certaine liberté avait pu se développer...


  • Yohan Yohan 14 février 2012 10:46

    « personnes qui arrivent en France ou qui, installés depuis peu ne maîtrisent pas notre langue. »
    ah bon ! où est la logique d’accueillir des gens qui ne parlent pas notre langue pour ensuite devoir cracher au bassinet pour payer des cours à des gens qui, de toute façon, ne trouveront pas de travail et seront à la charge de l’Etat ?


  • CHALOT CHALOT 14 février 2012 10:48

    Le technique était mal considéré et il l’est encore malgré quelques évolutions...Quant à la question : voiture de fonction ou remboursements kilométriques.... C’est à discuter car le problème c’est aussi la possibilité d’utiliser la voiture de fonction en dehors des heures de service : ce n’est pas correct et cela renvoie à une image négative dans l’opinion...or cela arrive et pas au GRETA


  • eric 14 février 2012 10:55

    ! !!! Le dernier que j’ai vu se préoccuper de cette question c’était Couve de Murville premier ministre qui prenait sa vieille dauphine en week end parce qu’il ne voulait pas abuser des moyens de l’État... ! Vous oubliez que depuis, la pluspart des grands syndicaux de gauche sont aussi devenus des élus locaux, par exemple en Région et qu’ils considèrent leur mandat comme un tout, ne faisant pas une grande distinction entre leurs horaires privés et publiques et conscient que le prestige de la région implique un minimum de cylindrée...Alors, quand l’exemple vient d’en haut, difficile d’être plus royaliste que le roi.


  • CHALOT CHALOT 14 février 2012 11:13

    On ne voit que les élus qui profitent, jamais ceux qui ont des principes qu’ils appliquent.
    Mon maire ici à ses défauts comme d’autres mais sur ces questions il est d’une droiture remarquable et beaucoup d’autres élus font de même.
    Les élus n’ont pas de voiture de fonction. Alors que les employés municipaux peuvent utiliser une salle municipale par an pour un évènement familial, cette possibilité n’existe plus depuis plusieurs années pour les élus....
    Je n’admets pas que l’on oublie ceux et celles qui ne profitent pas du système et qui utilisent leurs indemnités pour l’action qu’ils mènent et non pour leur ménage.


  • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 14 février 2012 11:15

    C’est comme pour les IUFM. N’aurait-il pas mieux valu réformer (on aime tant la réforme dans les sphères gouvernementales !) que de supprimer ? Agir sur le mauvais sans détruire le bon ? Il est vrai que tous les fonctionnaires de l’EN ne se valent pas, que tous ne sont pas des anges, mais faut-il pour autant tout confier au Privé ?


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